Ouin, je veux ben, mais calisse j’en ai pu de brake!

Ouais, c’est réellement ce qui m’est arrivé samedi en montant à Sherbrooke pour assister à la première édition du BaconFest organisé par Jasmin au Bar Le Saloon, un trippeux de la place et aussi le chanteur de A Hitman’s Business. Après 30 minutes de route environ, j’ai senti que ma pédale de frein perdait complètement de sa rigidité, donc qu’un ‘hose’ de brake s’était détachée et l’huile s’écoulait tranquillement.

« Mais Dave, arrête-toi sur le bord du chemin », est le murmure constant et imaginaire que je pouvais entendre de ma mère qui n’était pourtant pas là.  Pour ceux qui suivent Ondes Chocs depuis un petit bout, mais problèmes de char sont légendaires, j’ai juste pas de chance, man.

Pourtant, rien ne pouvait m’empêcher de rouler jusqu’à destination, surtout que je me suis aperçu que le freinage était encore possible, mais, oui, très limité.

Avec 19h comme heure de départ de ce festival au nom savoureux, je suis arrivé à l’heure… mais pas le premier band!  Shater It All était supposé ouvrir la soirée à cette heure, mais ce n’est que 1h15 plus tard, en même temps que le ‘cab’ de remplacement de Jasmin, que le band s’est pointé sous les cris de « tapette! » de la part de Mathieu Bérubé de Teramobil à son chummey Dominic de la formation de Saint-Hyacynthe.

Avant leur arrivée, j’avais eu le temps de visiter les lieux, une salle pas très grande, mais charmante, située sous le Bar Le Magog.  Tout a été pensé pour faire vivre l’expérience saloon dans la décoration et j’aime bien l’atmosphère qui y règne.  Alain Labonté de Québec-Métal y était très tôt et il a même pris le temps de lui-même arranger l’éclairage, question d’avoir des photos qui ont du sens.  Tout le crew de Bookakee était aussi sur place tôt; Corinne mettait du fixateur en spray dans les cheveux de Mat Paré à ma droite, Phil était capable de me parler pendant 4 minutes sans même inspirer et tous les bands faisaient leur entrée et prenait connaissance des lieux.  J’ai aussi ENFIN rencontré Christian de Sherbrooke Métal, qui a d’ailleurs contribué à la soirée avec son partner Bob.  Je vous explique plus loin dans le texte.

Après quelques visites à l’extérieur, 2 bières, 92 textos et une contravention (damn you Sherbrooke! Mais 25$ pour un ticket de parking c’est une crisse d’aubaine), le show allait commencer et je me demandais comment les boys de Shatter It All allaient réagir avec une arrivée si tardive.

Ça a pas été long que je me suis rendu compte que les boys étaient là pour nous donner une sévère claque en plein visage avec leur death/grind bien ficelé.  Pour être honnête, j’ai trouvé que les 2-3 premières tracks étaient plus ou moins réussies, mais qu’après le groupe a semblé reprendre du poil de la bête et a fini le set en beauté.  Le trio offre une belle chimie, surtout la dynamique entre les deux chanteurs.  Étant le seul guitariste, Mo fait vraiment une belle job au niveau de son instrument (précis et rapide,) mais aussi de la présence scénique, ses faces de méchant gaillard et ses cris de la mort bien placé.   Dominic fait aussi une belle job à la basse et j’ai beaucoup aimé quand tu te démenais comme un diable dans l’eau bénite quand tu ne chantais pas.  Fais-le plus souvent, man.  Le drummer a également bien performé, même si il avait l’air un peu frustré de son bass drum qui bougeait durant leur show.  La plupart des titres joués parviennent de « Corporal Puzzle » dont je crois avoir obtenu la dernière copie disponible.  On peut s’attendre à un nouvel effort en 2013.

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Avec une autre bière dans les mains, Mathieu de Teramobil me demande d’aller les rencontrer ‘backstage’, ce que je me dépêche de faire.  La bière est bonne et le monde est juste trop cool.  Je retourne me désaltérer à l’avant de la scène et les boys de Tribunal font leur line-check, habillé normalement et je me dis que rien ne va être très surprenant.  Ben oui, champion, toi tu connais ça..

