La Décapiteuse #30

Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

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 Trials - This ruined world

TRIALS
«This Ruined World»
Independant/DIY
Date de sortie: 24 Juillet 2015

 J’ai de la misère avec le métal qui se qualifie lui-même de «complexe». De un, la complexité est un univers très subjectif. On a tous notre définition de c’est quoi un album «fucké». Je commence à trouver qu’avec la trollée de bands qui se ramassent sur le bandwagon du «Stare at the Wall Metal» (qualificatif sarcastiquement affectueux que j’utilise pour décrire les albums ambiants qui tentent de mélanger quarante-cinq types de styles juste pour prouver que les membres ont une santé spirituelle supposément plus élevée que la mienne), l’aspect ”fucké” est dramatiquement diminué par l’aspect trop familier de ce genre d’approche. Je ne dis pas que je n’aime pas ce qui est peu conventionnel ou ce qui défie les standards de la composition trop passivement agressive. Loin de moi est l’intention de prétendre que ça ne me séduit jamais, étant moi-même un être capricieux et difficile à prédire ou comprendre, à ce même titre.

Le groupe de Chicago TRIALS reste DIY dans le seul et unique but d’avoir un son qui refuse décidément d’être libellé, compartimenté ou contrôlé par les réactions du système digestif d’un Suit and Tie de gros label blasé et si fièrement pogné for the sake of big money, Le problème est qu’ironiquement ils devraient avoir un peu plus de contrôle. Ça sonne bizarre venant de moi, j’acquiesce vivement à cette remarque que j’entends déjà à mesure que j’écris. Quand je dis contrôle, mon regard est posé plus spécifiquement sur la triste réalité que le «métal complexe», ou «post metal», se doit de reconnaître l’importance de la marge entre l’émotivité si débordante qu’aucune attention n’est vraiment apportée à la qualité des compositions, et la concentration requise pour l’élaboration d’un pattern musical qui peut être profitable dans un tel état d’adrénaline et de rage mentale.

En d’autres mots, prend un guitariste qui se claque une dépression nerveuse et a envie de tuer tout le monde; s’il profite de sa colère pour rajouter à son intention d’écrire une osti de toune qui va tous les anéantir parce que c’est l’affaire la plus hot qu’il a écrite de sa vie, il risque de ne pas rusher avec la structure de l’élaboration de ses riffs, et il risque même d’écrire toutes les drum parts sur son kit électronique, tout ça en direct de sa cellule de prison à côté de son X-Box.

Prend le même gars qui succombe à ses émotions et, au lieu de les accepter, se met à se défouler d’une manière mal dosée en espérant promptement passer à autre chose- il risque de se ramasser à écrire «This Ruined World».

Ce que j’entends ici est un drastique manque de focus et un besoin beaucoup trop imminent d’être aussi agressif que possible. Le résultat empêche chacune des pièces de se développer d’une façon organique et vertement déterminée à ne pas se laisser décontenancer. J’entends certaines influences thrash, post-rock, noise, et 80s goth, un peu trop précipitées et mal dosées dans un effort bien trop conscient d’être abstrait dans l’effort de démontrer une émotion accrue et dangereusement instable Celle-ci selon moi serait bien mieux libérée à travers des riffs tight et oldschool qu’à travers des leads dissonants qui sonnent à peine travaillés et qui sont squeezés entre des patterns de drums qui pourraient rester plus constants et nous emmener vers de véritables hooks. Quand ils y réussissent et qu’un véritable focus est mis sur l’agencement de ces leads un peu contradictoires dans la nature de leurs color tones et que le drumming est aussi frantic dans le réel «punch» de sa delivery, on voit que ce band a une identité capotée qui a le potentiel de vraiment être hot et innovatrice.

Avec un peu de recul face à leurs propres compositions, et un «outlook» à tête plus reposée, cet album exprimerait beaucoup plus de substance bien pré-méditée et tranchante qu’en se laissant aller dans un «fit» mal proportionné par rapport à l’impact qu’il souhaite emmener. L’intention est nette ici, juste mal exécutée.

VERDICT: 1/10

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 Zandelle - Perseverance

ZANDELLE
«Perseverance»
Pure Steel Records
Date de sortie: 24 Juillet 2015

ZANDELLE est un groupe de speed métal américain de vingt ans d’âge que le crew de Pure Steel Records compare à HELLOWEEN. Ce genre de ”name-dropping” est risqué et peut être qualifié de carrément misleading, vu que la référence en question est un band qui refuse tout simplement d’écrire la même affaire chaque fois qu’il rentre dans le studio pour composer ou quand il s’entasse dans leur tour van pour souffler entre deux shows. Donc, l’implication du statement en lui-même promet une originalité surprenante, et même supposément frustrante (en tout cas les fans du band aiment pas le dernier album vu qu’il se penche plus sur l’aspect rock que power, ce qui veut apparemment dire, selon eux, qu’il perd son «thunder»; je trouve que c’est pas mal le contraire).

J’veux rien savoir d’un groupe qui refuse stoïquement de changer de son par peur de perdre sa propre identité. Il me semble que c’est normal que ta musique varie en même temps que ta vie et ton expérience. Avec une seule écoute de «Perseverance», c’est facile de voir que cette théorie est comprise, appliquée, et respectée par ZANDELLE. Cet album est même défini par un goût prononcé pour le risque. Il existe un certain charme dans son exécution imparfaite aussi puisqu’elle est tout de même professionnelle et assez rehearsed pour sonner comme un live show, autant en termes de production que de performance de la part des musiciens.

Le frontman George Tsalikis n’est pas accroché à son auto-tuner, ce qui laisse l’émotion respirer à travers sa delivery, bien qu’avec un peu de retenue; l’effet ici étant tout de même percutant plutôt que navrant. La twin guitar attack de Maglio et Durfy est loin d’essayer de se montrer overflashy ou de s’imposer par dessus le reste de l’instrumentation, étant plutôt airy et accompagnatrice, servant de back-up au reste du band dans une modestie élégante, mais tout de même savante, montrant que les gars sont calés dans leur étude de cas. Leur range est étoffé, cette collection de tounes incluant autant de tracks upbeat et vraiment explosives à la early PRIEST que des ballades qui auraient facilement leur place en plein milieu d’un album concept qui décrirait la tragique histoire d’un personnage tourmenté par ses propres désirs contradictoires. Ces gars-là sont capable d’être brutalement réservés, dramatiquement dévergondés, ou apparemment victimes de violent traumatismes émotifs dans l’intention derrière la delivery des tracks, ce qui fait de l’album une réelle journey qui est plutôt définie par la quête d’identité que le rehash atrocement chorégraphié d’une formule surfaite et plastique.

Ceci dit, la comparaison avec HELLOWEEN n’est pas exagérée, bien que l’efficacité de l’album se verrait augmentée par une prestance un peu plus égocentrique du côté des twin guitars et possiblement par un petit coup de pied dans l’arrière-train de Tsalikis pour qu’il pogne un peu plus les nerfs derrière le micro, définissant un style et une attitude plus faciles à cibler; il a déjà un caractère qui ne semble pas donner sa place, mais qui est un peu trop contenu ici. Rien à redire sur le drumming de Joe Cardillo; il semble structurer la saveur expérimentale de beaucoup des pièces qu’on a ici, ce qui en dit long sur son expérience.

Je m’attends à être pas moins que ravie la prochaine fois.

