Hardcore et désaccord

5 heures de show, c’est dur sur le corps mais viarge que ça défoule!

C’est finalement vers 18h30 que l’événement, organisé aux Foufounes Électriques vendredi dernier par l’équipe d’Extensive Enterprise, s’est mis en branle. Et les amateurs de « core » en tout genre s’étaient donnés le mot pour envahir le parterre afin d’accueillir Vilipend, Homewrecker, Pick Your Side, Enforcers, Ilsa et Integrity. 6 groupes différents dans leur sonnorité mais tous sous l’étiquette a389qui présentait ce soir-là sa Canadian Invasion.

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C’est donc aux torontois de Vilipend que revient la tâche de réchauffer la salle. Jamais, de toute ma vie, je n’ai vu un chanteur aussi affectueux et aussi menaçant à la fois… Je m’explique: alors que les 3 musiciens nous garrochent en pleine face leur « postcore » cru et hypnotique, le leader cri de sa voix sourde, détruit son pied de micro, se réfugie en boule sous le stage, se contortionne sur le sol et… serre chaleureusement quelques spectateurs médusés, dont notre ami Marc-André Jobin. Une demi-heure de sombre délire qui nous fait comprendre que la soirée risque d’être remplie de surprises.

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Issu de la scène de Cleveland, Homewrecker rehausse quant à lui le niveau de violence musicalement parlant. On a droit ici à un hardcore sale et haineux. On voit alors les premiers poings tournoyer et les premiers coups de pied revoler, mais rien de bien menaçant encore, ce qui nous permet d’observer le jeu furieux et pesant des musiciens sans crainte d’un side-kick.

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Pick Your Side, qui compte dans ses rangs des anciens Haymakers et Fck The Fact, sautent à leur tour sur scène. Tout comme leurs prédécesseurs, le groupe d’Hamilton, Ontario, nous propose un hardcore avec un chanteur qui préfère la salle au stage pour nous cracher sa fureur en pleine face. Plus près du « grindcore » par contre, les riffs sont courts, ultra rapides et parfois même mélodiques dans quelques solos très bien maîtrisés. Tout comme le micro du chanteur, d’ailleurs, qui tournoit à plusieurs moments à plusieurs mètres autour de lui et on souhaite seulement que le fil est de qualité…

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Un petit changement dans l’ordre de la soirée devance quelque peu la prestation d’Enforcers, à la grande joie des Jackie Chang en puissance. C’est après plus d’un an d’absence et avec un nouveau 7 » à vendre que les montréalais prennent d’assaut les Foufs. Avec un « metalcore » carré, brutal et parsemé de breakdowns, on ne peut que se laisser entraîner par leurs hymnes rassembleurs. Le chanteur a du punch et les riffs sont en parfait synchronisme avec la rythmique. Ce n’est certe pas ce qui ce fait de plus original mais c’est terriblement efficace.

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La soirée prends alors une autre direction lorsqu’Ilsa entame son set. Bien que certains « dead beats », joués de façon imposante par le tout aussi imposant drummer, peuvent faire penser à du grindcore à la Disfear, c’est davantage un « doom-core » qui nous est offert. Alors que le drum suramplifié nous fesse dans les côtes à chaque coups de pédales, les guitares passent facilement des accords longs et sinueux à un déferlement de notes infernal. Placé de biais au devant de la scène, le géant derrière le micro hurle de sa voix écorchée, rajoutant une couche supplémentaire de violence malsaine. Sans contredit ma découverte de la soirée, mais mes goûts musicaux ne semblèrent pas partagé par quelques « moulins à vent ambulants » qui profitèrent de ce moment pour prendre une pause, à la grande joie de plusieurs.

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Il est 22h20 lorsqu’Integrity, avec à la barre le non moins légendaire Dwid Hellion, prends place sur la scène. Actif depuis 1988, le prolifique groupe a réussi à rallier un fanbase assez varié, de par son style unique à travers les années. Les influences sont multiples et cela, sûrement dû au fait qu’une quantité imposante de musiciens ont officié au sein de la formation de Cleveland, aujourd’hui basée en Belgique, supportant Hellion dans ses délires et expérimentations. Que ce soit avec du harcore pur et dur, du thrash, du punk, du death et même de la power balade accompagnée à l’harmonica (!?!), Integrity ne se contente pas de se cantonner à un seul créneau. Et au dessus de cet amalgame de genres, flotte sans cesse cette voix distinctive, mélange de rage quasi animale, grasse et rauque, et de folie. Chacun dans la salle tente de s’approcher tant bien que mal de la scène, afin d’apprécier la prestation intense du groupe qui en est à sa 1ière présence en sol québécois, mais les moulinets sauvages et les savates insouciantes rendent la chose impossible.

