• Triple Lancement – Triple Blast

    Posted by Lex Ivian on May 17th, 2015

    Paroxysm 25 avril affiche

     

    Le 25 avril dernier avait lieu un moment spécial sur la scène locale québécoise aux Katacombes de Montréal alors que trois groupes, Abitabyss, Obsolete Mankind et Paroxysm lançaient simultanément leur album. Spécial c’est sûr parce que c’était trois lancements, surtout qu’on parle de groupes regroupant des vétérans musiciens de la scène. Mais au-delà d’un triple lancement qui est déjà beaucoup en soi, le spécial que je veux souligner est que la soirée offrait de la musique quasi 100% francophone alors que seul Obsolete Mankind ont aussi des pièces en anglais sur leur album. Je prends la peine de souligner ce côté francophone parce que trop de personnes pensent à tort que le français ne sonne pas bien et l’utilisent ainsi que d’autres fausses excuses du genre pour justifier le fait de chanter en anglais. Fin de la parenthèse.

    Lorsque je suis arrivé sur place, déjà plusieurs personnes s’amassaient à l’intérieur du temple underground de Montréal. Toujours plaisant de voir une place qui se remplit avant le début de la soirée et surtout ça permet de jaser pas mal plus avec tout le monde avant que tout commence. Pas besoin de vous dire qu’à peu près tout le Who’s who de la scène underground brutale montréalaise était sur place.

    L’ouverture de la soirée offrait le retour à Montréal de la troupe un peu bizarroïde de l’Abitibi, Abitabyss. D’ailleurs à entendre la foule qui remplissait maintenant quasi complètement la place leur lancer toutes sortes de commentaires allant des bienvenus chaleureux aux remarques saugrenues, il y avait plusieurs amis et fans dans la salle qui étaient contents de les revoir. Pour ceux qui, comme moi avant cette soirée, ne les ont jamais vu, imaginez Village People mais en format grind death. Donc sur scène, il y avait un mineur (batterie et voix), un chasseur (guitare), un pêcheur (voix) et un genre d’éclaireur à la Davy Crockett/Daniel Boone (basse). Belle job au niveau des costumes et quelle belle vignette touristique pour illustrer les attraits de l’Abitibi! J’ai été surpris de voir que c’était Audeath, mieux connu pour sa participation dans les groupes black Cryptic Howling et Black Empire, qui assurait les vocaux, surtout que ni leur facebook ou autres plateformes ne le mentionnent. J’imagine qu’un jour les mises à jour se feront. Donc comme je disait, Audeath était au vocal principal. Il me disait après leur prestation qu’il trouvait ça cool de faire partie d’un groupe au style différent car ça lui permettait d’exprimer d’autres choses et d’une manière différente. Je dois avouer qu’il fait une maudite belle job dans un registre grind death. Sorti de son carcan grim de black metalleux, il a très bien campé son rôle humoristique et théâtral simulant même avec son pied de micro une carabine pour «Chassassination» et une drill à muck pour justement «Muck Drill Blast», en plus d’avoir une approche bon enfant avec la foule lors de ses interventions entre les pièces. Ses interventions ont aussi permis quelques bons échanges comiques avec Raoul au drum qui met à profit pour se mêler de la conversation le micro qui lui sert pour faire aussi des vocaux. La foule aussi, comme je disais, s’est mise de la partie et s’est dans la bonne humeur brutale que s’est déroulé leur set. Musicalement, ça été une tonne de brique. C’était intense, c’était dense et plus d’une personne qui de toute évidence ne les connaissaient pas avant, m’ont mentionné être agréablement surpris bien qu’il n’y ait qu’une guitare. Maudite belle job pour ouvrir la soirée.

     

    Obsolete Mankind suivait sur scène et Marie-Hélène a dit qu’ils nous joueraient l’album «False awakening» au complet plus 2 nouvelles pièces. Cool, 2 nouvelles pièces ça augure bien. Leur album vient de paraître mais ils sont déjà en travail depuis un bout pour le suivant. Comme toujours, ils se sont lancés furieusement. Par contre, ça s’est arrêté vite, la double pédale de bassdrum ayant lâché. Pendant le remplacement, Marie-Hélène s’est aussi permise une petite pointe d’humour(!!) s’excusant pour le mauvais timing du bris parce qu’elle n’avait pas préparé de jokes ou d’anecdotes à raconter puisqu’elle s’était fait dire de garder les interventions au minimum. Une fois le problème réglé, la violence est repartie de plus belle. Un assaut en règle qui ne laisse que peu de répit car leur brutal death est à fond la caisse la majeure partie du temps. D’ailleurs, ça se reflétait dans la réaction de la foule qui semblait un peu tétanisé sur place par moments par le barrage sonique mais qui se déchaînait lors des ralentissements groovy comme pour la pièce «Distance» un slow death groovy à mort qui a enflammé le plancher. Parlant des ralentissements groovy, je dois dire que pour ma part ce sont les moments où j’apprécie le plus la voix de Marie-Hélène qui se permet alors des couplets chantés avec mélodie. C’est aussi le moment où je trouve que sa voix sonne comme celle de Barnes. Dans les passes rapides, elle a aussi une façon de terminer certaines phrases avec un pitch aigu particulier qui me fait penser à la fameuse passe de guitare de Dimebag. Bon ok vous avez compris que j’aime bien ses vocaux. Remarquez que ça n’enlève rien aux autres car comme j’ai dit tout en haut du texte, ce sont des vétérans, des musiciens chevronnés et ça parait. L’exécution est sans faille et c’est justement ce qui gèle la foule par bout. Les fans veulent les regarder faire leurs passes. Et bien vous aurez la chance de les voir et revoir à Trois-Rivières le 13 juin avec Crosstitution et Accursed Spawn. ou encore au mois d’août lors du Obscene Extreme America.

     

     

    Paroxysm avait promis dans les semaines précédant le spectacle de nous en mettre plein les oreilles en jouant eux aussi l’intégral de l’album qu’il lançait. Promesse respectée, c’est ce qu’ils nous ont fait avec application. Et au risque de me répéter, c’est exécuté encore une fois avec brio. «Voracité» m’a permis de retrouver ce que j’appréciais de leur album précédent mais en plus cette fois-ci, ils ont fait quelques explorations black metal. J’ai parlé de plein les oreilles mais les voir sur scène offre plus que ce que vous entendez sur CD avec la performance débiloépileptique de Sébastien au vocal. Imaginez un gringalet en transe qui vomit des paroles en spasmes épileptiques. Imaginez une version maigrichonne de Barney de Napalm Death si vous n’avez toujours pas compris. Toute une belle job encore une fois et toute cette frénésie est très bien appuyée par ses partenaires qui livrent la musique avec assurance et brio. Et la frénésie débordait toujours dans la foule alors que le devant de la scène était une marée de corps s’entrechoquant en vagues successives. Je ne ferai pas le mauvais jeu de mot de dire que le show avait atteint son paroxysme (!!) mais l’escalade d’énergie avait fait son oeuvre. La foule en voulait encore quand tout s’est terminé, vous vous en doutez bien.

     

     

    Le triple lancement mérite amplement un triple Hourra. La soirée était parfaitement organisée et s’est déroulée rondement dans une atmosphère de franche camaraderie où tous, les fans autant que les musiciens et les membres du personnel des Katacombes arboraient leur plus beau sourire de contentement tout comme moi. Je remercie d’ailleurs Marie-Hélène chanteuse d’Obsolete Mankind pour l’accès au spectacle.

    Lex

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