Voici la critique de Dany Marchand et les photos prises par Charles-Alexandre Tourchot lors du spectacle de Judas Priest & Queensrÿche présenté par Gestev au Centre Vidéotron de Québec le 10 avril 2022.

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Ce soir dans la grande capitale, je m’apprête à rencontrer, non seulement une légende, mais un Dieu, et ce pour la première fois de ma vie. Je suis fébrile sans bon sens! En plus de profiter d’une loge au Centre Vidéotron pour la première fois, alors qu’on m’a vanté la qualité sonore. Je peut confirmer cette qualité sonore puisqu’un ami, qui était dans les gradins au premier acte, est venu nous rejoindre plus tard dans la soirée pour la tête d’affiche et selon lui il y avait une différence. L’expérience s’annonce pour être parfaite!

C’est pile à l’heure (comme toujours dans ces grands événements planifiés avec la précision d’un horloger) que les vétérans de Queensrÿche entâment la procédure d’ouverture de ce spectacle de légendes.

Queensrÿche

Lumières, caméras…. ACTION!

Le ciel s’entrouvre pour laisser descendre les premiers archanges du rock performer pour les fidèles amassés pour l’événement.

La scène, digne d’une chappelle du hard rock, fait office de trame de fond pour cette cérémonie quasi religieuse pour les fans, voir même les disciples des ces divinités du panthéon du heavy metal. Le son est bon, mais très fort en volume et en basses fréquences ce qui rends les percussions en partie inaudibles, probablement dû à la réverbération de la moitié de la salle qui est fermée, surtout lors des roulements, la définition des toms se perds. Les musiciens sont des old timers et ça se s’entends avec la maîtrise parfaite de leurs instrument! La section cordes a une belle définition très fluide et la basse est très forte et mise en avant-plan, peut-être un peu trop dans la foulée.

Le vocal est d’une impeccabilité cristalline, je suis sidéré, étant moi-même vocaliste, j’ai la vilaine habitude de surtout remarquer la qualité du frontman. Ce soir, c’est un de mes coups de coeur. Souvent dans le cas de ces bands des 80’s, où la hauteur des notes chantés dépassent le sommet de la Tour de Babel, les représentations de nos jours sont malheureusement décevantes dû à l’âge, les excès en tournée et le manque d’entretien de la voix. Par contre ce soir, aucune fatigue, la foule est en délire. Lors du speech de Todd La Torre, après 2 pièces bien enchaînées, il souligne le fait qu’il y a belle lurette qu’ils n’avaient mis les pieds en sol québécois. L’interaction avec le publique est automatique et le spectacle reprends de plus belle!

Même si  la présence est plutôt statique sur scène, les membres du quintet américain jouent à la perfection et vont et viennent d’une position à l’autre de la scène, tranquillement de manière très aléatoire (ce qui est très rare pour des formations du genre de ne pas avoir de chorégraphie de scène catchy). Sauf durant le solo de The Eyes Of The Stranger où on a de belles poses, mais malheureusement trop loin dans le set pour les photographes présents.

Les backvocals sont puissants sur scène tout au long du concert. De plus les fans les accompagnent durant Walking In The Shadows en chantant à l’unisson cette excellente pièce de l’album Rage For Order. Les solos sont d’une précision à faire rougir un machiniste de métier. La batterie est solide même si dans la puissance on perds dans la définition comme mentionné précédemment.

Il est dommage que les places au parterre soient assises, car ça nous rappellent, à nous les vieux fans, notre âge de plus en plus vénérables. Je souhaites à ceux qui auront la chance de voir le spectacle à Montréal, des places debouts.

L’éclairage est bien, mais classique, pas de pyrotechnie, les 80’s sont loin, mais la taille de la scène est très respectable et digne de cette décennie marquée par le spandex, le cuir et le fixatif coiffant!

Les légendes quittent la scène après une révérence au public sous un tonnerre de cris et d’applaudissements.

On reprends notre souffle, on savoure un breuvage, on visite le kiosque de merch et on prépare notre âme à un face à face avec les titans!

 

Judas Priest

War Pigs commmence à percer les boîtes de son et la foule sait ce qui s’en vient. Les fans connaissent les habitudes de leurs idoles…

Black-out, les lumières s’éteignent, la croix de Priest apparait en rouge éclatant sur scène et éclaire les fidèles qui sont subjugués, euphoriques, en proie à des tremblements. Car sur les planches, la terre arrête de tourner. Ça y est…. le metal god descends sur terre, en cuir et en studs!