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Le show se termine plus tard que prévu (23h20) et quelques nouveaux fans se jettent sur la table de marchandise pour mettre la main sur la version vinyle de leur nouvel opus « Suicide Black Snake » qui, semblerait-il, fût pressée à seulement 200 copies. Mais vu l’attroupement d’adeptes déchaînés lorsque les boîtes furent ouvertes à l’entracte précédente, ce fût sûrement en vain.

Bref, un tour de force encore une fois de la part d’Extensive Entreprise que d’avoir mis la main sur cette impressionnante tournée où les fans de « core » de tout acabit furent servi. Et Ondes Chocs les remercie chaleureusement d’y avoir eu accès.

*Sûrement que certains relèveront au cour de ce texte mon aversion profonde envers les adeptes du « hardcore dancing ». Eh bien sachez que oui, c’est le cas. Bon, je sais parfaitement que cela fait partie intégrante de la culture musicale mais il y a certaines limites. Quand cela devient qu’une parade de « m’as tu vu » ou une intention insouciante et/ou préméditée de frapper des spectateurs, et bien laissez moi vous dire que je trouve ça cave en criss. Premièrement, passer un show à être sur ses gardes pour ne pas recevoir un coup sur la tempe ou un autre endroit critique au lieu d’apprécier ce qui se passe sur le stage, c’est plus qu’ordinaire. Et deuxièmement, qu’arrivera-t-il le jour où un accident grave se produira? Comme cela aurait pu arriver ce soir là lorsque notre photographe a essuyé de peu un violent coup de pied au visage alors qu’elle était concentrée à faire son travail. Peut-être suis-je vieux jeu mais je suis nostalgique de cette époque lointaine des slams en ronds, tout aussi violents, mais exécutés dans le respect.

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Jon B

Un bon conseil, découvrez Wrong Advice: Portrait Amnesia Petite-Nation Rockfest

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Wrong Advice est un groupe hardcore/punk de la région de Saguenay. Formé en mars 2011, ils ont déjà produit 2 EP, 1 album et 1 split avec GFK. SI vous êtes amateur de musique « straight in your face », vous serez fans car ils ne font pas dans la dentelle comme nous le stipule le titre de leur EP sorti en février 2013 – No melodies, straight to the point. We’re pissed! Voici le lien pour le 1er vidéo tiré de ce dernier.

Bien que je n’ai pu trouver beaucoup d’infos à vous rapporter, si vous vous intéressez au groupe, voici une petite entrevue qu’ils ont donné à Québec Punk Scene après la sortie de leur 1er album complet, « Awareness » en novembre 2011. La pièce que vous entendez à l’arrière est le single « Handling ».

 

 

Ils mentionnent dans leur entrevue que leur musique est un exutoire pour les libérer de ce qui les frustre et les dérange. J’imagine qu’on est plusieurs dans ce cas et on se permettra donc un défoulement collectif le vendredi 14, 19h10 face à la scène Découverte du Amnesia Petite-Nation Rockfest 2013.

See ya in the pit

Lex

Entrevue avec le groupe iranien Arsames

Lorsque j’ai découvert le groupe de death metal iranien ARSAMES, il m’est venu à l’idée qu’il serait intéressant de discuter avec eux de la scène métal dans ce pays où la religion est omniprésente et omnipotente. J’ai donc fait parvenir un petit questionnaire au groupe et à mon plus grand plaisir, j’ai reçu ces réponses. – Lex

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Lex – Arsames is one of several Iranian (Persian) metal bands that hail from Iran, some of them having moved to some other countries since their beginning but you still reside in Iran. I would like you to present your band and sketch a portrait of the metal scene you’re involved in. First of all, could you just present your band. Brush us a short history of the band and tell us the meaning of the name, Arsames.

Ali – ARSAMES is a Persian death metal band from Iran, formed in the winter 2002 by Ali Madarshahi, first band drummer and vocalist since 2008. The meaning of the name ARSAMES is « the powerful hands of a bear » or « bear hands ».

In our persian history Arsames ( 520 BC  ) was father of Hystaspes, satrap of Parthia and of Pharnaces. Arsames would live to see his grandson, Darius I, become the Great King of the Persian Empire, though he would die during his reign. In any case, he must have been one of the longest-surviving royals anywhere in the world at that time, probably living well into his nineties.

