Vol. 1 – No.3 : Langues étrangères
Dès le début, la scène métal des années 70’s était dominée à quelques exceptions près par les Britanniques et les Américains, ceux-ci réussissent à s’établir mondialement en performant dans leur langue d’origine. Alors qu’il était déjà établi dans les années 80’s que performer en anglais était sans conteste la norme pour espérer une percée internationale, jamais des groupes comme Kreator ou Voïvod n’auraient envisagé de créer dans leur langue, c’était impensable! Mais c’est dans l’ombre des courants populaires, au cœur des années 90’s, alors que les irréductibles que nous étions, devaient creuser de plus en plus pour assouvir notre dépendance à ce genre musical qui vivait ses jours les plus sombres, que nous avons commencé à découvrir ces quelques groupes (Dimmu Borgir, Enslaved, Setherial) prêts à sortir des limites virtuelles imposées par une langue étrangère et à envahir notre marché sans même vouloir faire de concessions! Du moins au départ, car plusieurs se sont ravisés depuis.
Si maintenant nous savons grâce à l’avènement de l’internet, qu’il y existe depuis bien longtemps des scènes locales évoluant dans leurs propres univers distincts du nôtre, nous n’en connaissons encore très peu sur la majorité d’entre elles.
Malgré quelques succès notables dont le plus connu est sans doute celui de Rammstein, qui a remédié à ce « handicap » en misant majoritairement sur le côté spectaculaire de leurs prestations. Encore aujourd’hui, avoir des visées internationales en excluant la langue anglaise, demeure un pari hautement risqué, voire suicidaire pour ceux dont le talent et la créativité ne sont pas nettement supérieures à la moyenne!
Sotajumala
Sotajumala, du finnois signifiant Dieu de la guerre est un groupe de death metal qui semble encore obscur de notre côté du monde malgré 3 albums et près de 15 ans d’existence. Le fait que ce groupe évolue exclusivement dans leur langue maternelle est sans doute la raison principale pour lequel nous n’en avons pas vraiment entendu parler ici, par ce qu’ils sont vraiment solides! Sotajumala ne ressemble à rien de ce qui se produit normalement en Finlande, mais hormis la langue qui n’a que peu d’importance dans ce cas-ci, outre des titres imprononçables, on a droit à un parfait mélange de Morbid Angel, Cannibal Corpse et Suffocation! Lourd, brutal et technique!
Exegesis
Exegesis, tirée de l’anglais signifiant Exégèse, dont la définition est la suivant: Interprétation surtout philologique ou doctrinale d’un texte sujet à discussion ou dont le sens ou les visées restent de compréhension difficile (l’exégèse biblique, procéder à l’exégèse d’un discours). Vous Vous me suivez toujours? Non? Ce n’est pas grave, car la déroute est exactement le sentiment que la plupart vont ressentir lors d’une première écoute de ce groupe formé en 2003 originaire de Bogotá la capitale de la Colombie, car ce n’est vraiment pas évident à suivre, puisque par surcroît, Exegesis performe dans sa langue maternelle, l’espagnole. Qualifié de gothic / Dark Metal sur metal-archives, je crois ce qualificatif erroné. Personnellement, j’opte plus pour de l’extrême Progressif Metal, alors qu’une multitude de genres se mélangent allègrement à travers une démonstration de musiciens maitrisant leurs instruments respectifs de manière assez déconcertante, passant du Death, au Black, au Folk, au Jazz, au Progressif, et bien plus!
Wolfhetan
Le Black Metal cette force belligérante forgée dans la haine pure et glaciale des contrées nordiques qui a vécu son apogée au tournant du siècle dernier (les années 90 sont déjà loins), semble (à mon avis) désormais plongé dans une période moribonde, mais non dénuée d’intérêt. Et c’est hors des frontières scandinaves à l’origine du genre, seulement à quelques milliers de kilomètres de l’épicentre que proviennent plusieurs de mes fortunées découvertes, tel que Negator, Asaru ou Wolfhetan. L’Allemagne qui a su s’imposer au fil du temps comme un joueur majeur dans plusieurs sous-genres, ne cessera de nous surprendre chaque jour. Wolfhetan performe exclusivement en allemand et compte actuellement 2 albums à son actif. Le dernier en liste intitulé « Was der Tag nicht ahnt » est sorti en 2012 et nous offre plus de 72 minutes de musique répartis sur seulement 7 pièces dont la plupart surpassent la barre des 10 minutes. Un black metal inspiré de la belle époque qui m’évoque en quelque sorte le début d’Emperor ou de Setherial, tout en étant légèrement teinté de folk à la Moonsorrow.




