Thantifaxath
EP
2012
Ce soir, j’ai envie de vous faire découvrir Thantifaxath, une formation black de Toronto qui a capté mon attention l’année dernière avec un EP de plus ou moins quatre titres que je me suis procuré via l’excellente maison de disque « Media tree recordings » de Montréal.
Je dis plus ou moins quatre titres parce que la première « track » est une intro similaire à un cantique religieux. Je sais, c’est cliché, mais est-ce que tout bon album de black métal qui se respecte ne devrait pas avoir ce genre d’intro question de préparer le terrain et d’installer l’ambiance dès le départ? Et puis d’ailleurs, que ce soit cliché ou non, que ce genre d’intro ait été fait et refait d’incalculable nombre de fois, vous avouerez que si c’est bien exécuté, ça nous fait tous frissonner pratiquement à chaque fois, n’est-ce pas ?
Mais peu importe tout ça, revenons plutôt à l’essentiel. J’ai découvert ce groupe par un joyeux hasard en surfant sur Youtube à la recherche de quelque chose de bien à me mettre dans les oreilles. Leur nom a, bien sûr, su tout de suite retenir mon attention (quelles sont les chances qu’un groupe avec un nom comme le leur ne soit autre chose qu’un groupe de métal obscure comme je les aime?) mais c’est surtout la petite image dans l’encadré que j’ai aussitôt reconnu qui m’a convaincu de faire l’effort de cliquer sur le lien pour voir de quoi il en retournait. En effet, Thantifaxath a choisi de placarder « La cour du domaine du Gras » sur le devant de sa pochette. Cette image est reconnue comme étant la première photographie prise par l’homme en 1826 par Joseph Nicéphore Niépce. J’ai trouvé l’idée plutôt bonne et après coup elle représente bien la nature du groupe. Elle est sinistre juste à souhait et témoigne d’une époque révolue maintenant figée dans le temps et je trouve également que c’est un peu ce que tente de nous exprimer Thantifaxath avec sa musique. Ce que je veux dire, c’est que leur son est très urbain et moderne et il exprime une sorte d’urgence d’agir, un besoin de donner un sens à la réalité qui nous échappe plus souvent qu’autrement. Comme si le trio nous invitait à regarder vers le passé pour s’inspirer et reconstruire en apprenant de nos erreurs. Mais ça, ça ne reste que mon interprétation, après tout !
Tout cela considéré, ce n’est quand même qu’après l’intro terminée que j’ai été conquis par Thantifaxath. Ils déploient sans contredit un solide black métal qui ne pardonne pas et qui n’a absolument rien à envier à aucune autre formation de ce genre et réussissent à accomplir quelque chose d’original et de frais sans s’abandonner dans le « n’importe quoi ». Le côté sombre, glacial et désolant est présent durant la totalité de ce EP et à la seconde où « Violently expanding emptiness » démarre, le ton est définitivement donné pour un petit quinze minutes qui ne s’essoufflera tout simplement pas.
À l’occasion, oui, je l’avoue, ça peut paraître décousu mais au final ils ne perdrent jamais la mélodie de vue et l’évolution des pièces reste classique au black. Il y a aussi cette audace qui ne déplaît pas du tout dans leur son. Comme une envie d’aller expérimenter ailleurs, entre autre, avec les sonorités de guitares et du retour de son; j’aime bien.
Les « riffs » de guitares ne deviennent jamais ennuyants ou redondants, les arrangements sont intelligents et c’est bourré de petites notes tout en contraste avec la basse qui, elle aussi, se démarque par sa personnalité unique. La batterie, pour sa part, sans qu’elle ne soit mal exécutée ou quoi que ce soit, ne sert vraiment que d’accompagnement mais réussi tout de même à garder le tempo sans broncher. Pour un premier effort, c’est vraiment du beau et bon boulot, je vous le dis.
Sur ce, je vous conseille fortement Thantifaxath et question de vous convaincre pour de bon, vous pouvez écouter l’intégralité du EP juste ici. Et n’oubliez pas ! Si ça vous plaît, achetez-le !