Délires, cris, les horns en l’air , il ne fait nul doute c’est là que ça se passe! « The Priest is back! »

Première impression frappante, le son est beaucoup moins élevé qu’au band précédent, mais la définition en est extrêmement accrue. Même si la marche semble haute et déboussole un peu nos oreilles qui s’attendaient à une puissance similaire à celle de Queensrÿche.

Devant nous, c’est un Rob Halford en pleine possession de ses moyens qui nous sert sa lyrique impeccable avec une intensité surprenante pour un tel monument avec une carrière aussi longue que la Muraille de Chine!

Les six cordes sont mises de l’avant sous les projecteurs et offrent une exquise sensation de satisfaction auditive unanimement approuvée par les métal maniacs en transe! Il est triste que Ian Hill reste en retrait tout au long du concert avec sa basse dynamique et imposante!

Sur l’écran, à l’arriere-plan, défilent des éléments visuels de très haute qualité, retraçant le demi-siècle qui résume la mythologie du prêtre de Judas. Le tout est d’une beauté incroyable et joue directement dans notre fond nostalgique intérieur. Une lueur d’émerveillement est visible dans les yeux des adorateurs, comme celle d’un gamin à la veille de déballer ses cadeaux de Noël.

Le décor en place est magnifique de chaques côtés de la scène, des cheminées fument pour You Got Another Thing Coming. Dans la foule, une fumée aussi monte en même temps que les effluves de canabis transitent jusqu’à notre loge.

Obéissante et obnubilée, la foule chante quand Rob l’ordonne en pointant le doigt du divin vers elle. Lorsque Turbo Lover vient caresser nos canaux auditifs demandants, c’est la folie totale, tout l’amphithéâtre chante les paroles devenues hymne!

Les flips de baguetttes et les solos en tierces sont à l’honneur ce soir! Mention spéciale d’ailleurs à Richie Faulkner ce soir, qui prend sa place solidement sans rien avoir à envier à ses prédécesseurs, mon 2e coup de coeur de la soirée! Il nous fait presque oublier l’absence de Glenn Tipton.

Plus la soirée avance plus les éclairages et les articles de scènes sont utilisés! Classique incontournable, on sort la moto pour Hell Bent For Leather et la foule explose et brûle alors que les hits s’enchaînent à un rythme fou! Un taureau gigantesque arrive sur l’autel du métal pour After Midnight, alors que la croix s’affiche sous différentes couleurs au gré des albums qui défilent en musique, même Rocka Rolla s’est fait refaire une beauté!

C’est dans cette ambiance de rêve que se termine l’ouragan dans lequel nous avons tourbillonnés tout au long de cette soirée qui passera à l’histoire dans ma mémoire et celle de la belle communauté métalleuse qui a accouru pour la grande messe de Judas Priest!

C’est dans une ambiance familiale qu’on quitte le lieu de culte, où on rencontre à la sortie, plusieurs membres de bands locaux et de personnes influentes de la scène québécoise. Musiciens , fans, jeunes, parents, grands-parents et autres paradent avec un air satisfaisant ainsi qu’une légère tristesse de retourner à la vie normale loin des Dieux et de la grande famille!

-Dany Marchand
Photos: Charles-Alexandre Tourchot

English Version

Here is Dany Marchand’s review and photos taken by Charles-Alexandre Tourchot during the Judas Priest & Queensrÿche show presented by Gestev at the Videotron Center in Quebec City on April 10, 2022.

Queensrÿche

This evening in the great capital, I am about to meet, not only a legend, but a God, and this for the first time in my life. I am feverish without common sense! In addition to enjoying a box at the Videotron Center for the first time, when I was praised for the sound quality. I can confirm this sound quality since a friend, who was in the stands in the first act, came to join us later in the evening for the headliner and according to him there was a difference. The experience is shaping up to be perfect!

Right on time (as always in these great events planned with the precision of a watchmaker) the veterans of Queensrÿche begin the opening procedure of this show of legends.

Lights, cameras… ACTION!

The sky opens to let down the first archangels of rock performer for the faithful gathered for the event.

The stage, worthy of a hard rock chapel, acts as a backdrop for this quasi-religious ceremony for the fans, and even the disciples of these deities of the pantheon of heavy metal. The sound is good, but very loud in volume and at low frequencies which makes the percussion partly inaudible, probably due to the reverberation of half the room which is closed, especially during rolls, the definition of the toms is lost. The musicians are old timers and you can hear it with the perfect mastery of their instrument! The string section has a nice very fluid definition and the bass is very strong and brought to the fore, perhaps a little too much in stride.

