• Retour sur une fin de semaine de voyous...

    Posted by Louis Olivier Brassard Gelinas on November 27th, 2014

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    Tagada Jones, Code 40-11 et The Babyface Nelsons à l’Agitée le jeudi 20 novembre 2014 une présentation de Les Productions Dorchester et DBC, Riotor à la Salle Unisson le vendredi 21 novembre 2014, une présentation de END Productions.

     

    Plusieurs fanatiques de Métal ont aussi un intérêt pour ce cousin parfois mal aimé qu’est le Punk et c’est définitivement mon cas. Le sous-genre que constitue le Thrash Metal a notamment été très influencé par l’énergie viscérale du Punk et c’est donc sans surprises que les deux genres se sont parfois mélangés de façon encore plus symbiotique dans ce qu’on appelé Crossover. Ces hybrides Punk-Métal seraient à l’honneur les 20 et 21 novembre derniers alors que nous recevrions jeudi la visite du célèbre groupe français Tagada Jones, fêtant ses vingt ans d’existence en lançant un tout nouvel album et de Dead Brain Cells le vendredi, l’éminent groupe montréalais de Thrash Metal progressif/ Crossover de la fin des années 1980 tout juste reformé. C’est donc avec plaisir que ma délicieuse compagne et moi pré.parâmes nos attirails de guerriers urbains et nos foies pour ces deux soirées!

     

    Jeudi Soir Survolté… 

    N’ayant pas encore eu la chance de voir la formation relativement récente The Babyface Nelsons s’exécuter sur scène, nous arrivâmes vers 20 h dans l’enceinte de l’Agitée pour y saluer le chanteur Julien Rhéaume, puis sa sympathique conjointe Myriam Tremblay, tous deux reconnus comme habituées des spectacles souterrains à Québec. Après quelques minutes de conversations et de houblonnage savoureux, Julien et sa bande montèrent sur les planches de l’Agitée pour nous démontrer leur savoir-faire. Exception à saveur Métal progressif/expérimental sur une affiche consacrée principalement au Punk, The Babyface Nelsons surpris quelque peu les spectateurs avec une musique hybride aux passages atmosphériques introspectifs entrecoupés de moment déchaînés nettement inspirés par The Dillinger Escape Plan. Concentrée, mouvementée, professionnelle et précise la performance solide et captivante du groupe leur permit néanmoins d’aller chercher l’approbation de plusieurs des personnes présentes. La formation de Québec se permit même de démontrer toute l’étendue de leur talent musical lorsque le guitariste et le bassiste échangèrent leurs instruments pour une dernière pièce. Ce fut donc une prestation très réussie pour le groupe qui devait tout de même composer avec une foule aux attentes plus punks.

    Le deuxième groupe à entrer sur scène serait quant à lui pleinement dans son élément puisqu’il s’agissait de la formation de Montréal Code 40-11 qui dit humoristiquement officier dans l’univers du «Skate Punk Basket». Guidée par la présence irrévérencieuse et gesticulatoire de son chanteur, la formation nous livra efficacement ses compositions simples et directes axées sur des lignes de basse souvent prédominantes, comprenant aussi parfois des passages plus agressifs et métalliques. Le tout fit le bonheur des spectateurs qui se dégourdirent enfin, notamment après un crachat directement au milieu de la foule par le chanteur désirant sans doute mettre le feu aux poudres. Malgré une panne de l’amplificateur du bassiste au milieu de leur performance, le groupe put tout de même terminer son tour de chant après une intervention rapide du technicien de son pour corriger la situation. Efficace et solide à défaut d’être très originale, la formation montréalaise Code 40-11 aura donc réussi à préparer la foule à l’assaut Punk-Metal qui s’en venait avec Tagada Jones.

