Samedi le 13 juillet, je me suis rendu à l’Hémisphère Gauche pour assister à un spectacle organisé par Sin Productions de Cindie Berthiaume qui m’avait personnellement invité. Merci Cindie pour l’accès. Comment passer à côté d’un show qui s’appelle « Saturday Night Mutilation Extravaganza » et qui nous promet du « grindcore » et du « brutal death ». Pas du « technical » comme c’est souvent le cas. Non! Du brutal, un point c’est tout. Pour ceux qui connaissent Cindie, vous le savez qu’elle ne donne pas sa place dans le « pit » et que c’est une vraie « metalhead » sans compromis.Et le line up de sa soirée ne laissait pas de doute.
Par contre, on a dû patienter un bon petit bout de temps avant que ça commence. Ça m’a permis de jaser avec JF (et sa soeur Marie-Pier) et Pietro de Exsanguinate et Martin de Dark Century (Merci pour la bière!!). C’est pendant que je jasais avec Fred et Crocko de Mesrine que j’ai fini par savoir qu’il y avait un problème avec le véhicule de Disgust qui était en panne sur le bord de l’autoroute 401 et que le spectacle était retardé pour diverses raisons dont leur donner le temps d’arriver.
Finalement, c’est bien passé 21h00 que les gars de Tribunal ont monté sur scène. J’avais hâte de les voir car quand j’avais vu des photos d’un de leurs spectacles, ils portaient des couches. La thématique cette fois-ci était « Martine à la plage » et tous les membres du groupe portaient de façon plus que moins grotesque, un accoutrement de plage vaguement agencé; leur chanteur qui porte le joli nom de La Princesse Bellemarde, allant même jusqu’à chausser des palmes. Face à un tel déploiement de ridicule, on pourrait simplement hausser les épaules et les classer sans y prêter attention. Grossière erreur! Tribunal ont poussé le côté ludique de leur musique jusqu’à la classer eux-même comme étant du « death-con », du « jersey-core », du « mexi-grind » et du « pop-métal ». Vous pensez que c’est des clowns! Autre erreur! Ce que j’ai vu, c’est 5 jeunes qui jouent un « grind » qui torche mais qui en même temps incorporent des passes de funk, de rap et toutes sortes de « jingles » d’une façon souvent syncopée qui oblige une maîtrise parfaite de son instrument parce que quand ça arrête ben faut que ça arrête et quand ça repart, c’est pareil. J’ai découvert un groupe qui pourrait devenir les dignes successeurs des légendes du « grindcore » tel Old Lady Drivers (OLD) ou encore Naked City. Et les vocaux de la princesse passent aussi du « growl » infernal pour le « grind » à des « cleans » et même des « toonyvoices » dans les passes pas métal. Une belle job! Et comme ils trouvent que tout ça n’est pas assez, ils ont poussé la folie jusqu’à s’échanger les instruments entre les pièces. Ainsi, à un moment donné le chanteur switche à la batterie, le batteur prend une guitare et ce guitariste devient chanteur pendant que l’autre guitariste prend la basse et vice-versa. Ce n’est pas des clowns, c’est des « freaks ». Je leur lève mon chapeau! Vous pouvez télécharger 4 pièces au prix qui vous plaira sur leur Bandcamp pour vous donnez une idée mais je vous jure que vous ne ferez qu’avoir une vague impression de ce qu’est Tribunal. Moi-même qui les ai vu ne suis pas encore tout à fait remis.
Suivant sur scène, on avait Vesication de Toronto. Les gars allaient nous jouer de la musique plus prévisible mais qui ne paraîtrait pas prévisible après la folie qui venait de passer sur le stage. Du « old school brutal death » sans fla-fla. Le quintette nous a servi un son gras à souhait où s’alternent « beat death » et « blastbeats » avec un vocal partagé entre leur chanteur principal, Matt, qui s’occupe du « growl » et le batteur, Geoff, aux accompagnements avec ses aigus un peu rauques. Pas besoin de vous dire que ça a dégelé la foule et que le « pit » s’est animé. Ça aussi c’était prévisible. Je vous suggère de cliquer ici pour aller télécharger pour quelques piasses (ou gratuitement selon votre humeur) leur EP sur Bandcamp.
