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Par un froid vendredi de la fin février, les psychotiques de la vieille ville de Québec avaient été conviés par le sympathique Dany Beauregard à une violente représentation de métal hurlant dans la nouvelle Salle Unisson aménagée par Fred End, située dans la célèbre bâtisse de locaux de pratique du même nom. Cette soirée haute en couleur et en décibels nous proposait une sélection triée sur le volet; les fanatiques du Blackened Death Thrash de la vieille école d’Atroce ouvriraient la soirée; ils seraient suivis par les disciples du Thrash Metal des années 1980 de Warsenal; puis, ce serait au tour de Soiled By Blood de nous assommer avec leur Death Metal brutal tout en lançant leur premier album en carrière et enfin, Kaotik viendrait achever les derniers survivants avec leur Death Metal de la vieille école. C’est donc avec enthousiasme que ma succube et moi quittâmes notre antre douillet et affrontâmes la froidure sibérienne de l’extérieur pour aller assister à cette tuerie.

Visitant la Salle Unisson pour la première fois, nous fûmes d’abord heureux de constater le très grand potentiel de l’endroit. En effet, la nouvelle salle est spacieuse et détient une atmosphère qui convient particulièrement aux fanatiques des courants souterrains. Les installations sonores sont très décentes et sont en cours de peaufinage. De plus, de la bière à coût très raisonnable était en vente sur les lieux, ce qui est toujours un plus intéressant. Enfin, je me permis d’aller visiter la grande annexe qui sert de loge et d’arrière-scène et qui contient tout ce qui est nécessaire pour accueillir de joyeux lurons. L’endroit est aussi digne des meilleurs films d’horreur, comportant une pièce bétonnée isolée à l’arrière où se situe le réservoir de mazout du bâtiment derrière lequel se trouve une chaise seule décrépie. Je me dirigeai ensuite du côté de la console où se trouvait Matoleos (Valknacht), le technicien de son de l’endroit et bientôt les morts-vivants d’Atroce installèrent leur attirail de guerre sur scène pour entamer les hostilités devant un parterre déjà bien garni en disciples.

Commençons par les présentations d’usage, Atroce est une jeune formation de Québec qui évolue dans le sombre univers de la vieille école du Black/Death/Thrash tout droit sorti d’une époque où ces trois genres s’entremêlaient sans vergogne tels que les participants d’une orgie romaine, sois les années 1980 avec des influences comme Celtic Frost, le Mayhem des premières années, Hellhammer et Sarcofago par exemple. Le quatuor est composé de P-O au vocal, D-A Grand-Velozo à la basse, Charles à la guitare et Alexis à la batterie. D’emblée, je fus agréablement surpris par le progrès accompli par la formation depuis la première fois que je les ai vus sur scène en novembre dernier. En effet, bien que j’avais été convaincu de leur talent et de leur potentiel lors de ce spectacle précédent, cette fois-ci ils me semblèrent encore plus à l’aise sur scène et d’autant plus efficaces et audacieux dans la livraison de leur musique diabolique. Ainsi, on eut encore droit à une théâtralité morbide très appropriée avec les candélabres de chaque côté de la scène, des coupes de sang ingurgitée et recrachée par l’occulte maître de cérémonie costumé de cuir et de pointes métalliques et une bâche ensanglantée en guise de tapis pour les spectateurs. Musicalement, la performance du groupe fut aussi à la hauteur malgré quelques petits accrocs techniques avec le micro et le son de la guitare. Mis à part ces petits désagréments, la sonorisation était aussi très correcte dans la salle malgré la résonance des murs de béton de l’endroit. La réponse des spectateurs fut aussi très bonne avec une fosse mouvementée et des hochements de tête sans modération. Le groupe acheva sa prestation très réussie avec une reprise de GG Allin, « Bite it, You Scum » au cours de laquelle quelques spectateurs participèrent à la voix. Ce fut donc une excellente entrée en matière pour une soirée de débauche. Vous pourrez en apprendre plus sur Atroce en suivant ce lien.

