Non mais on s’est tu fait rentrer dedans solide hier soir?  Et là, je ne parle pas de la défaite du Canadien… Je parle de la véritable volée qu’on a mangé en ce samedi soir au Piranha Bar de la part d’une bande de sauvages sans vergogne.  Les coupables de cet assaut sanglant? Nul autres que les infâmes Animal Ethics INC., Kennedy, HIVESMASHER et The Great Sabatini.

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Pour seulement 6$, la foule, qui s’était foutue de la neige qui tombait, a pu chiâler pour bien des choses mais sûrement pas de s’être fait flouer.  Pas (assez) cher payé pour la qualité de spectacle qui nous a été offerte, à condition bien-sûr d’aimer votre musique lourde, sale, poilue et malsaine.  Et c’est ce que les 4 bands présents nous ont livré, chacun à leur manière…

 

Qu’on se le dise, une bête sauvage, même très jeune, reste une bête sauvage.  Et peut-être aussi dangereuse!  C’est le cas ici avec Animal Ethics INC..  Bien que le groupe en soit à ses débuts, on sent le désir de faire mal.  Bien que le son soit parfois familier (on perçoit parfois des influences stoner, punk des années 80, et rock alternatif), le tout est joué de façon abrasive et intense.  Débutants souvent sur un son de clavier saturé et de longs fuzz, on passe de 2 à 3 guitaristes (dont Sean de The Great Sabatini), chacun d’eux prennant le relai au micro.  Les riffs sont assez simples mais d’une efficacité redoutable.  La batterie n’est pas des plus complexe non plus mais le drummer est tight comme une machine. Un peu regrettable qu’une corde ait rendu l’âme sur une des guitares, coupant un peu le rythme de ce set bien entâmé mais c’est le risque à payer quand les instruments sont violentés de cette manière.  Mais néanmoins, le band a réussi à garder la foule nombreuse en haleine, sensiblement curieuse de ce que le combo nous réservera pour l’avenir.  En attendant leur prochain show, car ils en étaient à leur première présence sur scène à vie, je vous conseille sérieusement d’aller liker leur page et profitez-en donc pour télécharger leur EP gratuit.

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Euh, est-ce que ce gars-là est le même qui était devant moi dans la file au bar? Ben oui, toé!  Je ne sais pas ce qu’il a ajouté dans son pichet d’eau mais c’est très puissant…  L’imposant chanteur de Kennedy est ce que j’ai vu de plus bizzare en spectacle depuis un méchant bout.  Véritable Dr Jekyll et Mr Hyde, le sympathique jeune homme devient un monstre fou, gesticulant comme un pantin désarticulé, criant comme un désaxé.  Nu pieds, il se roule par terre, saute, crache dans les airs,  suce son gros orteille… Quelques amis, tout aussi intenses dans leur façon de gueuler, attrappent le micro au vol pour lui laisser le temps de  »pêter sa coche » convenablement.  Sur la scène derrière lui, les autres membres du groupe québéco-ontarien font voler leurs guitares dans les airs et les rattrapent juste à temps pour exécuter leur musique Hardcore pure et dure mais jamais linéaire.  À la limite du Grindcore, comme tous les autres bandes ce soir, les riffs défilent à un train d’enfer, supportés par une batterie folle et infatigable.  Quelques moments un peu plus down tempo nous permettent de reprendre le fil du show, avec entre autres ce moment de suspense où tout le monde surveillait le moment fatidique où le gros fil de morve lancé au plafond allait céder et retourner dans la bouche de son propriétaire…  Vous pouvez cesser de retenir votre souffle, il n’a pas réussi…  Une performance qui frise le freakshow, mais que voulez-vous, THIS IS HARDCORE!

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Peut-être serez-vous d’accord avec moi, ou peut-être pas, mais il y a des musiques qu’y prennent leur vrai valeur  »live ». Et c’est le cas ici de celle offerte par HIVESMASHER.  Le groupe de Boston joue un hardore dans la plus pure tradition mais n’a aucune gêne à flirter librement avec le grindcore.  Le chanteur arpente le pit, faisant souvent face au band, poussant ses cordes vocales à l’extrême.  Les riffs sont longs et structurés mais joués à une vitesse hypersonique.  Et que ce soit sur les courts morceaux autant que les plus longs, chacunes des pièces de la batterie sont mises à contribution et de façon percuttante.  Les manches de guitares produisent presque de la fumée tant la friction entre les cordes et les doigts des guitaristes est intense.  On évite de peu l’incendie lorsque ceux-ci éteignent les flammes naissantes en tapant les notes à l’unisson.  Un set sans répit où notre cerveau se doit de rester alerte malgré les litres de bière ingurgités pour ne rien manquer de ce véritable carnage de riffs et de beats.  De la rare visite mais la foule leur a donné un accueuil chaleureux, heureuse de voir que les américains furent fidèles à leur réputation de bêtes de scène.  Leur performance se termine sur une dernière explosion de fureur et les cordes d’une des guitare sont arrachés, mettant ainsi fin à leurs souffrances.

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Le temps d’une cigarette avec les amis devant le bar, on remonte dans la salle du bar de la rue Ste-Catherine.  Je me dis que la musique envoutante de The Great Sabatini devrait atténuer légèrement le bourdonnement qui assaille mes tympans… FAUX!!! Le groupe montréalais garde le momentum de la soirée en nous réservant ses pièces les plus violentes de son répertoire.  Un véritable mur de sons, appuyé par un éclairage lugubre, nous fessent en plein visage et au creux des viscères.  Encore une fois, leur musique hybride, espèce de bâtard né d’une nuit d’orgie entre le doom, le grindcore et le stoner, est d’une intensité phénoménale.  Les 5 musiciens suent comme des porcs, jouant leurs riffs lourds et hypnotiques avec fureur.  Les yeux presque sortis de leurs orbites tant les cris semblent douloureux et profonds, les 4 musiciens gueulent en choeur ou à tour de rôle, ce qui donne un résultat puissant qui nous fait lever le poil sur les bras.  Les ambiances bien établies nous font tomber presqu’en trance avant d’être subitement retournés à la réalité par un uppercut sonore.  Comme Animal, drummer des Muppets, celui qui est derrière la batterie défoncent sans pitié les peaux.  Les morceaux s’enchaînent trop vite au goût de la foule et c’est bientôt la fin de ce qui sera la dernière présence sur scène pour un long processus d’enregistrement pour la meute de fauves.  Épuisés par une performance irréprochable, le groupe nous laisse sur une dernière pièce, après avoir remercié la foule et les autres participants de la soirée, allant jusqu’à demander à ceux qui voulaient acheter de la marchandise à ne pas les encourager mais à plutôt dépenser à celle de Hivesmasher afin de les aider à payer les frais onéreux de leur tournée.  Geste d’une grande noblesse qui prouve que le sentiment de solidarité est extrêment fort au sein du mouvement Hardcore.

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C’est ainsi que s’achève cette soirée où bière, odeurs de mort, désespoir et folie firent bon ménage et c’est complètement vidé que j’ai entrepris mon retour, cherchant un peu de silence pour permettre à mon cerveau de reprendre son fonctionnement normal.  Mais je me connais.  Dans moins de 24h, le désir instinctif de revivre l’expérience me brûlera les trippes et je retournerai dans une salle près de chez-moi pour encourager le talent local et d’ailleurs car je ne peux vivre sans ces émotions brutes.

Un gros merci à Sean, Fred et à toute l’équipe du Piranha Bar pour ce violent moment d’extase 😉