VERDICT: 5.5/10

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Fallen Angels - World in decay

FALLEN ANGELS
«World in Decay»
Cyberdyne Records
Date de sortie: 4 Août 2015

Je trouve que ces temps-ci, c’est pas évident de trouver un band de thrash qui n’essaie pas de se la jouer mainstream et de sur-moderniser son approche, ou encore qui n’est pas excessivement occupé à se pogner le beigne dans une composition automatique, redondante, et carrément vannante qui va comme suit: couplet qui sonne faux du criss, riffage dissonant et étourdissant qui mène à un bridge laid et vide de réelle émotion, chorus empli de gang shouts qui sont supposés me donner envie de répéter les lyrics mais me donnent plutôt mal aux dents, solo trop rapide pour que j’aie le temps de comprendre que chacun des leads a été écrit par dessus une page de Reader’s Digest dans les toilettes du Ultramar, et drumming qui reste agressivement pareil (un peu comme celui de l’idole de l’heure Lars Ulrich) pendant quarante-cinq minutes béton à part pour l’occasionnel blastbeat qui n’a pas rapport avec le reste de la toune mais qui change son fusil d’épaule pendant quatre secondes pour quand même pas trop sonner comme du METALLICA.

Dans cet ordre d’idées, vous allez comprendre que je suis assez difficile avec les bands qui prétendent avoir le genre de portée couronnée d’un ”je m’en foutisme” aussi efficace que du vieux TESTAMENT ou EXODUS en ne perdant pas la valeur de leur True North (en d’autres mots, leur focus sur l’importance de la composition raisonnablement imprévisible mais tout de même axée sur une discipline suffisamment aiguisée pour présenter des riffs qui sont le fruit d’une intention claire et non pas un besoin de prouver un skill glorieusement absent ou trop juché sur la technicalité plutôt que l’expression d’un besoin brûlant pour l’authenticité des émotions véhiculées).

FALLEN ANGELS est capable d’écrire ce genre de tracks qui sont bien exécutées, passionnées, et écrites avec un réel sens du meaning profond, ce qui est assez évident à travers chacune des notes jouées. La seule chose que je déplore, c’est leur besoin de se la jouer ”safe” avec des patterns qui semble les forcer à changer la structure de chacune des pièces pour la rendre plus ”paint by the numbers”, détruisant l’identité originale et franchement anti-homogène de chaque titre pour les emmener dans un pattern «been there done that» assez facile à reconnaître après environ vingt minutes, ce qui casse le punch (dans ce cas-ci, un whirlwind of solos qui change le pacing de la toune au complet pour encadrer ladite tornade de leads ultra-tech qui ne fittent pas avec le reste de la portée de la compo en question – obligatory en plein millieu de chacune d’entre elles). J’aimerais voir ces gars-là prendre le risque de rester sur leur lancée, peu importe s’ils écrivent une track qu’ils pensent juste semi-efficace ou complètement explosive et orgasmique; l’évolution impulsive de leurs compos marcherait à merveille puisqu’ils sont de bons musiciens qui ont les racines autant définies par le Bay Area thrash que le technical DM à la DEATH. Ils sont studieux et connaissent leurs instruments sans se swinger les balls dans nos faces. Dommage qu’ils suivent leurs cues un peu trop religieusement car c’est visiblement loin d’être une nécessité selon mes observations vivement intriguées.

VERDICT: 6/10

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 Powerwolf - Blessed n Obsessed

POWERWOLF
«Blessed & Possessed»
Napalm Records
Date de sortie: 17 Juillet 2015

Après six albums, je reste sur mon cynisme prudent et même un peu appréhensif face à POWERWOLF. Avant que vous me pétiez une syncope, je l’avoue; ils sont de bons musiciens. Ils savent jouer du métal théâtral, studieusement néoclassique et assez prenant pour voler ce qui me reste d’attention après une journée chiante ou plaisante (ça change rien à mon humeur mais ça ne me laisse jamais perdue dans mes pensées). Ils réussissent cet exploit de taille face à un cerveau hyper-occupé qui se contre-fout de tout ce qu’il entend quand ça semble sortir du micro-ondes après avoir été réchauffé quarante-cinq fois vu que typiquement, ça veut dire que c’est loin d’être encore du bon.

Je ne dirais pas que «Blessed & Possessed» c’est du brûlé ou du recyclé, reste que ça continue à me purger steady. Un band un peu trop réconforté par sa propre gimmick, ça a tendance à écrire des albums qui sont le fun et utiles comme trame sonore pour une Uber Beer Session qui tough la run jusqu’à six heures du matin; mais peu efficaces quand on se ramasse sur une quête de sens face à nos propres noirs désirs d’auto-destruction (ou pognés dans le traffic avec un besoin de défoulement qui nous emmène de l’avant au moins mentalement jusqu’au point qu’on s’en fout solide qu’on s’est trompés de sortie pour la dixième fois).

Ce que j’essaie de dire avec cet humour blasé et sur-compliqué, c’est que y’a aucune des compositions de POWERWOLF qui réussit à susciter une seule réelle émotion humaine en moi. Bien que le musicianship se claquerait des médailles olympiques, et l’adrénaline suscitée par les influences MALMSTEEN, IRON MAIDEN, et même DIO sont hard at work dans l’élaboration de pièces catchy et puissantes en termes de sensations fortes, celles-ci sont toutes physiques, et aucunement mentales. La répétition de la même pièce de théâtre soixante mille fois d’affilée me laisse sur ma faim, autant que cet album qui est bon, mais plus ou moins attachant dans sa prédictabilité tellement agressive que je me demande si ces gars-là vont s’écoeurer de rester dans leur comfort zone. J’aimerais les voir se dissocier de leur ligne directrice pour écrire des tracks qui se contre-câlissent d’être militantes et se ramassent plus dans une zone d’introspection et de réelle darkness tout à fait dépourvue de ses trente couches de vernis usuelles. Un band avec une identité non-costumée, qui n’essaie pas d’impressionner mais qui finit par réellement avoir envie de sauter une coche créative. J’attends encore que ça leur arrive.

VERDICT: 8/10

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 Defect Defender - Ageing accelerator

DEFECT DESIGNER
«Ageing Accelerator»
Sleaszy Rider Records
Date de sortie: 13 Juillet 2015

Faut que je l’avoue, voir deux membres de SEPTICFLESH, un de CRYPTOPSY (ouep, Flo Mounier) et un de TROLLFEST dans le même line up d’enregistrement, ça m’a fait flipper avant même que je pèse sur «play». Drette en partant je me suis dit que j’allais accepter aucune possibilité de manque d’originalité complètement pétée. Je suis loin d’être déçue ou forcée de revenir sur ce mantra entêté et presque envoûté.

«Ageing Accelerator», c’est une des rares exceptions définies dans le proverbial haystack de bands expérimentaux qui se lâchent lousses dans la fusion de styles et sous-styles de métal qui semblent pas fitter ensemble et réussissent à saisir nos âmes et les dépecer lentement et en toute beauté sans qu’on veule se débattre rien qu’un peu. En ce sens, on a droit ici à un mélange de black, deathgrind, oldschool punk, jazz, et nu-metal à la SLIPKNOT dans le temps que c’était bon (je dis ça avec un amour infini pour Corey Taylor).

Attachez vos fucking tuques, car j’arrive à peine à être certaine de ma liste quand je pense à la weapon de taille qu’on a ici. Ça s’appelle un cas de «duck and cover sinon tu crèves, friend».

Ça prend du génie presque surnaturel pour être capable de créer des hooks monstre qui t’avalent pour te recracher en pièces détachées avec une efficacité qui ne manque pas de style à travers sa monstruosité abstraite et difficile à comprendre complètement sans la sécurité d’un blâme ferme porté sur les substances hallucinogènes. Je viens de résumer l’expérience qui t’attends si t’es brave. Cet album toppera les charts de l’année parce qu’il crée une toute nouvelle trail fraîche et glissante pour les bands qui vont essayer de l’emprunter après s’être claqués cet album tout simplement inimitable.

Ceci dit, les compos ne sont pas ”fourrantes”. L’intensité de chacune d’entre elles est supportée par une intention claire en termes d’ambiance qui se veut assez évidemment glauque, inquiétante, et schizophrénique. Les riffs sont tantôt mélodiques, parfois plutôt techniques, mais jamais strippés de leur presque buzzante efficacité quand on parle du backbone groove qui les unifie. Le drumming est du Copyright Flo. Ce gars-là est une machine. Y’en existe pas deux comme lui et c’est parce qu’il est diversifié à travers une identité qui est instantanément reconnaissable et stubborn, mais qui a jamais peur de se mettre la tête dans l’eau plus longtemps à chaque maudite fois qu’il est sur un album à travers un projet ou l’autre. DEFECT DESIGNER, c’est le trip le plus notable qu’il fait en termes de risque complètement désarçonnant et mémorable. Vous êtes juste pas prêts.