Lex – What is the atmosphere in which you want to put the listeners through your music. Where do you get the inspirations for your lyrics?

Ali – We are a  mythological Death Metal bands because most of our lyrics come from our ancient mythology,  ancient Iranian literature and we are going to use some Epic Ancient stories for our upcoming album from a book called  « Epic of the king » (in farsi, our language,  Shahnameh) based on the stories written by one of the mighty persian poet, Ferdowsi (940 – 1020 CE). He is the author of the Shahnameh, the national epic of Iran and the Persian-speaking world.

Lex – What are your musical influences and if you really had to compare your band with some of the well known, where would you fit Arsames?

Ali – From my childhood I grew up with  heavy metal music in the 80’s. I started listening to thrash metal and after that I used to listen to Death metal …. I  tried to bring all those elements from Heavy, thrash and death to our music. If i want to give you a few names for example  I can say : Iron Maiden , Slayer , Exodus ,  Morbid Angel …

But you know you can find some Persian elements in the roots of our music which is a new sound in Metal music ! Of course, the new album would be a true Persian Death Metal Genre that we’ve been working on for 2 years. Shahrami, the main guitar player of Arsames, and I, checking and thinking about every lines in our music.

Lex – Seen from Quebec, Canada, it’s seem obvious that being in a metal band in Iran, where you are under a strict religious regime, must be an everyday challenge. Could you just depict  us the kind of struggle you face on a day-to-day basis as a band and as an individual. Have you ever played in your country and in what occasion?

Ali – We have a small community in Iran and we cherish it but we can’t play in our country. When you can not make music as a job, you can not be Professional. So every one gets distracted. Most of the bands disbanded when they come to serious matters like earning for life .. and the reason behind that is metal music is banned in Iran by Islamic regime as they labeled this kind of music  Satanic. But I am sure they really don’t understand it . Certainly,  they don’t want to understand because  they don’t like us. They don’t like long hair and metal look. At last, they are the enemy of this kind of music!

Living in Iran and managing a metal band is not easy. You have to play and rehearse in a basement far away from the eyes of cops .. even it’s not easy to find and rent a good  place for rehearsal. People don’t want to rent their places to the musicians because they are afraid of being in trouble. So it means that after all these problems to find a good place to rehearse, you have to be careful!

You know, if you see we are alive that’s because we do not get in any sort of political views and we are not going to strike against something. We believe it would be a better fight and victory at the end if we focus and concentrate on our music. Nothing will stop us. We are gonna fight until the end !

Lex – Is there a feminine presence on that underground scene? In bands or in the crowd? I’ve heard about that black metal girl from Irak, Janaza and her band Seeds of Iblis. I know also that Master of Persia is fronted by Anahid but they are not in Iran anymore.

Ali – We have so many female metal musicians in Iran that I’m proud of: the band 5 grs is fronted by female vocalist, Sanam Pacha; Frosted Leaves has Lala B; Niloofar also known as Nelly’s Melody  is an ex-5grs and now fronts The Bug and Unscarred, Bett Hov is in  MaidiomA,  and of course, Anahid from Master of Persia who lives with the band in Armenia. Also behind the bands, we have so many beautiful metal chicks, models, photographers, reporters , journalists ….

Lex – You managed to play shows outside of your country, having played in Turkey, India, Armenia and Nepal as I could see. Once again, is it a problem getting through the borders?

Ali – Actually we had no problems when we wanted to leave Iran. As we are not like typical Iranian people, in airport police have always just asked us the same questions : where are you going to and what kind of music do you play ….? and the answer is we are going to play a concert outside and we are going to play traditional Iranian music …

Lex – What is the reception regarding your band in these countries? And also around the world?

Ali – You know people and fans all around the world really showed their love to us. You know they can see we are living and fighting against all restrictions that we have in our country. So they have always sent us their good vibes and energy  ! They have been very kind all the time when they see us in their country. Now we have about 40,000 fans in myspace, reverbnation and facebook from all over the world and we appreciate that. I would like to take this opportunity to personally thank them for all their support over the years !

Lex – You’ve been involved as a headliner of the first ever « Persian Metalfest » that took place last year in Armenia. Could you tell us more about the fest and your own implication?

