• Sur-analyse du passage de Metallica à Québec en...

    Posted by Lex Ivian on September 20th, 2015

    Bon, je vous dis tout de suite d’entrée de jeu qu’il faut prendre ce texte à la légère, avec un grain de sel(les), comme le titre l’indique. Je suis d’abord et avant tout un fan de METALLICA, comme vous tous qui lisez ce texte. Mais j’ai aussi une tendance à tout (sur)analyser dans la vie. Des fois c’est très utile, d’autres fois ça peut tomber sur les nerfs du monde. Alors avant d’y aller d’une réponse à ce texte sur les réseaux sociaux du genre «ta yeule, moi jai aimer, yont joués «Sad But True» et «Enter Sandman» au deux show» (sic), garde ça en tête.

    Je tiens à préciser que j’ai été au spectacle de lundi (lire ma critique ICI). Je n’ai pas assisté au spectacle de mercredi (malgré que j’aurais quand même aimé ça!). Je ne commenterai donc pas la performance de mercredi (mais le setlist, oui!), et pour mes autres sections d’analyse, je me suis renseigné auprès de plusieurs personnes qui y ont assisté.

    Le concept
    J’en ai parlé un peu dans ma critique.
    Metallica s’est fait offrir une chance unique: Celle d’être le dernier groupe à jouer dans le vieux Colisée, et pouvoir être le premier groupe à jouer dans le nouveau Centre Vidéotron. C’est vraiment cool de la part de Québécor d’avoir organisé tout ça et d’avoir réussi à avoir Metallica. C’est également très cool de la part de Metallica d’avoir accepté cette proposition et d’être venu rocker la place encore une fois. C’est vraiment un petit groupe sélect de band qui ont une opportunité de cette sorte dans leur carrière, et Metallica a su saisir la balle au bond.

    Sauf que, personnellement, je trouve qu’ils n’ont pas su profiter pleinement de l’occasion, et je m’explique. On nous a vendu le double spectacle comme étant une dualité. Un show dans le «vieux» Colisée, avec un stage «old school» au bout de la patinoire, avec un rideau dans le fond et une partie des bancs fermés (ceux qui sont derrière). Bref, un show d’arena de Metallica comme dans le bon vieux temps, comme on peut le voir dans le show de Seattle (1989) sur «Live Shit: Binge and Purge» (btw, c’est tu pas le meilleur nom ever de coffret de shows live d’un band ça?). Un show auquel on s’attendait (oui, on est plusieurs, et le «on» INCLUT la personne qui parle) à un setlist plus «old school» qu’à l’habitude. Bien sûr, on n’est pas cave, on s’attendait à ce qu’ils jouent des tounes moins «old school» au travers, mais pas à ce point là.

    Juste pour qu’on soit sur la même longueur d’onde, par chanson «old school», j’entends des chansons qui figurent sur les quatre premiers albums (ou qui ont été enregistré dans ces années là quand il s’agit de covers ou b-side), c’est-à-dire «Kill ‘Em All» (1983), «Ride the Lightning» (1984), «Master of Puppets» (1986) et «…And Justice For All» (1988). Oui, tu as bien compris, l’album «Metallica» (1991), mieux connu sous le nom de Black Album, ça ne fait pas partie de la période «old school», selon mes critères, même si y’a du bon stock dessus.

    Pour le spectacle du 14 septembre, seulement 7 chansons sur 18 était du stock «old school». Fait étonnant, pour le spectacle du 16 septembre, 11 chansons sur 18 étaient «old school». C’est fou raide! Y’a absolument rien à comprendre là-dedans. J’aimerais que quelqu’un m’explique la logique derrière ça… J’veux dire, quand tu prends le temps d’analyser ça un plus froidement, la seule conclusion que tu peux en tirer, c’est que la paire de shows est simplement un «repeat» de la paire de shows de 2004 et de 2009. C’était des crisses de bons shows, toute la gang, incluant ceux de cette année, mais c’est juste ça, rien de plus, à part de dire que c’était le dernier show dans le vieux Colisée et le premier dans le Centre Vidéotron, y’a absolument rien d’autre qui fait que ces deux performances se démarquent des autres shows que Metallica a donné à Québec dans les 10 dernières années. À titre de comparaison, le show au Festival d’Été de Québec était beaucoup plus spectaculaire et unique que les deux shows de cette année.

    Comparaison des setlists (avec année des chansons entre parenthèses):

    Lundi 14 septembre

    Mercredi 16 septembre

    Fuel (1997) Creeping Death (1984)
    For Whom the Bell Tolls (1984) Master of Puppets (1986)
    Blackened (1988) Battery (1986)
    King Nothing (1996) Harvester of Sorrow (1988)
    Disposable Heroes (1986) Ride the Lightning (1984)
    The Day that Never Comes (2008) The Unforgiven II (1997)
    The Memory Remains (1997) St. Anger (2003)
    Lords of Summer (2015) Wherever I May Roam (1991)
    Sad But True (1991) Sad But True (1991)
    The Unforgiven (1991) Welcome Home (Sanitarium) (1986)
    All Nightmare Long (2008) The Frayed Ends of Sanity (1988)
    One (1988) One (1988)
    Master of Puppets (1986) For Whom the Bell Tolls (1984)
    Fade to Black (1984) Fade to Black (1984)
    Seek & Destroy (1983) Seek & Destroy (1983)
    Whiskey in the Jar (1998) Turn the Page (1998)
    Nothing Else Matters (1991) Nothing Else Matters (1991)
    Enter Sandman (1991) Enter Sandman (1991)

    Moyenne des années pour le show du 14: 1993.44
    Moyenne des années pour le show du 16: 1989.05

    On arrive donc à une différence de 4.39 année. Les chansons jouées dans le vieux Colisée étaient donc en moyenne 4.39 ans plus récentes que celles jouées dans le Centre Vidéotron

    D’autres remarques en vrac:
    Metallica a même poussé l’audace de jouer une nouvelle chanson (presque) flambant neuve «Lords of Summer» et deux chansons du dernier album «Death Magnetic» au spectacle du vieux Colisée, et rien de ça pour le show au Centre Vidéotron!

    - Quand on dit «money talks»… Ce n’est pas long que l’aspect mercantile du show du 14 septembre a pris le dessus, et que les concepts ont pris le bord quand ils ont décidé d’ouvrir la section du Colisée qui était fermée, et de sacrer à terre le fond de la scène, pour vendre plus de billets. C’est un autre élément «old school» qui a été abandonné pour finalement transformer la scène en scène centrale décalée plus d’un bord.

    - Techniquement, avec l’ajout des nouveaux billets, le show du 14 n’était pas sold-out. Il restait encore quelques billets en vente avant le show (sans parler de 3-4 sections complètes des galeries qui étaient fermées simplement parce que les autres billets n’avaient pas tous été vendus).

    - On me dit que le son au Centre Vidéotron était au moins 3 fois meilleur qu’au Colisée. Il devait être sublime, car le son au Colisée était très bon. Bravo à toute l’équipe technique pour ces deux shows!

    - Bravo à l’équipe du Centre Vidéotron pour le déroulement de la soirée en général. On me parle de temps d’attente à la bière d’environ 15 minutes, tandis que c’était 45 minutes pour le vieux Colisée (vécu personnellement). C’est quand même drôle que l’équipe du Centre Vidéotron, qui n’était pas rodée parce que c’est son premier évènement majeur, et avec au moins 5000 personnes de plus à servir, soit trois fois plus performante que l’équipe du vieux Colisée. C’est vraiment un bon débarras!

    - Les règles imposées par Metallica concernant la vente de bière, c’est-à-dire pas de canettes, et pas de vente une fois le show de Metallica commencé, c’est pas fort… C’est surtout irrespectueux pour le band qui fait la première partie, car les gens sachant qu’ils ne pourront plus acheter de bière pendant Metallica font le plein pendant la première partie, et manquent une bonne partie du spectacle. Ça donne également lieux à du binge drinking avant leur show, et les individus désagréables et cabochons qui viennent avec. Pis avoir le droit de boire dans une canette ça accélèrerait grandement le service aux bars…

    - Metallica ont coupé inutilement de 15 secondes les chansons «Disposable Heroes» et «Blackened» (dans cette dernière, la dernière partie du solo, qui est la meilleure). Pourquoi faire ça? C’est quoi la valeur ajoutée? C’est pas comme dans le temps où ils faisaient juste les trois premières minutes et demie de «Master of Puppets», avant de passer à une autre chanson. Même si ça c’est plate, au moins y’a un début de logique derrière ça, c’est à dire jouer un peu «Master of Puppets» pour contenter les gens, mais avoir un cinq minutes de plus pour faire une toune de plus. Mais couper 15 secondes sur une chanson de six ou huit minutes, ça donne quoi?

    - Commentaire inutile à m’envoyer: «Whiskey in the Jar» ce n’est pas Metallica qui l’a composée. Au nombre de fois que j’ai joué cette chanson là sur scène (63 pour être précis), je suis au courant de ses origines.

    - Lars Ulrich est vraiment le weakest link de Metallica.

    - Les gens à Québec, faut leur donner ça, ils sont dedans et sont le fun!

    Bière Budweiser Metallica
    Je me permets de parler de la bière Budweiser Metallica, car c’était le point central du tailgate d’avant-show de mercredi. Si tu n’aimes pas la bière Budweiser, que tu n’en achètes pas habituellement, veux-tu bin me dire pourquoi tu irais en acheter juste parce que c’est écrit Metallica dessus? De source sûre chez Labatt, c’est de la Budweiser régulière qu’il y a dedans. Rendu là, ça veut tu dire qu’on peut te vendre n’importe quelle affaire si c’est écrit Metallica dessus? Il est passé où ton jugement? C’est sûr que c’est le fun que Labatt embarque dans le buzz Metallica, c’est le fun qu’ils aient fait une van aux couleurs/logos du groupe, qu’ils aient parké ça devant le Centre Vidéotron, où tu as pu te faire prendre en photo devant en faisant une drôle de face et même écrire ton nom dessus! Tu vas faire quoi avec ta canette vide? La mettre sur ton meuble à côté de tes autres bebelles Metallica?

    Cette situation me fait penser à l’épisode de la poupée Lisa des Simpsons:

    Essaie ça: avant d’aller en acheter, arrête toi sec dans ton élan et répète cinq fois à voix haute en fixant le vide:

    Je m’en vais acheter de la Budweiser Metallica, alors que c’est exactement la même Budweiser que d’habitude, et que je n’en achète jamais d’habitude.

    Si après cinq fois ça fait toujours du sens pour toi d’aller en acheter, alors vas-y! Je ne suis pas en train de dénigrer les produits Labatt ou Budweiser en tant que tel, ni de te dire quelle bière boire ou ne pas boire, je vais juste faire appel à ton jugement.

    Commentaire inutile à m’envoyer concernant la Budweiser Metallica: «mais oui mais, Iron Maiden en ont une bière eux aussi!». La bière «Troopers» (que je n’ai pas encore eu la chance de goûter) a au moins le mérite d’être une recette unique, ce n’est pas une bière régulière d’une compagnie qui a été repackagée dans une canette aux couleurs d’Iron Maiden!

    N’oubliez pas! Les deux shows torchaient, c’est ça l’important! :)

    Mathieu Audet

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