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Forlorn Path

« Man’s Last Portrait »

2013

 

Mélancolie, fatalité et espoir. Ce premier album de FORLORN PATH (après deux EPs, “Being Toward Death” et “Intifada”), progressif, lourd et sombre, mais aussi vivifiant par endroits est un très bon début mais aurait eu avantage à être raccourci. C’est une invitation au voyage avec des pièces pesantes et torturées. Musique de contemplation, évoquant une fin mythique, un deuil inhumain…

Émotion et beauté sont au rendez-vous, surtout avec les premières pièces précédées par la suberbe intro melancolique  »The coming of winter ». Puis la pièce “Empire of Decadence” s’immisce et éclabousse d’un dark metal atmosphèrique et très melodique avec des passages doom/death. Les vocaux sont très efficaces et bien sentis, alliant le guttural et le scream propre au black metal. La trosième proposition de l’album,  »Words Only Wind Can Speak » est également très solide et majestueuse. Sûrement ma préférée avec la touche de piano et l’atmosphère d’urgence qui se dégage de la structure prédatrice. Une de leur force est les mélodies de guitare, juste assez travaillées pour amener une texture riche, sans alambiquer le tout dans une technicalité plus froide. Une référence à Agalloch est indéniable.

Une autre de leur force est la poésie des paroles et la qualité de cette prose maladive. Vraiment plaisant à lire, singulièrement. Et une référence à Edgard Allen Poe sur la quatrième pièce  »Masquerade ». Mais voilà que ça commence à devenir un peu lassant, même si la pièce instrumentale  »A Moment of Silence » et un intro pluvieux tente d’aérer le tout, je me suis perdu dans la suite. L’énergie du début s’essouffle et, bien que très bien ficelées et efficaces, les chansons tombent dans le convenu et s’éternisent. Mais voilà, c’est un premier opus remarquable, et j’espère qu’ils sauront débrouissailler leur art car le potentiel est évidement élevé. Il reste que j’ai écouté l’album jusqu’au bout, deux fois plutôt qu’une (étendu dans la pénombre et en marchant dans le bois sous une fine pluie) par respect pour l’oeuvre et par principe d’exploration. Car malgré mes critiques, j’aime être confronté à quelque chose de pointu et même d’ardu à écouter. Surtout en cette ère de facilité et d’instantanéité, je n’en retire que plus de satisfaction. Plus c’est long, plus c’est bon comme disait l’autre. Et j’ai bien fait de tenir car la dernière pièce  »What Lies Beyond » nous ramène un vent de fébrilité avec des envolées épiques. La production est bonne, la qualité sonore surprenante. Un petit bémol peut-être pour les percussions qui auraient pu être plus feutrées et subtiles.

Bref, j’ai aimé mon expérience dans ce monde de tristesse et de colère enflammée par une brèche de lumière et j’espère être agréablement surpris pour la suite.

 

7/10