Critique d’album: Redsphere – «Facts»

REDSPHERE - Facts

REDSPHERE
«Facts»
M & O Music
Janvier 2017

Liste des pièces
1 «Intro»
2 «Mythomaniac»
3 «Burn Or Fall»
4 «Scratches On The Wall»
5 «Plastic Heart»
6 «Sound Of Despair»
7 «Falling Mirrors»

****Scroll down for English version. Translation done by Lex Ivian.
Outre le fait qu’il sévit à Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, ce qui en fait donc un groupe Français du Sud-Ouest Pacifique, on en sait que peu à propos de REDSPHERE, on ira alors droit au but en se lançant immédiatement dans son EP «Facts» venant de sortir.

Aucune idée de quoi est constituée «Intro», tant cette entrée en matière reste mystérieuse. On y perçoit au bout de quelques secondes ce qui s’avère probablement être une machine faisant toujours les mêmes gestes. Celle-ci balancée en moins de trente secondes, on découvre alors l’aspect plus violent du groupe. Ce dernier crachant son venin au travers d’un Thrash Metal qui n’est pas du genre à se calmer durant quelques instants avant de relancer la sauce.
On relève particulièrement le final des chansons, REDSPHERE semblant adorer surprendre par leur biais. Celui de «Mythomaniac» procurant d’ailleurs un drôle d’effet, puisque l’on ne sent absolument pas poindre le bout de son nez. La coupure est nette et nous envoie vers «Burn Or Fall», un morceau tout aussi dévastateur, dont le terme est également notable, mais se différenciant clairement de son prédécesseur. Cette fois-ci une chape de plomb tombe juste devant nous, on remarque donc la cassure même si elle déboule sans prévenir. «Facts» continue d’offrir un mélange entre instruments puissamment véloces et vocaux sombres tout au long de son parcours, avec parfois des touches encore plus ténébreuses au niveau de l’atmosphère.

Une bonne découverte que ce «Facts», REDSPHERE y révélant déjà une grande force, ainsi qu’une sacrée rage en une durée assez compacte. On suivra de près l’évolution du groupe.

Blytch (Rédaction)
Lex Ivian (Correction et Édition)

 

Apart from knowing that it roams in the streets of the city of Noumea, New Caldonia’s capital, which makes it a French group from the Southwest Pacific, we do not know much about REDSPHERE so we will go straight to the subject by immediately talking about its EP «Facts» that has just been released.

I have no idea what constitute «Intro», so this entry remains mysterious. I perceived after a few seconds what probably is a machine always doing the same gestures. The intro is wrapped in less than thirty seconds and then one discovers the more violent aspect of the group spitting its venom through a Thrash Metal which is not the type to calm down for a few moments.

We note especially the final of the songs. REDSPHERE seems to adore surprises. The final of «Mythomaniac» do produce a weird effect, since it just happens without any warning. The cut is clear and sends us to «Burn Or Fall», a song equally devastating, whose final notes are also notable, but clearly differentiated from its predecessor. This time a ton of lead falls in front of us, so we notice the break but again no warning. «Facts» continues to offer a mixture of powerfully instruments with dark vocal throughout its journey, sometimes getting in a lot darker atmosphere.

This «Facts» is a good discovery. REDSPHERE reveals already a great force, as well as a sacred rage in this rather short release.  I will monitor closely the evolution of the group.

Blytch

 

Critique d’album: Cypecore – «Identity»

cypecore-identity-cover-artwork

CYPECORE
«Identity»
Adulruna
Mai 2016

Liste des pièces
1. «Intro»
2. «Saint Of Zion»
3. «Where The World Makes Sense»
4. «My Confession»
5. «Hollow Peace»
6. «Identity»
7. «Drive»
8. «A New Dawn»
9. «The Abyss»
10. «The Void»
11. «Outro»
12. «The Hills Have Eyes» (Bonus Track)