    Après une petite pause, le grand moment de la soirée était arrivé lorsque le groupe breton Tagada Jones fit son entrée sur scène pour nous présenter son dernier album intitulé «Dissident (2014)» et se remémorer avec nous ses vingt ans d’histoire dans le cadre de son quatorzième passage à Québec. Sur scène, le groupe déclencha aussitôt l’enthousiasme festif de la fosse avec une prestation survoltée comprenant une solide dose de nouvelles pièces de leur excellent nouvel opus et de nombreux succès du passé. Extrêmement mouvementée, précise et puissante, la performance de Tagada Jones souleva littéralement la centaine de spectateurs présents dans l’Agitée avec leur Punk Hardcore infusé de guitares métalliques et de mélodies accrocheuses. Toutefois, le groupe n’échappa pas à quelques problèmes techniques avec l’amplificateur de Stef (guitare) qui furent heureusement réglés rapidement. Après près d’une heure et vingt minutes de massacre musical, le quatuor de la ville de Rennes se retira de scène sous les acclamations d’un public conquis et reconquis par ce fleuron de la scène indépendante française.

     

    La Veillée du Vendredi

    Après une courte soirée de travail en cuisine qui me fit manquer le passage de Fuck the Middle East (hommage à S.O.D) et de The Affected en ouverture de soirée à la Salle Unisson, nous nous dirigeâmes tout de même vers ce lieu de débauche où nous arrivâmes toutefois juste à temps pour assister à la prestation de Riotor, quintette absent des scènes de la capitale depuis un petit moment déjà. La formation de Québec pratiquant une forme de Thrash Metal extrême fut donc accueillie triomphalement par ses nombreux fanatiques présents et ne se fit pas prier pour déclencher son assaut spirituellement tout droit sorti de la période de radicalisation du Thrash Metal (1985-1990). Avec une présence scénique imposante, autoritaire et bénéficiant d’un son énorme, la troupe nous assomma avec ses hymnes apocalyptiques issus, autant de «Beast of Riot (2010)» que de leur futur album intitulé «Rusted Throne» à paraître en début d’année 2015. La foule déjà bien réchauffée s’en donna à cœur joie dans une fosse particulièrement violente où les esprits s’échauffèrent même un petit peu trop à certains moments. Ce fut donc une prestation puissante et un retour sur scène apprécié pour la troupe fondée en 2007.

    Après un entracte désaltérant, les légendes de Dead Brain Cells montèrent sur scène à Québec pour la première fois depuis environ 24 ans. La formation montréalaise faisant autrefois partie du «Big Three québécois » au côté de Voivod et Sword effectuait ainsi son grand retour après plusieurs années de disparition des écrans radars pour nous présenter ses vieux succès Crossover (voir le premier album éponyme sorti en 1987) et Thrash Metal progressif (voir le second album «Universe» sorti en 1989). Un peu contrariés par un les retards de la soirée qui repoussèrent leur entrée en scène d’environ quarante minutes, les vétérans livrèrent une sélection souvenir issue de leurs deux albums avec brio et une célérité qui ne leur permit que très peu d’interventions entre les pièces. Le tout fut cependant vraiment bienvenu autant par les vieux de la vieille que par les jeunes loups présents dans la salle, manifestant leur approbation en s’entrechoquant dans la foule qu’en hurlant les initiales du groupe entre les pièces. En somme, ce fut un joyeux rappel d’une époque glorieuse et de la pertinence musicale de la formation DBC pour la postérité métallique québécoise.

    Pour conclure, ce fut encore une fin de semaine bien garnie en Métal dans la vieille ville fortifiée de Québec et celle-ci serait encore complétée par la venue d’Erimha en compagnie de Neurasthene au Scanner, le samedi, à laquelle je ne pus malheureusement pas assister en raison d’obligations familiales. Avec la visite de vétérans tels que Tagada Jones et Dead Brain Cells en compagnie d’excellents groupes locaux, les amateurs de musique souterraine aux relents de Punk et de Métal n’avaient aucune raison pour se morfondre à la maison autant le jeudi que le vendredi et ceux-ci ont répondu en grand nombre à l’appel de la débauche!

     

    Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

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