• Une soirée intense aux Katacombes

    Posted by Alison on August 16th, 2015

    Alors que la majorité d’entre vous étiez au «Heavy Montréal», je m’exécutais à composer le compte rendu du spectacle qui, pour moi, valait à lui seul le déplacement Gaspésie-Montréal. L’événement 100% québécois en question s’est déroulé aux Katacombes et a été orchestré par Evenko/Greenland Production ainsi que Grimposium, que je remercie de m’avoir gracieusement accueillie.

     

    6 août 2015 Affiche Gorguts

     

    Au moment où Hybreed Chaos ont pris possession de la scène, les Katacombes étaient déjà pleines à craquer. À mon arrivée, la prestation du groupe avait débuté et bien des adeptes de l’un des trois bands à l’affiche avaient dû rebrousser chemin, penauds, sans même avoir pu pénétrer l’endroit. Il faut dire que c’était plus que prévisible; la salle ne peut accueillir qu’un nombre restreint de personnes et avec la soirée que l’on nous promettait pour la modique somme de 10$, il était évident que les billets disparaîtraient en un clin d’œil.

    Néanmoins, ceux qui ont répondu à l’appel ont eu droit à une excellente prestation à la sauce old school comportant toutefois une touche qui se veut progressive et expérimentale de la part de la formation montréalaise dans laquelle nous pouvons retrouver Franck Camus (batterie), Francois Dextradeur (guitare), Sébastien Côté (basse) et le très énergique François Toutée (vocal). Ils nous ont écrasé avec leurs morceaux, majoritairement tirés de leur album «Dying Dogma», à l’exception d’une toute nouvelle composition dont le titre m’échappe. Quoi qu’il en soit, je n’ai reçu que de bons commentaires quant à la performance délivrée par cette formation qui a su donner le coup d’envoi à cette soirée riche en brutalité et en grassure!

    Teramobil ont suivi et nous ont donné toute une leçon avec leur musique mathcore/expérimentale. Le band est composé de Mathieu Bérubé (guitare), d’Alexandre Dupras (batterie) et de nul autre que Dominic «Forest» Lapointe (basse), que j’ai eu l’occasion d’observer sur scène avec plusieurs autres de ses bands, nous a donné une sacré raclée musicale sur sa 5 cordes fretless. Le tout était d’une rapidité ahurissante et le fait que le groupe soit instrumental marquait à mon avis une belle transition entre la musique de Hybreed Chaos et celle de Gorguts qui est très technique, mais qui laisse place à un vocal des plus prodigieux. La seule chose déplorable à s’être produite durant la performance de Teramobil est à mon avis le pit; le fait qu’ils aient su en déclencher un est bien loin d’être un problème en soi, mais il y avait longtemps que je n’avais pas pu observer des gens thrasher de manière aussi désarticulée et grotesque. À chacun son opinion, mais nombreux sont ceux avec qui j’ai discuté qui n’ont eu aucun plaisir à se faire brasser la cage ce soir-là.

    Vingt-trois heures tapant, l’apothéotique formation Gorguts fait son apparition sur scène. Assistant à l’un de leurs spectacles pour une quatrième fois depuis la sortie de «Colored Sands», je savais que j’allais me régaler. Les sincères remerciements de Luc Lemay (ai-je vraiment besoin de le présenter?) tout au long de leur set étaient particulièrement émouvants. On sentait qu’il était fier de jouer à Montréal, «par che’ nous», comme il dirait, et son désir de nous livrer la marchandise était palpable. Nous avons eu droit aux quatre premières pièces de «Colored Sands», ainsi qu’à des pièces de «Obscura», la chanson titre de «From Wisdom to Hate» et la cerise sur le sundae… «ORPHANS OF SICKNESS»! À ce moment précis, j’en suis venue à me demander si la petite scène des Katacombes n’allait pas crouler sous la lourdeur de leurs assauts (riffs, pour les intimes). Un peu après minuit, ils quittaient la scène. Après avoir reçu un rappel chaleureux, Luc Lemay est venu sur scène pour nous expliquer qu’il était impossible pour eux de nous en donner davantage, leur répertoire ayant été entièrement présenté. Ce n’était pas de mauvaise foi, il faut comprendre que le groupe n’a pas l’occasion de pratiquer régulièrement, Kevin Hufnagel (guitare) et Colin Marston (basse) vivant à plusieurs kilomètres de notre belle province. Néanmoins, leur public en a eu pour son argent et ce n’est pas peu dire. Ceux qui ont manqué cette prestation (ou celle qui suivait le lendemain au «Heavy Montréal») peuvent s’en mordre les doigts puisque la formation ne réchauffera les planches d’aucune scène avant 2016. Travaillant présentement sur l’écriture d’un nouveau chef-d’œuvre (qui en doute?), nous pouvons tout de même espérer les revoir le plus tôt possible avec du nouveau matériel à offrir en échange de notre patience face à cette attente qui me semble déjà interminable (moins que les douze années dont nous avons jadis soufferts par contre). Ah, Gorguts! Ce jeudi soir, encore une fois, vous nous avez prouvé que vous savez encore faire vibrer l’âme de bien des Québécois et ce, en dépit de tous les changements survenus au sein de votre formation au fil des années!

    Alison Rioux

     

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