Après cette mise en bouche blasphématoire, c’était maintenant aux fous de la vitesse de Warsenal de venir nous présenter leur assaut de Thrash/Speed Metal tout droit sorti des années 1980. Originaire de Montréal, ce trio est composé de Mathieu Rondeau (guitare/voix), Francis Labine (basse) et Antoine Turcotte (batterie). N’ayant jamais entendu parler de ce groupe auparavant je fus littéralement abasourdi, comme plusieurs spectateurs présents, par la qualité de leur musique et de la performance qu’ils livrèrent sur scène. Précises, rapides et entraînantes, leurs compositions furent livrées avec aisance et un côté démonstratif que j’apprécie beaucoup. Sans réinventer la roue, le groupe démontra qu’il sait très bien comment composer d’excellentes pièces dans son style de prédilection tout en se démarquant avec certains passages plus Blues Rock rappelant Motörhead et d’autres passages qui démontrent le talent musical des membres du groupe par un apport assez technique de la basse et de la guitare. Du côté de la performance scénique, le groupe nous offrit aussi beaucoup de mouvements et de poses classiques combinés à une interaction constante et efficace avec la foule. De plus, mis à part quelques grésillements dans le son de la guitare, le groupe bénéficia d’un son à la hauteur de ses aspirations. Enfin, leur performance fut très bien reçue par les spectateurs qui ne se gênèrent pas pour s’affronter dans une fosse déchaînée et jouer au ventilateur humain avec leurs têtes chevelues. Je pus aussi noter l’appréciation enthousiaste d’une certaine Claudine Hasty (animatrice du Thrashoir à CKRL 89,1 FM) qui ne pouvait plus se contenir à la fin de la prestation du groupe. Allez voir de quoi il en retourne ici en suivant ce lien.

Après une petite pause, la foule était maintenant prête pour la prestation des brutes locales de Soiled By Blood qui venaient nous présenter leur premier opus intitulé Serving The Bowels of God que tous les fanatiques de Death Metal brutal devraient écouter sans attendre, soi-dit en passant. En effet, le quintette composé d’Alex-Antoine Chamberland (vocal), Michaël Chamberland (guitare), Charles Côté (basse), Antoine Pellerin (batterie) et maintenant rejoints par un certain Nick à la seconde guitare, est une véritable machine de guerre sonore sur scène et a réussi à merveille à transposer cette énergie violente sur son album. Sur scène le groupe se lança immédiatement dans un véritable déchaînement de violence chaotique. Brutales, mouvementées et intenses furent donc les caractéristiques principales de leur passage sur scène, comme chacune de leurs prestations que j’ai vues à ce jour d’ailleurs. La foule réagit d’ailleurs encore une fois de façon hautement enthousiaste en se livrant à de nombreux sursauts de violence dans la fosse. Musicalement, la performance fut aussi très efficace malgré quelques anicroches techniques à certains moments, comme une guitare qui se débranche à la fin d’une pièce et un micro aphone en début de prestation. Toutefois, ce fut globalement un lancement très réussi pour la troupe qui se retrouvera prochainement en compétition à En Route Vers Heavy Montréal 2014 aux côtés d’Ancestors Revenge, Jupiter’s Red Eyes et Aeternam, le 21 mars prochain au Dagobert (spectacle gratuit). Suivez leurs activités sur cette page et on vous propose une entrevue et jam vidéo plus bas, de notre JamSpace Series.

La soirée était maintenant bien avancée et très bien arrosée lorsque les vétérans de Kaotik prirent la scène d’assaut. Ce quintette peut maintenant se passer de présentation puisqu’il a fait sa marque depuis 2007 sur la scène locale avec un Death Metal de la vieille école exécuté avec talent et une efficacité sans borne. Son premier opus intitulé Starving Death (2012) est un excellent exemple à cet effet et le groupe travaille présentement sur un second album. Comme à son habitude, la formation nous livra une prestation endiablée, efficace et hautement compétente. Leur sélection se concentra principalement sur des pièces de leur premier album, mais le groupe nous offrit aussi des pièces qui sont en cours d’enregistrement pour le second opus. Celles-ci se révélèrent très intéressante en ce qu’elles présentent une facette un peu plus « groovy » tout en restant profondément ancrées dans le son typique du groupe. Encore une fois, les spectateurs démontrèrent leur enthousiasme en ne lésinant pas sur la bousculade. Ce fut donc une autre excellente prestation pour Kaotik, qui démontre son talent à chacun de ses spectacles. La formation sera d’ailleurs de retour sur scène le 17 mai en compagnie de Contemplator et Symbolic (Death Tribute) à l’Agitée. Vous pouvez vous tenir au courant sur Kaotik ici.

En somme, ce fut un très bon spectacle et je fus très content de constater le potentiel de la Salle Unisson qui pourra sans doute devenir une alternative très intéressante dans le contexte de pénurie de salles de moyenne envergure qui sévit à Québec. En effet, il s’agit d’une salle décemment équipée, bien située, spacieuse et qui peut accueillir des spectateurs de tous âges tout en accommodant les adultes qui désirent prendre un coup. J’invite donc les promoteurs de l’Underground de Québec et les groupes locaux à y jeter un œil intéressé! En terminant, je désire remercier Dany Beauregard pour l’accès au spectacle!

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas