Blue Skies Turn Black ne sont peut-être pas les promoteurs les plus actifs de la scène métal mais c’est tout un programme qu’ils nous ont offert mardi dernier. De la grande visite des States que plusieurs attendaient. High On Fire, GOATWHORE, Primate et Lo-Pan, tout un line-up et Ondes Chocs y était invités. Voici la discussion qui en est ressorti:
(Entretien coupé/collé parue sur FB. Bienvenu dans notre monde…)
Dave
-C’est en pensant qu’on avait manqué un band qu’on est arrivé vite à la très, très cool salle de spectacle La Tulipe sur Papineau et je m’en serais voulu de manquer Lo-Pan qui est embarqué sur la scène pour y rester, car avec le poids du chanteur, il se tasse quand LUI le décide..-Effectivement. Le band de stoner »ultra-pesant » vallait la peine qu’on court un peu. Ça groove pas à peu près et ça m’étonne toujours que le chanteur puisse avoir une si petite voix vu son gabarit imposant. Et je cherche encore l’utilité du »device » sur le bassdrum…
-Ouin fait chier de pas avoir pu parler aux boys du band pour le savoir. C’était un ‘speaker’ dans un snare installé sur la peau avant du bass-drum qui était dirigé vers la peau… weird! Une forme de distortion je crois. Je me serais cru, avec leur groove, à un show de Down où on cherche encore Phil, mais j’ai vraiment apprécié l’approche du chanteur. Qui était très statique d’ailleurs. Belle découverte..-Donne lui une chance! Je l’aurais mal vu se lancer partout sur scène…
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-Yeah, mais un peu de body-surfing par ce gars-là nous aurait lancé dans la stratosphère des vues YouTube si on l’aurait filmé! Anyway, c’était le fun de voir leur réaction devant l’accueil de la foule, celle-ci s’étant déplacée tôt… Ondes Chocs aurait-il enfin un impact? just saying…
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-Comme on était très près du stage, c’est une chance pour nous qu’il n’ait pas sauté car on ne serait pas là pour en parler… Blague à part, une courte mais excellente prestation d’un groupe qui gagne à être connu ce côté-ci de la frontière. Du stoner classique mais oh combien efficace!
.-Primate avait l’enviable job de continuer cette soirée très bien entamée, mais cette fois on avait la chance d’avoir Bill Kelliher de Mastodon sur une des deux guitares et Kevin Sharpde Brutal Truth au chant!.-Deux gros noms de la scène d’Atlanta. Un »Super Groupe » qui mélange le sludge du premier avec le grind/hardcore du deuxième, et le résultat est assez surprenant. Le son est loin d’être linéaire. On croirait entendre par moment certaines vieilles pièces plus expérimentales de Brutal Truth, comme »Media Blitz » de leur album »Need to Control »….-Très vrai, man. Je me suis procuré leur album 2 jours avant le show et je suis impressionné par la diversité. Les boys ont l’air de tripper et ça paraît vraiment dans la musique. J’aurais dû essayer 2-3 spots durant leur set, car je trouvais le son moyen à la gauche du stage et près, la définition de celui-ci n’était pas super.
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-J’ai remarqué aussi. Même chose pour les 4 bands ce soir-là. Mais une fois qu’on est bien placés, le son est parfait. Sharp est une vraie bête de scène. Trippant de le voir essayer de sauter partout, nu pieds, et s’étrangler avec son fil de micro. Tout le band en fait était en grande forme et leur énergie compensait pour la foule (de plus en plus nombreuse) qui hésitait à partir un moshpit qui aurait été bien accueuilli par la bande de Primate..-Exact! Le public ne s’est comme pas adapté à la musique beaucoup plus entraînante que nous a emmené Primate. Une approche différente de la part du groupe et c’était un privilège de pouvoir les avoir en avant de moi.
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-Peut-être est-ce parce que c’était en début de semaine? La foule était plus vieille aussi que dans des shows de groupes de métal plus »modernes ». N’empêche, c’était quand même sold-out et tout comme nous, les gens présents ont trippé mais ce n’était rien comparé à ce qui s’en venait avec Goatwhore….-C’est effectivement une claque en plein visage que nous a réservé Goatwhore, un band de métal de la Nouvelle-Orléans qui est difficile à qualifier, excepté que leur son thrash, chaud, est bien propre au Sud des États-Unis. Le chanteur est vraiment le point fort de ce band sur scène avec son énergie et ses mimiques des solos de son guitariste!.