Marier le meilleur du oldschool avec le newschool en redéfinissant les trends et en crachant dans la face des «stare at the wall» complextro whores of the modern day, c’est ce que DEFECT DESIGNER réussit à accomplir sur cet album et probablement même sur leurs lendemains de brosse. Vous êtes mieux de vous tasser du chemin parce que leur set-up prend de la place.

VERDICT: 8/10

 

La Décapiteuse #29

Décapiteuse Marryah Noch

 

LA DÉCAPITEUSE

 

 

1. Band: THUNDER TRIBE

Album: “War Chant”

Labels: Nightmare/Sony/R.E.D.

Date de sortie: 15 Octobre

Les bands qui ont pas peur du ridicule de la notion de se perdre dans un épais brouillard symbolisant la confusion d’un excès notable de sub-genres (qui vont plus ou moins ensemble) suscitent en moi un certain minimum d’admiration respectueuse. Bien que je sois loin d’aimer le résultat de toutes et chacune de ces expérimentations à l’échelle mondiale des scènes rock et métal (et croyez-moi que j’en entends des centaines par an) j’dois avouer que ça prend des couilles et du guts pour oser se fendre le crâne à force de se casser la tête à intégrer, à parts égales, quelques hints de chacune des influences qui forgent le son d’un album donné. THUNDER TRIBE sont loin d’être dans l’underground, paradant sur le roster de nulle autre que Sony. Néanmoins, c’est la première fois que j’entends leur superbe mixtape de heavy métal militant à la DIO, hippie vintage experimental rock à la PINK FLOYD, pseudo prog mélodique à la (VERY toned-down) DREAM THEATER, et rock percutant jalonné de stringwork méditatif et calculateur à la “Diary of a Madman”-era Ozzy. Jusqu’ici, vous allez vous demander pourquoi j’ai pas capoté sur ce CD de façon pratiquement obsessive. La raison est simple et navrante: l’album devient de moins en moins puissant et de plus en plus perdu dans la brume à mesure qu’il avance. C’était à prévoir avec le nombre de directions et de chemins tous empruntés en simultanée, malgré que ces gars-là ont du temps en masse pour aiguiser leurs armes et maîtriser leur propre besoin de s’étirer à s’en faire craquer chaque os sans se ramasser avec des crampes, foulures, et un peu de paralysie le lendemain de ce type de work-out plus spectaculaire qu’il en a l’air sur papier en terme d’expérimentations soniques. THUNDER TRIBE est un groupe à découvrir parce que faut l’entendre pour y croire. Allez tout de même pas supposer que le prochain album va pas apprendre des erreurs de celui-ci; gardez un oeil sur les possibilités à venir.

VERDICT: 5.5/10 (Entre ASSEZ BON et BON)

 

 

 

2. Band: EREB ALTOR

Album: “Fire Meets Ice”

Labels: Metal Blade Records/Cyclone Empire

Date de sortie: 15 Octobre

Ça fait une coupe d’années que j’avoue avoir porté plus ou moins d’attention aux activités du camp EREB ALTOR, ayant tout de même été témoin du phénomène viking doom metal qu’était leur son initial que j’avoue avoir trouvé intriguant et fort original à la fois. Sur “Fire Meets Ice”, les gars vont chercher une influence plus axée sur le black métal Norvégien, et apparemment que ça fait un bail qu’ils sont plus forts sur ce mode de pensée que le funeral doom lancinant et austère (à mon insu total). J’enlève absolument rien à leur don évident et absolument pas over-rated en terme de blend bien calculé et bien dosé d’influences assez cocassement agencées. On s’attendrait pas à entendre du MY DYING BRIDE dans la même toune que BATHORY ou du vieux DISSECTION mais attachez vos tuques; EREB ALTOR s’en contre-fouttent et prouvent que ça se fait et de manière passablement et presque risiblement simple – en tout cas, pour eux. Leur approche est impulsive, impossible à prédire, et même souvent dure à suivre. L’écoute de cet album peut pas se permettre d’être distraite car les moods considérablement bipolaires de chacune des pièces dictent la logique de l’évolution du musicianship. Je peux pas dire que je m’y attendais pas, mais l’album est de moins en moins agressif et de plus en plus introspectif avec une vibe hivernale et fortement dépressive vers la fin de sa durée, ce qui engendre certains zoneouts vu que l’aspect répétitif et plus méditatif de ce genre d’approche est moins percutant. Il faut être dans le bon mindframe pour apprécier ce revers de la médaille sans les variations plus violentes apportées aux premières pièces – mais voilà que je me retrouve assez rapidement et de pied assez ferme dans le besoin de ré-aborder même ces tracks-là dans un futur proche question de vérifier si elles peuvent être mieux savourées dans un contexte opportun.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

 

3. Band: KILL DIVISION

Album: “Destructive Force”

Label: Metal Blade Records

Date de sortie: 15 Octobre

Le fait que KILL DIVISION se qualifie de deathgrind m’a laissée particulièrement perplexe, même suite à l’écoute de “Destructive Force”. Ici, on a pas droit à du CATTLE DECAPITATION (ou du DECAPITATED, for that matter). On est plutôt en terrain melodic & particularly tempestuous, war-mongering death metal. Vous êtes familiers avec GOD DETHRONED? La guitariste/vocalist Susan prend les devants du nouveau projet qu’on a ici, et c’est assez facile à déceler. Je suis très fan de GOD DETHRONED et me sens particulièrement choyée dans le contexte qu’on a ici puisqu’il contient pas mal de références à “Passiondale”; riffs mélodiques qui créent un groove absolument décapant et slicing, accentués par un vocal venimeux et sharp, et un drumming qui accompagne parfaitement ce genre de machine de guerre pas arrêtable qui semble avoir sa propre conscience qui a, soit dit en passant, aucune limitation imposée par un quelconque contrôle de main humaine. J’entends également le worship de Susan pour la mentalité de Bill Steer face à CARCASS; une certaine expérimentation est à l’appui avec beaucoup de variations de tempo impulsives mais étonnamment toujours efficaces à travers chacune des tracks. Les riffs restent catchy mais la technicalité en terme de pattern-meshing ne peut être niée et en ce sens, Susan et ses confrères apprennent très bien de leurs influences. Je réussis pas à dire que “Destructive Force” me fait tomber en bas de ma chaise aussi facilement que le matos de GOD DETHRONED. Néanmoins, pour les trippeux qui veulent découvrir une alternative puissante qui les décevra absolument pas, une session d’écoute attentive s’impose.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

 

4. Band: RIVERS OF NIHIL

Album: “The Conscious Seed of Light”

