• On Arrête Pas l’Prog

    Posted by Patrick Graham on March 30th, 2014

     OAPL

    Naissance, Renaissance et Persistance

    Bonjour à tous,

    Dans cette présente édition, j’ai envie de vous parler de trois bon groupes qui me font vibrer depuis quelques temps. Un de ces groupes, je ne le connais que depuis peu car c’est encore une découverte que je dois à mon amitié avec Dave Rouleau (et à son incroyable flair musical, sérieux son nez entend très bien ^^ ). Un groupe donc dis-je, de chez nos voisins ontariens qui ont tout pour laisser leur marque chez les amateurs de metal et de prog-metal. Vous avez sûrement vu passer les annonces sur notre page FB, je parle bien sûr de The Parallax et j’analyse pour vous leur 1er LP, “Obliquity of the Ecliptic“.

    Ensuite, je vous parlerai d’un groupe que j’ai connu en cherchant les restes d’un autre groupe dont je vous ai déjà parlé dans ces chroniques. Un groupe formé des restes de deux autres très bons groupes de l’état du Maine, né des cendres de Conifer (dont j’ai enfin pu trouver une place qui tient au moins un de leur LP) et de Ocean. Je vous parlerai donc un peu de ces deux derniers avant de voir le EP de 3 tounes que Awaas nous propose pour l’instant sur Bandcamp.

    Mais d’abord je veux parler d’un de ces groupes qui m’ont marqué profondément et ont contribué à former mon oreille musicale et à définir mes attentes par rapport à un groupe. Un groupe qui me fait planer depuis leur lointain premier album, “Focus“, en 1993. J’ai nommé Cynic.

    Si vous êtes des trippeux prog et/ou prog-metal et que vous n’avez jamais entendu parler  de Cynic, il manque vraiment quelque chose à votre bonheur. D’abord formé en 1987 par Paul Masvidal (guitare) et Sean Reinert (batterie), ces deux même musiciens qui, avec DiGiorgio et leader par Schuldiner, allait nous donner un des (sinon, à mon avis, le) meilleurs album de Death, “Human“, ont produit plusieurs démo. Le premier était très thrash/death (’88 Demo)

     

     

    Pour le deuxième en 1989, Paul pris le micro en plus de continuer la guitare alors que Jason Gobel assurait la guitare et Tony Choy (plus tard dans Atheist) s’occupait de la basse pour  “Reflections of a dying world”  qui est encore dans la même veine de thrash/death, sinon un peu plus speed.

     

     

    Le même line up en 1990 pour le troisième démo (’90 Demo ) avec un son plus léché, des riffs un peu plus techniques mais toujours ce bon vieux fond de thrash. On est encore à des lieux de leurs riffs “signature” pour lesquels la plupart les connaissent.

     

     

    Sur leur dernier démo, (’91 demo) alors que le groupe vient de signer avec Roadrunner Records, on peut enfin entrevoir la direction vers laquelle le groupe ira: un son encore plus léché et des riffs beaucoup plus recherchés. Même si la rythmique reste encore thrash, les progressions sont nettement plus dans le death même si ce n’est pas encore tout à fait le jazz-death-prog que sera l’album “Focus“.

     

     

