La Décapiteuse # 7

Décapiteuse Marryah Noch

 

La Décapiteuse # 7

Bovine – The Sun Never Sets on the British Empire

2013, jusqu’à date, c’est un ramassis de progressif technique, de jazz fusion meets blues flourishes, et de power metal théâtral. Ces trois styles sont ceux qui dominent le plus mon radar ces temps-ci en terme de nouvelles releases et honnêtement peu importe à quel point j’peux commencer à trouver que certains des albums correspondant à ces trois catégories réussissent à me convaincre assez fort pour que j’analyse leur potentiel en m’étalant sur les détails à en plus finir (si vous écoutez mon show, vous l’savez en masse; j’suis obsédée et vraiment pointilleuse) j’suis contente en sale quand j’finis par me ramasser sur des albums qui abordent des sous-styles qui sont moins dans le spotlight depuis Janvier. BOVINE, c’est une formation de Birmingham (UK) qui a été emmenée sous mon oeil scrutateur par Scott Alisoglu de Clawhammer PR plus principalement. Il m’a convaincue de porter attention à ce que je considérais au début être un espèce de post-rock assez plate et prétentieux merci. En ce sens, vous allez facilement vous imaginer ma surprise quand, suivant son conseil, je suis allée me claquer leur 2e promo track  »Thank Fuck I Ain’t You », et que j’ai découvert un espèce de version réinventée du grunge des plus primitifs des années 90 qui est tout simplement plus renversant et ahurissant que le ALICE IN CHAINS moderne que j’ai pu entendre et apprécier sur  »Black Gives Way to Blue ». L’énergie qui émane de chacune des tracks de l’album me fait aussi penser à ce que j’apprécie particulièrement de  »Bleach » de NIRVANA; le frontman s’époumonne comme un damné autant qu’il sait s’armer d’un sens de la mélodie expérimentale mais absolument spot-on. Le drummer est en psychose totale en vargant sur son kit comme s’il jouait du death metal mais en prêtant son agressivité au contexte, harmonieusement. Notez que cet album-là est releasé par FDA Rekotz, label qui back habituellement du death metal oldschool totalement dépourvu du sens des compromis (en d’autres mots, si vous êtes un accro du DM, vous devriez savoir que cette compagnie va vous rendre muets comme des carpes à force de vous faire découvrir du stock de malade que vous connaissiez pas avant qu’ils se fassent signer par eux). C’est pas rare que je donne des 10/10 au matos promotionnel qu’ils m’envoient, dans ma tête ils sont parmi l’élite des labels underground. BOVINE, c’est une preuve assez solide qui mérite ce rating et absolument rien de moins.

 

 

Flotsam and Jetsam – Ugly Noise

Étant pas totalement familière avec le vieux stock de F&J, j’me suis ramassée à écouter  »Ugly Noise » à travers un filtre assez clean slate merci; étant quelqu’un qui suit l’actualité et qui entend toutes les nouveautés à mesure qu’elles font surface sur Blabbermouth, je savais aussi que ces gars-là sont pas du tout obsédés avec l’idée folle de faire la même affaire pendant des années de temps en boudant leurs besoins créatifs, peu importe à quel point ceux-ci peuvent devenir loufoques et éloignés de leur style de base. Pour ceux qui l’savent pas, ces dudes-là sont un band de thrash de renommée qui ont déjà travaillé avec Jason Newsted. Quand j’ai entendu un preview de leur nouveau stock une coupe de semaines avant d’entendre l’album, je trouvais leur approche assez timide, sauf que j’avais un bon feeling que chacune des tracks aurait une identité unique au lieu d’être un espèce d’arrache-pied qui sonne comme la même toune garrochée dans ma face douze fois d’affilée. Là-dessus, j’avais pas tort – ils perdent pas leur côté thrash mais y intègrent des hooks catchy et accessibles. Jusque là, ça sonne comme un cauchemar des plus merdiques mais attention; c’est le genre de hooks qui sonnent années 80 en masse. Le desesperado dans la voix du chanteur est absolument sincère et charismatique mais il essaye pas d’emmener une vibe Beauty & The Beast – il réussit plutôt à avoir un vocal plus on-the-dial que Chuck Billy par example, et parlant de ça, les tounes mid-tempo qu’on a ici font très TESTAMENT. La production est un peu dans le même style que leur vieux stock, étant assez thin et airy, mais ici c’est une maudite bonne affaire, ça se prête au contexte un peu libertin du songwriting. Pratiquement la moitié de l’album nous garroche des tounes qui sont assez débiles pour être considérées comme des gros hits; la deuxième partie devient un peu worn out et gossante à écouter vu que le mood des lyrics et la musique semblent pas fitter ensemble et la note est visiblement plus forcée. L’authenticité des premières tracks est telle que si l’album au complet était aussi bon que le début l’est, ça s’aurait mérité un beau gros dix, mais je reste sur le 7.5 ici. Cet album-là a une grosse valeur pour moi sur le plan personnel et ça risque d’être pareil pour ceux qui aiment le thrash mélodique fâché et sombre à souhait, mais techniquement, je l’aurais raccourci pour assurer une efficacité qui se plante pas face la première sur le ciment à mi-chemin.

