Un autre vendredi, un autre show… Après un traditionel arrêt aux Foufs avec Lex, l’autre membre de la  »Ligue du Vieux Pouèlle » et David, la jeune recrue d’Ondes Chocs afin de de jaser devant quelques bières et de préparer le plan de match (checkez ben ce qui s’en vient…), je me dirige vers la COOP KATACOMBES, lieu où s’affronteront 4 équipes locales dans un match amical tout en musique.  Et lors de cette soirée, non pas 1 mais 3 rondelles seront lancées, au plus grand plaisir des fans et fervents supporters.

E.P

La mise au jeu est donnée par Ogmios, jeune formation issue du repêchage de 2011.  Les 4 musiciens font feux de tout bois (des sapins de la toundra laurentienne aux chênes de la forêt de Broceliandre), patinant avec une certaine aisance sur cette musique Folk-Métal où Black, Death, Trad et même Ska se jettent dans la mêlée.  On remarquera cependant l’absence d’un joueur en la personne de la violoniste, mise K.O. par un virus.  La troupe de bardes modernes réussis tout de même à reproduire ce qu’elle nous présente sur leur démo lancé le soir même.  Les orchestrations complexes de l’album sont adaptées pour l’occasion, laissant toute la place aux mélodies.  Une guitare aux accords maitrisés, une basse 5 cordes jouée de main de maître, un drum puissant qui rythme l’ensemble et une panoplie d’instruments traditionnel qui passent entre des doigts agiles du chanteur de la troupe, tout y est pour bien démarrer cette soirée, à laquelle  »Thrasheux » et  »Gigueux » s’amusent comme des fous à faire vibrer le plancher de la salle de la rue St-Laurent.  Seul quelques hors-jeux qui pourront être facilement corrigés si autant d’énergie est mise lors de la transitions entre les pièces, où l’on sent l’improvisation et dans les passages chantés, qui demanderaient un peu plus de convictions.  Néanmoins, Ogmios est sur la bonne voie pour se tailler une place de choix dans le paysage musical québécois avec sa façon très personnelle et originale de mélanger les styles, mais en ne perdant pas de vue son but: faire danser et headbanger le peuple à grand coup Folk-Métal à la fois sombre et joyeux.

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La deuxième période de cette joute s’entame avec une musique qui nous emporte dans un tout autre univers.  Elderoth propose un style plus près du Progressif et du Power Métal.  Les pee-wee de la scène québécoise en sont à leur première apparition mais on sent qu’ils ont travaillés fort dans leurs club-écoles, et ce depuis 2007.  À noter la présence au sein de la formation d’un ancien membre de Demise of the Crown et du guitariste de Chainsaw Armageddon.  Une attaque à 4 où les passes sont habilement échangés, les virtuoses lançant des riffs accérés à la vitesse de l’éclair.  Les solos multiples vont droit au but, soutenus par la précision d’horloger du batteur.  Une musique foncièrement métal et technique qui se marie à merveilles avec la voix aérienne du chanteur.  Celle-ci manque toutefois un peu d’assurance, imputable peut-être au manque d’expérience sur scène de l’interprète.  Et aux problèmes de son… Un peu plus de volume et de relief aurait été grandement appréciés, surtout au moment où la choriste invitée se joignit au groupe, ne réussissant à se faire entendre par la foule qu’aux dernières notes lancées.  Dommage…  Un band toutefois à surveiller et qui risquent de ressortir dans les pools des amateurs de riffs en spirales et d’ambiances complexes, tel que Warmen, Stratovarius et même Wintersun…

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Une deuxième entracte où on jouent aux gérants d’estrade, échangeant nos impression avec les amis Alain et Diane, et on s’approche de la scène pour accueuillir Kemilon.  Un jeu plus en finesse que leur prédécesseurs mais pas moins robuste.  D’une habileté déroutante, le capitaine de l’équipe module ses intonations sans efforts, alors que ses deux alliés jouent en parfaite synchronicité les mélodies accrocheuses, au son thrash et ultra-rapides. La lourdeur de la batterie trouve écho dans celle de la basse, grattée avec entousiasme.  En fait, tout le groupe a un réel plaisir, bien qu’il soit en surnombre évident sur le stage, à offrir son Power-Métal pur et dur et mention spéciale au claviériste, qui en plus d’exécuter ses solos  avec prouesse, officie en véritable meneur de foule, encourageant celle-çi à crier et se rentrer dedans, ce qu’elle fait sans trop se faire prier.  Kemilon peut se venter d’être une des rares formations québécoise à porter le flambeaux de ce genre plus populaire de l’autre côté de l’Atlantique.  Et il le fait avec brio.

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En prolongation de cette soirée où les notes autant que les groupes défilent à un train d’enfer, c’est au tour d’Eclipse Prophecy à venir pousser leur disque.  Certes, plusieurs amateurs déjà vendus à leur cause étaient présents mais je crois que plusieurs parmis les autres porteront fièrement leur gilet du groupe acheté ce soir-là.  Le premier trio fonce tête première, déjouant les étiquettes, un power métal aux accents de thrash et death métal porté à bout de bras.  Un son brutal et technique, appuyé par la voix puissante et au large registre du chanteur/guitariste.  Les riffs sont ravageurs et épiques.  Le second guitariste  ne manquent aucunes notes ni aucuns solos, propulsés par le leader qui fait lever la foule à coups d’interventions livrées avec une aisance et une joie contagieuse.  Les fans répondent à l’appel et c’est un carnage digne du match du Vendredi Saint!  Du haut de la mezzanine, seul derrière la cage de son imposante batterie, le drummer agresse ses peaux tel un Ron Hextall en furie…  Torturant ses 6 cordes tout en gueulant à gorge déployée, le bassiste réponds ainsi aux cris stridents et justes que le chanteur lance psoradiquements.  On sent l’expérience derrière leur jeu et comme leur nouvel opus jouit d’une forte reconnaissance du milieu (et qui sera prochainement distribué mondialement par Maple Metal Records), ils risquent de faire des ravages avec leur musique puissante, ici comme ailleurs, et bien qu’ils aient cotoyés et collaboré avec les plus grands noms du genre (Blind Guardian, Sabaton, Epica…), le quatuor tire son épingle du jeu en jouant d’une manière qui lui est propre et sans compromis.

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Ce n’est pas une sirène de fin de match mais l’appel du dernier bus qui m’arrache à cette épique soirée et je rentre chez-moi la tête pleine de riffs furieux et marquants.  Une joute intense, habilement arbitrée par Xtrem Productions.  Félicitation à Crook et Mat pour avoir organisés l’évènement et Ondes Chocs vous remercie pour l’invitation.