by Patrick Graham | Mai 22, 2013 | On Arrête Pas l’Prog!
(#16)
Édition spéciale
Bonjours à tous et à toutes et bienvenue dans cette édition spéciale de ma chronique. Elle est spéciale car je vous parlerai de deux bands de Québec et avec des extras. J’ai pour vous deux entrevues réalisées avec des bands Prog de la capitale et j’ai même un vidéo fait ‘sur le fly’ avec un des bands qui s’est prêté bien généreusement à une entrevue dans leur local. Pour vous faire oublier que je ne suis pas un caméraman professionnel, j’ai même reçu le droit de mettre une de leur toune, « Still » en vidéo et de le partager dans cette chronique et sur notre channel Youtube. Les deux bands en question sont donc Piezo, qui s’est livré à l’entrevue live avec vidéo (et que vous aurez la chance de voir le 4 Juin à L’AgitéE Bar-Coop en compagnie de The Asylum Factory), et Shatters, un band de Heavy-Prog aux influences diverses (Porcupine Tree, Opeth, Amorphis, Primordial, Blackfield). C’est excellent et j’ai bien hâte de les voir sur un ‘stage’.
Donc sans plus attendre, voici l’entrevue que j’ai réalisé via e-mail avec Martin Poirier, chanteur-guitariste du groupe Shatters, aussi composé de Emmanuel Rousseau à la basse, Marc-Antoine Guay à la guitare/voix, Stéphane Moisan à la batterie et Mathieu Houde aux claviers et piano.
OC : Fondé en 2005, vous connaissiez-vous tous?
Non. En fait, je suis le seul membre original du groupe. Au début nous n’étions que deux et c’était un « side project » de mon autre groupe de l’époque O.R.B. Après 3 ans, nous avons décidé d’en faire un vrai groupe car O.R.B. s’était dissout. Il y a eu quelques changements de personnel et ce n’est que depuis décembre 2012 que le groupe s’est solidifié avec la formation actuelle.
OC : Sinon, comment vous êtes-vous rencontré ?
Le premier « nouveau » membre fut Stéphane Moisan le batteur et c’est par les petites annonces que nous nous sommes rencontrés. À l’époque, il était le batteur d’Atma Sphacelus. Il se cherchait un projet de musique progressive. Emmanuel Rousseau était une connaissance de Stéphane. Pour Mathieu Houde le claviériste, ça faisait 2 ans que nous cherchions. Quelqu’un m’a suggéré de regarder sous la rubrique « cours de piano ». Il a écouté, il a aimé et il s’est joint au groupe. Pour Marc-Antoine Guay, il est un ami de Mathieu et c’est lui qui s’est le plus démarqué lors des auditions.
OC : Est-ce tous les membres qui trippent prog?
Oui, dans l’ensemble on s’intéresse tous au prog mais pas juste à ce genre. Stéphane adore nous surprendre avec toutes sortes de découvertes dans des genres pas mal différents. Ça nous aide beaucoup pour développer de nouvelles idées. Mais c’est surtout le prog qui nous lie, le vieux comme le nouveau.
OC : Vos influences éclectiques à saveur un peu « doom » affectent votre musique de quelle façon? Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre de musique?
En effet, ça peut paraître éclectique mais chacun de ces groupes a une touche très sombre. Je crois que c’est dans ce créneau musical que l’émotion passe le mieux. Nos textes ne respirent pas vraiment la joie de vivre donc la musique supporte bien nos idées, nos textes. C’est dans la lourdeur que nous ressentons l’intensité. Nous avons tous un background musical différent mais quand nous mettons nos idées en commun, c’est comme ça que ça sort. De plus, nos chansons sont tout autant éclectique car dépendamment de l’émotion que nous voulons transmettre, la musique s’adapte en conséquence. Notre style devient donc difficile à décrire…
OC : Qu’est-ce qui inspirent vos paroles?
Notre principal thème est la psychologie humaine. Comment notre entourage, nos décisions, nos émotions et nos réactions affectent notre psyché au point même d’en perdre tous nos moyens. L’esprit de l’homme est fragile et c’est cet aspect que nous explorons. D’ailleurs le nom du groupe SHATTERS, qui veut dire éclatements, représente l’idée que notre état mental peut souvent se briser en éclat, en mille morceaux…
OC : En français et en anglais, qui écrit les paroles? La musique? Quel est votre processus de création?
Dans le groupe, il n’y a pas vraiment de tâches attribuées aux membres. Tout le monde est libre d’apporter ses idées tant au niveau des paroles que de la musique. Actuellement c’est moi et Stéphane qui apportons les textes.
Pour la musique, tous y mettent leur grain de sel. Un d’entre nous peut avoir une idée de riff et en groupe nous nous amusons à y greffer d’autres éléments. C’est comme ça que l’on compose. Il est important qu’à la toute fin que tout le monde soit satisfait de la chanson. Ce n’est rien de bien compliqué; nous laissons l’inspiration nous guider.
OC : Le français c’est tout de même difficile à faire sonner sur ce genre de musique. Il faut se casser la tête un peu. Pourquoi ce choix? C’est important pour vous de chanter en français?
Au début du projet, nous voulions qu’il soit strictement en français car nous voulions quelque chose de différent et qu’après tout, c’est notre langue. Chanter en français est une preuve de notre appartenance à nos racines, à la francophonie. Plus tard des textes en anglais furent intégrés à notre répertoire. Maintenant, nous nous faisons un devoir de chanter en français sans pour autant délaisser l’anglais. Parfois des textes prennent forme en français, d’autres en anglais. Encore une fois, c’est l’inspiration qui nous guide. Faire sonner le français n’est pas difficile. Au contraire, car une fois que l’émotion s’est installée dans l’interprétation, le français sonne tout autant, sinon plus que l’anglais.
Le Studio d’en-haut :
C’est en fait mon petit studio. Au départ, il était chez moi au deuxième étage de ma maison d’où le nom. Maintenant installé à notre studio de pratique, j’y enregistre des groupes et des artistes. Aussi, j’y fais de la composition pour différents projets comme le théâtre, de la voix « off », musique pour tout genre de projets multimédias. (www.studiodenhaut.com)
La date du lancement de l’album n’est pas encore fixée mais ça sera assurément au printemps 2013.
Martin
SHATTERS
shatters@live.ca
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Un gros Merci à Shatters et à Martin qui ont été patient, car cette entrevue a été faite il y a belle lurette!
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En deuxième partie, Piezo, se sont fait connaître lors du lancement de leur album « Harlequin : Scene 1 » dans un spectacle très réussit au Dagobert le 2 mars dernier, en compagnie d’un autre très bon band, que j’ai bien hâte de vous faire connaître un peu plus dans une prochaine chronique, Inner Odyssey. Chaque chose en son temps, cette semaine c’est le tour à Piezo.
