Me pointer dans un show et ne pas connaître les groupes a toujours fait partie de ma vie. Remarquez que dans les années 1980-1990, il n’y avait pas autant de shows qu’aujourd’hui et on se foutait pas mal de qui était sur le line up quand un show était annoncé. On se ramassait 4-5 chums et on y allait parce qu’on savait qu’on aurait du fun. On savait aussi qu’on verrait d’autre monde qu’on voyait seulement dans les shows et c’était une façon de refraterniser avec eux. Bon avec le temps, j’ai perdu mes partners de shows parce que, tsé le monde en vieillissant, il s’invente des responsabilités qui fait en sorte qu’ils finissent devant la TV le soir au lieu de finir devant un stage. Moi, j’ai choisi la 2ème option. Et la partie où je rencontre du monde trippant que je vois seulement dans les shows, ça n’a pas changé. Encore jeudi, j’ai vu Mike de BornBroken – qui m’a quasiment défoncé la pomme d’Adam avec son épaule en me serrant dans ses bras!!! -; Renaud de Kolony – qui lui justement protège sa gorge ces temps-ci parce qu’il enregistre ses vocals pour leur prochain album -; Goyy et Iann de Falstaff – la saison de football des Alouettes va être longue d’après eux – qui ont été rejoint par leur Hitman; Whiskey Lee de Crosstitution – qui m’a présenté un gars pis criss je n’ai pas allumé que c’était Dano Apekian, le bassiste de Ex Deo. Bravo Lex. Excuse-moi, Dano! -, Jon Asher – I don’t know what to add here but that means eveything man, cheers – et naturellement Nick et Michelle de Dungeon Works Productions – qui m’accueillent dans tous leurs shows avec la même « weirdness » – sans oublier le staff du Piranha Bar. C’est sûr qu’en 30 ans à aller voir des shows au hasard, parfois ça m’a fait voir des trucs qui n’étaient pas très bons, voire même mauvais, mais je n’ai jamais regretté les piasses investies parce que je considère que c’est le feeling qui est important dans un show. Voir le monde qui trippe et me laisser embarquer justement dans le trip. Là, vous devez vous dire « Oh boy, où c’est qu’il veut en venir avec ça. C’était si poche que ça ce show-là ». Ben justement non et c’est à çà que je veux en venir. Aller dans des shows à l’aveugle m’a surtout permis de voir des bands qui, même s’ils ne sont jamais devenus « the next big thing », m’ont donné un maudit bon show. Et c’est ce qui m’est arrivé jeudi au Piranha Bar. J’ai vu 4 bands dont 2 que je ne connaissais pas et j’en suis sorti plus que satisfait. Je croyais que c’était 3 groupes inconnus pendant toute la soirée mais j’ai réalisé en faisant mes recherches pour écrire cet article après le show que j’avais vu Shootdown Order à la soirée d’inscription pour le « En Route vers le HeavyMtl ».
Donc, j’allais au Piranha Bar seul et sans attentes mais en arrivant je jette un coup d’oeil quand même aux gens devant la place pour voir s’il n’y a pas une face connue dans le tas. Personne, OK! J’allais enligner l’escalier pour accéder au Piranha Bar quand j’ai pourtant entendu
Hey Lex! How are you? Glad to see you came for the show.
Euh … Lex c’est bien moi mais lui, j’en avais aucune idée. Après quelques phrases, j’avouai donc
Sorry, man! I don’t have a clue who you are?
I’m Tom! We met a couple months ago here. I was signing in Odium.
… !!??
I had no hair and a beard at the time, now I got it reversed!
J’ai donc fait l’exercice dans ma tête de lui switcher les cheveux du crâne vers le menton, l’image s’est tranquillement faite et tout s’est replacé.
Yep, I recognize you now. Sorry again. You’re playing tonight?
In Deathpoint …
Nice!
Il a rejoint la formation pour l’enregistrement de leur nouvel album – Thanx guys for the free CD – et les gars me disait que ça faisait une grosse différence. Tom en a profité pour me présenter les autres membres de Deathpoint. Mais comme vous avez vu plus haut, ça c’est une autre chose que je n’arrive pas toujours à faire – Me rappeler qui sont les musiciens dans un groupe – et je ne crois pas que ça ira en s’améliorant (!!?). Pas reconnaître Dano de Ex Deo. J’en reviens pas encore!
