Est ce la folie qui fait que ces groupes là sont bons ou est-ce parce qu’ils sont bons que leur musique est folle? Après une soirée en compagnie de PLoZ et Kids Eat Crayons, eh bien je me pose encore la question…
Les Productions Kranium avaient prit possession de l’Absynthe, rue St-Denis à Montréal, en cette froide soirée du samedi 24 novembre dernier pour nous offrir un spectacle littéralement haut en couleurs, autant pour les cornées, les tympans ou que pour les méninges. Le tout débute un peu vers 22h et une bonne cinquantaine de personnes ont réussi à se trouver une place dans cette salle »particulière » et »incontrolable » (ceux qui sont familliers avec l’endroit comprendront…). Beaucoups d’amis parmis eux car les 2 formations étaient de retour après une longue période d’absence. Mais bien que les années ont passés, cela ne signifie pas pour autant qu’ils se sont assagies. Loin de là!
Après 3 ans sans avoir foulé les planches, PloZ revenait en force offrir ses sonorités particulières, où basse, batterie, violoncelle, guitare, saxophone et voix s’entremêlent parfaitement, sans vedette ni crise d’égo. Les musiciens, tous costumés, nous invitent à les suivre dans ce carnaval de sons où sont aussi invités les Residents, Primus, Magma, Fantomâs et autres groupes qui, comme eux, ont décidés d’explorer et de faire fi des genres. Sous des projections psychédéliques, le chanteur déploit une poésie torturée, récitée en français, de sa voix nasillarde et plaintive, en duo avec les interventions lugubres du batteur. Celui-ci, derrière son masque sans expression, bat la mesure, dirige et impose le ton de cette musique imprévisiblement surprenante. Les accords frénétiques du cornu »super-guitariste » sont parfois tout droit sorti d’une époque où le LSD faisait partie des 4 groupes alimentaires et à d’autre moments directs et trash. Serait-ce Les Claypool sous ce masque et cette robe? C’est à s’y méprendre car les cordes de l’instrument de la bassiste sont respectueusement et habilement mises à l’épreuve avec la même technique que le maître. Le violoncelliste vient donner à cet ensemble une autre couleur, tantôt joyeuse, tantôt sombre et toujours au seuil de la folie. Fermez les yeux et imaginez une bête gigantesque, enfant illégitime entre un éléphant et un mille-pattes, qui gambaderait candidement sur une planète lointaine, parsemée de volcans et de forêts multicolores… C’est étrange me direz-vous mais je vous jure que ça existe. Je le sais, je l’ai vu de mes yeux vu et cette créature étrange s’appelle PloZ!
On tente par la suite de refroidir nos neurones chauffés à blanc à grande lappés de Boréale blonde en compagnie de Lex, l’hôte de la soirée et de Diane Messier, fidèle collaboratrice et gestionnaire DU groupe FB pour les amateurs de prog (http://www.facebook.com/groups/402140719859942/ ), après ce doux délire d’une heure qui passa trop vite.
Quelques minutes plus tard, ce sont 7 musiciens qui réussissent tant bien que de mal à se trouver une place sur la petite scène. Deux styles en particulier ressort de la musique de Kids Eat Crayons, où ici aussi, les structures classiques sont laissés de côtés. On sent la formation jazz des protagonistes, mais c’est une attitude totalement hardcore qui se dégage dans leur manière de jouer. Le batteur, complètement désarticulé, alterne les séquences rythmiques (et les mimiques) avec une intensité et une aisance déconcertante. Les enchaînements des pièces, dont il est un des principaux compositeur, nous invitent à mettre de côté nos repères musicaux. À la gauche, devant la scène, se tient un guitariste. De sa guitare part un fil qui serpente jusqu’à un ampli. Et de ses haut-parleurs, distortion mordante, accords fuzzy et rythmes groovy se battent pour sortir. Tous sortiront vainqueurs, triophant chacun leurs tour, et parfois dans la même mesure. À ses côtés, se foutant autant des genres que de la place où il doit se tenir devant le band, le chanteur parrait avoir de sérieux problèmes de personalité multiple. Nous avons droit, durant près de 45 minutes, à un leader hardcore, un poète maudit, un crooner de casino ou un chanteur heavy-métal qui pousse la note, menaçant de fissurer le verre du puit de lumière qui nous surplombe. Au piano, le pianiste fais voler les notes et les feuilles de partitions tandis qu’une section de cuivre, sobre dans leur attitude mais complètement déjantés lorsque leur souffle se fait violence, leur free-jazz devenant strident et saturé. Derrière les deux comparses, on peut apercevoir le long manche d’une contrebasse. Mais même s’il se fait plus discret, le musicien s’assure d’envelloper l’ensemble de ses notes chaudes et lourdes. Cacophonie fait bon ménage avec des passages plus structurés, et chez Kids Eat Crayons, telle une équipe de chirurgiens expérimentés, tous et chacun se chargent de mener à bout cette délicate opération, malgré les hémoragies et les arrêts cardiaques provoqués, non pas chez leur patient mais au sein de l’audience.
En résumé, c’est une soirée hautement écclectique qui nous a été offerte, et avec succès, remplie de styles pas nécessairement accessible pour une oreilles non initiées mais sans être pour autant hermétique. Il suffit seulement de rester l’esprit ouvert et le pire qu’il peut vous arriver, eh bien, c’est de rester complètement accro à cette folie… Ne restez pas tranquille trop longtemps, PloZ et Kids Eat Crayons car je sens que je vais avoir besoin de ma dose TRÈS bientôt!!!