Ali – Arsames is the most famous International metal band in Iranian metal music history. So when a Persian Metal festival was going to be held for the first time in history, definitely you need a mighty headliner to show music power of your country! We played there as headlining act and it was a great moment playing with other great bands of our  country specially it was an interesting moment when we saw Iranian audience screaming !

Lex – I know that you just welcomed a new drummer. What lies ahead for Arsames in the nearby future and in the long term? Any plans of recording soon? Is there any ties with major label to bring your merchandise to North America?

Ali – Actually, we have a new Machine in Arsames, Soroush is 19 and a true talented musician. I promise that he is going to be the fastest and the most technical drummer in Iran ! Recently we re-recorded the album, « Immortal Identity » from 2010 with our new drummer. You will hear his parts soon with a High Quality and our new Tuning in « B »  or bariton.

Also we recorded a tribute to Slayer – a cover of « Raining blood » to show our respect to RIP Jeff Hanneman. It will be on for free Download soon and we are going to film this track as a video clip for all the fans. In the meantime, we are working and writing the new music lines for our upcoming album which we believe – would be the most powerful sounds of Arsames. We have put and use some brainy Persian metal scales into this album which made the album very unique. We want to release it with a major Record label to brought everything of Arsames to other parts of the world. We really have high hopes.

Lex – If I ask you to do your own publicity here in a famous last sentence, what would you say to incitate people to look for Arsames in the array of bands that roam the surface of this earth and that are often a lot more accessible through worldwide distribution than your band?

Ali – Metal has No boundaries!

We are ARSAMES! we play metal music – the new wave of Persian Death Metal – a unique sound of Metal music that you’ve never heard before

We love all Metalheads all around the world !

Respect

Lex – I thank you deeply for taking the time to consider this little interview questionnaire.

Ali – Thanks for the Interview Lex

 

Voici 3 pièces pour vous faire découvrir le groupe. D’abord un cover de « The pursuit of Vikings » de Amon Amarth en cliquant le lien, puis plus bas, le vidéo officiel de la pièce titre de leur album « Immortal identity » et finalement un vidéo en spectacle au Persian Metal Fest où ils nous interprètent « Persepolis », un bel exemple de Persian Metal. Enjoy!!!

 

 

Quand les cousins débarquent avec les voisins …

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Vendredi soir, je renouais avec l’Alizé pour la présentation d’un rare spectacle métal à cet endroit. Je dis « renouer » parce que l’Alizé présentait beaucoup plus de spectacle métal ou punk il y a une quinzaine d’années mais beaucoup plus rarement aujourd’hui. Donc, comme je dis, je me suis pointé à la salle de spectacle de la rue Ontario pour le show du groupe français de technical death metal, GOROD, qui faisait leur 1ère visite en sol canadien en 15 ans de carrière, dans le cadre de leur tournée « Bloodletting 9 North America », accompagnés par les États-Uniens de INANIMATE EXISTENCE et KAMIKABE – une soirée organisée conjointement par DUNGEON WORKS PRODUCTIONS et X TREM PRODS. J’en ai profité pour réaliser une entrevue avec Matthieu, guitariste et membre fondateur et Sam, drummeur de la formation GOROD. Nous vous présenterons cette entrevue dans les jours qui viennent.

Pour ouvrir la soirée, nous avons eu droit à notre outfit local, BROUGHT BY PAIN, qui ont réussi un beau petit tour de force pour participer à la soirée. En effet, ceux-ci ont dû composer avec l’absence de 2 de leurs membres déjà pris avec d’autres engagements – un de leurs guitaristes, Kevin, est sur le « Decibel Magazine Tour 2013 » de CANNIBAL CORPSE et NAPALM DEATH, avec son autre groupe BEYOND CREATION, et leur chanteur, Sam, est quelque part aux États-Unis en train de tourner un documentaire ou quelque chose de même. Mais il n’était pas question pour les autres membres de rater l’occasion de jouer avec un de leurs groupes favoris, GOROD. Ils ont donc remplacé Kevin et Sam par Ben, guitariste de SELF COLLAPSE et François, chanteur de HYBREED CHAOS. Déjà que ce n’est pas facile de remplacer un guitariste, je signale qu’on est ici face à du techdeath … qui a la même prétention que l’équipage du vaisseau USS Enterprise …

To boldly go where no man has gone before

Si leur musique s’est ressentie de la présence de remplaçants sur scène, ce doit être dans certaines subtilités qui m’ont échappé parce que j’ai trouvé qu’ils nous ont envoyé leurs pièces avec fluidité et précision malgré la complexité des compositions. J’ai eu plus de difficulté à juger de la performance du chanteur car sa voix était malheureusement un peu perdue dans le mix. Pas grave, je me reprendrai lorsque sortira l’album de son propre groupe, prévue pour quelque part plus tard cette année. La demi-heure que Brought by Pain a passé sur le stage a permis de donner tout de suite le pouls de cette soirée. La salle était déjà pleine et le thrash a starté aux 1ères notes sans jamais vraiment ralentir pendant tout leur set. Voici ce que leur set avait l’air.