**** Scroll down for English version.
Quand j’ai vu la photo promotionnelle des membres de CYPECORE – et je souligne tout de suite que j’aime bien quand un groupe soigne son produit au point où l’esthétisme apporte un gros plus – je me suis dit que ça augurait bien puisque les membres portent un costume qui rappelle l’imagerie cyborg et la présence du préfixe «CY» dans la construction de leur nom me donnait bon espoir que j’aurais droit à du Cybermetal, un style que j’ai particulièrement affectionné au tournant du millénaire alors que j’écoutais plusieurs groupes qui mêlaient Electronique et Metal avec un gros penchant vers l’Electro comme The Kovenant, Sybreed, Kill II This, Pitchshifter, God is LSD et bien sûr l’album «Demanufacture» de Fear Factory qui a changé et dépassé la musique Industrial Metal de l’époque. Je dois avouer que «Remanufacture», l’album de reprises Electro, avait même des reprises que je trouvais meilleures que les originales de Fear Factory.

cypecore_band_photo_2016

Alors la curiosité piquée par cette photo et le texte qui explique le concept post-apocalyptique de l’album qui raconte un monde dévasté par une troisième guerre mondiale où les seuls humains survivants doivent recourir à des greffes de parties synthétiques pour survivre dans cet environnement dont l’atmosphère est polluée par les radiations, je me suis mis à l’écoute de «Identity», le troisième album de la formation allemande.

L’intro de l’album est parfaitement dans le ton avec ces sons qui m’ont fait penser à des bruits de machines produisant des paroles de style cybernétique. Des images des films «Terminator», «Matrix» et autres cybermovies à la «Screamers» me jaillissaient en tête alors que ça s’enchaîne sans coupure avec «Saint Of Zion». Zion, c’est la seule cité humaine existante dans le film «Matrix» mais c’est aussi le mont où, selon certaines anciennes écritures, la cité utopique de Jerusalem a été érigée par David. Enfin peu importe, la pièce s’élance sur les chapeaux de roues. C’est définitivement pour les fans de Fear Factory et Sybreed. D’ailleurs, la façon d’amener les vocaux clean au milieu de la chanson a des airs de Burton C. Bell.

Et tant qu’à amener des comparaisons, «A New Dawn» m’a fait penser à «Rude Awakening» de Prong, juste à cause de mon vieux réflexe de DJ qui cherche toujours à trouver avec quoi ça se mixerait bien, et «The Void», avec son vocal modifié et ses claviers rappelle certains moments de The Kovenant de la période «Animatronic» mais peu importe les comparaisons, ça restera du CYPECORE et leur identité musicale est solidement affirmée dès le début de l’album.

Vous avez sûrement remarqué qu’ils utilisent le suffixe «Core», et bien vous en aurez au niveau musical et il y aura aussi une bonne dose de puissants refrains en choeur assez caractéristiques. «Drive» est définitivement la pièce la plus résolument Core de l’album mais le côté Electro reste présent. Pour les autres compositions à tendance Core, elles sont arrangées à leur façon, penchant plus vers le Nu Metal comme «Hollow Peace» qui m’a fait penser à la dynamique de Payable on Death (P.O.D) avec sa mélodie Emo sur rythmique Nu-Metal. «Where The World Makes Sense» est une autre variation sur un même thème avec son échantillonnage en intro qui rappelle le Rapcore pour enchaîner avec des bouncing riffs Hardcore avant d’amener un petit chorus cheesy comme il plait tant au Metalcore.

«My Confession» est la pièce la plus agressive et dans ta face de l’album et en même temps, elle a cette douce mélodie au clavier en arrière-plan qui revient comme un vent apaisant. De son côté, il est intéressant et évocateur de constater que la pièce-titre «Identity» a une rythmique martiale puisque dans le concept, le groupe s’identifie comme étant des soldats cyberhumains combattant pour leur survie. Serait-ce un chant de guerriers, un hymne de ralliement? Ils ont aussi des moments plus pur Death comme avec «The Abyss».