Pour revenir au show qui nous intéresse, Dungeon Works Productions avait organisé une soirée qui, encore une fois, promettait d’être variée. Our Souls Evolve était chargé d’ouvrir la soirée et c’est le groupe que j’avais déjà vu. Malheureusement, ils ont dû composé sans la présence de Félix, leur bassiste, parti pour la Colombie-Britannique tout juste dans les jours précédents le show (!!?). Ça l’a eu le mauvais côté que comme les pièces sont composées pour laisser de la place au solo de Ismael, il arrivait que tout ce qu’on avait comme son était une guitare et le drum ce qui faisait un peu vide sans compter le fait que sans la basse, le son était un tantinet aigu. Si on ajoute à ça le fait que Christophe n’était pas à l’aise pour jouer sur le drum fournit pour la soirée – ça paraissait dans ses yeux que les cymbales n’étaient pas placées comme d’habitude – les conditions n’étaient vraiment pas réunies pour leur meilleure prestation. Ben, comme je disais tantôt à propos du fait qu’on va dans un show pour avoir du fun, c’est là-dessus que les gars de Our Souls Evolve ont parié et ça a été leur meilleur « bet ». Raphael, leur chanteur, s’est chargé de garder leurs chums embarqués dans le show et ils ont bien répondu. Pour les autres spectateurs, ce n’était pas le meilleur moment pour découvrir leur musique mais comme moi je les avais déjà vu auparavant, je savais déjà ce dont ils étaient capable et je peux dire que, outre les petits accros au drum, le reste de leur prestation était dans l’esprit de ce que j’avais vu auparavant. Un metalcore solide, agrémentée de riffs progressifs et de soli intéressants, appuyé par un growl d’enfer sur une rythmique qui n’est pas centrée sur les breakdowns mais s’en sert plutôt pour encadrer les parties plus techniques. Ils nous ont aussi fait un cover de « Days of Justice » de l’album « Awaken the dreamers » de All Shall Perish. Je suggère donc à tous de continuer ou commencer à suivre les 1ers pas de Our Souls Evolve. C’est prometteur.
Les suivants sur scène étaient Deathpoint, de la région de Hamilton. Comme mentionné plus haut, leur chanteur est Tom, anciennement de Odium que j’ai vu il y a quelques mois. Je savais donc un peu à quoi m’attendre du côté vocal. J’ai eu un peu plus parce que la musique de Deathpoint permet une belle exploitation du registre de ce dernier. Parce que Tom a un maudit beau « clean » – qui parfois a des intonations de Serj Tankian – en plus de nous envoyer des « growls » brutaux en passant par des « clean » rauques. Les arrangements groovy de leur metalcore permettent donc de bien amener les différentes variantes de son vocal, bien supporté par les backvocaux de Brad le bassiste, tout en créant une musique qui donne le goût de bouger bien appuyée par les variations de « beats » que Mike nous envoie derrière la batterie tel un métronome. Parlant de Brad justement, il nous a offert une belle prestation groovy à la basse – la 4 cordes au pic et la 6 cordes aux doigts et « slapping ». Ça me faisait penser aux trip des bassistes de groupes comme Skinlab ou Mudvayne qui torturaient leur basses de toutes les façons imaginables. Pendant ce temps là, on avait Tim qui profitait de sa « cordless » pour nous donner un show directement du plancher passant de la gauche à la droite du stage au gré de sa performance. Cool, man! Et en plus, comme il n’est pas monté sur le stage de toute la prestation, ça a laissé pas mal plus de place pour Brad lorsqu’il n’était pas au backvocal et à Henry qui s’occupe de l’autre guitare, pour qu’eux aussi se démènent un peu. Un show vraiment à point que vous pourrez voir aussi. Lors de leur voyage vers les Maritimes pour leur participation au festival Spread the Metal version Halifax le 24 août, ils ont prévu de s’arrêter de nouveau au Québec.