Label: Metal Blade Records

Date de sortie: 15 Octobre

J’aurais été étonnée de constater qu’Erik Rutan se mette soudainement à faire de la prod pour des groupes qui méritent en rien son bon sens de l’obsession pour le détail. J’avais également pas du tout l’impression que j’apprendrais, sur la ligne de la press release qui fait suite à la mention de son implication sur “The Conscious Seed of Light”, que j’aurais affaire à du death métal technique aux overtones ambiantes et à la complexité digne d’un projet qui aurait été normalement plutôt associé à un mec comme Dan Swanö. Néanmoins, la signature Rutan se fait entendre d’un bord à l’autre ici. RIVERS OF NIHIL sont tout à fait capables d’être violents, même à travers la complexité tout à fait abstraite de leurs song arrangements et l’importance marquée du fait que chacune des notes exprime une émotion rattachée au thème principal qui définit l’album: oui, croyez-le ou non, ils mettent ici de l’emphase sur l’arrivée du printemps et ce que ça symbolise dans le cycle de vie. Si on se fie à l’artwork, un focus est également appliqué sur le fait que l’univers est tout à fait capable d’évoluer de lui-même sans l’influence nocive de l’espèce humaine pour ralentir son épanouissement. La rage complètement animale qui pousse chacune des tracks à dévoiler ses multiples layers d’expérimentation tout à fait lucide et bien calculée est effectivement un phénomène de la nature qui est très bien compartimenté par l’oreille professionnelle d’Erik. La capacité d’intégrer autant de facettes intricate à un son initialement brutal et out of control me rend très optimiste par rapport au futur de RIVERS OF NIHIL car ils savent parfaitement ce qu’ils veulent refléter, et ils écrasent de pied ferme les délimitations populaires du death metal en se foutant complètement des clichés et en nous prouvant tous que ce sous-style peut encore évoluer de manière fort surprenante que personne, incluant ceux qui croient avoir tout vu, est capable de prédire.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

 

-Noch

 

La Décapiteuse #28

Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

 

 

1. Band: GEHENNA

Album: “Unravel”

Label: Indie Recordings

Date de sortie: 11 Octobre

Selon les propriétaires d’Indie Recordings, GEHENNA est un de ces bands de black bien connus en terre Norvégienne; ils sont également le genre de groupe qui se font salement attendre d’album en album avec une anticipation marquée de la part de leurs diehards. J’ai pas de difficulté à catcher pourquoi; ils nous arrivent avec un type de black qui est tout à fait dépourvu de références notables aux éléments soniques typiques de la scène moderne. “Unravel” sonne années 90 à la planche, de la production extrêmement vintage jusqu’au songwriting dépressif, impulsif, et ambient. Le son évolue avec le mood – on a pas droit ici à des courbettes faites par les gars du band pour le kick de montrer à quel point ils sont des acrobates de renom, même si leur historique en témoigne, si je me fie aux éloges qu’ils reçoivent depuis un bail. Chacune de leurs tracks est passablement puissante par son désespoir enivrant et starkingly honest. Les riffs prennent le temps qu’il faut pour se développer  (au détriment d’un minimum assez facile à ignorer de zoneouts qui servent de backdrop souvent nécessaires à un suspense témoignant d’une certaine anxiété émotive dans la musicianship, ce qui est, en fin de compte, vital pour cet album en tant que tel) et l’aspect multi-layered de la souffrance dépeinte par les agencements de tonalités bleak qu’on a ici, c’est un spectacle d’un macabre parfait que j’imagine assez facilement comme une trame sonore idéale pour l’automne de bien des adeptes qui sont complètement vannés de l’aspect cinématographique/symphonique ou shoegaze qui prend le dessus sur trop d’albums qui se disent black à la base, surtout ces temps-ci, au beau milieu de cette phase un peu trop populaire qui rend les albums tout à fait dépressifs un peu plus difficiles à trouver sur les tablettes. J’en profite pour mettre en surbrillance le travail acharné d’Indie Recordings sur ce point: quand vient le temps de faire un maudit beau retour aux sources, ils chôment pas, et tous ceux qui apprécient ce que la Norvège a apporté au métal au fil des décennies devrait forcément être au courant ou se mettre à ses devoirs right about now.

VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

 

 

2. Band: REPTILIAN DEATH

Album: “The Dawn of Consummation and Emergence”

Label: Old School Metal Records

Date de sortie: 10 Octobre

Le mainman de REPTILIAN DEATH s’est empressé, lors d’une entrevue avec yours truly, d’aborder le sujet de l’impact tout à fait absent de ses racines indiennes sur son propre songwriting, que ce soit pour ce projet-ci, ou le reste des cordes qui sont présentement à son arc. Il me sort qu’il a la mentalité américaine à fond la caisse et qu’en termes de culture, il a été élevé depuis son plus jeune âge dans une maisonnée qui l’a fait découvrir le rock par le biais de la scène britannique (PINK FLOYD, LED ZEPPELIN). En termes plus pratico-pratique, il voit pas l’utilité de se pencher sur sa langue maternelle plus souvent qu’autrement en optant plutôt de penser en anglais et de voir la vie sous des qualificatifs aussi anglophones que son approche au groove-based death metal. On retrouve donc pas d’éléments traditionnellement indiens sur “The Dawn of Consummation and Emergence”, au même titre que TESTAMENT me donne pas l’impression de me claquer un CD ambient de musique du monde dans une boutique zen. Now that this is off the table, je peux comprendre pourquoi l’album me fait énormément penser à DYING FETUS meets IMMOLATION meets RON JARZOMBEK in a school of hyperactive music geeks. J’ai été complètement ahurie par la créativité et l’efficacité de l’évolution du groove de base de chacune des tracks et ces gars-là savent comment être violents en osant forcer la note en terme de tournures de songwriting complètement sautées, ce qui est un facteur qui aurait pu être appliqué à un album contenant des éléments plus traditionnels de leur terroir avec un résultat fort percutant. Ma curiosité pour ce type d’expérimentation reste tout à fait unquenched et je crois fermement que ce band-là pourrait se permettre ce genre de leap en se cassant pas gravement la figure; wanna bet?

VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)

 

 

3. Band: CRAVEN IDOL

Album: “Towards Eschaton”

Label: Dark Descent Records

Date de sortie: 15 Octobre

Quand des fans de heavy metal traditionnel se mettent à faire du métal extrême en tâchant de faire ressortir leur amour pour les origines du hard rock de manière évidente et facile à identifier à tous les tournants d’un album, le résultat est assez fascinant (DARKTHRONE, anyone?). CRAVEN IDOL cachent absolument pas leur passion pour le doom, le shock rock et le heavy metal en causant influences avec l’auteur de la press release qui a été distribuée aux promoteurs par leur label, Dark Descent. Ils citent MERCYFUL FATE, CANDLEMASS, et plusieurs household names de la scène métal extrême en tant que leurs sources d’inspiration premières pour le crafting de ce qu’on retrouve sur “Towards Eschaton”. Ce type d’agencement m’a initialement laissée perplexe mais j’ai osé me remémorer certains exemples de ce type d’approche qui a donné naissance à plusieurs albums inoubliables en me disant que si ces gars-là font autant de ravages depuis que leur album est sorti du studio (j’en entend parler depuis bon nombre de mois avant même d’avoir reçu leur stock), la raison doit être bonne, surtout que Dark Descent, c’est une gang de connaisseurs en terme de métal oldschool et obscur à souhait qui laisse des cicatrices pas effaçables ou guérissables. Eux et FDA Rekotz, je vous dirais sans gêne que ce sont les chefs de file en termes de grainy and dirty oldschool metal en 2013. Mon enthousiasme est à son comble ici car CRAVEN IDOL savent concocter un death black aux effluves norvégiennes avec un cran qui manque pas de chien. Ils savent intégrer ambiance, groove, hooks, et layers menaçants à leur format d’insanity totale. C’est assez rare dernièrement que je découvre une approche aussi rituelle au revival des années 90 qui réussit à intégrer une catchiness au chaos et des albums comme celui-ci et le petit dernier de KRYPTS me prouvent de pied ferme que Dark Descent vont trouver ces bands-là et forcer le monde à se tourner la tête vers eux et les prendre en considération. C’est une pratique que j’aimerais que plus de gens encouragent – c’est un label très underground et plus ou moins connu en terre canadienne, donc si vous aimez ce qu’ils font, passez le mot.

VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

 

4. Band: DEATH ANGEL

Album: “The Dream Calls For Blood”

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 11 Octobre

J’avais des attentes draconiennes face au nouveau stock de DEATH ANGEL en me fiant sur les promo tracks, je l’avoue sans retenue. Ce que je voyais pas venir est que j’me ferais botter le cul par l’album le plus significativement impressionnant de l’année – contrairement à la plupart de la populace de metalheads que je lis et que j’entends parler sur une base régulière, j’ai pas mal tripé sur leur album précédent, changements de tempo plus ou moins thrash inclus dans cet ordre de pensée (oui, les tracks moins rapides et plus orientées sur le feel sont, pour moi, essentielles au développement logique du mood de certains albums, que ce soit pour un band de speed thrash ou de L.A. hair metal – you all get the drift). Les gars du band disent en entrevue que le nouveau stock est passablement plus enragé et j’ai découvert avec une bonne dose d’admiration qu’ils parlaient pas de colère seulement qu’en terme de violence sonique mais également en termes de lyrics et de feel. “The Dream Calls For Blood” est un album tellement humain, ça en est frappant. Il est également précis et sur la coche en terme de technical riffage & song arrangements. Les expérimentations manquent pas ici, ce qui dévoile la maturité beaucoup plus marquée de leur musicianship depuis la dernière release. Que dis-je; ils sont tout à fait en feu. Des cris éperdument debilitating du frontman jusqu’au hyper-shreddage démentiel du backing band, on a droit à un thrash d’une cinématique orientée sur l’émotion qui arracherait la face à n’importe quel fan fini des bands de thrash qui se font habituellement attribuer tout le crédit et qui sortent du stock ordinaire dernièrement, en comparaison (KREATOR, SLAYER, etc.). Être tout à fait capable d’aller chercher cette dynamique en perdant pas de vue l’identité true-to-the-core-NYC-thrash-4evaa ça se fait rarement dans notre ère moderne mais DEATH ANGEL nous prouve qu’il devrait être l’un des bands de thrash les plus importants de la planète en relevant le défi et en accomplissant cet exploit de taille. Essayez de contester cet argument en vous claquant l’album d’un bord à l’autre, vous risquez d’avoir pas mal de misère.

VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

Noch

La Décapiteuse #27

Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

 

1. Band: BROKEN HOPE

Album: “Omen of Disease”

Label: Century Media

Date de sortie: 8 Octobre

Je suis pas une des intimes dans le cercle de maniaques qui clâment haut et fort que le retour de BROKEN HOPE est un événement de taille dans la scène death metal car j’avoue que je les connaissais pas de près avant mon écoute attentive de “Omen of Disease”. Comme je m’y attendais à moitié toutefois, j’ai eu droit à une bonne rasade de meat and potatoes oldschool death. Ce qui est plate dans ce prospect que n’importe qui de sensé qualifierait initialement d’au moins semi-contentant, est le vide béant laissé dans l’ordre d’idées plus ambitieux que je m’attendais encore plus à découvrir dans le son de ces gars-là en me claquant le premier single, “The Flesh Mechanic”, qui se démarque d’emblée avec un groove bien calqué sur la meilleure incarnation du groove-based death metal américain (hint: DYING FETUS) et une touche de slamming breakdowns qui torchent vraiment, avec des build-ups de tempo qui ont vraiment un impact qui m’a poussé à anticiper le reste de l’album en me munissant toutefois de prudence dans mes attentes. Honnêtement, pour le reste de la durée de l’album, un non-perfectionniste pourrait facilement apprécier la violence puriste à l’appui. Pour une critique musicale uptight dans mon genre, la formula manque généreusement de bravoure. Au lieu d’un death metal hyperactif sans trop de subtilités ou de shades of gray ou d’archi-draconienne complexité en gros, on aurait pu avoir droit à une version plus étoffée du paint-by-the-numbers gore-death; on se retrouve toutefois avec un son qui essaie pas de ré-inventer l’approche mais qui suit tout simplement la recette dictée par les bands de la Floride (CANNIBAL CORPSE) avec les changements de tempo intricate et menaçants en moins, nous laissant sur une version un peu trop facile à guesser et à prédire tout le long de l’album. En d’autres mots, c’est écoutable, mais plutôt emmerdant pour ceux qui espèrent une certaine innovation spectaculaire sur un plateau d’argent. Si au moins un certain hint de ce concept avait été appliqué ici pour une version plus maturisée de leur approche, on aurait eu droit à un sapré beef entre eux et d’autres gros noms de la scène. Y leur manque des plumes pour parader sur la même avenue, hélas.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

2. Band: RUNNING WILD

Album: “Resilient”

Label: Steamhammer/SPV

Date de sortie: 7 Octobre

J’ai jamais tripé sur le “métal de pirate” – en fait j’irais même jusqu’à dire que le concept est tout à fait hiddeous. Je déteste ALESTORM et tous les petits bands qui essayent essentiellement de voler leur popularité en les imitant et en pensant que quand un metalhead se claque une brosse c’est forcément la première chose qu’il veut entendre car c’est “festif et développé à la fois” (un dire avec lequel je m’empresse de me battre avec passion; je trouve franchement que c’est une gimmick sans intérêt notable). J’ai pas encore découvert l’exception de taille qui saura me faire changer d’idée sur la question. Néanmoins, quand l’approche est mariée au heavy metal traditionel, I guess I can cave in – j’ai donné une chance à RUNNING WILD qui est tout de même un band sérieux qui n’existe pas pour flaunter son image mais plutôt pour continuer à se mériter une place dans le cercle de noms connus qui ont donné naissance à ce quartier de la scène en sachant sûrement pas que ça allait devenir une belle grosse joke dans les années 2000 quand la relève commencerait à salir le sub-genre. J’dois avouer que “Resilient” est un album plaisant, sans plus. Ce que je déplore est la répétition tout à fait abusive des riffs les plus catchy de chacune des pièces; peu importe à quel point ceux-ci peuvent être efficaces, quand on les entend à tord et à travers sur un repeat lifeless et lassant, une track de 4 minutes peut facilement avoir l’air d’en durer 12. Ceci a suffi pour me donner l’impression que l’album est sans fin. Ce défaut important mis de côté, j’dois dire qu’il existe une très bonne balance entre les différents moods que ce style peut offrir – du balls out sailor heavy rock (ici tout à fait endurable) et du smoother melodic metal avec une bonne touche d’amertume dans ses leads très heartfelt et assez surprenants. Chacune des pièces est mémorable sans être nécessairement over the top et l’album se digère très bien sans être un mets de choix. Je pense pas que les fans du groupe soient déçus – ceux qui les connaissent moins seront pas soudainement fans non plus, mais ils vont tout de même être curieux à la sortie du prochain album en anticipant une certaine amélioration.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

3. Band: GHOST AVENUE

Album: “Ghost Avenue”

Label: Pitch Black Records

Date de sortie: 8 Octobre

Jadis, j’étais pas vendue au hair metal. Beaucoup de groupes qui se qualifient tout simplement de hard rock et heavy metal et qui empruntent des éléments devenus en vogue dans les années 80 se ramassent, thanks to pigeonholing, dans la catégorie “hair metal” eux aussi plus souvent qu’autrement. Un exemple concret; W.A.S.P. Ces gars-là sont plus heavy & melodic hard rock que hair metal mais ils font tout de même partie de la scène hair. GHOST AVENUE appartient au même ordre d’idées. Au lieu d’être tout simplement un ramassis de riffs catchy, de refrains engageants qui cassent la barraque, et d’attitude rebelle fendante à souhait, on a plutôt droit aux deux premiers facteurs de ma phrase ainsi qu’une bonne dose de leads assez impressionnants pour me faire penser au début de la Zakk Wylde-era de la carrière solo d’Ozzy. En d’autres mots, une excellence basée sur une technicalité poussée dans les leads est ici notable, mais dans une incarnation semi radio-friendly qui reste tout de même plus que potable pour les puristes qui aiment le rock aux overtones métalliques et organiques – sans aucune trace de glossy, wishy-washy polish. Il faut laisser une chance au coureur avec ces gars-là en backant pas de huit mètres à la première ombre d’un élément trendy. Chacune des tracks pourrait facilement être un classique et je sais d’avance que ce fait pur et dur risque d’être ignoré par beaucoup par le simple fait que pas assez de monde vont prendre la peine de passer le mot car on a ici un phénomène qui risque de se faire qualifier d’outdated par les clans de snobbish fermés d’esprit qui comprennent pas qu’un retour aux sources est toujours pertinent et même de mise. Ceux qui savent toutefois apprécier un regard honnête et frappant sur les débuts de la L.A. scène et son énergie sauvage et combattante, passez un 40 minutes et quelques avec ce band et vous serez charmés et marqués.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