Une fois passé à travers les neuf tableaux proposés pour relater l’histoire de l’album, «Outro» arrive comme la musique qui accompagne traditionnellement l’épilogue d’un film et devrait ici faire le même office et terminer cet album concept. Toutefois, étonnamment, il reste encore une pièce à découvrir, un post-épilogue en fin de compte. Serait-ce comme dans les films de Marvel la scène post-épilogue pendant le générique et qui annonce le prochain film. Si c’est le cas, je suis prêt pour le sequel car «The Hills Have Eyes» a un petit côté Deathcore à la Black Crown Initiate tout en gardant la présence signature des claviers qui apparaissent toujours à un moment donné pour amener cette deuxième dimension à leurs compositions. C’est une pièce qui joue aussi dans les rythmiques et les structures ce qui augure bien pour la suite à ce très bon troisième album.

En résumé, CYPECORE offre un excellent mélange d’Industrial, de Melodic Death et de Metalcore dans un concept global touchant tous les aspects du groupe qui est fort cohérent et qui m’a immédiatement plu. J’ai déjà hâte d’entendre la suite.

Lex Ivian

When I saw the promotional photo of the members of CYPECORE – and I immediately emphasize that I like when a group pushes its product to the point where the aesthetic brings a big plus – I thought that it augur well since the guys wear a costume reminiscent of the cyborg imagery and the presence of the prefix «CY» in the construction of their name gave me great hope that it would be some Cybermetal, a style that I particularly liked at the turn of the millennium. I was then listening to many bands mixing Electronique and Metal with a big leaning towards Electro like The Kovenant, Sybreed, Kill II This, Pitchshifter, God is LSD and of course the album «Demanufacture» from Fear Factory which has changed and surpassed the Industrial Metal music of the time. I must also say that «Remanufacture» the Electro remix of that album was also high on my playlist and to my taste, some of the remixes of this remake were better than the original.

cypecore-cd-identity_band2_2016

So my curiosity aroused by this photo and the text that explains the post-apocalyptic concept of the album that tells the story of a devastated Earth after WWIII, where the only surviving humans have to resort to grafts of synthetic parts to survive in this environment of which the atmosphere is polluted by radiation, I listened to «Identity», the third album of the German band.

The intro of the album is perfect with these sounds that made me think of the sounds of machines producing cyber style voices. Images of movies like «Terminator», «Matrix» and other cybermovies «à la Screamers» came to mind as «Saint Of Zion» started. Zion is the only human city existing in the film «Matrix» but it is also the mount where, according to some ancient scriptures, the utopian city of Jerusalem was erected by David. So «Saint Of Zion» start with pure raw power. This is definitely for fans of Fear Factory and Sybreed. Moreover, the way to bring the clean vocals in the middle of the song has something of Burton C. Bell.

And as far as making comparisons goes, «A New Dawn» made me think of Prong‘s «Rude Awakening», just because of my old DJ reflex of always trying to figure out what would be a good mix for the dancefloor, and «The Void», with the modified vocal and the way keyboards are used reminds some moments of The Kovenant of the «Animatronic» era, but no matter the comparisons, CYPECORE‘s musical identity is firmly settled right from the beginning of the album.

You have probably noticed that they use the suffix «Core», and you will have it on the musical level and there will also be a good dose of characteristic chorus choruses. «Drive» is definitely their most resolutely Core song of the album but the Electro side is still present. For the other Core compositions, they are arranged in their own way, sometimes leaning more towards Nu Metal as «Hollow Peace» reminded me of the dynamics of Payable on Death (P.O.D.) with its Emo melody on Nu-Metal rhythm. «Where The World Makes Sense» gives us another variation on the same theme with its sampling in intro that reminds the Rapcore followed by Hardcore’s bouncing riffs before bringing a short cheesy chorus in a style so often heard in Metalcore.

«My Confession» is the most aggressive and in your face song of the album and at the same time, it has this soft keyboard melody in the background that comes and goes like a soothing wind. On the aggressive side, it is also interesting and evocative to note that the title track «Identity» has a martial rhythmic since in the album concept, CYPECORE identifies itself as cyber-human soldiers fighting for their survival. Would it be their warriors’ hymn? They also have more pure Death Metal moments as shown in «The Abyss».

Once passed through the nine tracks proposed to relate the story of the album, «Outro» comes as the music that traditionally accompanies the epilogue of a movie and should here do the same office and complete this concept album. However, surprisingly, there is still a song to discover, a post-epilogue. Is it like in the Marvel’s movies, the post-epilogue scene during the credits which announces the next movie. If so, I’m ready for the sequel as «The Hills Have Eyes» has a little Deathcore vibe «à la Black Crown Initiate» while keeping the signature presence of the keyboards that always appear at some point to bring the song to next level. This song also challenges at some point rhythms and structures. It announces some more good stuff for the sequel to this very good third album.

In summary, CYPECORE offers an excellent blend of Industrial, Melodic Death and Metalcore wrapped in a concept that touches all aspects of the group in a very coherent manner and it immediately appealed to me. I can not wait to hear what is next.

Lex Ivian

 

Critique d’album (FR/EN): Archetype – «Mission»

Archetype - Mission cover artwork

ARCHETYPE
«Mission»
Indépendant
2016

Liste des pièces
1. «Welcome»
2. «Declaration»
3. «Ambitious»
4. «Foundation»
5. «Surprise»
6. «Episode»
7. «Glimpse»
8. «Valediction»
9. «Ouverture Ambitieuse» (Bonus Track)

*Scroll down for English version. Translation by Lex Ivian
La scène Metal québécoise a toujours été un terreau fertile à l’exploration musicale. En effet, que l’on parle des pionniers de Voivod et leur façon totalement révolutionnaire d’interpréter le Thrash Metal, des aventures techniques de Cryptopsy, Obliveon et Kataklysm au début des années 1990 ou d’artistes plus récents comme Unexpect et leur musique de cirque métallisée et psychotique, la Province a toujours regorgé de projets musicaux extrêmement originaux qui repoussent les limites de leur genre de prédilection.

ARCHETYPE, groupe formé en 2013 à Montréal, se veut l’héritier de cette tradition québécoise d’innovation musicale dans un contexte Metal et nous présente cette année son tout premier effort complet conséquemment nommé «Mission». Menée par Pash-Khaal, chanteur et compositeur à la formation musicale académique classique, la troupe nous y présente un Death/Thrash Metal progressif complètement hors normes qui laissent place à une expérimentation quasiment sans borne avec les structures musicales. La question, comme avec toute expérimentation, est de savoir si ces savants fous arrivent à un résultat probant pour leurs auditeurs ou si ces derniers se sentiront complètement largués à l’écoute de l’opus. Décortiquons donc ladite galette.

Tout d’abord, «Mission» consiste en huit «chansons» de durées variant entre trois minutes et treize minutes auxquels ils ont ajouté une pièce «cachée» de musique classique d’un peu plus de huit minutes intitulée «Ouverture Ambitieuse». Dès la consultation du livret, l’auditeur constatera que ARCHETYPE ne fait pas les choses comme les autres, puisque plutôt que d’y retrouver les paroles des chansons, celui-ci y lira plutôt une courte description de celles-ci rédigée en Français, alors que les paroles des chansons sont en Anglais.

Comme mentionné en introduction, la musique qui y est présentée se base sur un Thrash Metal vindicatif dont l’agression peut se rendre aux frontières du Death Metal et parfois de certains accents Black Metal, dans la pièce «Glimpse» et «Valediction» principalement. La musique est donc basée sur les traditionnels motifs d’un duo de guitares sur une section rythmique lourde et agressive complétée par les voix psychotiques hurlées, râpées, grognées et parfois chantées en falsetto du chanteur. Là où ARCHETYPE se distingue radicalement de la masse des autres formations Metal, c’est surtout dans les structures complètement déjantées sur lesquelles les pièces sont construites. Les influences de groupes tels que Strapping Young Lad et System of a Down transpirent donc dans la musique.

Prenons la pièce introductive, «Welcome», en exemple. Bien loin d’une introduction orchestrale traditionnelle, il s’agit d’une pièce à part entière qui se veut une description de l’exercice auquel se livrera ARCHETYPE sur le reste de l’album. Clairement, il s’agit d’une pièce dans laquelle chaque motif part d’un point et se transforme pour ensuite laisser la place à une nouvelle idée qui elle aussi part dans une autre direction et se métamorphose. Celle-ci me fait penser à un serpent qui ondule dans toutes les directions ne semblant jamais trouver de repos et ne trouvant jamais vraiment l’endroit où il se dirigeait. En somme, la pièce s’avère très réussie si l’idée est de déstabiliser l’auditeur et de lui montrer à quoi il peut s’attendre sur le reste de l’album. Cependant, l’amateur moyen de Metal s’y retrouvera probablement un peu perdu et laissé en chemin dans les dédales d’un labyrinthe qui ne mène finalement nulle part.

La seconde pièce, «Declaration», si elle est tout aussi originale que la première en ce qui à trait à la structure, se révèle tout de même beaucoup plus accrocheuse et clairement dirigée. En effet, ARCHETYPE nous y laisse plus le temps d’apprécier les motifs complexes et les rythmiques atypiques employés tout en y intégrant de très intéressantes influences néo-classiques convergeant vers une finale apogée circassienne et psychotique.

ARCHETYPE poursuit encore avec «Ambitious», déluge d’agressivité qui semble cependant se perdre en efficacité dans ses propres dédales un peu comme «Welcome». C’est donc sur le trio: «Foundation», «Surprise» et «Episode» que ARCHETYPE retrouve la vitesse de croisière prise dans «Declaration» avec une virtuosité impressionnante et le côté néo-classique posé dans une structure psychotique. Le tout poursuit donc en grand sur «Glimpse», la plus longue pièce de l’album et la plus ambitieuse basée sur des influences importantes de Strapping Young Lad et qui laisse transparaître un certain côté Black Metal symphonique.

Puis, le groupe conclut avec «Valediction», une pièce qui touche principalement au Death mélodique à la Children of Bodom stylistiquement parlant, mais dont l’approche vocale «narrée» détonne et surcharge peut-être inutilement la pièce autrement très bien construite. Enfin, la pièce cachée «Ouverture Ambitieuse» termine l’opus dans la grâce et la majesté de la musique classique interprétée par L’Orchestre de l’Université de Montréal. En somme, l’album est une série d’expérimentations plus ou moins réussies qui rendent le tout difficile à cerner. Il réclamera donc de nombreuses écoutes pour être apprivoisé, s’il l’est, car certaines pièces se révèlent être un défi à l’auditeur.

Enfin, j’aimerais glisser un mot sur l’excellente production du studio El Tonio (enregistrement et mixage) et de Silver Wings Studio (mastering) qui confère à la musique un côté très organique, notamment à ce qui à trait aux percussions, tout en lui conférant puissance et précision.

En conclusion, «Mission» est un premier album dense et touffu aux structures défiant toute logique de base pour ARCHETYPE. Si les expérimentations de la troupe montréalaise laissent parfois l’auditeur loin derrière par un certain manque de concentration et une absence de motifs accrocheurs, la majorité de celles-ci se révèlent tout de même très intéressantes et riches après de nombreuses écoutes attentives. Je conclurai en me rappelant une bribe de conversation que j’ai eue avec la formation suite à leur passage au challenge Parkinson Metal 2014: «Est-ce que le monde est prêt pour ARCHETYPE?» À vous d’y répondre, mais soyez prêts à travailler autant que le groupe pour comprendre leur délire!

Pièces favorites: «Declaration», «Foundation», «Glimpse».

