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Naturellement, étant le genre de journaliste qui dévore un paquet d’albums par semaine, ce qui me donne, en fin de mois, un nombre d’heures d’écoute assez remarquable, j’peux franchement vous dire une affaire; ce sont pas tous mes round-ups qui vont être reluisants d’optimisme. Ça arrive qu’à la semaine longue, j’entende seulement des albums qui me déplaisent vertement. Cela, j’y peux absolument rien; y’a des gens qui se font une gêne et qui prétendent tout aimer question de ne pas se faire tabasser par les lecteurs et fans des groupes en question; je suis pas de cette planète. Je suis très sélective en termes de ce qui me reste dans la tête et dans le coeur en termes de nouveautés, et ce qui va simplement prendre la poussière dans un raccoin de mon disque dur pour le restant de l’éternité sans jamais revoir l’ombre d’un replay autrement qu’au millieu d’une playlist sur shuffle qui va rapidement passer d’une bonne toune à l’autre grâce à mon don du skipping invétéré. J’pense que quand tu te claques un review, tu veux savoir ce que le journaliste pense, tu veux qu’il te conseille sur tes choix d’achats, et tu veux qu’il ait l’air de savoir de quoi il parle, plutôt qu’être un espèce d’automate qui semble être enthousiaste en entendant le pire des fouillis et en qualifiant ça d’un chef d’oeuvre qui va changer la scène à tout jamais. Se faire bullshitter par ce qu’on lit, c’est une activité encouragée par les journaux à potins; pas par les sites métal aussi étoffés et connaisseurs que celui sur lequel vous surfez présentement. Je suis dans la bonne team; nous, on s’affirme, pour le meilleur et pour le pire.

 

BEISSERT – Darkness: Devil: Death

Étant très très accro à ce sous-style que j’apelle affectueusement le psyrock (pour ceux qui sont pas familiers avec le terme, c’est un mélange de psychedelic rock et de stoner doom avec une touche southern), malgré l’efficacité assez inconstante de l’avant-dernier album de BEISSERT sur « Agonia », j’ai réussi à triper sur certaines pièces qui me semblaient assez organiques et sincères pour me faire souvent penser aux vieux albums sombres dans ce genre qui faisaient surface dans les années soixante-dix. Sur « Darkness: Devil: Death », assez incroyablement, l’intention était clairement de prendre ce style et de le faire bifurquer dans une autre direction qui a pratiquement zéro rapport avec les racines du band (m’enfin, c’est si on fait omission de la première pièce, qui se la joue epic doom avec un espèce de feel qui déplairait pas à ceux qui sont toujours accros à CANDLEMASS). À un certain point, les gars commencent à s’éloigner et s’éterniser sur un trip digne d’un buzz d’acide assez malencontreux qui n’est pas nécessairement le genre de souvenir sur lequel on veut s’étendre à en plus finir. Les riffs n’ont pas de raison d’être, les structures des tounes deviennent chaotiques et sans but, et je vous mens pas, il est extrêmement difficile de même vouloir terminer l’écoute au complet, qui commençait tout de même sur un pied de guerre intéressant en début de CD avec un pacing qui faisait au moins légèrement penser au doom qu’ils étaient en train d’apprivoiser avec un bel enthousiasme sur l’album d’avant, et une authenticité qui ne semble pas être au rendez-vous ici. J’espère que ceci n’est que de l’expérimentation qui définit un seul album – un concept, en d’autres mots, qui ne durera pas la longueur exacte de leur discographie future, parce que si c’est le cas, je débarque officiellement de ma phase d’excitation totale envers le matériel de ce band qui me donnait mauditement hâte de m’enfermer avec l’album avant que j’entende la première note et décide autrement.

 

BEISSERT « Zorn Der Geister » :

 

REVELATION – Inner Harbor

Quand une compagnie de disques clâme haut et fort qu’ils ont pour toi un album digne du prestige de BLACK SABBATH et de l’originalité indétrônée de RUSH, y’a deux réactions possible: soit t’éclates de rire et tu décides de ne pas écouter puisque tu sais que c’est absolument impossible qu’en 2013 un band soit capable de faire rougir ces deux-là, ou tu laisses la chance au coureur en t’armant d’un air conciliant et d’une oreille très prête à se dédier à une analyse approfondie. Honnêtement, à partir du début de l’album jusqu’à la fin, j’ai largement oublié de vouloir m’en faire avec autant de fatalisme; j’ai juste réussi à apprécier ce que j’entendais pour ce que c’était, tout simplement. Oui, les choses peuvent être aussi smooth que ça quand on se laisse aller, et REVELATION est un groupe qui rend cette tâche faisable, même au beau millieu d’une semaine chargée. Des grooves efficaces, ici, y’en a, all across the goddamned board. Des riffs très heavy, des mélodies mémorables, y’en a aussi. Ce que je trouve extrêmement distrayant et éventuellement dangereux pour l’homogénéité du parcours de l’album est l’engouement pour la répétition d’idées qui deviennent inévitablement lassantes à un certain point. Ceci est une moindre ombre au tableau qui a fait perdre des points à l’album en tant que tel, mais ça me rend pas moins curieuse de ce que ce band est capable de produire dans les années qui viennent.

REVELATION « Inner Harbor »:

 

DEAFLOCK – Courage to Expose All

J’ai une mentalité que le fan de thrash moderne pourrait qualifier d’assez bizarre quand j’approche un album correspondant à ce sous-style. Cette philosophie, si vous êtes familiers avec mes goûts, vous la conaissez: pas besoin de flafla en quantités industrielles pour rendre un songwriting efficace et honnêtement, en termes d’aggressivité sonique, j’aime pas mal mieux entendre des riffs simples, mais qui fessent, qu’un récital de piano sur un fretboard qui donne l’impression que l’album en question se titre « When The Mosh Goes to Broadway ». Ce qui me gosse aussi, c’est les bands qui sont pas nécessairement techniques, mais qui semblent penser qu’ils sont dans une espèce de course contre la montre qui les force à jouer plus vite que Malmsteen on ‘roids. Pire, y’a les bands qui garrochent des half-riffs dans toutes les directions, presqu’au hasard, pour créer un genre de wall of sound étourdissant, mais qui est loin d’impressionner quand on a l’impression d’écouter un ramassis d’idées à moitié définies pendant un bon cinquante minutes. You know, parfois, mettre moins de crème fouettée, ça aide à apprécier la qualité du gâteau en tant que tel. Ici, j’ai pas mal de misère à mettre le doigt sur les racines de DEAFLOCK et leur point de ralliement. Ce que j’entends, c’est pas mauvais – néanmoins, je mentirais en disant que j’entends une blueprint ou un focus absolument pas cassable ici. C’est facile de se perdre en écoutant l’album. Je dis pas que le talent en est absent, mais plutôt qu’il est mal structuré en termes de songwriting et de présentation générale. Beaucoup de riffs ici valent la peine d’être entendus, mais ils sont garrochés pêle-mêle parmis un fouillis bric-à-brac total de patternings qui semblent un peu trop hyperactifs pour avoir un réel sens du concret.

DEAFLOCK « Courage to Expose All »:

 

Vous êtes intrigués par ce que je considère être du bon stock, versus ce que je trouve awkward au sein de la scène métal moderne? Écoutez mon show, « C.R.O.C. Underground Metal », chaque dimanche soir à 20h sur Ondes Chocs.

-Noch