Le groupe suivant était Severed Wings. Leur musique allait nous emmener en dehors de l’univers métal. Ils ont créé une musique qui contient tous les éléments de pièces rock alternatif avec des refrains et couplets en choeur par les 2 frères Paqueo, Ryann et Carlo aussi guitaristes, qui ne sont pas sans rappeler le Offspring ou Millencolin en même temps. Par dessus tout ça, Michael vocaliste principal, amène un côté « core ». C’est pas mal différent de ce qu’on entend habituellement parce que c’est heavy mais pas métal et ça n’a pas pris de temps à capter mon attention. C’est toute une chance parce que parfois, je ne prend pas la peine de m’avancer directement au devant de la scène restant un peu à l’écart derrière les 1ers rangs de monde entourant le « pit ». Et bien j’aurais manqué le fait que Carlo joue avec une guitare droitière et il est gaucher. Il tient donc sa guitare à l’envers et le malade n’a pas changé la position des cordes. Ben oui. Les grosses en bas et les petites en haut. Il doit faire ses accords à l’envers. Et quand je vous dit qu’il est malade, je pèse mes mots parce que j’aurais pu dire que c’est un &%%# de f***in freak. Le gars fait le rythme comme si de rien n’était et s’enligne des soli au travers de ça. Et je ne veux écoeurer personne avec ça mais c’est en nous regardant qu’il fait tout ça. WOW! Man, you rocked my night! Et leur musique est cool. C’est le genre de band qui pourrait très bien jouer avec Kolony, mettons.
Avec Shootdown Order, on allait rester loin du métal pour plonger directement dans le rock alternatif heavy avec toutes sortes d’influences punk, ska et même à la limite new wave. J’ai pensé à Lydia Lunch, Half Japanese, Tragic Mulattos et aussi comme je disais à du ska mais ironiquement ce n’est pas un ou des cuivres qui m’a fait penser à ça mais le violon de Markos qui, quand il ne nous envoie pas des mélodies méditerranéennes, « shred » son violon d’une façon qui, couplée à la rythmique saccadée produite par ses acolytes complète l’illusion. Et si ce n’était pas déjà assez éclectique, des pièces, avec leur phrasé « rappé » sur mélodies de violon pendant que la rythmique est groove rock, m’ont fait penser à Raggadeath. Mais ne vous méprenez pas. C’est heavy et ça peut être aussi métal mettons que le black album de Metallica!! Leur chanteuse – j’ai su pendant leur prestation que Nadia Sassen remplaçait la chanteuse habituelle, Yvette Meow selon leur reverbnation mais je n’ai pas demandé, absente du pays et aussi que le groupe a débuté en tant que groupe instrumental – avait d’ailleurs une voix qui permettait de virevolter d’un style à l’autre dans l’harmonie. Malheureusement, elle n’avait pas eu le temps d’apprendre un nombre suffisant de pièces pour me satisfaire complètement mais je dois avouer que c’est parce que je me suis laissé envoûter dans la même transe qu’elle. Je suis resté triste de savoir que je ne reverrais plus ce groupe avec cette formation. Je suis par contre content que Nadia m’ait parlé de son autre projet car j’aurai la chance de pouvoir revoir une fille qui sait vivre une toune et j’imagine que ça doit augmenter d’une coche en intensité dans ses projets personnels. Pour ce qui est de Shootdown Order, je dois maintenant les revoir absolument avec leur chanteuse habituelle – pas pour le jeu des comparaisons parce que Elias, leur guitariste, m’a donné leur EP de 6 pièces, « Rise », (THX, MAN) et que j’ai pu constater que Nadia a bien respecté l’esprit des pièces qui y sont déjà très solides – mais parce que, dans ma vie après avoir vu plus de 3000 shows et donc plus de 10000 groupes sur scène, j’applaudis un vent de fraîcheur tel que celui qu’apporte la musique de Shootdown Order et ce sera avec plaisir que je me laisserai charmer à nouveau par leur musique.
J’ai donc encore une fois découvert des groupes qui, pour la plupart d’entre vous, passent sous le radar. C’est un peu déplorable car certains sinon plusieurs mériteraient que plus de gens s’intéressent à eux mais comme c’est souvent le cas et encore une fois, je ne le soulignerai jamais assez, tout le monde a beau dire que c’est poche que des groupes comme Martyr, Oblivion et autres icônes du métal québécois aient disparu, je rappelle que c’est probablement parce qu’ils ne faisaient pas assez de cash parce que personne ne se pointait dans les shows. Les groupes de jeudi passé au Piranha Bar n’avaient absolument rien de générique et mérite que vous leur donniez une chance et alliez au moins les écouter sur leur page respective. Dans le cas de Severed Wings, leur matériel audio s’en vient bientôt.
Cheers!





