Unbeing, goupe montréalais fondé en 2006 et composé de 5 jeunes musiciens hyper-talentueux, nous a offert en 2011 leur premier opus éponyme. Plusieurs changements au sein de la formation à abouttit au line-up actuel, dont l’essai à l’époque d’un chanteur, élément qui a été mis de côté pour laisser d’avantage de place aux mélodies et aux explorations techniques.
À la première écoute, l’auditeur est précipité dans un voyage inter-sidéral et inter-dimensionnel. Sans être réellement un album-concept, une certaine trame est mise en place, invitant le voyageur à suivre les péripéties de cette formation de métal-progressif. Un décollage en puissance avec la première pièce Octo8 où tous les musiciens se donnent corps et âmes sur des riffs complexes. Le thème d’introduction, joué en douceur, est par la suite enrichi de solos lancinants, appuyé par une batterie d’une précision chirurgicale. Le son est d’une clareté organique et le clavier, passant du son clair du piano au synthétiseur plus discret laisse amplement de place aux guitares acoustiques et distortionnées. La basse quant à elle est sobre, d’une texture feutrée, donne une agréable profondeur à l’ensemble. 8 minutes de pur progressif, à la fois hypnotique et acrobatique.
Les deux (trop) courts morceaux qui suivent explorent un peu plus les univers électros, dans le cas de 15 years in space et nous propose un déchainement de riffs rapides et concis sur Structube.
Un long cri digitalisé ouvre la quatrième pièce, Mercury, et ses accords secs et courts, tel un message subliminal écrit en morse. D’autre effets de distortions et de textures sont explorés, à la fois plus sinistre et envellopants. Une des pièces les plus lourde de l’album, nous emportant dans un univers angoissant et austère mais en même temps chaleureux.
La deuxième partie de l’album nous accueille par la voix de Chuck Norris, signe qu’on risque de se faire tabasser solidement, et tel est le cas. C’est rapide, puissant précis, comme un coup de poing du Texas Ranger, bien que quelques éléments plus jazzy viennent alléger l’ensemble, nous permettant de retrouver notre souffle après cette série de kicks.
Une épique Interlude s’en suit, grandiose crescendo de rythmes et d’imposant piano.
Les structures explosent enfin sur Versus 10 Behemoth, pièce à réécouter, tout comme le reste de l’album d’ailleurs, pour en saisir toutes les complexités.
L’aterrissage se fait en douceur avec la courte Zomb! et son dialoguerépétitif entre guitares et clavier fait écho à celui lointain de la batterie et de la basse fretless. Quelques minutes de silence nous amène à une outro vombrissante et minimaliste, nous redonnant l’envie de repartir l’album pour retourner sur la planète de cette singulière entité qu’est Unbeing.
Un voyage musical qui m’a ramené à l’age d’or du métal progressif du début des années 2000, où les Gordion Knot, Zero Hour et Aghora tournait sans cesse dans mon disc-man. Période où les musiciens prévilégiaient autant les prouesses techniques que les mélodies, pari qu’Unbeing gagne haut la main.
L’album est disponible en format physique ou digital, ainsi que leurs t-shirts sur leur site http://unbeingmusic.com/fr_main.cf à un prix franchement honnête pour un produit de cette qualité.