The vocal is crystalline impeccability, I’m flabbergasted, being myself a vocalist, I have the nasty habit of especially noticing the quality of the frontman. Tonight is one of my favorites. Often in the case of these bands of the 80’s, where the pitch of the notes sung exceeds the top of the Tower of Babel, the performances today are unfortunately disappointing due to age, the excesses on tour and the lack of maintenance of the voice. By cons tonight, no fatigue, the crowd is delirious. During Todd La Torre’s speech, after 2 well-linked songs, he underlines the fact that it’s been a long time since they set foot on Quebec soil. The interaction with the public is automatic and the show starts again!

Even if the presence is rather static on stage, the members of the American quintet play perfectly and move from one position to another on the stage, quietly in a very random way (which is very rare for formations of the kind of not having catchy scene choreography). Except during the solo of The Eyes Of The Stranger where we have beautiful poses, but unfortunately too far in the set for the photographers present.

Backvocals are powerful on stage throughout the concert. In addition, the fans accompany them during Walking In The Shadows by singing in unison this excellent piece from the album Rage For Order. The solos are so precise as to make a stagehand blush. The battery is solid even if in the power we lose in the definition as mentioned above.

It’s a shame that people on the floor are seated, because it reminds us, the old fans, of our increasingly venerable age. I wish those who will have the chance to see the show in Montreal, standing places.

The lights are fine, but classic, no pyrotechnics, the 80’s are far away, but the size of the stage is very respectable and worthy of this decade marked by spandex, leather and hairspray!

The legends leave the stage after bowing to the audience to thunderous cheers and applause. We catch our breath, we savor a drink, we visit the merch kiosk and we prepare our soul to face to face with the titans!

 

Judas Priest

War Pigs start breaking through the sound boxes and the crowd knows what’s coming. Fans know the habits of their idols…

Black-out, the lights go out, Priest’s cross appears in bright red on stage and illuminates the faithful who are subjugated, euphoric, in the grip of tremors. Because on the boards, the earth stops turning. That’s it…. the metal god comes down to earth, in leather and studs!

Delusions, cries, horns in the air, there is no doubt that’s where it’s happening! « The Priest is back! »

First striking impression, the sound is much lower than in the previous band, but the definition is extremely increased. Even if the step seems high and confuses a little our ears which expected a power similar to that of Queensrÿche.

In front of us, it’s a Rob Halford in full possession of his faculties who serves us his impeccable lyric with a surprising intensity for such a monument with a career as long as the Wall of China! The six strings are brought to the fore in the spotlight and offer an exquisite sensation of auditory satisfaction unanimously approved by metal maniacs in a trance! It’s sad that Ian Hill stays behind throughout the concert with his dynamic and imposing bass!

On the screen, in the background, scroll very high quality visual elements, retracing the half-century that sums up the mythology of the priest of Judas. The whole thing is incredibly beautiful and plays directly into our inner nostalgic background. A gleam of wonder is visible in the eyes of the adorers, like that of a child on the eve of unwrapping his Christmas presents.

The decor in place is magnificent on each side of the stage, chimneys smoke for You Got Another Thing Coming. In the crowd, smoke also rises at the same time as the scent of cannabis travels to our dressing room. Obedient and obsessed, the crowd sings when Rob orders it by pointing the divine finger at them. When Turbo Lover comes to caress our demanding ear canals, it’s total madness, the whole amphitheater sings the lyrics that have become an anthem!

Drumstick flips and solos in thirds are in the spotlight tonight! Special mention also to Richie Faulkner this evening, who takes his place firmly without having anything to envy to his predecessors, my 2nd favorite of the evening! It almost makes us forget the absence of Glenn Tipton.

The more the evening progresses, the more the lighting and stage items are used! An unmissable classic, we take out the motorcycle for Hell Bent For Leather and the crowd explodes and burns as the hits follow one another at a crazy pace! A gigantic bull arrives on the altar of metal for After Midnight, while the cross appears in different colors according to the albums that parade in music, even Rocka Rolla has had a makeover!

It is in this dreamy atmosphere that the hurricane in which we swirled throughout this evening ends which will go down in history in my memory and that of the beautiful metal community who came running for the great mass of Judas Priest!

It is in a family atmosphere that we leave the place of worship, where we meet at the exit, several members of local bands and influential people from the Quebec scene. Musicians, fans, young people, parents, grandparents and others parade with a satisfying air as well as a slight sadness to return to normal life away from the Gods and the big family!

-Dany Marchand
Photos: Charles-Alexandre Tourchot