Oh que je l’attendais celle là! Et je n’étais pas le seul, à voir la vitesse où les billets se sont vendus… Non mais quand même, on parle ici de 3 calvaires de gros noms: Paradise Lost, Katatonia et Devin Townsend!!!
Je me pointe donc en fin d’après-midi (le show commençant à 18h15, pas le temps pour la traditionnelle bière de réchauffement sur une terrasse…) en face du Café Campus en compagnie de plusieurs dizaines d’autres fans déjà conquis par un ou l’autre des headliners. Les portes ouvrent finalement et la foule fébrile s’engouffre dans le grand escalier. Qu’ouies-je??? Le show est déjà commencé?!?! Damn!!! J’arrive au milieu d’une des tounes de STOLEN BABIES, la formation qui à la lourde tâche de réchauffer la salle. Première chose qui me vient à l’esprit en les écoutant: » Ouate de Phoque! Comment ça que je ne connais pas ça? » Totalement dans mes cordes. Le band, actifs depuis 2002, nous offre un son étrange et bizarrement commun à la fois. Étrange par ses sonorités: un percussionniste qui tape à grand coup de chaines sur un gros baril, un drummer alliant beats latins et double bass-drum et, surtout, une chanteuse versatile, théatrale et armée d’un accordéon! Telle la petite soeur de Chucky, celle-ci passe du growl aux envolées lyriques avec une fantastique aisance. Cependant, c’est surtout ce qui m’a impressionné chez Stolen Babies car ici, point de grandes poussées de virtuosité. Un peu à l’image de Sleeptime Gorilla Museum, leurs mentors, c’est l’ambiance et le groove qui est mis de l’avant. Un heureux mélange de brutalité lugubre, tout en gardant cette naïveté enfantine…
Et c’est le tour des vétérans de PARADISE LOST d’apparaître sur scène. Dès les premiers accords, on sent que l’on viens de descendre d’un échelon dans l’escalier sans fin de la dépression… Des ambiances de clavier (invisible…) issue de la Dark Wave, des rythmes de guitares lent et lourds. Une belle ambiance Goth/Metal. La sauce se gâche par contre lorsque le chanteur, Nick Holmes, s’approche du micro. Fade et décalé. Et surtout enterré par le reste du band. J’ai la désagréable impression d’être dans un mauvais Karaoke d’Hochelaga… Essayant de jouer à la Ian Curtis, mais sans le charisme, il s’accroche au micro, cherchant sa voix. Néanmoins, les supporters des Brits semblent heureux de les revoirs après plusieurs années d’absence. Pour moi qui ne les connaissait que de nom et de réputation, je préférerai les entendre sur album. Déçu…
Au retour d’une pause cigarette où j’en profite pour discuter avec mon collègue Lex sur nos impressions communes, nous découvrons que la salle s’est considérablement remplie. La raison ne se fait pas attendre très longtemps. Devant un décor au couleurs de l’album Dead End Kings, froides et monochromes, Les membres de KATATONIA arrivent un à la suite de l’autre pour prendre leurs positions afin d’offrir une ode à cette saison qui s’amorce, la fin de toute belle choses, en attendant un hiver sans fin… Jonas Renkse, le leader de la formation suédoise annonce la première pièce, Skelethon, caché derrière un rideau de cheveux, celui-ci ne quittera jamais son visage de toute la prestation, dissimulant toute émotions de sa part, excepté le désespoir et l’angoisse. Sa voix est en grande forme ( tout comme le tech de son qui a finalement digéré son souper trop lourd on dirait), juste et prenante. Tout comme le reste du band d’ailleurs. Lisa Leblanc peut aller se rhabiller avec son succès Ma Vie C’est D’La Marde! Ici,tout n’est que tristesse et apitoiement. Les succès, tout comme les nouvelles pièces, sont jouées avec une grande intensité. À part un cour moment où un des guitaristes semblait se demander où était passé son son… Longest Year, bien saccadée et ses riffs subsoniques. Deliberation et ses puissantes ambiances de claviers (invisible lui aussi) et son refrain accrocheur. Jonas se permet même quelques nuances d’intonations sur My Twin, déjà surchargée d’émotions. Tout y est pour le plus grands plaisirs des centaines de fans, hypnotisés. Ils accueillent avec chaleur chacune des pièces proposées, malgré l’ambiance froide et mélancolique de la prestation. La tranchante July et son bridge de 12 tonnes et Sweet Nurse viennent clore cette offrande frisant la perfection, si ce n’est cette tentative du chanteur de sortir de son registre avec cette poussée qui semblait des plus ardues. Pas grave. Tout comme les anciens et nouveaux amateurs (et ils sont plusieurs à ce que j’ai pu entendre), je ne raterai pas leur prochaine venue pour rien au monde…
21h40 (et oui, si tôt), c’est autour de DEVIN TOWNSEND et son nouveau projet de nous emmener dans une autre zone émotionnelle. On quitte les états dépressifs pour une folie, intense mais contrôlée de main de maître. Peu avant son entrée triomphante, un festin visuel complètement disjoncté nous est offert: Ziltoïd, son personnage emblématique, s’amuse en superposition sur des merdes virales tels l’insupportable Gummy fuckin Bear ou cette session de work-out de caniches… Ça s’annonce pour être totalement weird.
Le Général TOWNSEND arrive enfin, sa guitare à la main. Et suivent ses mercenaires, choisis avec soin pour leur savoir-faire et leur capacité à comprendre les ordres de missions ordonnées par leur leader. Comme si reconnaissait tout le monde dans la foule, Devin salut à grands coups de sourires et de devil horns. Le bonhomme est conscient et reconnaissant de l’amour que le public montréalais lui porte. Fidèle à sa réputation de bête de scène, il démarre la machine en trombe. Les pièces s’enchaînent, du mur de son supersonique et destructif à la Power Ballad (et la traditionnelle marée de lighters), il réussi encore une fois à démontrer ses talents de virtuose. Tout comme Zappa à l’époque, il maîtrise chacun des styles qu’il explore. Et toujours cette programmation omiprésente, caractéristique, planante et psychédélique. Et même si quelques désagréments surviennent (guitare muette, vibration continue du dance floor du dessous), il garde sa bonne humeur et improvise avec aisance. Des projections vidéos parfaitement synchronisées avec les morceaux viennent ajouter une dimension supplémentaire. Des scènes militaires, des tourbillons hyper pixelisés et même des marionnettes représentants les membres de Meshuggah et Between the Buried And Me. Cette grosse toune djent qui accompagne ces images serait-elle parodique (sûrement) ou un hommage? Peu importe, ça rentre en T…….K!!! Suivent Juular (dévastratrice et infernale), Lucky Animals ( »fromagée » à souhait), Grace (destructrice de convictions)… Et l’apothéose de cette véritable incursion au coeur de l’esprit torturé et génial de Townsend: Le swing diabolique Bad Devil! Jubilatoire…
Au terme de cette soirée qui passa beaucoup trop vite, c,est complètement vidé que je suis sorti du Campus, au travers de jeunes prêts à aller danser sur des rythmes pops et préfabriqués. À des milliards de kilomètres de ces contrés sombres, lugubres, inquiétantes mais parfois éclatantes de beauté que l’équipe de BCI nous proposait d’explorer, à notre plus grand plaisir à tous. À quand le prochain départ?
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Pu besoin d’aller din shows esti! Juste à lire c’que t’écris pis on y est!! Bravo!!
Merci Michelle!!! Ma job est faite dans ce cas là 😉