D’abord qui sont-ils? Ils sont un quintet composé de Julien Watine à la guitare acoustique et au chant, Patrick Fillion à la guitare, Jean-François Fournier à la basse, François Warnet au clavier/back vocals et Gabriel Larivière à la batterie et percussions. Leur son est complexe, car si l’album « Scene I : Harlequin » commence avec une touche nettement Pink Floyd, on est vite transporté dans un monde d’émotions éclectiques égalé seulement par la qualité de leur musique aux influences diverses tel que Genesis, Rush, Mike Oldfield mais aussi et surtout Opeth. Un savant mélange de Blues et de Métal, épicé par une touche de Jazz qui vous tranportera dans le monde de l’Harlequin et sans que vous vous en rendiez compte, vous fera passer une très belle heure musicale. Je vous dirais que, pour ma part, c’est un solide 8 sur 10 pour l’album, certaines choses aurait pu être mieux (notamment plus de back vocals et de choristes qui viennent très bien appuyer Julien, les backs de François en show étaient très sur la coche et je crois qu’on en entendra plus sur les prochains morceaux), mais je crois sincèrement qu’il nous surprendront avec le prochain album. Ce premier opus en est un conceptuel, chaques chansons s’imbriquant avec la suivante et la précédente, même dans le cas du premier et dernier morceaux, vous pouvez me croire, car j’ai fait plus d’une fois le tour de l’album en continu lorsque je l’ai eu (je descendais en Gaspésie profonde pour le travail, un petit voyage de 8h rendu plus agréable avec mon ami Harlequin…). C’est quand même une grosse commande que de faire un album concept, surtout pour un premier, pour un band inconnu qui décide de prendre les chemins ardus de la composition Prog et Piezo a très bien relevé le défi. De grâce, ne me croyez pas sur parole, mais achetez leur album et découvrez par vous-même!
Donc un certain mercredi, 8ème jour du mois de mai, c’est un reporter un peu nerveux qui s’en allait rencontrer un band pas beaucoup moins nerveux pour passer une petite heure en leur compagnie, apprendre à mieux les connaître et avoir la chance de vous les faire connaître. Ça pas pris long que la nervosité a pris le bord, les gars de Piezo sont tous très social et adorent rire. Voici donc le rapport, à peine édulcoré (pleins de conneries en moins), de cette rencontre avec un des meilleurs groupe Prog de la province :
OC : Commençons par le commencement, comment vous-êtes vous connus? D’où venez-vous?
Julien : Il y 3 ans, juillet ou Août 2010, j’arrivais d’un voyage en Espagne et en furetant les annonces sur Québec-Métal où un ancien band hommage à Opeth, Lamentation, cherchait un chanteur pour démarrer un band de composition. Dans la description de leurs influences, ils nomment Genesis, Porcupine Tree, Pink Floyd, tous des trucs qui m’intéressent gros et donc je leur écris un message – sans fautes d’ailleurs! [rires et approbation des autres membres] bref, ils m’ont donné un rendez-vous pour l’audition où je suis venu avec ma guitare. Je leur ai fait 2,3 tounes et après ils ont vu 1 autre gars et en avaient essayé un autre mais très vite ils m’ont rappellé pour me demander de devenir un membre à part entière.
OC : Ça avait clicker avec Julien, la première fois que vous l’avez entendu et vu? Le saviez-vous pas mal que ce serait lui?
Les autres : Oui
François : Ouais dès qu’on l’a vu ça connecté.
OC Julien, tu étais dans Morgue (band Black-Métal), c’est un bon saut du Black au Prog, non?
Julien : Pendant 2 ans j’ai fait les 2 mais depuis septembre 2012, je me consacre seulement à Piezo. Oui c’est un bon saut mais il n’y a pas vraiment d’explication. J’aime toujours le Death Metal et le Black, je fais ma vaisselle en écoutant du Meshuggah et du Cannibal Corpse (NDLR : me semble de voir si il reste de la vaisselle!). Tout ça pour dire que je n’ai pas renié ma passion pour cette autre genre de musique et en fait le choix était pas autant Métal vs Prog mais plutôt guitare vs chant. Je suis pas écoeuré de jouer de la guit mais un peu tanné de jouer de la guit dans le métal et le chant me donnait un nouveau tremplin, un nouveau trip. Et lorsque Piezo m’on dit que ça marcherait bien pour l’album et qu’en plus je pouvais jouer des passes de guit….
François : On voyait sa motivation, et il s’est mis à prendre des cours [de chant]
Gabriel : Ouais pour prendre de l’expérience, même si il commençait au début, il clanchait déjà de loin les autres auditions que l’on avait eu… Ça et en plus, il venait avec tellement d’idées.
OC : Parlons-en des idées, comment se construit une toune chez Piezo? C’est le band, c’est plus quelqu’un?
Gabriel : (me montre les tableau blanc sur lesquels plein de notes sont écrites) Tu peux en avoir une idée en regardant les tableau et souvent on utilise aussi un Iphone pour prendre des takes de nos impros. Souvent on part pendant une dizaine de minutes sur un riff, on le travaille et si on l’aime on le note et le classe un peu par gamme, on agence les riffs qui vont bien ensemble et après on développe là-dessus. Ça vient de tout le monde, y’a presque pas de « leader » dans Piezo, on pourrait dire…
Julien : On peut dire aussi que l’on improvise à peu près à chaque jam. D’ailleurs moi j’avais jamais vu ça, un band qui improvise aussi facilement qu’eux (NDLR : effectivement que ce soit sur scène ou dans leur local, il y a comme une communication invisible mais palpable entre les membres, qui n’est sûrement pas une de leur moindre force!), et ce, il peuvent le faire dans le métal, le post-rock ou le pure prog, donc on improvise et lorsque l’on est frappé par un riff, on marque le numéro (time code) de la machine (enregistreur ou Iphone) sur le tableau et on le classe par gamme/tempo.
OC : Classé par Gamme et tempo, c’est une très bonne façon, y’a d’autre chose qui rentre en compte?
Gabriel : Les émotions, exemple sur Scene 1, Julien nous disait faut que ça soit comme telle émotion alors avec nos impros et nos riff tapés, ça nous donnait un objectif, un guide pour les travailler.
OC : Oui justement, qui est venu avec l’idée de cette album concept? Y viens d’où l’Harlequin?
François : (pointant Julien) De sa tête.
Julien : Oui j’avais cette histoire ou plutôt ce personnage depuis un certain temps dans ma tête et j’ai pris une crisse de chance en leur montrant, mais je croyais sincèrement que tout était réuni pour que ça marche et j’avais aussi bien développé mon argumentaire. Ceci dit, ils auraient bien pu me trouver un estie de freak…
Piezo : C’est un estie de freak…[rires générale]
Gabriel : En fait il nous a bien présenté ça et comme je disais ça nous donnait une bonne marche à suivre avec son histoire, les émotions et tout les riffs que l’on avait au tableau.
François : En fait ça nous donne un fil conducteur, le personnage il fait telle action donc il ressent telle émotion et cette émotion sonne comme ça. On voulait que la musique autant que les paroles raconte une histoire…Ça nous prenait exactement ça je crois, le fil conducteur pour faire notre musique.