 

 

KAMIKABE suivait sur scène avec une musique tout aussi technique et énergisée. Elle flirte par contre avec le core, surtout la façon de chanter, ce qui m’a un peu moins embarqué mais c’est une question de goût qui n’était définitivement pas partagé par le monde sur place parce que le thrash a continué de plus bel pendant leur set. J’en ai profité pour me déplacer sur le côté du drummeur pour mieux l’observer. C’est toujours une belle expérience de les voir rentrer les blastbeats et les passes tech de cymbales et toms. Voici un vidéo en spectacle pour vous donnez une idée.

 

 

Le set suivant, celui de INANIMATE EXISTENCE, allait nous ramener au techdeath sans breakdowns. Avec un vocal aux growls tout ce qu’il y a de plus death, sombre et guttural. Les gars font donc dans le brutal et j’ai donc décidé de retourner sur le côté pour observer le drummeur, une bonne place aussi pour ne pas se faire ramasser par le thrash qui grossissait sans arrêt. Ça l’air que je n’étais plus seul à avoir eu cette idée car déjà s’y trouvaient Guyot Bégin-Benoit, JP Bouchard et Dug respectivement drummeur de Brought by Pain, Bookakee/Morningless et Tempête/Ol’ school Johnny. C’était cool de les voir commenter sur la position assise du drummeur. Ils argumentaient sur le fait qu’il est assis un plus relevé ce qui semblait l’aider à rentrer les double bassdrum à cette vitesse. Moi, je me contentais d’être impressionné par la vitesse de ses pieds. C’était vraiment quelque chose à voir. Pour le reste, leur musique est une haute voltige de riffs à laquelle se mêlent de belles et douces mélodies aux arrangements classiques. Ai-je besoin de vous dire que le pit est resté très actif. Une demi-heure de prestation n’était pas suffisant mais on se reprendra j’ai l’impression. Voici un vidéo pour vous donnez le goût d’y être la prochaine fois.

 

 

Après ce massacre en règle que nous avaient servi les 3 premiers groupes de la soirée, vous pouvez être certain que tout le monde était prêt pour GOROD. On tenait à souligner leur 1ère présence à Montréal et dès qu’ils sont montés sur la scène, tous se sont mis à scander GOROD, GOROD, GOROD au grand plaisir des musiciens, vous l’imaginez. Ça allait donné le ton à un set endiablé entrecoupé des interventions de Julien qui tenait à nous remercier de notre accueil. Je dois dire que c’était à souligner comment la foule était dedans tout autant que le groupe. Un thrash solide (on a eu un « wall of death ») et une bonne partie de la foule qui chantait les tounes. De quoi impressionner un groupe qui ne sait pas à quoi s’attendre d’une 1ère visite en sol québécois. On a donc eu droit à un show dans une atmosphère super trippante et je crois que tout le monde, même les musiciens, était déçu lorsqu’est arrivé le temps de ranger les instruments. Ça ne me surprendrait pas que leur 2ème visite au Québec se produise dans un avenir rapproché. En tout cas, je le souhaite. Écoutez ce que ça donne « live ».

 

 

La soirée de vendredi a été un succès et je dois reconnaître l’acharnement de Mat Paré qui tenait mordicus à faire venir GOROD à Montréal depuis des lunes. Sans son opiniâtreté et sa résilience (qui s’avèrent autant ses qualités que ses défauts), ce show n’aurait peut-être jamais eu lieu. Au nombre des péripéties de la soirée qu’il a dû gérer de près ou de loin, non seulement il a fallu remplacer des musiciens dans BROUGHT BY PAIN mais le guitariste remplaçant devait quitter immédiatement après sa performance car il était d’office dans l’hommage à Pantera, 101 PROOF, qui se produisait plus tard en soirée au Club Soda, organisé par Jaune Prodz. Parlant du show au Club Soda, Fred, le bassiste de REANIMATOR (qui ouvrait la soirée), devait lui aussi quitter après sa prestation car il est aussi bassiste dans MASS MURDER MESSIAH qui jouait à …………. Trois-Rivières dans un 2ème show organisé par X TREM PRODS ce même soir.Finalement, faut également souligner le travail de Nick Guérin de DUNGEON WORKS PRODUCTIONS qui a été responsable d’une traversée de frontières sans anicroche (ou presque) et permis la tenue de ce show.  Quand je vous dis qu’il y avait de l’action à gérer …

