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Endless Horizon

« Annihilation of human beliefs« 

2012

(par Lex Ivian)

ENDLESS HORIZON ont sorti cette année un EP, « Annihilation of human beliefs« , qu’ils m’ont donné lors de leur spectacle au Café Chaos le 22 décembre (voir autre texte pour la revue de ce spectacle). MERCI!! Un CD qui totalise un peu moins de 30 minutes de black metal. Un EP de 5 pièces qui débute par une intro avec quelques notes de piano sur une toile de fond. On imagine très bien Winterthrone préparant sa cérémonie d’anéantissement, s’abreuvant de son calice. 1min27 de mise en transe et la destruction peut débuter.

« Dictator of horrific hordes » démarre dans un rythme infernal qui nous mène au 2ème couplet où tous viennent rejoindre le riff de guitare mélodique qui se déployait au milieu de l’assaut des 10 premières secondes. Puis c’est l’avancée du clavier vers l’avant-scène alors qu’on s’envole sur des riffs cycliques black typiques pour finalement retourner au blast du début mais cette fois appuyé par le clavier. Cool! C’est bien parti. On va avoir du black à la Dark Funeral. Quand on arrive au milieu de la pièce, on tombe dans un black mélancolique. Encore mieux, ça va aller jusqu’à Emperor. La pièce se termine avec les martèlements du début. On vient de terminer la 1ère pièce et on a déjà eu un bon éventail de ce que ENDLESS HORIZON peut nous offrir pis ça c’est en seulement 2min52. Des rythmes infernaux, des passes mélancoliques et déchirantes, des riffs cycliques typiques.

Pas besoin de vous dire que je suis prêt pour la suivante, « End of daydream« . Ça part avec une intro de guitare sur fond de clavier languissant puis Winterthrone revient nous tourmenter dans notre tranquillité avilissante. Ça devient de plus en plus lourd.

Why daydream?? Our life is a miserable calamity… the essence of the human tragedy!!

Quand le mini solo de clavier est arrivé au milieu de la pièce, j’ai pensé au fantôme de Europe et le fameux riff de clavier de « Final countdown » mais fiou! On ne s’en allait pas là. On l’a plutôt incorporé à un riff de guitare plus power qui crée une atmosphère pagan pour quelques mesures. Cette pièce se poursuit avec des riffs cycliques intercalés de passes sombres, lentes et pesantes. J’avais un peu peur que la longueur de la pièce la rende répétitive mais non, encore une fois, c’est une composition avec de belles variations rythmiques bien servie par la batterie qui assure des transitions efficaces.

Pour la 3ème pièce, « Carthusian monastery« , on introduit un nouveau son de guitare qui fait plus épic puis on nous joue la rythmique la plus classique du black. Pensez aux intro de « Dawn of the end » de Borknagar ou de « Soul possessed » de Old man’s child. ENDLESS HORIZON l’ont composé majestueuse avec une toile de fond tissée au clavier qui enveloppe l’ensemble et crée une atmosphère ecclésiastique. Quand je dis que j’aime leur variété, on en a un bel exemple quand, à 3min30, ils réutilisent un riff de « Dictator of horrific hordes » mais à un moment donné, la basse répond à la guitare pour 2 mesures avant de la raccompagner pour poursuivre, ailleurs on rajoute un effet de guitare dans le riff. Des petites subtilités qui gardent l’intérêt.

Avec la 4ème pièce, « Dominion of chaos« , on retourne à une entrée à un rythme infernal d’une dizaine de secondes puis on rentre dans les riffs cycliques qu’on alterne. Blast, rollin, blast, rollin avant d’amener vers la 1ère minute, une atmosphère d’église avec le clavier et le solo de guitare. Cette atmosphère s’alourdit et on repart dans de nouveaux riffs. Encore une pièce complexe et bien montée.

La dernière pièce, « Frozen soul« , est un monument de près de 10min. J’ai parlé de leur capacité à explorer les diverses variantes du black. Eh bien! Vous serez martelés, bercés, hantés afin que vous vous rappeliez que vous allez payer pour sa souffrance. ETERNALLY!!

« Annihilation of human beliefs » est un très bon album de black assez classique sans être générique. Le vocal est dans le ton et plusieurs mélodies et structures sont reconnaissables. Si j’ai une critique, c’est au niveau du calibrage des divers instruments. Il me semble que j’aurais aimé plus de vocal et un peu moins de clavier dans le mix. Ça reste minime comme défaut mais on apprécie moins la portée des hurlements et le screech de Winterthrone. Bon, je ne sais pas si ça m’aurait aidé à comprendre tout le sens des paroles et le lien avec le titre de l’album mais parfois ça m’arrive de ne pas tout comprendre. Musicalement, ENDLESS HORIZON nous propose des pièces variées. Il est normal pour eux d’amener au minimum 3 rythmiques différentes dans une composition allant du black mélancolique au nuclear black. Ça fait en sorte que les pièces sont loin d’être linéaires et se laissent apprécier tout au long du développement des lignes mélodiques. On réussit à créer des atmosphères incantatoires, des visions de destruction et quasiment des sensations de torture. Je crois bien que ceux qui aiment Satyricon et Emperor (pour nommer des comparables très connus) découvriront un bon groupe de black mélodique aux compositions puissantes et variées.

Bonne écoute

Lex