OC : C’est vraiment hot comme processus de création, d’après moi vous allez faire des émules! Je vous dirais pas que je n’explorerai pas cette avenue avec mon propre band! On parle beaucoup du personnage, ceux qui vous ont pas vu en show ne savent pas mais il existe pour vrai, et en couleur, l’Harlequin. J’ai adoré voir le film pendant votre prestation, parfois je ne savais plus où donner de la tête, à quand une version DVD de votre album avec le film?
Gabriel : D’abord, merci de passer le commentaire car à peu près personnes ont commenté cet aspect de notre art (NDLR : et pourtant le film est très bien, la photographie est profesionnelle et les madames très jolies!) Sûrement que certaines personnes ont apprécié mais peu ont commenté.
François : Faut dire qu’au Dag, c’est pas la meilleure scène pour des vidéos, la scène est basse et il y a pas de projecteurs… Mais le 4 juin prochain à l’AgitéE cependant….
Gabriel : Pour ce qui est du DVD, on va y penser mais sûrement pas avant 2028, dès qu’on est hyper connu et qu’on a le budget… [rires générale]
OC : Avez-vous une formation musicale?
Piezo : On a tous plus ou moins des ptits cours de musique dans nos instruements respectifs mais non pas de formation académique à proprement parler.
Julien : Sinon y’a François qui est en technique de scène et qui a plein de contact soundman, caméraman, etc.
OC : Ok donc c’est à toi que l’on doit ce vidéo?
François : En fait c’est Gab qui a eu l’idée ou qui a lancé l’idée du vidéo et après il est parti en voyage. Alors on a pris le projet, commencé à tirer les grands concepts. J’avais donc les contacts et Julien l’histoire, il a créé un peu les scénarios et après je devais l’appliquer à la réalité. Il y avait des choses complètement incroyables dans ce qu’il me disait mais aussi, malheureusement, complètement irréalisables. Alors j’ai refait les scénarios un peu, contacté des amis pour filmer et trouver des acteurs.
Julien : On a même une ancienne d’occupation double qui apparaît sur Rememberance. (NDLR : Criss! Peut-être que Harper va vouloir les rencontrer!!)
OC : À quand la scène 2? Y en aura-t-il une autre?
Gabriel : On aimerait ça, je dirais pas que le prochain album sera la scène 2, mais ce serait une possibilité qu’il y en ait une un jours.
Julien : C’est sur que si il y a un Scène 2, ça parlera pas, à mon avis, de l’Harlequin. Ce sera fort probablemement dans un autre monde ce sera… en fait on sait pas encore trop. On a déjà de bonnes idées pour le prochain album, mais ce sera fort probablement pas le scène 2. C’est sûr que ça va rester pas mal conceptuel, je n’imagine plus faire de la musique sans conceptualité.
OC : Merci beaucoup les boys, en finissant, ça vous tente-tu de me faire une petite toune que je pourrais filmer et mettre en lien dans l’article?
Piezo : Oui!
OC : Cool et en même temps, vu que je suis pas pentoute caméraman et que je sais pas comment ça va sortir, et à fin de pas scandaliser vos fans et fans potentiel, est-ce que je peux prendre une toune de votre album et en faire un vidéo à partager aussi avec cette article?
Piezo : Bien sûr!
Site officiel
Page Facebook
Lien de l’évènement du 4 juin à l’Agitée.
Donc je vous mets en lien le vidéo filmé ‘live’ dans leur local de la pièce « Rememberance » (les gars de Piezo me connaissent bien et savent que c’est une de mes préférés sur l’album) et je vous met un vidéo de mon crû fait avec un ‘rip’ de leur album et avec leur bénédiction, soit la toune « Rebirth » qui suit « Rememberance » sur leur album. Un petit fait à noter, on pourrait mieux dire « mouvement » que tounes, car comme je le disais, chacune des chansons s’imbrique l’une dans l’autre et pour moi, cette album est d’ores et déjà un classique.
À la prochaine, car… On Arrête Pas L’Prog!!!

by Lex Ivian | Mai 20, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Entrails
« Raging death«
2013
Jusqu’à présent, les albums sortis (2 démos et 2 LP) par le groupe Entrails depuis leur retour en 2008 étaient principalement leurs vieilles compositions revampées et ce n’est pas avant leur 2ème album, « The tomb awaits » que quelques nouvelles compositions sont apparues. Cette fois-ci, l’album « Raging death » se veut leur premier album de pièces originales composées par Jimmy Lundqvist (guitariste, leader et seul membre original) depuis leur résurrection.
L’album débute avec une petite intro de piano sur un fond de clavier et on se fait avertir
Believe me
If I’d start murdering people
There’d be none of you left
Les premiers accords de l’album « Raging death » règle d’entrée une question. Il est évident que Entrails sont restés fidèles à leurs racines et que cet album sera du « Swedish old school death metal ». D’ailleurs, pour être encore plus précis, ce sera du Entombed/Dismember. Même le son d’ensemble est pareil. Cette sensation de déjà-vu m’est malheureusement restée en tête tout au long de l’album ce qui a gâché ma première écoute. Que voulez-vous, j’ai cette fâcheuse tendance à toujours comparer et contraster les groupes que j’entends. Je sais que, dès leurs débuts en 1991, ils ont avoué suivre la piste de groupe comme Entombed, Dismember et Grave mais là, je trouvais la ligne mince.
Après quelques écoutes qui m’ont permis de me faire à l’idée, j’ai réussi à me concentrer plus sur les pièces. Ça m’a permis de constater que les compositions renferment tout ce qui fait du bon « old school death ». Le son des cordes et de la voix est gras en masse, les riffs sont puissants et gardent un focus death sans s’éparpiller dans toutes sortes d’improvisation et l’alternance des passes death traditionnel au death’n’roll au blastbeat nous fait passer d’un headbanging groovy à des headmills violents. Y’a même des solos « out of nowhere » (par exemple à 3:18 de la pièce « In pieces ») comme c’était l’habitude à l’époque. L’enregistrement est également supérieur à leur album précédent et cette petite coche de plus permet d’obtenir un son mieux défini qui ajoute à la puissance des compositions.
Entrails ont donc composé un album de death qui porte bien son titre. On ne se trompe pas quant à la facture musicale. C’est du maudit bon death exactement comme ça devrait être joué. Lors d’une écoute à l’aveugle, j’aurais facilement pu penser que Entombed était retourné à ses racines, à l’époque de Left Hand Path. Dans leur cas, il semble qu’on doive oublier ça. Entrails pourrait donc maintenant s’approprier haut la main le titre de leader du « Swedish old school death metal ». En tout cas, pour les fans de ce genre, je recommande que vous écoutiez cet album. D’une pièce à l’autre, c’est du solide.