Merci à tous les acteurs de cette soirée car autant sur scène, dans la salle que dans les coulisses, il y a eu de l’action en masse. Merci également à DUNGEON WORKS PRODUCTIONS et X TREM PRODS pour l’accès au spectacle, à MONTREAL METAL SHOWS, INANIMATE EXISTENCE et KAMIKABE pour l’utilisation des vidéos qui illustrent ce texte et à Mat Paré pour avoir organisé l’entrevue avec GOROD.

Cheers!

Coït interrompu…Heureusement terminé!

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Gorod

 

J’ai souvent souligné, dans mes revues de spectacles précédentes, que le printemps 2013 serait à garder en mémoire quant à la quantité et la qualité de spectacles métaux présentés dans la Vieille Capitale durant cette saison. Or, pour la première fois depuis la fin de l’hiver, il s’était écoulé plus d’une semaine sans que je n’assiste à une représentation métallique et plus de deux semaines sans que je ne mette les pieds à l’Agitée, mes derniers spectacles étant ceux de Cyanide Eyes/Woe au Pandora’s Box le 14 mai et de Stoned Horses/Doom’s Day au Dagobert le 15 mai. Toutefois, je savais que Mathieu Paré et Corinne Cardinal de Xtrem Prods avaient préparé une superbe affiche de Death Metal brutal, progressif et technique couronnée par le premier passage en sol québécois des virtuoses bordelais de Gorod et je n’avais pas du tout envie de manquer ça. De plus, je savais que l’hyperactif Dave Rouleau ne pourrait couvrir cette soirée puisqu’il serait à Saint-Pie près de Saint-Hyacinthe en train d’animer un spectacle extérieur et d’admirer des attributs féminins humidifiés dans la pluie et le froid au Trailer Trash Fest. C’est ainsi que j’enfilai mon attirail de combat et que je me dirigeai, en compagnie de ma déesse guerrière, vers l’Agitée.

C’est à 19 h piles que nous arrivâmes sur les lieux du massacre projeté pour y bénéficier de l’accès gracieuseté de Xtrem Prods (merci beaucoup Corinne et Mat!) et y rencontrer plusieurs visages connus dont le photographe et vidéaste d’Ondes Chocs Alex Deleon-Cativo, les guitaristes de Deviant Process Stéphane Simard et JD Villeneuve, le gérant de groupes Marc Lavoie, et les membres de Soiled By Blood. C’est pendant que je conversais, bière à la main, avec tout ce beau monde, que surgit Julien « Nutz » Deyres, le chanteur de Gorod, désemparé par rapport à la difficulté de garer la camionnette de tournée de son groupe un samedi soir dans Saint-Roch. Je me proposai donc gracieusement pour l’aider à trouver un emplacement, ce qui ne se révéla pas si difficile tout compte fait. Nous revînmes donc rapidement à l’intérieur de l’Agitée où je pus m’entretenir de manière très intéressante avec les deux virtuoses de Deviant Process sur nos projets musicaux respectifs. Puis, vers 20 h 30, devant une salle décemment remplie à un peu plus de la moitié de sa capacité, Soiled by Blood monta sur scène pour déclencher les hostilités.

Les spectateurs manifestèrent aussitôt un grand enthousiasme en se massant près de la scène avant même que la prestation ne soit commencée. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la jeune formation de Québec, Soiled by Blood est un quatuor de Brutal Death Metal composé d’Alex-Antoine Chamberland au vocal, Michael Chamberland à la guitare, Charles Côté à la basse et Antoine Pellerin (Demona) à la batterie. Entamant leur prestation avec leur habituelle férocité et une reprise de leurs idoles de Devourment, l’impitoyable « Babykiller », ceux-ci se lancèrent dans un setlist calqué sur leur prestation du 22 avril dernier en compagnie de 3 Inches of Blood et Goatwhore. Toutefois, bien que je n’aie aucunement été déçu de leur dernier spectacle, cette fois-ci leur interprétation et leur présence scénique furent encore plus efficaces. Multipliant les contacts visuels agressifs, les mouvements et l’interaction avec la foule il était très intéressant de constater la progression rapide de ce groupe qui est certainement destiné à devenir un incontournable de son genre à Québec. Les spectateurs semblèrent aussi grandement apprécier la représentation, se lançant déjà dans des sursauts d’agressivité dans la fosse. Je me dois aussi de souligner, encore une fois, les qualités de frontman évidentes d’Alex-Antoine, qui se révèle aussi habile avec ses grognements gutturaux qu’avec son animation de la foule, n’hésitant pas à descendre dans la fosse lorsque la foule ne bouge pas assez à son goût. J’attends avec impatience leur premier album qui devrait sortir quelque part cet été et je vous conseille d’aller faire un tour sur leur page Facebook pour y écouter les deux pièces disponibles.

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Après un entracte d’environ trente minutes, c’était maintenant à Unbreakable Hatred de faire son entrée sur scène. Connaissant une ascension formidable depuis sa création en 2008 et fort d’un excellent premier album (Total Chaos (2011)), ce trio qui mélange brutalité et technique au sein d’un Death Metal puissant est composé de : Dominic Drouin à la batterie, Philippe Drouin à la guitare et Simon B. Lapointe à la basse et au vocal. N’ayant jamais eu encore la chance de les voir sur scène, j’étais très impatient de pouvoir assister à une de leur prestation surtout après l’accident de snowboard qui aurait pu laisser leur guitariste paralysé à vie en mars dernier. Cependant, en cette soirée venteuse et pluvieuse, on passa bien proche du désastre. En effet, après à peine deux pièces les spectateurs se regardaient incrédules; aucun son ne sortait des caisses de la salle et on ne pouvait entendre que le son de scène. Le chanteur-bassiste, irrité, dut alors interrompre la prestation alors que le technicien de son s’agitait ne sachant visiblement pas d’où venait le problème. Bientôt, il en découvrit la source, l’amplificateur de la salle avait rendu l’âme et la nouvelle se répandit au sein des spectateurs, ce qui était extrêmement gênant compte tenu de la présence de trois groupes venant de l’étranger et du fait que la salle était maintenant presque pleine. Heureusement, après environ trente minutes, un autre amplificateur fut installé en catastrophe et le son de la salle revint. C’est ainsi qu’Unbreakable Hatred put reprendre son massacre et quel massacre! C’est comme si cette interruption imprévue avait donné un surplus d’agressivité à la troupe qui nous livra ses pièces brutales aux motifs survitaminés avec précision et énergie devant des spectateurs conquis. Comme dit le dicton : «The show must go on!» Et les membres de la formation l’ont bien compris. Je fus donc extrêmement satisfait de mon premier contact avec Unbreakable Hatred sur scène et il est à noter que le groupe assurera le support direct aux vétérans de Dying Fetus, le 27 août prochain, à L’Impérial. Toutes les informations pertinentes sur ce groupe peuvent être trouvées ici.

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Le prochain groupe à s’exécuter dans la salle ressuscitée serait Kamikabe, de Pittsburgh en Pennsylvanie. N’ayant que vaguement entendu parler de ce groupe avant cette soirée je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque la formation de Death Metal amputée de son bassiste Matt Rucinski se présenta sur scène. En cette soirée, ils se produiraient donc sous la forme d’un quatuor composé de : Max Short et Jake Smatana aux guitares, BJ Sarnese à la batterie et Matt Grossi au vocal. Qu’à cela ne tienne, le groupe qui a subi la perte de sa camionnette de tournée en Floride lors de la présente tournée et qui a pu poursuivre l’aventure grâce aux dons de ses fanatiques n’allait certainement pas se laisser abattre par l’absence d’un membre. Le groupe se livra donc à une formidable présentation de ses titres de Death Metal très technique, avec une énergie palpable et une précision remarquable des guitaristes et du batteur dans le rendu des motifs et des soli. Ma seule grosse critique quant à leur prestation se situe au chapitre de la présence scénique. En effet, si le vocaliste démontrait un bel entrain et une bonne interaction avec la foule, les guitaristes auraient pu être un peu moins statiques, ce qui peut être en partie imputable à la complexité élevée de leurs partitions. En somme, le groupe livra donc une très bonne prestation et c’est avec plaisir que j’irai approfondir ma connaissance de leur répertoire qui comprend un album complet (Aberration of Man (2012)) et deux EP (Strenght to Carrion (2009) et Aporia (2010)). Si vous êtes un amateur du genre, vous pourrez découvrir ce groupe à cette adresse.