(pas de sample sur YT)

 

4. Band: THE VISION BLEAK

Album: “Witching Hour”

Label: Prophecy Productions

Date de sortie: 8 Octobre

Ça fait toujours grand bien d’entendre un groupe d’extreme metal qui est beaucoup trop polyvalent pour correspondre à un seul labeling de la liste habituelle correspondant à cette catégorie de sous-styles (i.e. death, black, thrash). THE VISION BLEAK sont certainement des mordus de cette ambiguité. Ils qualifient leur approche avec les termes “Horror Metal” et vont chercher cette vibe avec une cheesiness marquée mais pardonnable puisqu’il s’agit d’un background qui se fond très bien et subtilement à travers le paysage bleak et à couper le souffle généré par les mélodies bien huilées et extrêmement prenantes à l’appui, à travers une brutalité calculée et jalonnée de changements de tempo qui se marient tout à fait à un mood qu’on identifie assez facilement vu que chacune des notes ici est très imagée et expressive. Ces gars-là savent qu’un métal sans personnalité et sans âme est également sans intérêt et je les félicite. C’est impossible de prédire ce qui se trame d’une track à l’autre et en ce sens, on a droit ici à un certain voyage à travers une palette de gris assez intricate pour qualifier ce band de forward-thinking. Je m’attendais pas à me retrouver face à face avec une approche aussi compétitive en abordant ledit album, ce qui me démontre encore une fois que les plus petits labels ont souvent les mines d’or les plus significatives dans le fin fond de leurs sous-sols.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

-Noch

La Décapiteuse #26

Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

 

1. Band: IN SOLITUDE

Album: “Sister”

Label: Metal Blade

Date de sortie: 1er Octobre

J’ferai pas fausse route à personne, j’avais des attentes de fou envers “Sister”, le petit dernier de IN SOLITUDE. Le représentant du band dit que leur nouveau stock est une évolution claire et nette. Moi je trouve tout simplement que c’est tout à fait faux. “The World. The Flesh. The Devil.” m’a fait commencer à triper sur ce band de manière assez prononcée que j’dois me demander pourquoi leur don pour les structures de songwriting catchy à souhait doivent absolument se faire sacrifier ici, pour le kick d’aller chercher des ambiances psychédéliques et moins riches en vrais riffs. Ces gars-là ont pas besoin de prouver qu’ils ont le “macabre et dérangeant” dans le sang; c’est évident pour tout connaisseur de ce groupe que même leur approche upbeat et rock-radio-hit oriented est tout à fait capable d’être creepy. La title-track est un très bon example d’une pièce aux arrangements ambitieux qui démontrent leur knack pour un vintage rock à l’anglaise qui détrône beaucoup de leurs confrères Suédois qui essaient assez fort de se la jouer Liverpool Sensation mais qui se plantent face première sur le ciment avant d’avoir le temps d’y penser deux fois. On se demande donc pourquoi ils ont tendance à “trop” essayer de se montrer space et trippy quand leur but premier ne devrait pas être de se la jouer VISTA CHINO mais plutôt de se rappeler qu’ils pourraient topper les charts avec leur seul don pour une efficacité irréfutable en terme de compositions qui ont un style tout à fait unique et inoubliable à la fois. Vous voulez mieux connaître c’te belle gang-là? Écoutez leur release de 2011. J’compte “Sister” comme un “mishap” assez inatendu qui enlève rien à la crédibilité du band. Le rôle que cet album joue est le suivant: je m’impatiente de plus en plus, ayant beaucoup de difficulté à attendre la “vraie” suite de “The World. The Flesh. The Devil”. Rien de personnel, les gars, mais on est complètement ailleurs présentement et l’intention était peut être telle, qui sait? Ça ajouterait du sens à l’équation qu’on a ici.

VERDICT: 3.5/10 (Entre PAS TRÈS BON et POTABLE)

 

 

2. Band: HORISONT

Album: “Time Warriors”

Label: Metal Blade/Rise Above

Date de sortie: 1er Octobre

On dirait bien que Metal Blade saisit l’occasion un peu gimmicky mais toutefois bien connue comme le Rocktober pour faire ressortir de l’ombre absolument tous leurs bands vintage rock qui déplacent assez d’air pour faire lever le nez de tout le monde qui a le Rolling Stone Editor Syndrome dans le sang. HORISONT, c’en était un autre que j’avais salement hâte de revoir depuis fin Avril 2012. J’en ai parlé en masse en ondes mais pour ceux qui ont pas suivi, j’affirme à qui veut l’entendre que “Second Assault” est un des meilleurs albums de rock qui existent, tout simplement. C’est assez rare que j’ai trippé sur un CD au point de sortir une telle énormité, c’est promis. Depuis sa sortie, j’ai absolument rien découvert que j’ai aimé plus en terme de vintage rock que ce band-là, et en terme de psychedelic rock, le dernier album de RIOTGOD, “Invisible Empire”. Donc, encore ici (vous l’avez guessé) j’avais une position de départ sur la question; je me disais que ça serait difficile à topper et que “Time Warriors” allait peut être me laisser de glace si j’essayais trop de le comparer à l’album d’avant, erreur que je dois avouer avoir fait avec un misérable succès. C’est clair ici que les gars d’HORISONT avaient l’intention d’aller chercher un contraste beaucoup plus tri-dimensionel entre les moods présentés dans chacune des pièces. Ça donne un résultat plus introverti et expérimental sur beaucoup de moments de l’album, ce qui permet aux nouveaux témoins et aux fans de longue date de découvrir une nouvelle facette de l’approche de leur songwriting. Personnellement je suis moins touchée par une approche à la HYPNOS 69 que par le ZEPPELIN-worship sur “Second Assault” – et mon rating est peut être basé sur ce fait plutôt évident. J’aime ces deux modes de pensée, mais pas au même niveau. Le mainman dit que l’écriture de cet album a été faite avec l’optique de faire de chacune des pièces un hit – plusieurs tracks sont plutôt filler quand le feel authentiquement plus introspectif du groupe n’est pas suivi à la lettre car c’est irréfutable que c’est ce qui définit cet album plus réfléchi et moins haut en couleurs que le précédent. C’est un fait qu’on doit avouer même en préférant leur approche plus énergique. “Time Warriors” c’est du high-maintenance. Comme dans le cas de IN SOLITUDE, j’enlève rien au groupe en tant que tel, mais pour les découvrir à leur meilleur, l’album d’avant serait à suggérer avant même que celui-ci se ramasse en référence une coupe de phrases plus loin. C’est une question très subjective de goûts en termes de format de vintage rock (il en existe une panoplie), donc je vais pas m’éterniser sur le concept.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

3. Band: MERCILESS TERROR

Album: “Vile Extinction”