Bonne écoute
Lex
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 20, 2013 | Critiques de Shows
L’un des effets secondaires les plus intéressants d’être membre d’un groupe dans un milieu musical restreint comme celui de Québec est sans doute le réseautage social que cela entraîne. En effet, la scène métal de Québec, bien qu’elle soit étonnamment développée et variée ressemble à une grande famille élargie et depuis que je fais partie d’Endless Horizon, j’ai eu la chance de faire connaissance avec de nombreuses personnes intéressantes et de découvrir leurs divers projets musicaux respectifs. C’est le cas de Dominic Saint-Laurent et de son projet musical Doom’s Day, ravivant les flammes d’une époque où se mélangeait Heavy Metal, Doom Metal, Punk Rock et occultisme. Laissez-moi vous expliquer; Dominic est en couple avec Geneviève Francoeur, qui est bassiste pour un groupe de rock expérimental appelé Les Résiduents d’Amerdique dont le batteur est nul autre que Lordgore, qui est guitariste dans Endless Horizon! C’est donc avec joie que je découvris Doom’s Day juste avant la sortie de The Unholy (2012), son premier opus, et ses hymnes à la gloire du malin, sur des airs rappelant Venom, Black Sabbath, Mercyful Fate, Candlemass et Misfits. Je fus aussi très heureux pour Dominic lorsqu’il signa avec PRC Music, qu’il s’attela à la création d’un second opus et qu’il commença à assembler une véritable formation pour emmener son projet sur scène. Lorsque l’infatigable Dave Rouleau me demanda d’assister à son tout premier spectacle gratuit présenté par 2nd Skin, Budweiser, Sennheiser, Musique Richard et Ondes Chocs au Dagobert (ce que j’aurais fait de toute façon) et d’en faire une critique, car il ne pourrait y être en raison de son titre d’animateur au Wacken Metal Battle à Montréal, c’est avec empressement que je répondis positivement!
La soirée pluvieuse de ce mercredi commença de façon très sympathique, par une invitation de Geneviève Francoeur à venir prendre un apéro d’avant spectacle chez elle accompagné de ma douce, de Josianne Daigle (collaboratrice de Capitale du Metal) et Phil Godin (guitariste-chanteur des Résiduents d’Amerdique). Après quelques rafraîchissements et conversations, nous prîmes le chemin du Dagobert où nous dûmes subir l’inévitable fouille à l’entrée. Cela aurait pu être une simple formalité désagréable, mais passagère, si ce n’était du zèle excessif des portiers qui allèrent jusqu’à ouvrir le sac à main de ma blonde et à inspecter en détail chacun de ses effets personnels. Le Dagobert a une très belle salle avec une excellente acoustique pour la tenue de spectacles, mais ce comportement du personnel qui humilie sa clientèle, n’a rien pour améliorer la perception que les métaleux ont de cet endroit. Passée cette expérience intimidante, nous entrâmes et allâmes immédiatement piquer une jasette avec Dominic qui nous présenta sa formation : lui-même au chant, Patrick Gauvin à la basse, Dominique Verreault à la batterie et Frank Breton à la guitare. Nous nous dirigeâmes ensuite au bar pour nous désaltérer et nous fûmes aussitôt abasourdis par le prix des consommations. Je n’entrerai pas dans les détails, mais disons que les prix avaient de quoi faire sourciller quand on est habitué à des endroits comme l’Agitée ou des pubs comme l’Inox situé juste en face du Dagobert. Après quelques minutes à endurer des clips d’Emocore, ce qui dénote une certaine méconnaissance de la clientèle métallique présente, The Stoned Horses fit son entrée en scène, devant un public plutôt restreint composé principalement de membres de la communauté métal de Québec : SteveJonk de Fistfuck, Bob Jr Girard D’Ancestor’s Revenge, Jonathan « Goat » Gauthier d’Haeres, Antoine Guertin d’Aeternam et Southern Cross et Yvan Létourneau de Phosphorus pour ne nommer que ceux-là.
The Stoned Horses est un quatuor de Québec qui pratique un Stoner Rock / Metal classique, mais particulièrement efficace. La formation menée par Whale (aussi dans le groupe Thrash Metal Bombnation) à la guitare et aux backvocals et Crocko (aussi dans Fistfuck, Mesrine et dans Bombnation) à la batterie, est aussi composée de Mike Waters (Bombnation) au chant et Seb à la basse. En cette soirée, leur interprétation musicale fut irréprochable, les musiciens étant tous très solides sur leurs instruments respectifs malgré quelques problèmes techniques avec le kit de pédales de distorsion du guitariste. Ils furent sans doute aidés en cela par le fait que leur musique est très bien composée et relativement simple à jouer, ce qui fait qu’elle se transpose de façon très efficace sur scène. Tous les éléments du Stoner y étaient : la rythmique parfois traînante, parfois plus mid tempo, la guitare très grave et distordue et les paroles hallucinogènes. Un autre aspect fort appréciable de leur performance fut sans contredit la performance vocale du chanteur qui a un registre assez impressionnant. En effet, celui-ci alterne entre les voix rauques et graveleuses typiques du genre et des envolées en falsetto très réussies. Là où j’accrochai un peu moins, ce fut au chapitre de la présence scénique et du mouvement. Leur performance se révéla effectivement quelque peu statique, notamment celle du vocaliste qui resta presque toute la prestation debout derrière son pied de micro, interagissant très peu avec les quelques spectateurs à l’avant de la scène pendant les pièces, hormis lorsqu’il joua de la cloche à vache durant une de celles-ci. En outre, je fus déçu par la réception plutôt tiède, voire froide, de plusieurs spectateurs qui restèrent assis loin de la scène tout au long de la prestation, quoique cela s’atténua plus la performance avançait. Terminant leur prestation avec l’excellente « The Legend of The Blue Pig », The Stoned Horses me fit donc très bonne impression et je vais certainement surveiller ce groupe de plus près dans un avenir immédiat. Allez les voir et les entendre sur Facebook.
Après un bref entracte, ce fut maintenant au tour de Doom’s Day de faire son entrée sur scène afin de briser la glace avec un premier spectacle à vie. Bien entendu, la nervosité était palpable, plusieurs des membres de la formation n’ayant pas foulé les planches depuis un sacré bail (6 ans, je crois, dans le cas de Dominic). Les musiciens semblaient donc quelque peu crispés pendant l’introduction ambiante et les trois ou quatre premières chansons de leur performance. De plus, le groupe avait fait le choix de jouer au métronome, car les partitions d’orgue trop éparses et trop simples pour justifier l’embauche d’un cinquième musicien seraient plutôt rendues par des séquences préenregistrées. Cela venait donc assurément ajouter à la pression, parce que les musiciens se privaient ainsi de tout droit à l’erreur. Cependant, je fus agréablement surpris par le rendu et la performance scénique des membres de Doom’s Day qui se dégourdirent assez rapidement et offrirent une prestation digne de mention, notamment Dominic qui exécuta très bien son rôle de frontman durant les pièces. Le groupe nous offrit ainsi de belle façon une sélection principalement composée de pièces de son premier album telles que : « The Sorceress », Ghost of Fate » et « Necronomicon Ex-Mortis » que vous pouvez voir en vidéo sur leur page facebook, grâce aux enregistrements de David De Rosby. Entre les pièces, le chanteur semblait toutefois un peu plus intimidé et moins sûr de lui, ce qui s’arrangera certainement au fil des prestations et avec une meilleure planification des interventions lors des répétitions. En outre, je fus encore déçu par la réception carrément froide des spectateurs, dont plusieurs quittèrent la salle malgré le très bon spectacle qui était présenté. Il est vrai qu’un mercredi à 23 h passer n’est pas la case horaire idéale pour un spectacle local et que j’ai moi-même de nombreuses réserves sur la salle choisie, mais je trouve que cela dénote un manque de respect envers la formation qui donnait son maximum sur la scène. Qu’à cela ne tienne, le groupe poursuivit sa prestation en devenant de plus en plus visiblement sûrs d’eux, chanson après chanson, ce qui démontrait qu’ils avaient beaucoup de plaisir sur scène. Finalement, ma dernière réserve est que bien que le son d’ensemble fut très bon, le vocal manquait souvent quelque peu de jus et de définition. Le soundman aurait pu lui donner un peu plus de volume et d’effet, ce qui aurait amélioré encore plus le son d’ensemble. Toutefois, malgré ces quelques faiblesses, Doom’s Day a livré une très bonne prestation qui laisse présager un bel avenir scénique pour la formation.