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Le quatrième groupe de la soirée, Inanimate Existence, provenait de Santa Cruz en Californie et était de la partie pour nous présenter son Death Metal Progressif qui combine brutalité et virtuosité. Encore une fois, il s’agissait d’une formation dont je ne connaissais pas l’existence avant de faire mes devoirs d’avant spectacle. Inanimate Existence a vu le jour en 2010, n’a qu’un seul album complet à son actif (Liberation Through Hearing (2012)) et se compose de : Ron Casey (Brain Drill) à la batterie, Ian Rittmaster à la guitare, Joel Guernsey à la guitare, Max Zigman à la basse et Cameron Porras au vocal. Aussitôt leur tour de chant entamé, je pus constater que l’on aurait droit à une autre prestation très technique et musicalement réglée au quart de tour. Cependant, je fus un peu déçu par le caractère quelque peu générique de leur musique qui ne sort pas des standards établis du Death Metal Progressif/Technique et ressemble a un peu tout ce qui se fait dans le genre. Oui, leur musique est très complexe, mais la complexité n’est pas toujours synonyme d’originalité. Du côté de la performance scénique, je dois souligner le jeu intense et très communicatif de Max Zigman à la basse qui était un spectacle à lui tout seul. Toutefois, comparativement à lui, les autres membres semblaient un peu ternes dans leur approche en se concentrant visiblement sur leurs instruments respectifs et je me dois de noter que dans ce contexte, le vocaliste de la formation passait un peu inaperçu. Malgré ces quelques failles, leur prestation fut somme toute très bonne et les spectateurs semblèrent apprécier ce qu’ils voyaient et entendaient pendant celle-ci. Si ce groupe vous intéresse, vous pourrez écouter une sélection de leurs pièces en suivant ce lien.

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La soirée était maintenant très avancée en raison de l’interruption imprévue précédemment évoquée et Gorod se présenta sur scène devant une foule éminemment impatiente de se faire défoncer la gueule pour la première fois par eux. C’est que Gorod, qui a d’abord évolué sous le nom Gorgasm de 1997 à 2005 avant de changer de nom pour éviter la confusion avec le groupe américain du même nom, est un groupe originaire de Bordeaux dans le Sud-Ouest de la France qui s’est taillé une solide réputation au fil des ans avec son Death Metal Progressif hautement technique et teinté de Jazz. La formation est composée de : Julien « Nutz » Deyres au vocal, de Samuel Santiago à la batterie, de Benoît Claus à la basse et de Mathieu Pascal et Nicolas Alberny aux guitares. Mes attentes étaient très élevées envers ce groupe en raison de la complexité extrême de leur musique sur disque et de leur réputation scénique impeccable. Je ne fus aucunement déçu! Leur prestation fut effectivement incroyablement précise, énergique et d’une puissance inouïe. Tous les musiciens donnèrent une formidable représentation de leur talent immense autant au point de vue musical que de l’interaction avec les spectateurs : Julien avec ses interventions bien placées livrées avec son accent sympathique du Sud de la France, Benoît avec ses mimiques et ses contacts visuels, Samuel avec sa performance sans égal à la batterie et les guitaristes et leurs hochements de tête typiques. Tout était combiné pour un spectacle mémorable. Leur setlist fut aussi caractérisée par une sélection de morceaux sans temps morts qui fit le bonheur du public présent en grand nombre pour eux. De plus, le groupe semblait extrêmement heureux de jouer pour la première fois à Québec, ce qui est toujours agréable à voir lors d’une première visite. Si vous ne connaissez pas encore ce groupe et que vous êtes un amateur du genre qu’il pratique, précipitez-vous ici.

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En conclusion, Xtrem Prods nous a encore présenté une soirée métal de grande qualité, malgré les aléas de la technologie qui aurait pu transformer ce spectacle en désastre total. Les cinq groupes présents ont livré des prestations de haut niveau et je dois féliciter particulièrement Unbreakable Hatred qui ne s’est pas laissé décourager par un problème technique de taille; c’est la marque des grands groupes de continuer dans l’adversité. En terminant je désire encore remercier Corinne et Mathieu pour les accès, Alex Deleon-Cativo pour les photographies et vidéos de la soirée, ainsi qu’Alexandre et le personnel de l’Agitée pour leur excellent service aux assoiffés.

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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