    Même si le groupe est signé et qu’il doit commencer l’enregistrement de son album, les obligations de Reinert et de Masvidal avec Death et la tournée de “Human” en Europe retardera ce projet. Encore plus que Death rencontrant des difficultés financières, le matériel à Masvidal et Reinert se verra confisqué pendant plus de six mois par un promoteur en Angleterre. Cynic perd aussi son bassiste, Choy, qui s’en va jouer pour Atheist et il sera alors remplacé par Sean Malone (qui en plus d’assurer une basse incroyable dans Cynic, nous donnera plus tard des bijoux de jazz-prog avec son groupe Gordian Knot). L’infortune s’acharne sur le groupe alors que l’ouragan Andrew détruit la maison à Gobel et le studio de Cynic au moment où il s’installait pour l’enregistrement. Ceci donnera cependant l’occasion au groupe d’écrire d’autre matériel qui sera ultimement choisi pour faire l’album. Cynic s’additionnera aussi d’un claviériste et vocal gras en la personne de Tony Teegarden. On est rendu milieu 1993, un 14 septembre, où l’ un des albums les plus importants pour votre humble serviteur voit le jour, “Focus“. 8 chansons totalisant 35 minutes et 56 secondes de pur bonheur. Sur celui-ci, j’ai bien sûr mes préférées dont “I’m but a wave too…” et “Uroboric Forms” mais la béatitude complète, l’apogée de la jouissance musicale arrive avec l’incontournable dernière pièce de l’album, “How Could I“.

     

     

    À force de traîner cet album partout, j’en ai brisé un cd, l’ai racheté, l’ai perdu, l’ai re-racheté… Je m’endormais sur cette musique, à un certain moment. Cynic, c’était pratiquement ma religion. Mon grand malheur, devoir attendre jusqu’en 2006 pour que Cynic, le groupe qui s’était entretemps dissout, fasse une réunion avec sur son site officiel, une promesse de nouveau matériel. Nouveau matériel qui n’arriva qu’un bon deux ans plus tard, “Traced in Air” suivi de peu d’un EP/remix appelé tout simplement “Re-Traced” et qui changea ma relation avec Cynic en une d’amour/haine…

     

     

     

    Si j’ai adoré le premier, ça m’a pris un certain temps avant d’apprécier le remix. Comme ça m’a pris un certain temps pour avaler la pilule du EP, “Carbon-Based Anatomy“, un EP de 6 pièces qui n’en sont effectivement que trois. Comprenez moi bien, j’adore maintenant ce disque car il est très planant mais à l’époque de la sortie, un bon 3 ans après la dernière sortie originale du groupe, j’étais en manque. Même si “Carbon-Based Anatomy” était annoncé comme étant un EP, je m’attendais à plus. J’en voulais plus. Une fois, cette petite frustration irréaliste passé, j’ai vécu (et je vis encore) de beaux moments  (avec ou sans influence) à planer sur les airs éthérés de ce EP. Depuis leur réunion, Masvidal et Reinert ont décidé d’agir en tant que “collectif”, c’est à dire qu’ils formeraient maintenant, et à jamais, le coeur de Cynic et qu’ils s’associeraient à d’autres musiciens selon les occasions et/ou les besoins de leur création du moment. Chaque nouvel album sera donc à chaque fois une renaissance, ode à la persistance de deux musiciens-artistes qui ne se donnent aucune limite, aucune barrière.

    Ce qui nous mène au 14 février dernier et à la sortie de leur tout dernier, “Kindly Bent to Free Us“. Premièrement, comme le EP précédent, “Kindly Bent to Free Us” est complètement exempt de vocal agressif (ou growl), écrit entièrement en trio avec leur complice Sean Malone qui assure la basse et le chapman stick. Cet album est plus près du jazz et du rock prog que des racines metal de Cynic mais en même temps c’est un album qui, si on en croit les paroles même des deux fondateurs, est beaucoup plus identitaire. C’est probablement l’album de Cynic qui est le plus facile d’approche. Malgré ses progressions complexes, les mélodies vocales, sans les growls feront sûrement en sorte que plus de gens sauront l’apprécier. Mais il y a vraiment un pas entre dire ça et les comparer à de la pop, tant qu’à moi. Il reste indubitablement prog et les éléments de metal ne sont jamais très loin. Ceci dit, même si les mélodies sont très accrocheuses, “Kindly Bent to Free Us” reste un album qui, comme les dernières oeuvres de Cynic, gagne en saveur à l’usage. Un peu comme un bon vin qui profite d’une bonne oxydation, à chaque fois que je le ré-écoute, je découvre une nouvelle saveur, entends différemment tel riff… Je vous mentirais en vous disant que les growls ne me manque pas mais ce que ça fait c’est que ça me donne le goût, tel une impulsion, de re-visiter les deux autres LP et, une fois rassasié de growls et de vocoder, de revenir planer sur ce dernier LP, incontestablement le plus “space” ou “out there” des trois. Mes préférés sur l’album sont la très post-grunge (je ne saurais mieux la décrire puisqu’elle me fait autant penser à Soundgarden qu’à Mars Volta) deuxième pièce “The Lions Roar” et la quatrième “Infinite Shapes” qui me fait penser autant à Rush qu’au groupe de jazz fusion à mon pote Maheux, Spaced Out. Je vous laisse les découvrir dans leur milieu naturel, soit l’album au complet, ça vaut la peine que vous preniez les 42 minutes avant de poursuivre votre lecture.

     

     

    Bonne écoute? Ça relaxe, non? Parfait car le prochain déménage un tant soit plus.

    Découvert, selon mon humble perspective, par le grand explorateur musical, je parle bien sûr de l’omniprésent Dave Rouleau, qui les a connus grâce à sa récente entrevue à propos du Wacken Metal Battle Canada, The Parallax nous sert un très bon melodic death aux accents prog.  Si leurs arrangements et leurs progressions ne vont pas sans rappeller les maîtres du genre que sont Between the Buried and Me, les moments lyriques et les interludes mélodiques me font plus penser au fondateur du genre, Edge of Sanity. Aussi, et contrairement à Between the Buried and Me,  leurs riffs metal sont typiquement death canadien. En fait, ça me fait vraiment beaucoup penser à Neuraxis et le vocal me rappelle un peu celui sur “Trilateral Progression” mais du même coup il est  aussi pas loin du vocal gras plein d’air à Between the Buried and Me. J’aime bien leur  philosophie qui veut que l’expérience musicale, les sensations ou sentiments que l’on a à vivre pendant l’écoute de leur album  priment d’abord et avant tout par rapport à une exposition de talent qui serait juste une distraction.  En vrai, plus on avance dans l’écoute de leur LP, mieux on comprend cet énoncé. Il en va sans dire que les quatre comparses de Mississauga, Ontario, sont des excellents musiciens, mais en plus leur musique est organique. On ne fait pas que l’écouter, on la vit.

    De plus, étant un fan des longs albums, je suis très bien servi car “Obliquity of the Ecliptic” dure un respectable  60 minutes et la production est impeccable. “Obliquity of the Ecliptic“, c’est une heure où l’on ne s’ennuie mais vraiment pas. Même si la pièce la moins longue dure tout de même plus de sept minutes, on n’a jamais l’impression de longueur, même “The Reformatting” avec ses quelques 23 minutes m’a surpris, je n’ai pas vu le temps passé!

    Plus j’écoute et plus je découvre des influences de groupes qui depuis toujours me font tripper, j’ai parlé de Between the Buried and Me et de Neuraxis, de Edge of Sanity, j’aurais tout aussi bien plus nommer Children of Bodom, Amorphis, Tool ou Death. Ce qui est encore mieux, c’est que si leur musique peut faire penser à ces maîtres, ils n’en sont jamais des copies. À l’instar de ces derniers, ils sont tout à fait possédés par leur musique. Si on peut y voir les influences, on n’a tout de même pas d’autre choix que de dire “ça sonne comme…The Parallax“.

    The Parallax se disent d’ailleurs obsédés par la beauté de la musique, de l’univers et de l’infinité des possibilités. En elle seule, cette phrase résume ce que “Obliquity of the Ecliptic” est comme oeuvre. Définitivement à écouter, allez voir leur bandcamp où vous pouvez non seulement streamer le LP mais aussi télécharger leur album en formule “pay what you want“.

     

     

    Pour ma part, j’espère avoir la chance de  vivre ce show avant longtemps. Quatre étoiles et demi bien sonnés pour ce groupe. Pour ma part, ils ont eu droit au 5 dans mon ITunes, je sens que ça va jouer souvent! Je vous laisse les découvrir avec leur plus courte, le début est un gros clin d’oeil à “Mordecai” de Between the Buried and Me ou je ne connais rien.

     

     

    Pour finir, une découverte personnelle faite alors que je cherchais encore une fois à retrouver des nouvelles de Conifer. En fait, depuis que je suis tombé sur Conifer dans youtube, je connaissais le nom de leur album et j’avais bien fait quelques recherches afin de me le procurer mais je n’avais jamais trouvé. Comme ça faisait un bail que je n’avais pas écouté leur musique, je met un vidéo sur le tube et comme ma blonde commentait sur le fait qu’elle aimait bien ce groupe, je fait une énième recherche google, à tout hasard. Premier lien, la page facebook du band Awaas qui est décrit comme la rencontre entre les musiciens de deux formations géantes de Portland, Maine, soit  Ocean et… Conifer. La gueule a dû me tomber jusqu’à terre.

    En suivant le lien, j’ai pu trouver la maison de disque actuelle, Important Records, qui offre leur stock auto-produit et qui détient aussi encore quelques copies de “Crown Fire“, le deuxième LP de Conifer. J’en ai profité pour aller connaître Ocean. Si Conifer a de multiples influences et reste un peu inclassable même si indéniablement sludge, Ocean était un groupe on ne peut plus doom, sans n’être que ça.  Si le style premier n’est pas un de mes préférés, je me suis tout de même surpris à écouter plusieurs de leur pièces disponibles sur le tube. Ils font de très bon vidéo en plus. Après avoir fait connaissance avec la provenance de la deuxième moitié de Awaas, et après avoir commandé l’album de Conifer (que j’ai reçu depuis, vous auriez dû me voir, je me croyais à Noël), j’ai été faire plus ample connaissance avec leur produit actuel.

    Sur la page d’accueil de leur bandcamp, on peut y lire un excellent article de Nicholas Schroeder où l’on peut en apprendre plus sur la genèse de ce groupe, en suivant le lien pour le téléchargement GRATUIT de leur EP début (éponyme) de trois pièces. On y trouve aussi un autre article, de RVA Magazine cette fois-ci. Je vous laisse aller lire ces deux articles et en tirer les conclusions que vous voudrez.

    Malheureusement les nouvelle sont vieilles, les plus récentes datant du 14 décembre 2012. Mais heureusement le groupe semble toujours vivant. J’ai eu quelques contacts avec eux sur leur Facebook et ils sont très intéressés à faire des shows, quitte à venir jusqu’ici pour ce faire, avis au booker émérite et apprenti. Leur musique est aérienne, à la fois proche et très loin de ce que les membres faisaient avant, dans leur groupe respectif. Il y a des teintes de Conifer bien sûr, notamment sur “Cauterize” mais le sentiment pesant de menace perpétuelle de Ocean est aussi toujours présent même si certaines parties de leur musique, comme la dernière, “Burial ground“, a des sonorités que l’on jurerait tout droit sorties des années 80 (rythmes cheesy en moins).

    Très dur à qualifier sinon qu’ils sont plus que la somme de leur deux anciens groupes, je vous invite à les découvrir tous ici plus bas dans les vidéos mais surtout sur leur bandcamp et leur page Facebook. Si comme moi vous appréciez ce que vous entendez, soyez sûr de leur faire savoir!

     

     

     

     

     

    Un gros merci à Ondes Chocs pour cette merveilleuse plateforme qu’il me laisse utiliser, à Lex pour ses conseils, à Dave pour ses découvertes, aux musiciens bien sûr pour cette merveilleuse musique et à vous tous pour votre attention et votre lecture! N’hésitez pas à me communiquer vos commentaires. À très bientôt j’espère mais d’ici là rappelez-vous que…

    On Arrête Pas l’Prog!

    Pat G.

     

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