En conclusion, je retiendrai principalement de ma soirée du 15 mai qu’en dépit d’une belle affiche composée de deux groupes locaux prometteurs et du fait que le spectacle était gratuit, la case horaire (le spectacle débutait à 22 h) et le choix d’une salle dont les employés ne semblent pas prêts à accueillir respectueusement une clientèle métal (une chance que je n’avais pas mis mes bottes 20 trous et ma ceinture de balle!) ont sérieusement handicapé l’ambiance qui aurait dû être nettement plus enthousiaste. Malgré tout, les deux groupes présents ont offert de très honnêtes prestations qui laissent augurer de très bonnes choses pour elles à l’avenir. Merci aux commanditaires de la soirée pour le spectacle gratuit et métaleux de Québec, arrêtez de tourner le dos aux nouveaux groupes locaux!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

by Marryah Noch Mulligore | Mai 19, 2013 | La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE – ONZIÈME ÉDITION
En prenant un petit temps de recul et de semi-vacances en ce début de mois de mai où les projets se bousculent dans mon raccoin de pays, je ne chôme absolument pas sur les heures d’écoute d’albums totalement compulsives. Je reçois du stock d’un paquet de gros, moyens et petits labels, mais chacun des titres qui se bousculent dans ma liste de soumissions particulièrement achalandée méritent un ‘spot’ d’honneur dans ma playlist, que ce soit des navets complètement fétides ou du métal révolutionnaire capable de changer la face de la scène en l’espace d’une plage de cinquante minutes.
C’est pourquoi ma plume de journaliste tantôt blasée, tantôt moqueuse, tantôt absolument bafouée par des surprises qui changent ma vision de la musique à tout jamais, se doit de s’étendre sur un format de chronique pas mal plus étoffé. Ceux d’entre vous qui me lisez religieusement de semaine en semaine, non seulement vous avez des nerfs de béton, mais vous savez que, règle générale, j’peux entendre jusqu’à sept nouveaux albums par semaine. Ce que vous ne savez pas, si vous n’êtes pas critique, c’est qu’il y’a des dates de sorties d’albums qui sont comme des gros bouchons dans le traffic; certaines dates, y’a 8 albums qui droppent en même temps, ce qui exige une couverture monstre. Chaque être humain ne peut pas se claquer tout ce qui sort sans manquer le bateau une coupe de fois. Étant La Décapiteuse, j’essaye de pas trop m’en permettre et de vous garrocher un maximum d’opinion en quelques phrases pour couvrir le plus de terrain possible. C’est ainsi que par un bon mercredi matin, j’ai décidé de contacter Mr. Dave Rouleau et lui annoncer que ma chronique serait revampée. Je m’explique.
J’appose une note sur 10 à chacun des albums que j’entends. Question d’avoir un aide-mémoire précis sur ce qui définit chacun des chiffres, en lisant mes remarques sur les CDs que je m’apprête à vous présenter, référez-vous à l’échelle qui suit:
10/10 – Absolument époustouflant.
9/10 – Géant.
8/10 – Excellent.
7/10 – Très bon.
6/10 – Bon.
5/10 – Assez bon.
4/10 – Potable.
3/10 – Pas très bon.
2/10 – Mauvais.
1/10 – Atroce.
N/A – On sait tous ce que ça veut dire « Sans Commentaires », mais c’est rare que je me contente d’une note qui n’en dit pas plus, je vais donc habituellement choisir de chiffrer mon rating de manière plus pointue.
À l’aide de ce système, je vais lister les albums que je me suis claqué depuis lundi en ordre selon mes ratings, en commençant par le plus pourri, jusqu’au plus débilement hot. De plus, je veux entendre vos opinions; si vous avez entendu quelques-uns des titres sur lesquels je m’apprête à m’étendre, dites-moi ce que vous en avez retenu. Parlez fort.
1. Band: Ape Machine
Album: « Mangled by the Machine »
Label: Ripple Music
Date de sortie: 14 mai
À ce point-ci, vous savez tous que je trippe sur le psychedelic-rock, et le old school blues-infused rock inspiré de la lourdeur de BLACK SABBATH et des frivolités de LED ZEPPELIN. Ripple Music a le don de m’enivrer avec des sorties d’albums qui correspondent à ce bassin d’artistes qui se la jouent sous-sol crade rempli de fumée nous donnant l’impression qu’on est de retour dans la joie du ‘mindset’ hippie des années ’70. DEVIL TO PAY m’ont servi un album qui change une vie récemment, sous le même toit de distribution. Cette semaine, APE MACHINE se pointent avec une version de ce groove-oriented oldschool rock qui perd des plumes à mesure qu’il essaie d’exécuter un pas de danse qui semble un peu trop élaboré pour la quantité de focus disponible dans l’esprit de ces musiciens un peu trop enthousiastes et pas assez organisés dans leur approche au type de composition qu’on a ici. Le résultat est un peu broche à foin, ce qui est drastiquement dommage vu les talents clairs des musiciens, facilement notable après une écoute attentive de l’album.
QUALITÉ PRINCIPALE DE L’ALBUM: Le groove qu’on a ici est semblable aux premiers albums de SABBATH et je peux dire que les hooks sont mémorables, même s’ils sont durs à spotter parmi la mer d’expérimentation progressive garrochée par dessus le style primitif de ces gars-là (comme un espèce de voile de brouillard sur la peinture la plus capotée du monde). Ça me donne l’impression claire que ce band est capable de bien mieux quand il sait se placer les flûtes au lieu d’exagérer l’ampleur de leurs chorégraphies soniques.
DÉFAUT PRINCIPAL DE L’ALBUM: Habituellement, avoir un nombre de layers assez 4D sur un album de métal, c’est une bonne chose, tant et aussi longtemps que le songwriting a une destination à atteindre et qu’on veut tous s’y rendre à mesure que le temps d’écoute s’effrite. Sur un album de rock, mettons que ça sonne un peu acid trip dans le style HAWKWIND avec une catchiness facilement spottable, tout est beau. Dans le cas d’un mélange SABBATH et ZEPPELIN, je peux pas dire que les half-riffs qui s’emboîtent l’un dans l’autre (dans un cafouillis parfaitement fétide qui ruine complètement la substance de chaque toune), c’est archi-nécessaire, même que ça rend l’écoute complète de « Mangled by the Machine » difficile à avaler et même à terminer d’un bout à l’autre. Je comprends pas du tout cette décision consciente de guider le songwriting vers l’indigestion volontaire.
VERDICT: 3/10
2. Band: Zombiefication
Album: At the Caves of Eternal
Label: Pulverised Records
Date de sortie: 14 Mai
Mes attentes pour cet album-là étaient assez hautes. Je me fais souvent des illusions sur l’excellence hautement prometteuse du labelling Oldschool Swedish Death Metal car cet agencement de quatre mots forts simples me fait sauter dix pieds de haut vu que je suis initialement très fan de la violence back to basics dont témoigne cette zone de la scène qui prône le combien délicieux mantra Less is More. En l’absence d’un besoin obsessif pour le lavage de cerveau par l’élaboration d’un cours de maths 101 à travers une recette progressive et fortement plate qui s’étire sur ce qui semble être proche 90 minutes parfois, on a droit à des riffs gras dans un décor sinistre, macabre, et inquiétant, avec des hooks à perte de vue. Voilà ma définition brève du death metal des années 90 tel qu’il devrait l’être, en tout cas dans son incarnation suédoise. « At the Caves of Eternal » aurait dû ne vivre que pour ça, ce qui est pas le cas pantoute.
QUALITÉ PRINCIPALE DE L’ALBUM: Les mélodies solistes qu’on a dans quelques pièces ici sont extrêmement bien tissées et je dirais qu’elles définissent l’album comme étant un voyage mental qui commence assez bien pour que j’aie eu l’impression que j’aurais droit à une des meilleures révélations de l’année, avant que je me rive le nez sur les handicaps qui allaient s’ensuivre.
DÉFAUT PRINCIPAL DE L’ALBUM: J’ai mentionné, à plusieurs reprises, à travers les différents médias pour lesquels je travaille, que le mélange de doom et de death, c’est un gros Fail. Je pense pas arrêter de mettre ce fait en surbrillance de sitôt. Ce style définit la grosse majorité des tounes sur « At the Caves of Eternal » à partir de la moitié de sa durée totale. Le songwriting devient sinistre au point de perdre toute sa vitalité, qui était au top de sa forme dans l’incarnation plus rapide et relentless de l’approche de ZOMBIEFICATION. On passe d’une écriture qui part d’un manque d’oxygène pour finalement se rendre à un état catatonique de répétition amère des mêmes parts emmerdantes et d’un espèce de build-up ambient qui mène strictement nulle part. À ce point-ci, le ton n’est plus méditatif et macabre, mais plutôt obsédé avec le niaisage sur la poque.
VERDICT: 5/10
3.Band: Uncle Acid and the Deadbeats
Album: Mind Control
Label: Metal Blade Records
Date de sortie: 14 Mai
Depuis que « Bloodlust » est parvenu à saisir mon attention et à me rendre fanatique d’UNCLE ACID et de son approche badtrippante, glamour et même complètement space au psychedelic haunted barn rock qui brasse la scene underground anglaise depuis un temps (allez voir du côté d’ELECTRIC WIZARD pour en savourer la crème), ce band-là me fait capoter raide. Leur approche est originale, singulière, séduisante, et assez traumatisante à la fois. Les riffs efficaces bousculent les structures de songwriting ambitieuses dans une ambiance froide et perverse. Ça, ça décrit l’album d’avant parfaitement. J’imagine que les intentions étaient semblables avec « Mind Control », le titre en témoignant de manière assez évidente. Reste que c’est une facette beaucoup plus introspective des DEADBEATS. Les tracks qu’on a ici ont une certaine vibe contemplative et méditative. L’ambiance reste occulte mais a pas mal de croûtes à manger avant de se faire qualifier d’enveloppante. Le mood général est plus calculateur et moins insistant et cinglant, ce qui enlève pas mal de portée à l’impact général de l’approche initiale de ce type de son.
QUALITÉ PRINCIPALE DE L’ALBUM: Il est complètement impulsif à sa manière. Alors que « Bloodlust » l’était de façon extrovertie, « Mind Control » opte pour l’avenue contraire en allant chercher un son qui pousse à réflexion, et qui étire sa sauce de manière un peu space sans se soucier de l’exagération de son expansion, ce qui écrit un beau gros roman sur la tête dure des membres de ce band qui font ce qu’ils aiment pour eux-mêmes, point final. Je dirais aussi que l’approche est quand même variée d’une section à l’autre de l’album, empruntant tantôt une avenue groovy et plus accessible, et parfois partant dans un trip Up In Smoke qui nous donne l’impression de flotter dans l’air en se perdant un peu dans la brume. J’imagine que c’est le genre de trip qui peut être compris par certains et seulement que félicité par d’autres, incluant moi, qui trouve cette feat admirable, malgré que pas très puissante en bout de ligne.
DÉFAUT PRINCIPAL DE L’ALBUM: Je me réfère à nouveau à ma love/hate relationship avec le rock expérimental méditatif qui prend le dessus sur l’album de manière un peu trop volage. Ces gars-là savent manipuler de la machinerie lourde et essayent à présent de lever une tonne de briques du bout d’une plume. C’est visionnaire, mais l’espoir d’impact sur la foule qui worshippe « Bloodlust » comme la prunelles des yeux de l’univers est peu réaliste. J’aurais aimé entendre du contenu qui fend l’air, j’ai plutôt eu droit à un voyage au coeur de la répétition et de l’instrumentation traditionelle dans pas mal de passages de l’album qui auraient pu se révéler plus démoniaques et forts sur la substance. J’ai quelques moments dans ce style à savourer ici, sans plus, et je reste sur ma faim.
VERDICT: 5.5/10
4.Band: MORTAL FORM
Album: The Reckoning
Label: My Kingdom Music
Date de sortie: 13 Mai
C’est toujours pas mal revigorant d’entendre un jeune groupe de thrash metal moderne rallier leurs troupes sous l’oeil vaillant d’un bon leader ou d’une excellente philosophie ou force créatrice guide, j’pourrais dire. Surtout quand cette approche stripped down au métal est mélangée avec des penchants plus mélodiques dans une enveloppe qui ne nie pas sa puissante obsession avec le modernisme. Honnêtement, ce que je viens de vous décrire, ça me pue au nez plus souvent qu’autrement. J’aime mon thrash sans pardon. Comme il l’était à ses touts débuts. MORTAL FORM savent aller chercher cette qualité tout en n’oubliant pas qu’ils sont nés pas mal plus tard.
QUALITÉ PRINCIPALE DE L’ALBUM: L’originalité et la singularité de chacune des compositions rend l’écoute complète distrayante et satisfaisante. Le principe de la ligne droite, ça existe pas dans l’esprit collectif de MORTAL FORM. On a droit à du rebondissement et à de l’effilochage de possibilités et ce, en gardant un focus primitif sur les forces motrices de chacune des tracks, soit évidemment le riff principal, le chugging ondulant qui manque pas de poigne du côté de la guitare rythmique, et l’énergie tout à fait sincère de la delivery qui me donne l’impression d’écouter un album live bénéficiant d’une production très méticuleusement appliquée.
VERDICT: 7/10
LES SÉLECTIONS WINNER DE CETTE SEMAINE; un flush entre ENTRAILS et NEGATOR
ENTRAILS, je savais déjà que ça déplace de l’air. Avec « Raging Death », ils savent me convaincre qu’ils ont le don pour la création de pièces qui sont organisées en faveur de ce que les gars aiment entendre quand ils écoutent un de leurs propres albums; ils sont conscients de l’importance de l’impact lors de l’écoute attentive et savent maintenir mon intérêt grâce à des structures de songwriting variées, des ambiances changeantes, et des riffs d’une originalité sincèrement désarçonnante dans le bon sens. Voici le lien pour lire ce que Lex Ivian avait à n’en dire.
VERDICT: 8/10
NEGATOR, tant qu’à eux, ont une approche au death-black qui se mérite son propre sous-style: le panzer metal. Même s’ils sont un peu hyperactifs dans leur format brutal d’un bord à l’autre du paysage tout entier à en renverser des buildings, ils perdent jamais leur sens de la mélodie efficace et la mémorabilité de leurs compositions fort sophistiquées est un facteur très déterminant. Je dirais qu’ils sont les leaders de la scene death black moderne et « Gates To the Pantheon » témoigne de ce fait ultimement et fièrement solidifié ici.
VERDICT: 8/10
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Mai 19, 2013 | Critiques de Shows
Le Magog accueillait hier la 9e édition du Nightmarefest et vu que je suis la fille qui n’a pas arrêté de déménager pendant une couple d’années un peu partout, sauf dans les délimitations de l’Estrie, j’ai jamais eu l’occasion de m’y asseoir avec une Guinness et une opportunité de couverture béton avant 2013. C’est une expérience que Mr. Dave Rouleau m’a offerte, et, étant familière avec INSURRECTION depuis un an et ayant déjà été sur ma planif pour couvrir leur retour sur les planches Sherbrookoises depuis que Barbu Roux a annoncé sur Facebook que le band revenait, accepter ce fucking gros morceau de journalisme critique appliqué était parfaitement naturel pour moi. Pour ceux qui ne le savent pas, ce ‘fest’ est intérieur et départagé sur les deux divisions du Magog (la tite salle étoilée d’en haut, et le sous-sol, que j’ai affectueusement surnommé la crypte en écrivant une pub pour les Productions Kranium, qui est une salle connue sous le nom du Saloon). Les opinions sur la vibe des deux salles étaient pas mal tranchées si j’me fie aux dires du petit troupeau de monde abutiné à la porte pour fumer entre les huit sets que nous suggérait la soirée d’hier. Ce que je trouve particulièrement plaisant de cette venue, c’est que la sono est tout à fait ajustée aux bands qui y jouent, et ce à toutes les fois. Je me souviens pas la dernière fois ou j’ai été voir une trolée de bands qui sonnaient tellement mal que ça en est presque pas analysable pour un journaliste et j’apprécie l’obsession des soundmen de l’endroit pour les détails qui ne doivent jamais, au grand jamais, être mis de côté sans aucun souci pour la qualité des spectacles présentés. Chapeau.
Néanmoins, même si la clarté du son n’est jamais un problème dans l’histoire de cette bâtisse depuis que j’y participe plus activement en ma présence assez marquée sur les lieux ces temps-ci pour scèner et tergiverser, y’a pas à dire, les deux salles ont leurs panoplies de particularités qui les diffèrent largement, ce pourquoi j’me dis que y’a certains bands qui collent plus à l’ambiance de la cave et d’autres qui apportent un show qui fitte pas mal plus dans la salle du haut. Le sous-sol offre l’aspect intime d’un espèce de club gig, avec son éclairage tamisé, sa scène qui est plutôt une plate-forme placée contre le mur avec des tables cà-et-là dans la pièce et un bar à l’autre bout de la salle. Le ‘feel’ est un peu plus macabre et oldschool, et la présentation de l’endroit autant que des shows qui s’y déroulent est sans flafla. En haut, on a droit à des éclairages explosifs, un son plus « clinique » comparable à un bulldozer et une scène surélevée décorée avec un modernisme urbain beaucoup plus marqué. Personnellement, j’aime mieux le côté crasse et un peu deathgrind du Saloon; n’empêche que, l’alternance entre les deux salles permettait d’apporter une touche de variété très avantageuse au bill du festival et mes comparaisons en démontrent le but très bien calculé.
OF CONCEPT AND KING, un groupe de hardcore qui penche un peu sur le noise et le prog par bout, se montrait la face au Magog pour débuter la soirée avec une attitude vraiment très inspirée. Leur approche a une puissance sans aucune sobriété qui me fait penser à un croisement entre THE ACACIA STRAIN et THE DILINGER ESCAPE PLAN. C’est clair que c’est pas la tasse de thé de tout le monde et j’avoue être quelqu’un qui est archi-difficile sur ce que j’ai envie d’écouter à travers la masse caractérisée par tous les types de hardcore qui existent dans l’histoire de ce style. Reste que j’ai tripé sur « Wormwood », l’avant dernier CD d’ACACIA, pour sa lancinante sincérité, son côté sombre et schizophrénique et son aspect complètement enragé et brutalement to-the-point. J’ai retrouvé un peu de cette vibe, peut être un cran plus contrôlée et la tête pas complètement hors de l’eau dans le cas d’OcaK, mais l’influence était quand même là. Le bassiste était vraiment parti en jouant et l’expression de son visage en témoignait tout le long. Le dude manquait pas de précision, même en shreddant les yeux fermés. Le drummer a sûrement manqué de démantibuler son kit tellement il jouait fort, ce qui donnait une asti de bonne poigne à la portée des tounes, peu importe à quel point j’réussis pas à embarquer dans le songwriting à fond la caisse. Ces deux feats étaient les points principaux de ce set qui ont fait forte impression.
EPIPHANY FROM THE ABYSS nous faisait tous descendre en bas tout de suite après et eux, j’dois dire qu’ils sont pas faciles à suivre. Reste que, ceci étant 2013, et vu que je suis blasée comme dix en dénotant le nombre de fucking sous-styles qui se font sacrer dans un blender et renommer comme un NOUVEAU sous-style à tour de bras depuis un temps (c’est une pratique qui semble être le genre de but que certains bands se donnent; mélanger du power metal avec du thrash, ou du black avec du gothic, symphonic doom, au choix – sans souci pour ce qui s’additionne et ce qui fitte clairement pas ensemble), j’ai dû me croiser les bras et accepter que c’est pas à toutes les fois que j’me plante devant un band que j’aurai droit à un son stripped down et back to basics. Ce groupe-là, c’est entièrement le contraire de ça. Ils mélangent des aspects death-black (les mélodies stables et bien étoffées en moins) avec un peu de grind, de brutal death, et de hardcore moderne, tout cela, dans un ramassis d’alternances saccadées entre ces moods quelque peu contradictoires et assez mal balancés. Je dis pas que le groupe que j’avais devant moi avait pas la volonté de visuellement bien illustrer la vibe de ce qu’ils ont essayé de projeter, avec plus ou moins de succès, avec leur musique. Deux chanteurs se partagaient la tâche bien appliquée des hurlements agonisés qui caractérisaient ce set comme étant sans doute le plus saisissant tout de même – celui qui poussait les notes du top de son range avait l’air complètement enveloppé dans la musique, se garrochant un peu partout dans la salle avec l’air de quelqu’un qui est une coche plus loin que la transe, et son confrère, un peu plus réservé, avait quand même un growl gras qui balançait bien l’attitude et le cri incontrôlé de son compagnon de route. Le guitariste était concentré sur sa guitare et le bassiste aussi, ce qui leur donnait pas tellement d’espace pour le jeu de scène prononcé, puisque ce qu’ils jouaient était d’une force abstraite comparable à pas grand-chose. J’ai pas capoté sur leur approche, car elle était d’un compliqué tout à fait superflu, mais c’est clair que les gars tripent et badtrippent sur ce qu’ils font et c’est clair qu’ils vont continuer à évoluer, que ce soit dans une direction ou une autre et le prochain show aura rien en commun avec celui d’hier, c’est facile à parier.
A HITMAN’S BUSINESS, le projet de Jass (qui est un des forts sympathiques producteurs du festival et également chanteur pour ASHES OF THE PRIEST), c’était vraiment pas ce à quoi je m’attendais. Leur set était nucléaire quelque chose de rare. À partir du moment que la première toune a commencé, j’ai senti la vibe de la salle au complet shifter d’une nonchalance décontractée à un espèce d’adrénaline poussée dans le tapis. Ce band-là a très bien compris le mode d’emploi à se procurer quand on veut balancer un bon groove et un sense of direction au coeur d’un songwriting constellé d’influences stylistiques particulièrement variées. Ce que j’avais devant moi, c’était extrême, mais bien structuré et très concentré. J’ai pas manqué d’en faire part à Jass après le set. J’ai été très revigorée par leur flair pour les hooks également et c’était facile de voir que les tounes sont conçues autant sur un souci pour l’expérimentation que sur la nécessité de ramener certaines parts en position d’emphase pour garantir une certaine accessibilité qui permet à chacune des tounes de pas se perdre dans un néant dont personne sort énergisé. Je vais devoir m’armer de leur dernier EP prochainement parce que la curiosité me tenaille et y’a pas à dire que ce groupe-là est excessivement prometteur et j’ai hâte de le confirmer pour sûr en vérifiant la poigne de leur stock sur CD.
KILLITOROUS m’ont aussi servi un set qui m’a vraiment satisfaite. Facebook me dévoilait qu’ils allaient se garrocher dans un party grind et j’espérais vivement que ça serait pas une parade de gars en couche déguisés en femme qui dansent partout sur la scène en se garrochant des ballons de plage, parce que ce genre de déconnade, malgré qu’étant légal, est complètement gossant pour quelqu’un qui veut se concentrer sur l’output musical et j’ai pas besoin de m’éterniser en explications. J’ai pu constater que ce type de masquarade était pas au menu. Ça enlève pas le sens de l’humour de cette gang-là tout de même et ils sont de très bons ‘teamplayers’. Je dis ça surtout parce que leur guitariste, Aaron, était hier soir au Mexique avec VITAL REMAINS et je ne sentais pas une espèce de jalousie amère flottiller dans l’air. Le dude qui le remplaçait était archi-professionnel et avait l’air parfaitement paisible dans son rôle. Il a une belle fluidité dans son guitar-playing et il faut dire que le matos de KILLITOROUS est pas des moins impulsifs. Leur grind c’est du stop-start très punchy et entêté, du brassage de cage pur et simple. Leurs riffs sont marqués par l’atonalité et l’hyper-activité et j’ai pu apprécier le fait que cet aspect a subi un revirement de taille à travers ce set pour devenir un avantage marqué plutôt qu’un inconvénient gênant. Le drummer, je vais le surnommer « le bûcheron » et la raison est simple; calvaire qu’il coupait non seulement du bois, mais des blocs de béton avec sa puissance volcanique d’hier soir. Enough said.
INSURRECTION ont pas tardé à ré-animer la salle du haut. L’endroit était presque vide quand ils se sont lancés dans la première toune, mais ça s’est rempli assez vite. Leur énergie était pas moins débordante qu’il y a un an – ces gars-là restent sur leur faim et cette qualité, c’est ça qui rend l’output d’un band convaincant. Ils ont joué pas mal de vieux stock, gouverné par leur approche death-thrash vraiment très catchy, ce qui amoindrit pas la blunt ‘Fuck You’ force des extrêmités auxquelles leur songwriting s’aventure tout de même souvent, surtout à travers leurs compositions plus récentes qui se retrouveront sur leur nouvel album, « Prototype ». Je dois avouer que j’ai pas capoté sur la title-track qui semblait être basée sur une compartimentation de ses passages qui était un peu trop étalée et progressive, ce qui semble mettre de l’eau dans le vin qui saoule positivement quelqu’un qui mosh sur leur matos qui date un peu plus. Reste que la deuxième new song, « Checkmate », démontrait une énergie palpable qui dévoile la base du son de ces gars-là qui est pas mal frénétique et ce traitement bénéficiait largement d’un ajout d’une ambiance death-black occasionelle dans le voicing de certains des riffs et aussi des patterns de drumming.
Concours de circonstances, j’ai pas assisté aux deux derniers sets. J’ai tout de même vu le début de la prestation de SKYNET, qui ont une approche hardcore entrecoupée de clean-singing à saveur assez commerciale et plus alternative que strictement métal. Le frontman ressort d’un background brutal sans l’ombre d’un doute, avec son vocal qui sort du fin fond des fin fonds et son énergie plus vorace était balancée par le côté plus softcore de son counterpart aux mélodies vocales très légèrtes et accessibles. ASHES OF THE PRIEST, le groupe tribute à LAMB OF GOD de Jass, je l’ai déjà vu plusieurs fois et je manquerai pas de souligner qu’il est caractérisé par une relentlessness vraiment très dévouée. Cette gang se soucie plus de l’impact de leur propre show que de la ressemblance obsessive avec LoG; ils rendent un hommage judicieux au groupe, mais se démarquent avec leur propre identité sur scène. Je sais très bien que ces facteurs ont englobé le set d’hier soir sans même l’avoir vu.
De façon générale, le 9e Nightmarefest fût un succès, avec une bonne vibe et un éventail de groupes varié et inspiré. De la très bonne job de la part des producteurs qui savent très bien ce qu’ils veulent promouvoir et comment bien le faire.
-Noch