.-Mets-en! Un excellent hybride de black, de trash, de death, de métal… Fuck les appellations. Ça s’appelle du GoatWhore et ça torche en sale! La soirée prennait une allure de plus en plus sombre et le niveau d’aggressivité montait aussi dans la foule. On a presque eu droit à un slam en rond, gracieuseté d’une poignée de fans nostalgiques mais qui s’est terminé en bon vieux trash.
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-Oui et la bonne nouvelle? Pas de Karaté Kid en vue! Le drummer avait l’air un peu fatigué, avec des regards weirds au guitariste entre chaque pièces et des soupires… dure soirée à Toronto la veille? Anyway, la performance sur le stage en a pas souffert et j’étais content d’entendre plusieurs tracks de « Blood For The Master ». Le pic remis dans mes mains par le guitariste à la toute fin a aussi fait ma soirée je vais t’avouer..
-Sale groupie lol! 😉
Je ne connaissait que quelques pièces du groupe mais je dois avouer que leur prestation m’a vraiment donné le goût de me procurer leurs albums. On peut dire qu’ils ont bien fait leur job.
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-La bière, la musique et la foule m’avait très bien réchauffé et j’étais fin prêt à recevoir High On Fire, un band que j’aime beaucoup, car dès qu’on entend leur son, ils sont reconnaissables et ça c’est la marque d’un bon band qui peut bien viellir. Tu les attendais depuis l’année 2000 Jon, si je ne me trompe pas?..-Ouaip et j’avais hâte de les revoir après leur première partie de Voïvod au Foufs. Je n’avait pas été convaincu à l’époque mais je suis devenu un inconditionnel avec les années. Et comme je les avait manqué en 2005 avec Buried Inside à la Sala Rosa et lors du Gigantour de 2008, je ne voulais absolument pas manquer leur retour, surtout qu’ils n’avait pu être au HeavyMtl dû à la désintox de Matt Pike, le virulent leader.
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-Virulent certain! J’aime son intensité, « he means business », mais j’aimerais savoir comment il s’en tire en tournée alors qu’il est entouré de temps de substances qui pourraient vraiment lui nuire dans son cheminement sobre. Étant un trio, c’est au bassiste que revenait la tâche de bien occuper la scène et effectivement, le gars est un pro!-Je connais un technicien qui avait affaire à remédier rapidement et efficacement à la situation quand le chanteur a éprouvé quelques problèmes de son au début du spectacle. Pike avait l’air bouffi et fatigué mais sa performance a été à la hauteur de mes espérances. On dirait Lemmy Kilmister qui viendrait d’apprendre que la prohibition a été réétablie. Une hargne aveugle qui se fond parfaitement au son lourd et violent d’High on Fire..-Très bon point. Un Motorhead des années 2000?-On peut dire, oui. Mais c’est sans aucun doute l’influence de Black Sabbath qui a forgé leur son. De gros riffs de 2 tonnes et une rythmique tribale qui poigne au tripes. Et le tout joué dans des amplis qui doivent avoir souffert ce soir-là, vu le haut niveau de décibels. J’ai l’habitude d’écouter mon Iphone en revenant chez moi après un show mais mardi dernier, un peu de silence a été du plus grand bien..-Ah! Bien dit, quelle belle soirée en général, il y avait beaucoup de monde, des passionnés et surtout, du beat différent de nos shows récents avec beaucoup de breakdowns…
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-Sans contredit un des évènements mémorable de 2012. Et la sournoise »Snake For The Divine » pour finir le tout! Pas de rappel mais tout le monde est parti à minuit, satisfait et un peu plus sourd. Mais c’est pas grave; c’est le prix à payer quand on se présente à un show d’High on Fire. Je m’étais pourtant promis de m’apporter des bouchons après ce que j’avais entendu en 2000…
Dave