Label: Devil’s Clause Records

Date de sortie: 7 Octobre

C’est toujours assez tragique de se retrouver devant un album bien ficelé qui est capable d’arracher la face de la moitié de l’univers par son sens du Percutant mais qui se fait arrêter à mi-élan avant de provoquer cette catastrophe sonique d’une beauté éperdument notable, par une production qui sonne à peu près aussi bien que le premier mix de “Death Magnetic”. La prod qu’on a ici est d’une saturation telle que c’est particulièrement ardu de rester assis avec l’album quand on a conscience que les riffs risquent d’être durs à évaluer pendant plus d’une demi-heure à écouter un grichage qui devait peut être initialement rendre le son plus vicieux, mais qui réussit seulement à le rendre imprécis. Le death metal est un style qui profite très bien d’une production qui permet au réceptacle de voir, toucher, et apprécier chaque détail, chaque relief, chaque subtilité. Ici, c’est malheureusement tâche presqu’impossible. Néanmoins, mon sens de la justice me force à admettre que ce facteur est ici le seul vrai problème qui ne relève pas d’une incapacité de convaincre venant du band lui-même. J’irais jusqu’à dire que MERCILESS TERROR opte pour un pacing qui est toujours ULTRA rapide MAIS qui s’étourdit jamais. Initialement je trouvais que ce pacing laissait pas place à un développement assez judicieux des riffs, mais vu que les dits riffs sont déjà efficaces et mémorables malgré le fait qu’ils sont très staccato et un peu étouffés au beau milieu de tracks qui sont tellement vicieuses que je les qualifierais presque de vivement influencées par certains types de grind plus psychédéliques vu l’emphase plus marquée sur la complexité que sur le groove. C’est facile de noter que ces musiciens-là sont bien éduqués. Ils pourraient se ramasser dans des bands de speed/melodic metal et écrire des riffs aussi bons parce que ce genre de skill les rend sans aucun doute polyvalents. Ce qui m’a un peu confuse est qu’ils se qualifient tout simplement de thrash. Dans mon livre à moi, ce qu’ils jouent, c’est beaucoup plus brutal. À chacun sa tasse de thé sur la question.

VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

 

 

4. Band: SPIRALARMS

Album: “Freedom”

Label: Steamhammer/SPV

Date de sortie: 7 Octobre

Voilà un autre groupe qui sort tout droit du woodwork et qui se fait qualifier de nouvelle sensation de la scène rock, qui risque de faire tourner les têtes du monde qui savent de quoi ils parlent quand ils se garrochent dans le sujet des “bands qui ont le magma” pour percer, in the words of Jack Black. Je dirais pas que ce statement est exagéré, pour une fois que j’me le fais garrocher en pleine face par le label lui-même et que je pouffe pas en me disant que c’est de la fausse pub tout à fait machinale. SPIRALARMS ont effectivement le matos pour backer cette hype de fou. “Freedom” est le genre d’album réconfortant comme une Rickard’s Cardigan au beau milieu d’une journée grise et d’un froid mordant de fin Novembre. C’est un peu comme le chum de gars qui vient te voir pour te jaser d’à quel point t’es pas le seul à te sentir déconfit dans une situation ou une autre. C’est le remontant qu’une personne écoeurée du progressif sans personnalité aussi stérile qu’un labo de chimiste blasé a besoin d’explorer au risque de se claquer un burn-out. Voilà une belle série de métaphores qui peut s’appliquer à toutes les catégories d’auditeurs. Et franchement, une approche aussi personnelle et entraînante que celle de “Freedom” est difficile à détester, même pour ceux qui se contre-foutent du psychedelic rock autant que du fait que Titanic soit ressorti au cinoche en 3D. On a ici également une touche de blues style pub gig intime qui donne cette impression que chacun de ces types de tracks ont été improvisées à mesure sur une gratte en suivant le feel du moment; les tracks plus upbeat sont comme des jams sans flafla et sans prétention. C’est ce genre de “naked art” que j’attribue à ceux qui essaient pas de faker le rock and roll. Ceci est une bonne façon de me faire embarquer dans la hype SPIRALARMS en partant, et “Freedom” n’est pas une fausse piste. Profitez-en quand ça passe, beaucoup de bands essaient de se la jouer “We’re the Rolling Stones, bitches” même en écoutant le soupir collectif de l’univers. These guys can’t bore you. Guaranteed.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

5. Band: IRON MAN

Album: “South of the Earth”

Label: Metal Blade Records/Rise Above

Date de sortie: 1er Octobre

Le propriétaire de Rise Above affirme que la tonalité de la guitare dans les pièces de IRON MAN est assez heavy pour décortiquer un humain full-blown SAW-style. Et franchement ceci peut être dit pour plusieurs groupes de vintage doom tel ELECTRIC WIZARD. Sans manquer de compétition, IRON MAN déchanteront tout de même jamais. “South of the Earth” est un mélange très concis de tracks rock catchy, upbeat et giddy, et de plus longues (et encore meilleures) expérimentations qui intègrent autant de riffs et de patterns de drumming techniques que de nuances apportées aux moods qui me poussent à comparer cet album aux mines d’or du début de la carrière de SABBATH. J’étais initialement pas convaincue par l’approche plus paint-by-the-numbers des premières tracks mais à partir du moment où ces gars-là osent se mouiller et plongent au plus profond d’eux-mêmes pour aller chercher leurs idées les plus psychédéliques, ils sortent des chefs d’oeuvres qui sont une bonne balance entre le gloom d’une pièce comme “The Warning” et l’efficacité contagieuse de la vibe swingy de, disons, “The Wizard”. Ils s’en cachent pas non plus; ils ont effectivement débuté leur carrière en tant que groupe hommage à BLACK SABBATH. Contrairement à beaucoup de gens qui ont fait un tel choix tout de même, ils ont trouvé leur propre blueprint en s’éloignant pas de leur style de départ, et ceci est un fait largement appuyé par le hit absolument indéniable qu’on a ici.

VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)

 

 

6. Band: ARGUS

Album: “Beyond the Martyrs”

Label: Cruz Del Sur Music

Date de sortie: 1er Octobre

“Si t’aimes pas cet album, t’es pas un metalhead.” Telle est la vision de Clawhammer PR qui font la promotion pour beaucoup des releases de Cruz Del Sur et qui ont particulièrement apprécié “Beyond the Martyrs”. Apparemment que ARGUS était un band plus doom auparavant. Avec leur nouveau stock, ils se dirigeraient de façon plus évidente vers l’incarnation classique et traditionelle du heavy metal, malgré que je dirais plutôt qu’il s’agit de la New Wave of British Heavy Metal avec une touche d’epic doom moderne tirée de la recette HEAVEN & HELL plutôt que CANDLEMASS. Presque toutes les pièces de l’album sont empreintes d’un sens de la nostalgie qui me rend carrément sentimentale, et en ce sens, je comprends l’opinion de Clawhammer PR sur la question et je suis un écho total de leur affirmation sur deux pattes. Les twin guitars craftent des mélodies d’une efficacité telle que plusieurs des tracks sont du genre à marquer et frapper suffisamment pour être le genre de tounes qui nous font revenir vers l’album – ce sont des classiques purs et durs. La chimie entre les membres du band est d’un cosmique ahurissant. Le frontman a aussi une voix qui porte et qui est très operatic, ce qui agit comme un autre instrument à part entière. Le basswork est également audible et épanoui. Et que dire des build-ups majestueux et d’une catchiness unificatrice à l’appui; c’est exactement le genre d’album qui rassemble une foule d’inconnus dans tous les festivals métal à la grandeur du globe – en tout cas, ce genre de band en est tout simplement capable. Je le sais en les ayant même pas vus en show encore, l’album est preuve largement suffisante. That’s what I’m talking about. Chapeau.