7/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

The Metal scene from the Province of Quebec has always been a fertile ground for musical exploration. Indeed, we can speak of the pioneers Voivod and their totally revolutionary way to interpret Thrash Metal, or of the technical adventures of Cryptopsy, Kataklysm and Obliveon in the early 1990’s and even of more recent artists like Unexpect and their extreme psychotic circus music; the Province has always been full of highly original musical projects that push the boundaries of their chosen genre.

ARCHETYPE, group formed in 2013 in Montreal, wants to be the heir of this Quebec tradition of musical innovation in a Metal context and presents this year its first full-length aptly titled «Mission». Led by Pash-Khaal, singer and composer who has a classical music background, the group plays a Progressive Death/Thrash Metal completely out of standards that leaves room for experimentation with almost boundless musical structures. The question, as with any experiment, is whether these mad scientists arrive at a successful outcome or if the listeners feel clueless listening to the album. Let me tell you how I felt.

First, «Mission» consists of eight songs lasting between three minutes and thirteen minutes to which they added a hidden song of classical music of a little over eight minutes titled «Ouverture Ambitieuse». Upon consultation of the booklet, the auditor will find that ARCHETYPE do not do things like others, since there rather than finding the lyrics, it is rather a short description of the songs written in French, while the lyrics are in English.

As mentioned in the introduction, the music that is presented here is based on a vindictive Thrash Metal aggression which leans towards Death Metal and sometimes add some Black Metal accents, as in «Glimpse» and «Valediction» mainly. The music is based on the traditional patterns of a guitar duo on a heavy and aggressive rhythm section supplemented by a psychotic vocal yelled, screamed, growled and also sometimes sung in falsetto. Where ARCHETYPE is radically different from the mass of other Metal groups is in the completely crazy structures on which the songs are crafted. Influences of groups such as Strapping Young Lad and System of a Down therefore transpire in its music.

Take the introductory song, «Welcome», as an example. Far from a traditional orchestral introduction, this is rather a full song that is intended as a description of the exercise in which will engage ARCHETYPE for the rest of the album. Clearly, this is a composition in which each pattern starts from a point, transforms itself and then is replaced by a new idea that goes in another direction through its metamorphosis. This brings me the image of a snake undulating in all directions never finding rest and never really finding the place where it was heading. In short, the song is very successful if the idea is to destabilize the listener and show him what he can expect for the rest of the album. However, the average Metal amateur will probably find it a bit confusing and be left clueless in the corridors of a labyrinth that ultimately lead nowhere.

The second song, «Declaration», if it is as original as the previous regarding structures, is more catchy and clear heading. Indeed, here ARCHETYPE allows more time to appreciate the intricate patterns and atypical rhythmic played while the song integrates very interesting neo-classical influences converging in a circassian and psychotic apogee.

ARCHETYPE continues with «Ambitious», a flood of aggressivity which however seems to lose its efficiency in its own maze, a bit like «Welcome». With the next three songs: «Foundation», «Surprise» and «Episode», ARCHETYPE finds back that momentum built in «Declaration» with impressive virtuosity and a neo-classical approach set in a psychotic structure. It get to the next level with «Glimpse», the longest and most ambitious track of the album based on important influences from Strapping Young Lad and incorporating a certain Symphonic Black Metal touch.

Then, the album concludes with «Valediction», a song that primarily falls stylistically in the Melodic Death Metal of Children of Bodom, but the narrated vocal clashes and may unnecessarily overload this song which otherwise is very well crafted. Finally, the hidden song «Ouverture Ambitieuse» ends the album with the grace and majesty of classical music performed by the Orchestra of the University of Montreal. In short, the album is a serie of more or less successful experiments that make it all a bit elusive. So it will need many listenings to be digested, if it is, because some songs are definitely challenges to the listener.

Finally, I would like to add a word about the excellent production by the studio El Tonio (recording and mixing) and Silver Wings Studio (mastering) that gives the music a very organic feel, particularly for the drum, while giving the whole power and precision.

