(#16)

Édition spéciale 

Bonjours à tous et à toutes et bienvenue dans cette édition spéciale de ma chronique. Elle est spéciale car je vous parlerai de deux bands de Québec et avec des extras. J’ai pour vous deux entrevues réalisées avec des bands Prog de la capitale et j’ai même un vidéo fait ‘sur le fly’ avec un des bands qui s’est prêté bien généreusement à une entrevue dans leur local. Pour vous faire oublier que je ne suis pas un caméraman professionnel, j’ai même reçu le droit de mettre une de leur toune, « Still » en vidéo et de le partager dans cette chronique et sur notre channel Youtube. Les deux bands en question sont donc Piezo, qui s’est livré à l’entrevue live avec vidéo (et que vous aurez la chance de voir le 4 Juin à L’AgitéE Bar-Coop en compagnie de The Asylum Factory), et Shatters, un band de Heavy-Prog aux influences diverses (Porcupine Tree, Opeth, Amorphis, Primordial, Blackfield).  C’est excellent et j’ai bien hâte de les voir sur un ‘stage’.

Donc sans plus attendre, voici l’entrevue que j’ai réalisé via e-mail avec Martin Poirier, chanteur-guitariste du groupe Shatters, aussi composé de Emmanuel Rousseau à la basse, Marc-Antoine Guay à la guitare/voix, Stéphane Moisan à la batterie et Mathieu Houde aux claviers et piano.

 

OC : Fondé en 2005, vous connaissiez-vous tous?

Non. En fait, je suis le seul membre original du groupe. Au début nous n’étions que deux et c’était un « side project » de mon autre groupe de l’époque O.R.B. Après 3 ans, nous avons décidé d’en faire un vrai groupe car O.R.B. s’était dissout.  Il y a eu quelques changements de personnel et ce n’est que depuis décembre 2012 que le groupe s’est solidifié avec la formation actuelle.

 

OC : Sinon, comment vous êtes-vous rencontré ?

Le premier « nouveau » membre fut Stéphane Moisan le batteur et c’est par les petites annonces que nous nous sommes rencontrés. À l’époque, il était le batteur d’Atma Sphacelus. Il se cherchait un projet de musique progressive. Emmanuel Rousseau était une connaissance de Stéphane. Pour Mathieu Houde le claviériste, ça faisait 2 ans que nous cherchions. Quelqu’un m’a suggéré de regarder sous la rubrique « cours de piano ». Il a écouté, il a aimé et il s’est joint au groupe. Pour Marc-Antoine Guay, il est un ami de Mathieu et c’est lui qui s’est le plus démarqué lors des auditions.

 

OC : Est-ce tous les membres qui trippent prog?

Oui, dans l’ensemble on s’intéresse tous au prog mais pas juste à ce genre. Stéphane adore nous surprendre avec toutes sortes de découvertes dans des genres pas mal différents. Ça nous aide beaucoup pour développer de nouvelles idées. Mais c’est surtout le prog qui nous lie, le vieux comme le nouveau.

 

OC : Vos influences éclectiques à saveur un peu « doom » affectent votre musique de quelle façon? Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre de musique?

En effet, ça peut paraître éclectique mais chacun de ces groupes a une touche très sombre. Je crois que c’est dans ce créneau musical que l’émotion passe le mieux. Nos textes ne respirent pas vraiment la joie de vivre donc la musique supporte bien nos idées, nos textes. C’est dans la lourdeur que nous ressentons l’intensité. Nous avons tous un background musical différent mais quand nous mettons nos idées en commun, c’est comme ça que ça sort. De plus, nos chansons sont tout autant éclectique car dépendamment de l’émotion que nous voulons transmettre, la musique s’adapte en conséquence. Notre style devient donc difficile à décrire…

 

OC : Qu’est-ce qui inspirent vos paroles?

Notre principal thème est la psychologie humaine. Comment notre entourage, nos décisions, nos émotions et nos réactions affectent notre psyché au point même d’en perdre tous nos moyens. L’esprit de l’homme est fragile et c’est cet aspect que nous explorons. D’ailleurs le nom du groupe SHATTERS, qui veut dire éclatements, représente l’idée que notre état mental peut souvent se briser en éclat, en mille morceaux…

 

OC : En français et en anglais, qui écrit les paroles? La musique? Quel est votre processus de création?

Dans le groupe, il n’y a pas vraiment de tâches attribuées aux membres. Tout le monde est libre d’apporter ses idées tant au niveau des paroles que de la musique. Actuellement c’est moi et Stéphane qui apportons les textes.

 

Pour la musique, tous y mettent leur grain de sel. Un d’entre nous peut avoir une idée de riff et en groupe nous nous amusons à y greffer d’autres éléments. C’est comme ça que l’on compose. Il est important qu’à la toute fin que tout le monde soit satisfait de la chanson. Ce n’est rien de bien compliqué; nous laissons l’inspiration nous guider.

 

OC : Le français c’est tout de même difficile à faire sonner sur ce genre de musique. Il faut se casser la tête un peu. Pourquoi ce choix? C’est important pour vous de chanter en français?

Au début du projet, nous voulions qu’il soit strictement en français car nous voulions quelque chose de différent et qu’après tout, c’est notre langue. Chanter en français est une preuve de notre appartenance à nos racines, à la francophonie. Plus tard des textes en anglais furent intégrés à notre répertoire. Maintenant, nous nous faisons un devoir de chanter en français sans pour autant délaisser l’anglais. Parfois des textes prennent forme en français, d’autres en anglais. Encore une fois, c’est l’inspiration qui nous guide. Faire sonner le français n’est pas difficile. Au contraire, car une fois que l’émotion s’est installée dans l’interprétation, le français sonne tout autant, sinon plus que l’anglais.

 

Le Studio d’en-haut :

C’est en fait mon petit studio. Au départ, il était chez moi au deuxième étage de ma maison d’où le nom. Maintenant installé à notre studio de pratique, j’y enregistre des groupes et des artistes. Aussi, j’y fais de la composition pour différents projets comme le théâtre, de la voix « off », musique pour tout genre de projets multimédias. (www.studiodenhaut.com)

La date du lancement de l’album n’est pas encore fixée mais ça sera assurément au printemps 2013.

 

Martin

SHATTERS

shatters@live.ca

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Un gros Merci à Shatters et à Martin qui ont été patient, car cette entrevue a été faite il y a belle lurette!

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En deuxième partie, Piezo, se sont fait connaître lors du lancement de leur album « Harlequin : Scene 1 » dans un spectacle très réussit au Dagobert le 2 mars dernier, en compagnie d’un autre très bon band, que j’ai bien hâte de vous faire connaître un peu plus dans une prochaine chronique, Inner Odyssey. Chaque chose en son temps, cette semaine c’est le tour à Piezo.

D’abord qui sont-ils? Ils sont  un quintet composé de Julien Watine à la guitare acoustique et au chant, Patrick Fillion à la guitare,  Jean-François Fournier à la basse, François Warnet au clavier/back vocals et Gabriel Larivière à la batterie et percussions. Leur son est complexe, car si l’album « Scene I : Harlequin » commence avec une touche nettement Pink Floyd, on est vite transporté dans un monde d’émotions éclectiques égalé seulement par la qualité de leur musique aux influences diverses tel que Genesis, Rush, Mike Oldfield mais aussi et surtout Opeth. Un savant mélange de Blues et de Métal, épicé par une touche de Jazz qui vous tranportera dans le monde de l’Harlequin et sans que vous vous en rendiez compte, vous fera passer une très belle heure musicale. Je vous dirais que, pour ma part, c’est un solide 8 sur 10 pour l’album, certaines choses aurait pu être mieux (notamment plus de back vocals et de choristes qui viennent très bien appuyer Julien, les backs de François en show étaient très sur la coche et je crois qu’on en entendra plus sur les prochains morceaux), mais je crois sincèrement qu’il nous surprendront avec le prochain album. Ce premier opus en est un conceptuel, chaques chansons s’imbriquant avec la suivante et la précédente, même dans le cas du premier et dernier morceaux, vous pouvez me croire, car j’ai fait plus d’une fois le tour de l’album en continu lorsque je l’ai eu (je descendais en Gaspésie profonde pour le travail, un petit voyage de 8h rendu plus agréable avec mon ami Harlequin…).  C’est quand même une grosse commande que de faire un album concept, surtout pour un premier, pour un band inconnu qui décide de prendre les chemins ardus de la composition Prog et Piezo a très bien relevé le défi. De grâce, ne me croyez pas sur parole, mais achetez leur album et découvrez par vous-même!

Donc un certain mercredi, 8ème jour du mois de mai, c’est un reporter un peu nerveux qui s’en allait rencontrer un band pas beaucoup moins nerveux pour passer une petite heure en leur compagnie, apprendre à mieux les connaître et avoir la chance de vous les faire connaître. Ça pas pris long que la nervosité a pris le bord, les gars de Piezo sont tous très social et adorent rire.  Voici donc le rapport, à peine édulcoré (pleins de conneries en moins), de cette rencontre avec un des meilleurs groupe Prog de la province :

 

OC : Commençons par le commencement, comment vous-êtes vous connus? D’où venez-vous?

Julien :  Il y 3 ans, juillet ou Août 2010, j’arrivais d’un voyage en Espagne et en furetant les annonces sur Québec-Métal où un ancien band hommage à Opeth, Lamentation, cherchait un chanteur pour démarrer un band de composition. Dans la description de leurs influences, ils nomment Genesis, Porcupine Tree, Pink Floyd, tous des trucs qui m’intéressent gros et donc je leur écris un message – sans fautes d’ailleurs! [rires  et approbation des autres membres] bref, ils m’ont donné un rendez-vous pour l’audition où je suis venu avec ma guitare. Je leur ai fait 2,3 tounes et après ils ont vu 1 autre gars et en avaient essayé un autre mais très vite ils m’ont rappellé pour me demander de devenir un membre à part entière.

 

OC : Ça avait clicker avec Julien, la première fois que vous l’avez entendu et vu? Le saviez-vous pas mal que ce serait lui?

Les autres : Oui
François : Ouais dès qu’on l’a vu ça connecté.

 

OC Julien, tu étais dans Morgue (band Black-Métal), c’est un bon saut du Black au Prog, non?

 

Julien : Pendant 2 ans j’ai fait les 2 mais depuis septembre 2012, je me consacre seulement à Piezo. Oui c’est un bon saut mais il n’y a pas vraiment d’explication. J’aime toujours le Death Metal et le Black, je fais ma vaisselle en écoutant du Meshuggah et du Cannibal Corpse (NDLR : me semble de voir si il reste de la vaisselle!). Tout ça pour dire que je n’ai pas renié ma passion pour cette autre genre de musique et en fait le choix était pas autant Métal vs Prog mais plutôt guitare vs chant. Je suis pas écoeuré de jouer de la guit mais un peu tanné de jouer de la guit dans le métal et le chant me donnait un nouveau tremplin, un nouveau trip. Et lorsque Piezo m’on dit que ça marcherait bien pour l’album et qu’en plus je pouvais jouer des passes de guit….

 

François : On voyait sa motivation, et il s’est mis à prendre des cours [de chant]

 

Gabriel : Ouais pour prendre de l’expérience, même si il commençait au début, il clanchait déjà de loin les autres auditions que l’on avait eu… Ça et en plus, il venait avec tellement d’idées.

 

OC : Parlons-en des idées, comment se construit une toune chez Piezo? C’est le band, c’est plus quelqu’un?

 

Gabriel : (me montre les tableau blanc sur lesquels plein de notes sont écrites) Tu peux en avoir une idée en regardant les tableau et souvent on utilise aussi un Iphone pour prendre des takes de nos impros. Souvent on part pendant une dizaine de minutes sur un riff, on le travaille et si on l’aime on le note et le classe un peu par gamme, on agence les riffs qui vont bien ensemble et après on développe là-dessus. Ça vient de tout le monde, y’a presque pas de « leader » dans Piezo, on pourrait dire…

 

Julien : On peut dire aussi que l’on improvise à peu près à chaque jam. D’ailleurs moi j’avais jamais vu ça, un band qui improvise aussi facilement qu’eux (NDLR : effectivement que ce soit sur scène ou dans leur local, il y a comme une communication invisible mais palpable entre les membres, qui n’est sûrement pas une de leur moindre force!), et ce, il peuvent le faire dans le métal, le post-rock ou le pure prog, donc on improvise et lorsque l’on est frappé par un riff, on marque le numéro (time code) de la machine (enregistreur ou Iphone) sur le tableau et on le classe par gamme/tempo.

 

OC : Classé par Gamme et tempo, c’est une très bonne façon, y’a d’autre chose qui rentre en compte?

 

Gabriel : Les émotions, exemple sur Scene 1, Julien nous disait faut que ça soit comme telle émotion alors avec nos impros et nos riff tapés, ça nous donnait un objectif, un guide pour les travailler.

 

OC : Oui justement, qui est venu avec l’idée de cette album concept? Y viens d’où l’Harlequin?

 

François : (pointant Julien) De sa tête.

 

Julien : Oui j’avais cette histoire ou plutôt ce personnage depuis un certain temps dans ma tête et j’ai pris une crisse de chance en leur montrant, mais je croyais sincèrement que tout était réuni pour que ça marche et j’avais aussi bien développé mon argumentaire. Ceci dit, ils auraient bien pu me trouver un estie de freak…

 

Piezo : C’est un estie de freak…[rires générale]

 

Gabriel : En fait il nous a bien présenté ça et comme je disais ça nous donnait une bonne marche à suivre avec son histoire, les émotions et tout les riffs que l’on avait au tableau.

 

François : En fait ça nous donne un fil conducteur, le personnage il fait telle action donc il ressent telle émotion et cette émotion sonne comme ça. On voulait que la musique autant que les paroles raconte une histoire…Ça nous prenait exactement ça je crois, le fil conducteur pour faire notre musique.

OC : C’est vraiment hot comme processus de création, d’après moi vous allez faire des émules! Je vous dirais pas que je n’explorerai pas cette avenue avec mon propre band! On parle beaucoup du personnage, ceux qui vous ont pas vu en show ne savent pas mais il existe pour vrai, et en couleur, l’Harlequin. J’ai adoré voir le film pendant votre prestation, parfois je ne savais plus où donner de la tête, à quand une version DVD de votre album avec le film?

 

Gabriel : D’abord, merci de passer le commentaire car à peu près personnes ont commenté cet aspect de notre art (NDLR : et pourtant le film est très bien, la photographie est profesionnelle et les madames très jolies!) Sûrement que certaines personnes ont apprécié mais peu ont commenté.

 

François : Faut dire qu’au Dag, c’est pas la meilleure scène pour des vidéos, la scène est basse et il y a pas de projecteurs… Mais le 4 juin prochain à l’AgitéE cependant….

 

Gabriel : Pour ce qui est du DVD, on va y penser mais sûrement pas avant 2028, dès qu’on est hyper connu et qu’on a le budget… [rires générale]

 

OC : Avez-vous une formation musicale?

 

Piezo : On a tous plus ou moins des ptits cours de musique dans nos instruements respectifs mais non pas de formation académique à proprement parler.

 

Julien : Sinon y’a François qui est en technique de scène et qui a plein de contact soundman, caméraman, etc.

 

OC : Ok donc c’est à toi que l’on doit ce vidéo?

 

François : En fait c’est Gab qui a eu l’idée ou qui a lancé l’idée du vidéo et après il est parti en voyage. Alors on a pris le projet, commencé à tirer les grands concepts. J’avais donc les contacts et Julien l’histoire, il a créé un peu les scénarios et après je devais l’appliquer à la réalité. Il y avait des choses complètement incroyables dans ce qu’il me disait mais aussi, malheureusement, complètement irréalisables. Alors j’ai refait les scénarios un peu, contacté des amis pour filmer et trouver des acteurs.

 

Julien : On a même une ancienne d’occupation double qui apparaît sur Rememberance. (NDLR : Criss! Peut-être que Harper va vouloir les rencontrer!!)

OC : À quand la scène 2? Y en aura-t-il une autre?

 

Gabriel : On aimerait ça, je dirais pas que le prochain album sera la scène 2, mais ce serait une possibilité qu’il y en ait une un jours.

 

Julien : C’est sur que si il y a un Scène 2, ça parlera pas, à mon avis, de l’Harlequin. Ce sera fort probablemement dans un autre monde ce sera… en fait on sait pas encore trop. On a déjà de bonnes idées pour le prochain album, mais ce sera fort probablement pas le scène 2. C’est sûr que ça va rester pas mal conceptuel, je n’imagine plus faire de la musique sans conceptualité.

 

OC : Merci beaucoup les boys, en finissant, ça vous tente-tu de me faire une petite toune que je pourrais filmer et mettre en lien dans l’article?

 

Piezo : Oui!

 

OC : Cool et en même temps, vu que je suis pas pentoute caméraman et que je sais pas comment ça va sortir, et à fin de pas scandaliser vos fans et fans potentiel, est-ce que je peux prendre une toune de votre album et en faire un vidéo à partager aussi avec cette article?

 

Piezo : Bien sûr!

 

Site officiel

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Lien de l’évènement du 4 juin à l’Agitée.

 

Donc je vous mets en lien le vidéo filmé ‘live’ dans leur local de la pièce « Rememberance » (les gars de Piezo me connaissent bien et savent que c’est une de mes préférés sur l’album) et je vous met un vidéo de mon crû fait avec un ‘rip’ de leur album et avec leur bénédiction, soit la toune « Rebirth » qui suit « Rememberance » sur leur album. Un petit fait à noter, on pourrait mieux dire « mouvement » que tounes, car comme je le disais, chacune des chansons s’imbrique l’une dans l’autre et pour moi, cette album est d’ores et déjà un classique.

 

À la prochaine, car… On Arrête Pas L’Prog!!!

 

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