VERDICT: 9.5/10 (Entre GÉANT et ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

 

Noch

La Décapiteuse #25

Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse

1. Band: CARCASS

Album: “Surgical Steel”

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 13 Septembre

 
Fallait se le dire, “Surgical Steel” allait jamais se classifier en tant que l’album le plus substantiellement époustouflant dans toute la carrière de CARCASS. Deux membres-clé du lineup sont pas de la partie et malgré le nombre de personnes qui se mentent jour et nuit en clamant haut et fort que ça enlève rien au résultat qu’on a sur les bras – ils ont clairement pas entendu l’album. Je dis pas, en aucun cas, que le songwriting est mauvais au point d’en être fétide, mais plutôt qu’il est beaucoup plus “sur le pouce” et moins straightforward en terme de feel. Néanmoins, la formula reste la même, et le fait que y’ait eu un changement de producteur en plein milieu de la préparation de l’album a pas semblé ruiner l’intention du band d’aller chercher un son qui s’éloigne pas de leur prod typique, donc on a quand même droit à une certaine familiarité. Les différences dans leur approche sont subtiles pour l’oreille distraite. Pour les attentifs, c’est essentiellement au niveau des leads qu’on remarque l’absence notable de Michael Ammott; les tracks sont structurées davantage autour d’un songwriting technique et froid plutôt qu’axées sur les mélodies qui ont un réel impact en terme de mémorabilité. Le bonus, toutefois, est un groove assez malade dans la rhythm section – quand celui-ci est axé sur une approche death-thrash, on reconnaît l’efficacité historique de la blueprint qui a aidé ces gars-là à se faire un nom. Le reste du temps, on se demande pourquoi le moment était, selon eux, stratégique pour une tentative à un retour aux sources qui aurait très bien pu se faire dans une toute autre incarnation sous un autre nom. Déjà, les attentes du public auraient été moins démesurées, et cet album aurait pu être un point de départ raisonnablement déterminant pour un nouveau groupe qui sait ce qu’il a à travailler pour se bâtir une discographie humble à chronologie logique. Hélas, vu que ceci est CARCASS, cet album n’est pas un launching pad, mais bien seulement qu’un filler dont la nécessité n’est pas aussi irréfutable qu’on l’aurait espéré. VERDICT: 6/10 (BON)
 

 

2. Band: SIREN’S CRY

Album: “Scattered Horizons”

Label: Nightmare/Sony/Red

Date de sortie: 17 Septembre

 
J’ai normalement pas un amour fou pour le gothic metal symphonique. Il y a belle lurette que Tarja et NIGHTWISH ont divorcé et depuis, je suis des plus sceptiques face à ce style qui n’a pas réellement su se démarquer assez souvent à mon goût, en tout cas, pas de manière aussi significative qu’ils l’ont fait, eux, avec des albums étonnamment under-rated tels qu'”Angels Fall First”. Ça m’empêche pas de continuer à donner une chance au coureur en ayant récemment recommencé à observer les derniers échos de cette section de la scène en me penchant sur tous les prochains albums que le marché accueillera et qui changeront (ou pas) à jamais ma vision assez pessimiste du verdict final de chacune de ces releases qui me tombent dans les mains. Déjà, quand je reçois du stock de NIGHTMARE RECORDS, je suis tout à fait au courant que j’aurai droit à un métal aux touches progressives assez prononcées puisque cette compagnie de disques est militante pour ce type de songwriting depuis un bail. Je dois leur accorder, à chaque fois, le bénéfice du doute car je sais qu’ils backent presqu’assurément un produit de qualité every single time. C’est avec cette théorie assez solide en tête que j’ai abordé “Scattered Horizons”, et j’ai effectivement eu droit à un métal mélodique très orienté sur le feel ainsi que sur les structures de songwriting épanouies et braves en terme d’originalité. L’ombre au tableau est le fait que cette balance judicieuse qui supporte ces deux éléments manque plus ou moins de contrôle dans la deuxième partie de l’album et celui-ci devient de plus en plus sur-axé sur le nombre excessif de contre-temps et on voit (progressivement, no pun intended) la réelle catchiness de ces compositions s’évaporer pour laisser place à du prog un peu prétentieux, clinique et moins fidèle à l’identité de base du groupe. Si c’était pas de cette anicroche, on aurait ici affaire à mon band de gothic metal de prédilection pour cette année, et je dis ça sans aucune hésitation. VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)  
 

 
 

3. BAND: Tyr

Album: “Valkyrja”

Label: Metal Blade Records

Date de sortie: 17 Septembre

 
C’est toujours encourageant de voir un band de viking metal aux touches folk se forcer avec acharnement pour en arriver à un type de composition axé sur les arrangements assez étoffés pour défier le facteur d’unpredictability. “Valkyrja” correspond précisément à cet ordre d’idées. D’autant plus que le feel est sincère à l’os, étant plus proche d’une bitterness extrêmement humaine que d’une vibe indestructible ou festoyeuse souvent attribuées au viking folk qui se fait plus souvent qu’autrement qualifier de “gimmicky” pour ces deux raisons. Les mécanismes faciles auxquels ont recours ce genre de groupe nous donnent plus souvent qu’autrement l’impression qu’on a affaire à des copies de FINNTROLL et AMON AMARTH qui ont pas songé au fait que repousser les limites davantage est encore faisable. J’étais pas assez familière avec TYR avant mon écoute du dit album la semaine passée et j’ai été notamment impressionnée par le fait qu’ils suivent leur inspiration du moment en backant pas devant les obstacles ou le besoin féroce d’une composition d’aller dans plus d’une direction plutôt que de suivre un pattern paint-by-the-numbers basé sur une nécessité absolue d’être catchy et presque dansable. Chacune des pièces est un voyage et l’instrumentation est élaborée et étoffée au point de donner l’impression claire que chacun des membres a évolué dans la scène depuis aussi longtemps que les plus gros noms en refusant tout simplement de s’exiger une formule de base. Chacune des tracks a sa propre identité, sa propre direction, ses propres patterns; il n’y a pas de ligne droite à suivre de près. C’est la meilleure façon que je peux décrire ce qui se passe ici. Je dois noter que le frontman a une voix mélodique et operatic qui exprime une sincérité hors du commun et qui ne sonne pas du tout comme une perfo d’acteur mais plutôt comme celle d’un homme qui met des métaphores sur des histoires personnelles qui le touchent réellement; ce que je ne réussis pas à croire de toutes les tracks correspondant à ce style plus fantaisiste et souvent axé sur des albums narratifs complètement fictifs de la part de certains autres gros noms. Voilà également un élément qui pousse à une écoute attentive de l’art qu’on a ici. VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)  
 

 
 

4. Band: SATYRICON

Album: “Satyricon”

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 17 Septembre

 
Je crois fermement que toutes les suppositions qui ont été faites au sujet du retour de SATYRICON sont complètement eronnées. Certains auraient pu penser qu’ils allaient continuer sur leur lancée semi-commerciale avec un album à la “Now Diabolical!” qui n’était pas du tout mauvais (même très catchy et plaisant) mais plus ou moins organique et naturel de la part du duo Satyr/Frost en tant que tel. D’autres, comme moi, ont renchéri qu’ils allaient plutôt rester low-profile et modérément generic comme ils l’étaient sur “Age of Nero”. Rien de tout cela ne décrit leur self-titled. En fait, ils vont dans une toute nouvelle direction introspective qui n’essaie pas de gagner des faveurs et je dirais même que cette approche se contre-fiche complètement des perceptions que les fans et non-fans peuvent se faire on-the-fly. De là son efficacité chez les gens qui aiment le black pour son format nu et complètement dépourvu de hiding place. L’album au complet est jalonné de passages mélodiques sombres et calculateurs et d’arrangements axés sur l’ambiance à laquelle Frost contribue grandement en sélectionnant des patterns de drumming subtils et progressifs plutôt que du hyperblast machinal et technique. Vous méprenez pas, certaines tracks sont brutales, mais elles sont bien placées et contribuent au déroulement naturel de l’évolution du mood de l’album plutôt que d’essayer sans relâchement d’être un hit à en trancher des gorges. Ceci promet un regard extrêmement intrusif sur le mode de pensée derrière l’écriture de Satyr ces temps-ci. Il prend tous les moyens pour exprimer chacune des sensations qu’il peut avoir en s’isolant pendant 6 mois sans aucun contact social (ou presque) dans une cabane dans le fond d’un bois pour se concentrer sur son expression artistique. Le résultat ment pas, et vous êtes loin d’être prêts à y faire face si vous voulez une copie facile de leurs hits du bon vieux temps. “Satyricon”, c’est l’âme de SATYRICON. En même temps, c’est un méchant bon nombre de pas vers l’avant, en tout cas, dans le livre de ceux qui sont assez ouverts d’esprit pour comprendre qu’écouter son coeur est la meilleure manière d’écrire avec honnêteté. VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)  
 
   
 
 

-Noch