Les boys quittent la scène et vont backstage, seulement pour revenir quelques minutes plus tard habillés comme ça:

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Vous avez bien vu, les gars sont habillés avec des couches et de la façon le plus ridicule qui soit.  Alain me mentionne qu’au Hellfest Lanaudière l’année dernière, un d’eux était arrivé en robe. Ciboire.  L’effet de surprise passé, on veut du beat et c’est du gros death sale qui nous est projeté en pleine face, un contraste énorme avec l’image qui nous est présentée.  Ils appellent leur beat de plusieurs manière, mais j’aime bien leur expression JerseyCore.  Comme vous pouvez l’imaginer, c’est n’importe quoi, mais ça ne veut vraiment pas dire que la musique est mauvaise.  Il y a quelque chose de tellement décousu et excentrique à leur approche et musique que justement ça nous fait en vouloir plus.  Les boys s’échangent les instruments entre les tounes et me mentionnent après que dans les autres shows ils le font aussi pendant les tracks.  Je dois avouer que le chanteur m’a particulièrement impressionner, car non seulement il a le même fucking look que Matt McGachy de Cryptopsy, mais en plus il a le même vocal!  Un tour de force si vous voulez mon avis, car il est capable du rauque le plus sombre et alterne rapidement vers des cris de mort plus ‘high-pitched’ qui donnent les frissons.  Les boys ont 4 tracks en téléchargement gratuit sur leur page bandcamp, alors allez donc essayer ça!

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C’est dur de revenir à la réalité après une telle démonstration de … de… de… de je sais pas quoi honnêtement!  On va jaser et fumer dehors, en attendant la venue du prochain band et la barmaid se pense ben cool en me faisant jouer au « flip » pour des shooters, mais je gagne tout le temps, alors ça lui coûte cher et j’en suis ravi.  Enfin mes tips sont mis à contribution!

La prochaine attaque sonore nous provient de Mortor, un band d »Ottawa/Gatineau qui nous donne du thrash/death metal, mais avec un groove qui me plaît vraiment beaucoup.  J’aime bien leur production un peu tribale sur leur LP « Shoot’Em Up » sorti l’année dernière et j’ai adoré ce que j’ai entendu ce soir là devant moi.  J’aurais par contre aimé que la foule embarque un peu plus, car c’était bizarre de voir la foule devenir sage avec un beat de « rentre-dedans » comme ça.  Ça s’est d’ailleurs ressenti sur scène avec les musiciens à corde qui étaient plutôt calme, mais un chanteur et drummer qui essayaient de compenser.  D’ailleurs, j’adore le prestance du frontman avec ses cheveux long et sa capacité d’intimider juste avec le regard.  Vraiment efficace et je dois dire que j’ai hâte de les revoir à Montréal devant un public déjà conquis, car ils méritaient un slam plus violent.

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Juste avant le fin de leur set, je me suis rendu encore une fois backstage et j’ai pu voir Bookakee et Teramobil dans le même coin de la salle, un réchauffement d’avant-show qui avait comme focus un Dominic « Forest » Lapointe qui jammait une toune de Yes, une track dont le nom m’échappe malheureusement, mais qu’il pratique toujours avant chaque prestation.  La scène ressemblait à ça:

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C’était maintenant le temps de passer à un groupe de l’extérieur de la province et qui a été rajouté au lineup étant donné leur visite du Québec.  Je parle de Untimely Demise, probablement un des meilleurs bands thrash au Canada présentement et originaire de Saskatoon. Christian et Bob de Sherbrooke Métal ont déboursé le 150$ pour les faire jouer cette soirée là, un petit plaisir qu’ils se sont payés et je me dois de les remercier pour cet ajout à un lineup déjà complet.  Les boys de l’Ouest n’étaient pas pour rater cette occasion de faire headbanger ses fans et la foule s’est remise à une démonstration de violence lors de leur interprétation de pièces tirées de leurs deux albums.  Ils sont non seulement thrash et technique à souhait, mais on peut aussi percevoir des influences de death dans leur compositions et ça ajoute au plaisir.  Vous savez cet ingrédient indescriptible qui fait qu’un band est pas seulement bon, mais très bon? UD l’a.  Les gars sont cool à souhait hors du stage et cette même attitude se transmet sur le stage.  On a cependant été victime du système de son qui a freiné l’élan des gars et nous a coupé de vocal pendant quelques tracks.  Pas grave, l’énergie était là et je suis très heureux de m’être repris pour mon absence lors de leur passage au Scanner de Québec la semaine précédente.  Pour être sûr de les encourager, je me suis procuré leur vinyl et en échange ils me donnaient leurs deux CDs.  Total? 10$.  Incroyable.