 


Memory Garden – Doomain

Comme j’disais plus tôt cette semaine sur mes heures de travail en me promenant sur Face de Book pendant mes petits breaks entre mes listening sessions matinales, c’est fou à quel point CANDLEMASS s’est cassé la gueule solide avec leur dernier album (presumably leur espèce de swansong). J’ai pas du tout catché leur intention avec le feel ou la direction du songwriting sur ce CD et je suis tout de même encore et toujours adepte de  »Death Magic Doom ».  »DmD », c’est un album qui m’a fait commencer à apprécier ce qu’on appelle communément le Epic Doom Metal et ceci est la raison qui explique pourquoi j’ai commencé à adopter CANDLEMASS et à me claquer cet album-là un bon quinze fois par mois dans ma début-vingtaine. Le fait qu’ils aient quitté la scène sur une note plus fétide m’a carrément déçue et surprise. N’empêche que y’a moyen de se consoler; MEMORY GARDEN nous arrivent sur Metal Blade avec  »Doomain », qui prouve de façon draconienne qu’ils sont juste dix fois mieux que l’idée qu’on peut se faire d’eux à la première écoute de leurs promo tracks. Leurs riffs sont lugubres et cassants, leurs hooks sont du génie qui impressionerait probablement Tony Iommi, leurs mélodies donnent des frissons dans le cerveau, et leurs expérimentations sont toujours des maudites bonnes idées. Je m’explique sur ce dernier point; les projets scientifiques au coeur d’un style qui se prête pas vraiment aux tournures de songwriting bizarres, c’est souvent hit and miss et surtout honnêtement loin d’être nécessaire, mais sur un album comme  »Doomain », les gars ont un sixième sens – ils détectent pratiquement toujours ce que la personne qui écoute veut entendre à mesure que l’album avance. L’élégance de leur approche est tellement notable et expérimentée que c’est facile de dire que ces gars-là sont le signe principal que ce style-là est pas en train d’étouffer cette année, enfoui en dessous des soundtracks de laboratoire prog qui ont le don de remplir l’espace de stockage de ma inbox de manière presque surreal dernièrement.

 

 

En gros, je suis satisfaite de ma semaine; ces trois albums-là vont marquer tout le monde sans exception. Si vous prétendez vous en sacrer complètement c’est que vous avez mal écouté.

Pour entendre des extraits, branchez-vous sur mon show,  »C.R.O.C. Underground Metal », que ce soit directement sur Ondes Chocs, ou en téléchargeant en suivant mon lien Podomatic cette semaine.

-Noch

La Décapiteuse # 6

 Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse # 6

Qu’on se le cache pas – peu importe le sous-style abordé de bord en bord sur un album (même si ça s’adonne à être du progressif avec une âme d’une puissance capable d’arracher la tête à n’importe quel sceptique, ou du death métal assez morne pour être la meilleure soundtrack à traîner par une journée hivernale dégueulassement frette comme les dernières que le Québec a enduré au coeur de ce touchant faux début de printemps auquel on a eu droit cette année) si les ingrédients de la recette sont mal dosés, on se retrouve avec le genre de CD qu’il est particulièrement tricky de pas vouloir garrocher au bout de nos bras. Aussi, certains sous-styles fittent pas ensemble, et par souci d’expérimentation (ou encore d’adhération un peu trop automatique aux modes courantes) certains bands insistent pour mettre de l’eau dans leur vin et le résultat est loin d’être avantageux. J’entends beaucoup de stock récemment qui est ruiné par cette caractéristique en particulier – pas besoin de faire des courbettes quand t’as un bon son. Comme y disent, parfois,  »less is more ».

Les bands qui ont le plus d’impact sont ceux qui restent fidèles à leurs influences et à leurs racines – j’ai eu l’honneur de jaser de ça avec nul autre que Tony Dolan (The Demolition Man) au courant de la semaine passée. Si vous savez pas, ce gars-là est dans MPIRE OF EVIL (VENOM ré-inventé, rien de moins). C’pas pour rien que des bands légendaires comme eux refont surface et sonnent comme exactement les mêmes dudes qu’au début de leur carrière, au lieu de se cacher sous une façade mainstream cernable par touts les connaisseurs. Ceci dit, surveillez la sortie de  »Crucified », leur petit nouveau, le 7 Mai. C’pas mal le meilleur stock que j’ai entendu dans les sept derniers jours; et j’ai entendu une seule promo track,  »Taking it All », et c’est exactement ça que j’passerais mes journées à écouter comme type de métal pour me rafraîchir l’esprit et m’aérer la patience; c’est complètement dépourvu de prétention, et même la production est loin d’être surfaite. Si vous aimez ce que c’te gang-là nous emmène, vous comprenez exactement pourquoi du monde comme moi sont aussi mordus de musique. Écoutez-moi c’te vocal-là – on jurerait Lemmy. Si vous l’saviez pas déjà (faites vos devoirs, batince) leur premier album  »Hell to the Holy » est sorti le 26 Mars 2012 et c’était c’que j’appelle du oldschool thrash vraiment crass (dans mon monde, c’est un VRAI compliment) meets du heavy metal complètement enragé plus traditionnel avec une touche légèrement Texanne qui me donne l’impression que PANTERA c’est un des bands fétiches des gars. Ça s’entend assez facilement – si vous êtes toujours pas convaincus, laissez-moi vous promettre qu’en passant assez de temps avec l’album, vous allez entendre même du fucking BLUES (parce que oui, c’est possible d’intégrer cette approche à du métal violent; si vous connaissez votre affaire anyway, vous savez que trop bien que le métal ça aurait jamais existé si le blues avait pas autant pogné back in the day). J’espère assez vivement que tous ces éléments vont clairement refaire surface sur  »Crucified » – jusqu’à date j’me fais dire par Tony que ça va être brutal, presque plus que Hell to the Holy, à en juger par son enthousiasme assez énergisant merci. Les tounes brutales sur l’album d’avant le sont vraiment beaucoup – ça va être assez dur à topper en terme d’agressivité complètement incontrôlée. Ceci dit, MPIRE OF EVIL a le don pour créer des riffs mémorables, et des mélodies complètement macabres qui sont tellement badass que j’dois dire que j’espère en savourer un peu plus parmi les tounes plus thrash qu’ils promettent de nous servir. Voici « Hellspawn » de leur 1er album.

 

 

Parlant de blues, y’a moyen de faire fusionner ça avec une touche de jazz et avoir comme résultat un espèce d’album de hard rock « on steroids » qui fait penser un peu à c’qui serait arrivé si Santana et, disons, ZEPPELIN ou DEEP PURPLE avaient décidé de se réunir dans un petit chalet perdu dans le fin fond des fin fonds pour jammer pendant une coupe de semaines en enregistrant pas mal tout sans se soucier de remixer ou remasteriser comme des obsédés complètement finis. Si vous surveillez pas mal la scène rock and roll ces temps-ci, vous savez que des albums de même, y’en sort de plus en plus – c’est une esti de belle vague celle-là. CLUTCH sont rendus sur cette avenue-là avec  »Earth Rocker », un de mes albums fétiches de 2013 qui va sûrement être dans mon top 10 en fin d’année. PINNICK GALES PRIDGEN ont fait surface sur Magna Carta avec un blues plus accessible mais quand même assez entraînant par bout, ce qui a probablement fait de leur Self-Titled, une certaine inspiration pour des nouveaux bands qui se ramassent sur mon radar de plus en plus souvent dernièrement – honnêtement, quand j’pense à CLUTCH et  PINNICK GALES PRIDGEN, j’ai pas mal de misère à pas avoir l’impression que DOUBLE TREAT sont accros à ces deux albums. Ça vous donne une assez bonne idée à quoi vous attendre en vous claquant leur prochaine release sur Sleaszy Rider Records,  »Wander Thirst ». Je vous avoue qu’à partir de la première toune j’étais pas nécessairement vendue – c’est un CD qui doit être écouté d’un bout à l’autre, comme si c’était un film, pour être vraiment  »catché » par la personne qui écoute. Le format est un road rock assez safe et flat en commençant mais ça devient un espèce de blues vs. jazz facedown assez rapidos – plusieurs guest guitarists (incluant celui d’ACID DEATH qui est, soit dit en passant, un band grec dont pas assez de monde connaissent l’existence, dig it up) s’échangent le spotlight ici pour forger un album auquel je risque d’être accro tout l’été. J’avais mauditement hâte de découvrir un projet qui me donne l’impression d’être tombée pile dans une vibe 70s qui relève autre chose qu’un vintage doom macabre ou du progressif – je m’attendais pas à ça mais ces gars-là m’apportent le morceau manquant du puzzle avec la touche Santana que j’attendais et faut se le dire, ce dernier est pas tellement impliqué dans le rock and roll ces temps-ci mais encourage surtout la pop; y’a moyen de se consoler avec DOUBLE TREAT qui réussissent à invoquer sa vibe dans un contexte pas mal plus intéressant à écouter.

 

 

Dans un tout autre ordre de pensée, j’ai été surprise en sale quand j’me suis claquée  »Cube 3 », de SUPURATION. Listenable Records ont le don d’endosser des bands qui osent pousser le vice en terme de son obscur et profondément inaccessible et EXTRÊMEMENT propice à une digestion progressive plutôt qu’instantanée chez ceux qui se sentent assez aventuriers et ouvert d’esprit pour écouter avec un enthousiasme assez geeky merci. La bio du band me dit qu’ils sont du genre à se faire discrets sur de longues périodes entre chaque album et disons que c’est assez comprenable – l’album au complet est plus que progressif – la complexité à laquelle j’ai eu droit en écoutant, c’est du stock d’une rareté frappante, même avec la trolée de bands de prog qui ont fait surface tout l’hiver. Ce qui me gosse un peu, je l’ai résumé assez amplement sur ma page Facebook tout de suite après avoir tenté fortement d’apprécier l’approche – tentative qui m’a échappé en bout de ligne, j’ai vraiment pas réussi à accrocher autant que je l’aurais voulu.

 »Mettons que j’réalise que j’aime pas mal plus les albums qui dénombrent un paquet de tounes complexes qui contiennent environ 80 revirements de songwriting structure versus une approche qui privilégie la répétition méditative d’une même part au coeur d’un ramassis de riffs assez mathématiques pour faire badtripper un prof d’algèbre. Pas grave si une toune est méconnaissable rendue aux 2 dernières minutes de sa durée totale de 8 minutes; au moins on a droit à du rebondissement. Un zone-out total au coeur d’un paysage déjà abstrait et plus toff à digérer, ça rend un album, qui aurait pu être phénoménal, assez monotone et platonique. Dommage, le nouveau SUPURATION, j’aurais aimé ça embarquer dedans un peu plus. Next time maybe. »

Je pense pas que y’a moyen de mieux résumer  »Cube 3 » que par une longue phrase incrédule dans le genre. J’adore le prog – disons juste que faut savoir bien balancer les assets de ce style pour l’exécuter de façon mémorable. Voici « Consumate » tiré de « Cube 3 ».

 

 

J’suis un être assez abstrait (et parfois même dur à suivre, j’en conviens) avec des goûts très finement ciblés et j’suis difficile comme dix mais je pense qu’en critique musicale, c’est important d’être conciliant, et de savoir éviter de généraliser, et de se dire qu’at the end of the day, le cas par cas, c’est la seule manière objective de savoir analyser chacun des albums, bands, et sous-styles qui se présentent à nous, gens très choyés des médias. En ce sens, TOUS les styles sans exception ont des surprises à offrir, des jambettes à faire à ceux qui pensent qu’ils connaissent chacun des trilliards de bands qui font un type de métal en particulier. C’est impossible de tout connaître. Vous voulez en savoir plus sur mes analyses personnelles, mon regard sur l’univers du métal, et vous avez pas peur des opinions tranchantes?

Écoutez mon show tous les dimanches sur Ondes Chocs à 20h.

Noch

 

Shredder, breaker, riffer … on parle tu de musique, là?

373043_127594014083308_1634621690_n[1]

* Oui, on sait que les groupes ont changé et n’étaient pas ceux du flyer! (NDLR)

Ce qui est cool avec les shows intimes, c’est la vibe crissement oldschool. Je m’explique. Quand le public est restreint à une quinzaine de personnes en fin de soirée, la grosse majorité impliquée directement dans les bands ou des médias quelconques, t’as l’impression d’être dans un genre de party VIP dans lequel t’as soudainement l’occase de rencontrer ta famille éloignée. Les problèmes de la vie quotidienne prennent un backseat et y’a rien d’autre qui compte que te garrocher à terre à moitié sur le son endiablé d’une musique authentique qui te rentre dans le système comme une tonne de briques; ce feeling est la plus splendide drogue qui existe et mon fix est jamais assez fort. Je suis effectivement une fille salement difficile et sélective en termes de c’que je trouve écoutable, en passant par c’que je juge être prometteur, jusqu’aux rares cas ou j’suis complètement prise au dépourvu par à quel point le son d’un band peut me faire devenir fan de leur stuff après un seul set. J’avais aucune idée à quoi m’attendre en me préparant mentalement pour cette soirée sous le toit du Woodstock à explorer les goûts (que j’estimais correctement comme étant sans doute très éclectiques) de Mr. Raphaël Parent, propriétaire de Wolf Productions, sa business indépendante qui portera un fruit savoureusement rafraîchissant dans les mois qui viennent s’il continue d’emblée à pousser bravement sa luck en introduisant le public à des bands qui essayent pas de sonner comme personne d’autres qu’eux-mêmes et qui prennent un plaisir coquin à mélanger plusieurs sous-styles de métal de mille et une façons auxquelles je ne pouvais vraiment pas m’attendre même en essayant de deviner à quoi j’aurais affaire en me basant sur le son du band de Raph, INFECTED KARMA (que j’ai pu apprécier avec un enthousiasme bien avoué dans ma dernière critique pour le show de HOLLOW au Magog, début Mars).

À mon entrée au bar vers 18h45 (j’étais arrivée en avance surtout pour gauger la vibe et le type de public qui caractériserait ce show, et j’dois avouer que je trouve les soundchecks intéressants et révélateurs à regarder, blâmez ma passion pour les détails; on parle de musique, après tout) j’ai été assez ahurie de voir que l’endroit était loin d’être bondé. Le band était dans la grande salle de show et le côté pub était absolument désertique. Le show devait normalement débuter à 19h – ce que j’ai trouvé sensass dans tout ça, c’est que le staff impliqué dans cette soirée (du booker en passant par les membres de CHARIOTS) avaient beau sembler stressés par le côté loufoque de la situation (dur à croire qu’une salle peut être vide avant un show de cette envergure; écoutez le dernier album de CotG,  »Tides of War », et vous allez saisir mon point de vue et admettre qu’il n’est pas d’un enthousiasme exagéré voire cheesy) ils réussissaient à bien compartimenter l’utilisation du temps qu’ils avaient sur les bras et n’ont pas semblé excessivement frustrés par l’anicroche. J’ai eu l’occase de jaser un peu avec un de leurs deux guitaristes, Dimitri Gervais. J’ai pas hésité pour lui sortir que je suis normalement très difficile à impressionner et que même avec mon esprit de tête dure complètement inégalé, j’ai été complètement foudroyée par l’intensité de  »Tides of War ». Il a pris le compliment avec une appréciation humble et terre-à-terre; il me semble être un dude très professionnel et son approche est bien plaisante. Jasette à part, malgré le fait que la bâtisse dénombrait probablement un gros max de dix personnes sur les lieux même autour de 19h, je savais que le show serait quelque chose de mauditement cru et hallucinant et j’ai pas manqué de passer cette remarque à ma tendre moitié qui m’accompagnait pour la soirée – il n’avait jamais entendu CHARIOTS avant et je lui ai assuré que ce qu’il verrait sur scène le ferait devenir fan. J’reste sur mon feeling qu’il a largement vu que je suis loin de pas savoir de quoi je parle.

En suivant le conseil bien placé de Dim, j’ai éventuellement décidé d’aller casser la croûte et me claquer un (soit-dit-en-passant excellent, essayez-le) Gin Tonic au chic et paisible pub Liverpool à quelques pas de la salle de show après avoir appris que finalement, le premier band serait prêt pour 21h et quart. À cette heure, j’ai effectivement pu découvrir que la cue était bien placée; j’entrais au vestiaire pour y laisser mon coat de fourrure et j’entendais déjà la foule s’enthousiasmer pour le set de BLACK ABSINTHE qui a commencé avec une énergie qui a pas manqué de me rentrer dedans même en étant encore sur le bord de la porte. J’ai judicieusement évité de m’acheter un pichet en rentrant – j’étais déjà sur un feeling assez fêtard mais toujours assez frais pour avoir un esprit critique et non pas seulement hyperactif et distrait par un rush d’alcool, et je me suis avancée au devant du stage en arborant une expression que je savais être assez facile à lire: des yeux curieux, peut être un peu rieurs, et un scepticisme marqué, mais j’avais quand même un sourire en coin et je tâchais, avec un succès progressif, de me laisser absorber par ce que j’avais devant moi: je n’en avais aucune idée même en organisant ma participation au coverage médiatique de ce show et j’ai pu apprécier la surprise de constater que ces gars-là ont un son qui mélange pas mal d’influences que j’aurais jamais cru entendre dans un seul et même contexte en termes de songwriting. BLACK ABSINTHE sont une formation de Toronto qui semble se faire progressivement un nom assez respecté à force de faire des shows et j’ai pu comprendre le pourquoi du comment de tout cet engouement en ne manquant pas de noter tout ceci et rien de moins: ils mélangent une vibe extrêmement punk à la base avec des touches oldschool grunge (à la Bleach-era NIRVANA) et gardent ce background comme base assez régulière de toune en toune. Ils ajoutent à cela une bonne couche très évidente (en tout cas, selon moi) d’influence New Wave of British Heavy Metal, se concentrant surtout sur l’aspect plus rock and roll de ce sous-style – je me dis qu’ils sont sans doute de très grands fans de bands underground comme ZUUL en se rendant jusqu’au top du totem avec des bands comme MAIDEN et JUDAS PRIEST (dont ils ont fait un cover assez dynamique –  »Breaking the Law » est toujours le fun à voir en show et à écouter, essayez de me dire le contraire et de vous trouver convaincants – vous réussirez pas). À cela, des blastbeats occasionnels et des petites exploitations du côté plus smooth du progressif (à la OPETH tranquille) se marient promptement et sans trace d’un manque de structure concise; j’étais, au début, estomaquée par le nombre d’expérimentations que j’avais devant les yeux et de l’agencement avec l’énergie des trois gars qui jouaient leur stock comme s’ils étaient nés sur un stage à le shredder avec à peu près autant de brio. C’était comme si c’était aussi naturel pour eux que se lever le matin et se faire un café – et aussi exactement aussi simple que ça – ceci m’a assez marquée pour que je considère sérieusement l’option de travailler avec eux sous le toit du label dont je suis co-propriétaire, Mulligore Production. Je vais citer Jack Black brièvement pour illustrer mon point de vue: il a déjà dit, en entrevue, que les bands qui ont le  »magma » créatif et scénique existaient dans les années 80 et 90, mais qu’aujourd’hui, ils sont aussi absents de la planète que les dinosaures, Godzilla, Monsieur Quaker, Donald Duck, Jésus Christ, et le fucking Santa Claus. Je lui réponds qu’en scrutant l’underground, tu peux facilement découvrir des bands qui ONT le magma dont il parle et BLACK ABSINTHE en est un. Ils sont Canadiens, et ont l’aptitude de mélanger des influences provenant de tous les recoins de la planète en une seule et unique approche qui est très bien traduite sur scène, même en étant victime d’un traitement sono qui laissait à désirer (les micros étaient placés un peu trop proche des amplis, et ce qui s’en résultait était un son tantôt trop fort et imprécis, tantôt plus discernable mais quand même assez difficile à écouter; c’est la seule chose que je déplore de ma soirée, le stage set-up aurait pu être fait autrement). J’ai donc conclu que j’allais passer du temps avec le EP de ces gars-là pour me faire une idée encore plus nette et précise sur leurs outils d’attaque. Un certain temps plus tard, j’ai lancé un sourire complice à Jack, le chanteur et guitariste du groupe qui est soit dit en passant un bon vivant, que ce soit sur scène ou hors-scène. Il est venu me piquer une jasette en me soulignant qu’il a bien apprécié de me voir headbanger autant durant leur set et que ça l’avait vraiment mis dedans et contenté. Il était d’un enthousiasme débordant avec  »YOU ROCK » par-ci et autres qualificatifs positifs par-là; il a bien cerné le fait que j’avais été impressionnée par ce que j’ai vu. J’en ai donc profité pour lui lancer la balle et lui demander s’il était en discussion avec des labels présentement – après avoir eu quelques révélations intéressantes sur le stock sur lequel le band travaillera prochainement en studio, nous avons échangé des p’tites cartes ( »we’re trading effin’ caaaaards, mannnn, how cool is that?? », lance Jack, le trippeux visiblement oldschool jusqu’à l’os) et je lui ai promis que je garderais contact. Il est largement possible qu’on travaille ensemble prochainement et je trouvais vraiment cool d’avoir une chance de découvrir un band que j’aimerais signer par le biais d’un show local; les surprises en finissent pas.

Le groupe BEYOND THESE WALLS, et ils l’avouaient sur la page d’événement du show sur Facebook bien avant la date de show, sont un nouveau band qui n’avait jamais monté sur scène avant. Le propriétaire de Wolf Productions (Raph) m’a informée (entre les sets) du fait que la plupart des gens dans la foule étaient des amis proches des membres du groupe. J’ai pu noter que même à mi-soundcheck, cette trolée de personnes vraiment très enthousiastes s’est rassemblée sur le devant du stage comme si le show était déjà commencé, ce qui a un peu déboussolé les gars du band temporairement, alors qu’ils se demandaient s’ils finissaient le soundcheck ou pouvaient se lancer tout de suite dans la première track – ce qu’ils ont fait d’emblée, et j’ai senti le stress s’évaporer d’un coup de vent monumental à partir du moment où la musique partait en malade; ils étaient tous concentrés, à 500%, sur la performance. Y’a pas à dire, ils assuraient. Les deux guitaristes avaient une sept cordes, ce que je trouvais ambitieux en partant, et j’ai cru, en écoutant leur soundcheck, que j’aurais affaire à un band de death metal pesant, mais leur approche était plutôt un certain mélange de deathcore et de hardcore pur, et traditionnel avec du dual-guitar-work qui est pas mal plus élaboré et recherché que les stop-start riffs que j’entends dans beaucoup trop de matos hardcore qui sort sur des trop gros labels dernièrement. Le frontman donnait pas sa place, ses vocals étaient puissants et constamment dans le registre aigu, et sa présence scénique était prenante. Je souligne aussi que le drummer avait une énergie qui déplaçait de l’air – il vargait sur son kit comme si sa survie en dépendait. Il mettait du sérieux dans la qualité de sa performance mais avait aussi l’air d’avoir un fun noir et c’était pareil pour le reste du band, et assez palpable pour me faire bouger et headbanger en sirotant ma Boréale Rousse tranquillement. Fait assez insolite, quand le public a demandé (avec une motivation étourdissante mais touchante à voir) un rappel, ils ont bravement abordé une pièce qui était pas complètement finalisée. Max, le chanteur, a précisé que les lyrics étaient pas finis. Un de ses chummey a pris une thématique au hasard, composé quelques lignes sur son cell, et l’a refilé au frontman. Assez incroyablement, le band s’est mis à jouer ladite toune, alors que Max improvisait des patterns vocals en lisant les paroles composées par l’ami dans la foule, cellulaire à la main. Le résultat était fracassant et je vous mens pas. Chapeau pour avoir relevé un défi qui avait presque l’air d’un dare. J’ai hâte d’entendre du stock de ces gars-là sur CD – même si je suis pas fanatique de deathcore en général, j’ai trouvé leur approche différente de celle du reste de la foulée provenant de cette section de la scène, et ils ont l’air déterminé à se jeter à l’eau et forcer la note pour trouver leur blueprint et ça j’trouve que c’est respectable, point final. Que vous aimez le style ou pas, avouez au moins qu’il se développe rapidement et aisément et que ça pique votre curiosité. Ça mettait de l’action dans le minuscule (mais joli) pit qui dénombrait beaucoup de fans authentiques de ce son qui faisaient du hardcore dancing à en plus finir, ce qui était sweet à voir. Le band a terminé son set en ayant l’air satisfaits de leur première expérience sur scène et je trouve qu’ils ont fait de la saprée bonne job, opinion visiblement partagée par la gang de trippeux sur le devant du stage (et sur le côté pour ce set, dans mon cas, ce qui me donnait une vue diagonale qui me permettait d’observer plus efficacement).

J’ai trouvé une chose un peu nowhere après ce set; la salle s’est pratiquement vidée. J’ai commencé à scruter les recoins de la pièce en pointant quinze personnes du doigt; je les comptais mentalement. Presque tout le beau monde qui était là pour les deux premiers bands avait quitté pour aller du côté pub ou ailleurs qu’au Woodstock tout simplement. J’en revenais pas, surtout que le headliner, CHARIOTS OF THE GODS, est complètement colossal. Ça empêche pas qu’après un bref soundcheck qui s’est déroulé avec un professionnalisme marqué et une souplesse qui en dit long sur leur expérience, ils ont complètement dominé la petite bulle un peu surreal que nous, gens accros au sein de ce petit public, avions forgée. En me tournant la tête je voyais que les gens qui étaient encore là étaient le booker de la soirée, des membres de BLACK ABSINTHE et BEYOND THESE WALLS, et autres représentants de médias, ainsi que photographes, et quelques autres personnes qui comprennent le concept qu’aller à un show implique d’être là jusqu’à la fin. Chapeau à ces trippeux qui savaient sans doute pertinemment que CHARIOTS leur arracheraient métaphoriquement la face sans préambule. J’ai apprécié l’album, et je savais que le show serait haut en couleurs, et croyez-moi; je me trompais pas. St-Amour, le guitariste soliste, est un virtuose. Je le regardais aller juste en face de moi (je m’étais déplacée pour voir de plus près, après tout, je suis déjà complètement vendue à ce band) et je rushais. Les gars dans le public faisaient du air-shred devant lui comme s’il était une de leurs idoles d’enfance et il avait cet impact un peu space sur toute la salle; ça se sentait. Dimitri avait une présence scénique élégante, avec un feel communicatif, une émotion qui se voyait sur son visage alors qu’il laissait les notes nous enivrer tous, le chanteur était dynamique, énergique, et sur la coche, et le drummer roulait quelque chose de rare (même lui avait une presence vraiment notable, même en étant aussi draconiennement occupé à défoncer son kit). Et que dire du bassiste; bordel que ce gars-là shred. Vous vous rappelez de ce que Lemmy a dit dans son film?  »J’essaye d’avoir l’approche d’un guitariste avec ma bass. » C’est un concept que peu appliquent avec un réel talent – le bassiste de CoTG relevait ce défi, in my book. J’ai pas été déçue – j’ai croisé Dimitri alors que touts les bands sortaient leur gear du bar vers minuit et demi, et lui ai sorti que leur set était  »complètement fucking nice » (je manquais de mots pour décrire à quel point j’tais frappée par ce que je venais de voir) et il m’a répondu très modestement qu’il avait remarqué que moi et mon fiancé Jonathan garrochaient des horns et headbangaient comme des perdus tout le long du set.  »Ça doit être bon signe. » C’est ce qu’il nous a répondu. Effectivement bro, le fait que la foule brassait autant, c’est un encouragement que vous méritez et pas à peu près.

Cette soirée très remplie me donnait l’impression d’avoir vécu un trip qui est pas aussi accessible qu’on le pense – faut en profiter quand ça passe. L’ambiance me donnait l’impression qu’on était au début des années 80, dans le temps où le métal c’était quelque chose de nouveau et que peu de personnes voulaient réellement comprendre la raison de son existence. Y’avait pas beaucoup de trippeux mais ces gens-là étaient des VRAIS guerriers. Ils existent encore en 2013; eh oui, les amis, les gangs d’accros qui rateraient pas un show underground pour rien au monde, y’en a partout au Québec et le mouvement est immortel. Nombre d’entre eux étaient au Woodstock hier soir – des musiciens, des promoteurs, des fans. Le public faisait le show autant que les bands, c’est aussi simple que ça. Merci à Wolf Productions pour une soirée mémorablement agréable.

-Noch

La Décapiteuse # 4

539701_480746578641726_484019166_n

 

La Décapiteuse # 4

 

Pour moi, prendre un break du travail pendant une semaine et demi, c’est pas évident. J’avoue avec une certaine fierté être une workaholic; j’adore passer un temps fou à analyser toute la musique que je reçois de mes confrères des médias. Me séparer de ma job pendant un 48 heures (et plus) est pour moi un défi de taille assez difficile à relever. Y’avait pas de Décapiteuse la semaine passée – et c’est pas parce que ma tête était pas à la rédac’. J’ai passé un temps à pas avoir de net chez nous, ce qui rendait ma documentation de l’actualité métal (ainsi que mon repêchage de copies promos d’albums qui sortent bientôt) complètement impossible – j’étais devant un beau gros barrage qui ruinait ma productivité habituelle et ça me frustrait de façon quasi-obsessive. C’est avec un long soupir de soulagement que j’ai fini par pouvoir me replacer les flûtes et revenir sur le réseau mardi passé en fin de journée, en me garrochant immédiatement dans un multi-tasking appliqué pour Mulligore Production. Néanmoins, pendant le temps que j’aurais pu me réserver pour savourer des vacances imprévues, j’ai décidé de rester fidèle à mes patterns en tâchant de me créer des horaires de travail autour du contenu promotionnel que j’avais déjà sur mon hard disk, ce qui me promettait un bon nombre d’heures d’écoute d’albums organisées en petites portions au cours de mes journées – j’ai entendu certains albums assez durs sur le système digestif, et d’autres qui ont donné une douce et gentille volée (eh oui, encore – c’est pratiquement le thème de l’année cette histoire-là) à ma vieille définition du progressif (quelque chose dans le style  »on dirait un exam de maths avec un live band dans le fond de la classe »). Toutefois, y’a plusieurs types de progressif, ce qui nous présente une nouvelle opportunité d’inventer des termes pour de nouveaux sous-styles parmi la liste qui finit déjà pas. Progressif Accessible/Commercial, Progressif Mélodique, Progressif Abstrait. Des labelling, y’en fleurit mille et une sortes depuis que l’année s’est entamée. Vous êtes pas sûr de catcher de quoi je parle? Attendez deux minutes.

 

RADIANCE – « Undying Diabolyca » (MY KINGDOM MUSIC)

C’est avec une joie que j’ai fortement mise en surbrillance au courant de la semaine passée sur ma page Facebook, que j’ai constaté que la famille MY KINGDOM MUSIC accueille du bon black epic que j’endosse depuis extrêmement longtemps sur leur label (avec l’addition de REVELATION’S HAMMER sur leur roster). En piquant une jasette enthousiaste avec le propriétaire de ce label underground qui fait converser les connaisseurs un peu partout dans la sphère du journalisme métal, on a fini par tomber sur le sujet de la distribution d’albums aux promoteurs sur Haulix, et j’ai reçu des accès pour jeter un oeil au stock qui sortira prochainement sur le label. Ceci dit, même en étant fan de ce que ce label entreprennent de façon globale, je dois dire que j’ai pas arrivé à accrocher au Modus Operandi d’une de leurs prochaines releases. La description sur le Haulix m’a communiqué un certain engouement de taille assez draconienne en comparant l’approche de RADIANCE à un pattern qui en apprend largement des gars de CRIMSON GLORY, que je respecte fortement, en ajoutant à ceci des influences évidentes provenant de RUSH et, attachez vos tuques parce que ça va saigner – CYNIC. Ledit band, pour ceux qui le savent pas, font du progressif assez méditatif, spirituel, et uplifting, et ça, c’est pas le bag de tout le monde. Personnellement je catche pas le kick, même si je reconnais que ça prend de la colonne et un musicianship désarçonnant pour parvenir à mettre dix tounes de ce style sur *un* album sans se claquer un burn-out mental total – surtout que dans plus de cas qu’autrement, ces tounes qui me font radicalement penser à des formules algébriques scientifiques et badtrippantes à souhait durent proche de dix minutes chacune. RADIANCE démontrent toutes ces caractéristiques de façon qui semble assez surnaturellement smooth sur l’album qu’on a ici. Écoutez « Towards doom/Another way« .

 

 

En d’autres mots, si vous tripez CYNIC et considérez Masvidal comme un dieu, vous êtes à la bonne adresse. Sinon, si j’étais vous, je me pencherais sur un autre type d’approche au progressif pour vous habituer au style sans vous faire des idées plates ou des généralismes; si ceci est pas votre tasse de thé, c’est pas vrai que vous pouvez pas triper sur le reste de cette région de la scène, parce que comme je soulignais au début, y’a plusieurs types de prog. Le glamour flamboyant et un peu World Music de RADIANCE, c’est une chose (j’embarque pas pour une raison assez claire: en cherchant des hooks auxquels m’accrocher dans l’océan d’expérimentation introvertie que présente leur son, je me suis rivée le nez assez longtemps pour commencer à trouver le temps long, malgré la qualité irréfutable du musicianship et l’enthousiasme palpable émanant de chacune des tounes); se claquer du SOILWORK, du DGM, ou du CHOSEN, ça en est trois autres. Je m’étends là-dessus.

 

DGM –  »Momentum » (SCARLET RECORDS)

Y’a pas meilleur moyen, dans le contexte Actualité En Direct de mes chroniques, de vous faire comprendre ce que j’veux dire par Progressif Accessible qu’une référence détaillée à l’approche de DGM. Leur nouvel album « Momentum » est abstrait; y’a pas à dire, il dénombre des tracks qui ont dû être du sport à composer, et le keyboardist, suivant la tradition implantée par des bands carrément power metal et speed metal avant que le prog emprunte l’élément et se l’approprie, se la joue lead guitarist en faisant des solos électroniques et synthétiques mais tellement décoiffants, rapides, et intricate, que c’est dur de pas les aimer – c’est un peu saoulant par bouts, mais tout de même très impressionnant et ça rend quelqu’un accro assez vite à mesure que l’album s’épanouit. Ce que je trouve radicalement appréciable ici, surtout, c’est le fait que j’entends des hooks même au coeur des passages les plus cosmiques de toutes les tracks sur cet album en particulier (j’ai pas entendu le reste du matos de ces gars-là encore mais ça tardera sûrement pas bien plus longtemps). Les refrains pourraient être appliqués à un style plus rock commercial mais apportent une touche émotive assez recherchée, et le message des paroles est bien traduit par le musicianship, qui incorpore des mélodies accrocheuses à la recette prog qui me fait penser autant au nouveau SOILWORK qu’à, disons, « Dark Matter Dimensions » de SCAR SYMMETRY. Le chanteur, par bouts, sonne comme Todd La Torre (eh, oui, je suis vendue à sa version de QUEENSRYCHE et ça changera pas demain) et j’me suis même retrouvée sur la pensée que « Momentum » rend l’attente pour le prochain QR plus facile à endurer dans un sens que vous allez réussir à déchiffrer seulement en vous claquant le stock (parce que je sais que vous savez pas comment j’fais pour entendre du ‘RYCHE sur un album de DGM – avant de m’enterrer de questions, écoutez  »Reason », toujours au moins, et allez voir les samples du prochain QR Team Todd). Satisfaits?

 

 

CHOSEN –  »Resolution » (Indépendant)

J’en parle de plus en plus souvent – Asher Media Relations est une compagnie de promotion basée à Montréal qui me donne des frissons dans l’dos ces temps-ci. Ils ont le don de ramasser des bands Canadiens qui me font constamment ré-écrire mes impressions sur la scène du pays d’un ton de plus en plus fier et ambitieux avec chaque mois qui passe en m’introduisant à des bands qui refusent catégoriquement de céder leur place en termes de formules et approches à peu près aussi remarquables qu’un tremblement de terre qui fait crouler dix villes en même temps. Je pense particulièrement à CHARIOTS OF THE GODS, MORTOR, EDGE OF ATTACK – j’en passe. C’est alors avec un sourire confiant en coin que j’ai approché « Resolution« , de la formation CHOSEN (Bon, ils sont irlandais mais ils ont séjourné à Vancouver pendant un an ce qui les a fait connaître et entrer dans le roster de Asher Media – NDLR). J’ai un intérêt assez limité pour MESHUGGAH, mais j’étais (et serai toujours, malgré le fait que le band est enterré, peu importe ce que Warrell Dane peut dire sur la question vu que sans Loomis, c’est loin d’être le real deal) une fan mordue de NEVERMORE. La press release que j’avais devant les yeux avant de faire gracieusement exploser les speakers du studio me dévoilait que le son de cet album faisait pas mal penser à un mélange bien tissé d’influences provenant de ces deux groupes. Pour être honnête, je suis pas entièrement d’accord avec la référence à MESHUGGAH – je penche plus vers NEVERMORE (c’est vrai que les riffs sonnent Jeff pas à peu près) avec un type de structures de tounes qui sort tout droit des techniques d’écriture de la lignée Ron Jarzombek. Cet album est d’une créativité époustouflante (parfois même un tantinet essouflante, mais ça vaut le coup d’endurer certains zoneouts présentés ici pour mieux apprécier les peaks de renom qui sauvent les meubles assez rapidement pour rendre l’album concis et efficace). La touche KATATONIA de la palette de gris que ce band utilise pour peindre leur big picture est assez évidente aussi dans les moments les plus mélancholiques (et, soit dit en passant, toujours placés stratégiquement dans les labyrinthes cosmiques que représentent la structure de chacune des complexes pièces) est facile à remarquer. La seule chose que je déplore est que chacune des pièces tente d’incorporer tellement de variations de patterns qu’il est parfois difficile de digérer le tout (less is more, comme on dit parfois) mais overall, cet album est essentiel à la collection d’un Prog Maniac et pour faire court, c’est du solide malgré les petites imperfections. Regardez un petit vidéo promotionnel.

 

 

Si vous voulez m’entendre élaborer un peu plus sur le stock promo que je reçois, écoutez mon show  »C.R.O.C. Underground Metal » tous les dimanches 19h sur Ondes Chocs.

-Noch
Noch | noch@mulligore.com
 »C.R.O.C. Underground Metal »
www.teethofthedivine.com

http://thedailystab.guitarepirate.com

www.mulligore.com
www.mulligoreradio.com
Mulligore Production |