Vaginal Scars allaient annoncer le début de leur spectacle avec une « track » où on entend des filles qui hurlent. Parfaitement dans le ton de ce qui allait suivre. Je n’ai pas pogné le nom de toutes les tounes mais mettons que de bons exemples sont « Tornado of cum » ou « Ass to mouth » avec les paroles mémorables « Dans l’cul! Dans yeule! Vous pouvez d’ailleurs télécharger cette dernière sur leur Reverbnation et en écouter d’autres. On comprend assez rapidement où ça s’en va en ce qui a trait aux messages. Et leur chanteur ne laisse planer aucun doute là-dessus. Côté musical, ça restait dans le « old school brutal death » mais avec une guitare en moins. Donc, ceux qui me lisent savent ce que ça a fait. Ben oui, j’ai pu apprécier le jeu de basse, mon instrument favori, parce que Kev n’était pas perdu derrière un mur de guitares ce qui arrive malheureusement trop souvent dans le « mix ». Que voulez-vous, je suis un vieux de la vieille de l’époque des « powertrios ». Je n’ai pas besoin d’un « wall of sound » tout le temps même dans le brutal et c’est ce que Vaginal Scars m’a offert. Des bons « riffs » violents et brutaux à souhait.
Pendant le set de Vaginal Scars, j’ai su que Disgust avaient fini par remettre leur véhicule sur la route et arriver à l’Hémisphère Gauche … pour m’assommer. Oh que c’est violent! Même en format trio, 2 guitares/batterie. Ouan, malheureusement la basse est laissée de côté lors des prestations « live » parce que c’est Brian qui fait la basse pour la majorité des pièces de l’album en plus d’occuper sa place de guitariste. Je comprends que c’est la basse qui écope parce qu’il s’échange les « lead » avec Sean dans les pièces et il y aurait des vides naturellement s’il manquait une guitare. On a donc eu un son moins gras mais je me répète, c’était violent. Bon, la batterie est triggée à l’extrême mais c’est « destroy », ça n’a pas de bon sens. Chris martèle toutes sortes de « beats » et roulements, les « riffs » passent d’une guitare à l’autre et le vocal de Brian – ben oui, il fait ça aussi – peut autant être un « growl » profond qu’un « squeal » porcin. Une découverte qui m’a mené à leur table de « merch » après leur prestation pour me procurer leur plus récent album, « Infinite obliteration ». Après une jasette avec Brian, il m’a remis gratuitement (Thx for the CD), un CD Split avec Inveigh dont je me suis rendu compte qu’il compte dans ses rangs non seulement Big James de Endast mais également Nick Guérin à la basse.
La soirée était couronnée par nos « slashers » de Québec, Mesrine, toujours aussi déchaînés qu’à l’habitude et ce malgré l’heure tardive où on était rendu. Et ceux qui restaient l’étaient aussi ce qui a donné une belle fin de soirée où on a continué à se thrasher dans un registre un peu plus « grindcrust » très agréable. D’ailleurs, j’ai bien aimé les 2 nouvelles pièces à saveur plus « crust » qu’ils nous ont envoyées. De toute façon, ça fait plusieurs fois que je les vois en show et c’est toujours aussi solide que ce soit leur nouveau matériel qu’ils présentent ou quand ils plongent dans leur « back catalogue » pour nous sortir des « Goldie Oldies ». Mesrine, ce sont des vétérans et ça paraît. Si vous voulez vous aussi découvrir ou simplement vous reprendre de les avoir manqué, allez sur leur site officiel et jetez un coup d’oeil au calendrier de leurs prochains spectacles. Ils seront entre autres au « GrindYourMind Open Air 5 » à Notre-Dame-du-Bon-Conseil au mois d’août.
Cheers!
Lex