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Quelques minutes après leur show, c’était au tour de Bookakee de s’amener sur les planches et d’essayer de m’impressionner.  Vous en voulez de l’honnêteté?  J’ai vu le band à Québec et écouté leur EP et à chaque fois la même chose se produit; rien ne se démarque dans ma tête du côté musical.  Je me surprend à ne pas me rappeler de ce qui s’est passé, ça ne laisse pas d’impression durable et je l’ai partagé aux gars du band.  Hey bien je dois aussi leur donner raison quand ils font un bon coup, car cette soirée allait s’avérer la première fois que je les voyais et était satisfait à la fin de leur set.  C’est progressif, gore, death et grind et c’est peut-être pour ça que ce n’est pas facile à digérer.  En parlant de digérer, certains ont dû le faire après avoir mangé le bacon teinté VERT que Phil (un Phil « energy drink-free » soit dit en passant), le chanteur, sortait du trou de cul d’un toutou cochon et distribuait aux plus braves de la salle.  On a eu droit à un Mario Bros interprété par le chanteur de Tribunal, la fameuse face à Phil qui se démonte et arrache de son emplacement initial, Corinne de Valfreya qui fait son apparition et les tas de cadeaux les plus loufoques les uns que les autres qui sont distribués à tous ceux qui en veulent bien.  Vous savez quoi, je ne connais pas beaucoup de bands qui en donnent plus côté présence scénique que Bookakee et ça, les boys, c’est tout en votre honneur.  Voici un extrait de leur set:

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La place était chaude (dans tous les sens du mot) et prête à recevoir Teramobil… NOT! Man, y’avait exactement deux personnes en avant du stage quand le trio de Montréal a décidé de commencer et ces deux personnes étaient Alain et moi.  Triste… NOT! J’ai entendu Mathieu, le guitariste, dire « gênez-vous pas pour avancer », sans réponse de la foule. Là il a dit « ok c’est parti! » et c’était de loin ma surprise de la soirée.  Voyez-vous, un band comme Teramobil est difficile à catégorisé et peut aussi être difficile à digérer pour bien du monde, mais en cette soirée de surprises, tout le monde a pris exactement 2 minutes à se rassembler TRÈS près de la scène pour regarder ces virtuoses à l’oeuvre.  On parle de death/math métal qui est interprêté par des musiciens qui sont en plus capable de bouger en malade sur scène.  Mathieu est le plus fou de la gang, étant capable de techniques et faces impossibles à répéter.  Les boys nous ont offert du nouveau stock de leur album qui sera lancé aux Foufounes Électriques à la mi-avril et intitulé « Multispectral Supercontinuum ».  Ça sonne comme dans le film « Dude, Where’s My Car? », non? All in good fun guys.  Forest, Math et Alex, sachez que c’est un honneur vous voir à l’oeuvre, non seulement à cause de votre talent, mais aussi car vous êtes des maudits bons gars qui s’impliquent et MANGENT de leur instrument.  Vous vivez pour nous faire tripper et ça paraît.  Changez jamais.

 

Le dernier band à se produire était Paretic Dementia et on avait droit à la même technicité du band précédent, mais cette fois avec du vocal et un son plus death métal.  La formation de Sherbrooke se démarque par son énergie en show et ses compos brutales.  Fait à noter, la foule est restée intense jusqu’à la fin, même si le show avait lieu vers 2h am.  J’ai dit intense?  On aurait dit un party de maison qui vire mal (ou bien, tout dépendant de si vous êtes le propriétaire ou pas), avec des chummeys.  Jasmin, l’organisateur de la soirée, m’a mentionné que tous étaient des amis et les supportaient beaucoup et qu’il était fier de les voir à cette soirée.  Je ne connais qu’une chanson du band, « Polite Execution », qui est disponible pour téléchargement gratuit sur leur page bandcamp, alors le reste du stock était nouveau pour moi, mais je dois noter la synergie qui existe dans ce groupe, qui forme vraiment un ensemble.  Pas facile à digérer en show et pour une première écoute, mais on voit tout de suite le potentiel.

Je n’avais franchement pas d’attentes en allant à cette soirée, à part découvrir plusieurs bands que je connaissais en audio, mais n’avais jamais eu la chance de les voir ‘live’.  Non seulement j’ai eu du plaisir, mais cette soirée a été mémorable pour plusieurs raisons, incluant le fait que j’ai connu du maudit bon monde.  Pour ça, je vous en remercie!  Jétends aussi ces remerciements à Jasmin pour l’accès, une gars que je ne connaissais pas, mais tellement sympathique.  La 2e édition du Baconfest est en route…