In conclusion, «Mission» is a dense and intricate first album with structures that defy basic logic. If the experiments of the Montreal group sometimes leave behind the listener cause of a lack of cohesiveness and of hear-catching patterns, the majority of songs will reveal themselves to be very interesting and rich after many careful listenings. I will conclude by recalling a sentence from a conversation I had with the group following their performance at the Parkinson Metal Challenge 2014: «Is the world ready for ARCHETYPE?». It is now up to you to figure out, but be prepared to work as much as the group to understand their madness!

Favorite songs: «Declaration», «Foundation», «Glimpse».

7/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Critique d’album: Kaotik – «Torment»

Kaotik - Torment

KAOTIK
«Torment»
Unleash The Underground Records
Septembre 2015

Liste des pièces
«Cape Torment»
«Dying Race»
«Conquerors»
«Mentally Dead»
«Slow Decay»
«Six Feet Under»
«Sandstorm»
«Global Genocide»

*Scroll down for English version
J’ai découvert la formation de Québec de death metal KAOTIK lors d’un concert aux Foufounes Électriques de Montréal comme plusieurs autres fans montréalais de death metal qui les voyaient pour la première fois et le consensus s’était rapidement établi parmi les gens avec qui j’avais discuté ce soir-là que globalement ça sonnait beaucoup comme du Obituary surtout à cause du vocal. Mon impression n’a pas changé à l’écoute de «Torment», KAOTIK a un son qui ne se démarque pas beaucoup de ce qu’Obituary a pu faire ou aurait pu faire. Par contre, est-ce que ça m’a dérangé? Pas du tout et j’espère que vous ferez de même parce que les compositions sont bien faites, ont une belle progression où les transitions permettent de bien mixer les parties rapides avec celles plus lentes sont très bien et la musique déborde de groove qui ne peut faire autrement que de donner le goût de branler la tête en tapant du pied. D’un bout à l’autre de l’album, j’ai entendu du très bon old school death metal contre lequel je n’ai rien à redire. C’est juste bon et ça s’écoute en boucle.

Donc, si vous cherchez un bon album de death metal qui ne cherche pas à épater la galerie avec des extravagances techniques et qui nous épargne la nouvelle tendance à mettre des breakdowns inutiles partout mais qui s’appuie plutôt sur une section rythmique des plus solides qui permet de mettre en évidence le guitariste soliste ainsi que le vocal, «Torment» de KAOTIK devrait se retrouver dans votre discographie. C’est définitivement un très bon album que je recommande fortement.

Lex Ivian

 

I discovered the Quebec death metal outfit KAOTIK at a concert at Foufounes Electriques in Montreal like several other Montreal death metal fans who then saw them for the first time and the consensus was quickly established among the people with whom I had discussed that evening that overall it sounded a lot like Obituary mainly because of the vocal. My impression has not changed after listening to «Torment». KAOTIK has a sound that does not stand out much of what Obituary could do or could have done. By cons, did it bother me? Not at all and I hope it will be the same for you because the compositions are well done, have a nice progression where faster and slower parts are very well blended thanks to the good transitions and their music is so groovy that I could not stop shaking my head while foot stomping from the start till the end of the album. Throughout the album, I heard very good old school death metal for which I have nothing to complain about. It is just good and can be listened to repeatedly.

So if you are looking for a good death metal album that does not try to impress with technical extravagances and spares us the new trend to put unnecessary breakdowns everywhere but rather relies on a strong rhythm section that allows to highlight the guitarist and vocal, «Torment» by KAOTIK should find a spot in your discography. This is definitely a very good album that I highly recommend.

Lex Ivian

Photos Atroce, Sans Amertume, Hellbörn et Helpless – Montréal 12 mars 2016

Voici les photos prises par Karolane Gagné-Brault lors du spectacle présenté par Hellstorm Productions au TRH Bar de Montréal le 12 mars 2016 et qui mettait à l’affiche Atroce, Sans Amertume, Hellbörn et Helpless.

12 mars 2016 - Montréal - Atroce affiche

 

Atroce

 

Sans Amertume

 

Hellbörn

 

Helpless