• Les “Elles” du Métal

    Posted by Lex Ivian on October 5th, 2014

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    Depuis que j’écris pour Ondes Chocs, vous pourrez constater en faisant le tour de mes chroniques que je parle majoritairement de groupes européens. Ce constat s’établit en toute logique car le mouvement de métal avec chanteuses, s’il est loin d’être inexistant en Amérique, prospère plus particulièrement outre-mer. Conséquemment, j’éprouve toujours beaucoup de plaisir à découvrir des groupes nord-américains, prouvant que le genre de musique que j’aime tant se joue pas trop loin de chez-moi. Cette semaine, nous nous transportons donc au sud de notre frontière, plus précisément dans l’État aux mille lacs, le Minnesota, représenté ici par Heliosaga. – Stéphan

     

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    Heliosaga

    Towers in the Distance

    auto-production

    2014

     

    Formée en 2010, la formation s’articulant autour du guitariste/claviériste Damien Villareal avait lancé sur le marché le mini-album “Equinox” en 2011, avec à l’avant la chanteuse Christine Schas, avant de nous présenter une nouvelle voix, Chelsea Knaack, lors de la publication de [l’excellente] chanson “The Light of Ardor” au début de 2013. “Towers in the Distance” est donc le premier album longue durée du groupe qui se présente sous forme de trio, Villareal et Knaack étant renforcés par le batteur Jordan Ames. La basse est quant à elle tenue par Chad Novell qui détient le statut d’invité (avis aux musiciens, le groupe se cherche un bassiste, et aussi un guitariste pour pouvoir jouer des spectacles).

    Avant d’écouter un groupe, je prends toujours le temps de lire un peu, afin de savoir à quoi m’attendre. Heliosaga se présentant comme une formation de power metal, je dois admettre avoir un peu froncé les sourcils. Oh, ne vous méprenez pas, j’apprécie le power metal, mais je suis bien obligé de me confesser que ce genre génère toujours dans ma tête des images très typiques associées à cette mouvance musicale: des chasses aux dragons, un martèlement incessant de double pédale à la batterie, des gobelins, un rythme effréné augmenté à grands renforts de mélodies pompeuses accompagnées de cinq chorales, et des épées bien tranchantes. Bien sûr, je caricature un brin car il y a des groupes du genre auxquels je me plaît vraiment à donner l’oreille (je pense aux Français de Kerion). Bref, si je suis ouvert au genre, Heliosaga doit définitivement passer par-dessus mes clichés pour me convaincre.

    Dès le début de “A Tower so Tall“, je me rends immédiatement compte que je ne serai pas difficile à convaincre. Cette pièce d’ouverture, bien rythmée et menée par une batterie bien pesante, démontre l’habileté de Damien Villareal à fournir des mélodies qui accrochent, tout en ne tombant pas dans les clichés et la répétition. L’exécution musicale s’y fait solide, avec en prime un solo de guitare au centre de la pièce. Mon premier contact avec la voix de Chelsea Knaack s’avère également des plus agréables. Dotée d’une haute voix dans un registre très lyrique, la dame fait preuve de beaucoup de constance et de solidité. C’est d’ailleurs la voix qui vole la vedette sur “Scarlet Sphere“, où la mélodie est clairement transportée par la chanteuse, bien qu’encore une fois nous sommes en mesure d’apprécier les talents du leader à la six-cordes.

    Les claviers se voient également donner la belle part. Si les solos à cet instrument se font plus rares, les sons mélodiques sont bien utilisés en renfort, comme on peut s’en rendre compte sur “Lost“, pièce au tempo rapide très symphonique, où plusieurs changements d’ambiance interviennent. N’ayant plus aucun doute sur la qualité des compositions, on découvre ensuite que Heliosaga peut très bien s’en sortir sur les chansons plus calmes: “Hideaway” se fait plus paisible et place à tour de rôle la guitare acoustique et les claviers en vedette, le tout magnifié avec brio par ce chant en état de grâce.

    On repart ensuite sur les chapeaux de roues avec “To Heal All Wounds“, pour laquelle la batterie de Jordan Ames se fait solide et vivante et où les sonorités montrent également un penchant pour la musique de Kamelot. Si Heliosaga se définit d’abord comme un groupe de power metal, il ne fait aucun doute que les emprunts au métal symphonique sont fréquents, nous amenant à poser le constat à mi-chemin de l’album que ce groupe a vraiment évité les pièges du genre, offrant une musique colorée et variée. La deuxième moitié du disque s’amorce avec “Memorativa“, pièce centrée sur la guitare où l’on perçoit bien le support d’une chorale de quatre voix. Cette mini-chorale, présente sur toute la longueur de l’album, apporte une dimension supplémentaire à l’ensemble.

    Hunter’s Moon“, quant à elle, débute sur une note plus intimiste, avant de monter en intensité pour ensuite faire place de nouveau à un refrain sur un tempo plus lent. Cette pièce démontre encore une fois que Heliosaga n’est pas un groupe unidimensionnel et que sa musique joue sur plusieurs tableaux, comme en font foi la superbe montée vocale et le solo de guitare inspirés qui jalonnent la partie finale de la chanson. La prédilection pour le métal symphonique se fait aussi bien sentir sur “Edenscar“, chanson où claviers et voix en arrière-champ font merveille, tout comme le solo de guitare. D’ailleurs, seul cet élément constitue une donnée qui revient sur toutes les chansons; les amateurs de guitare ne s’en plaindront pas, d’ailleurs.

    La batterie est de nouveau bien mise en évidence sur “Luminary“, où Jordan Ames contribue encore une fois à détruire mes idées préconçues sur les batteurs métal. En effet, celui-ci varie son jeu à merveille et même s’il mise beaucoup sur sa puissance, bien mise en évidence par la production, il ne fait pas que «piocher» sur les fûts. Finalement, comme c’est souvent le cas lorsqu’une chanson longue se retrouve sur un album, c’est celle-ci qui se retrouve à attirer davantage l’attention. Ainsi, “All Souls” vient clore le disque avec majesté, ultime preuve de la capacité de Damien Villareal de développer une idée musicale pour en faire un morceau dense et bien structuré. Encore une fois, toutes les forces de Heliosaga y sont bien exploitées, autant les ambiances bien supportées par les claviers, que la dextérité des musiciens et la voix mélodique.

    Voici donc un groupe qui réussit, dès son premier album, à livrer un produit qui transcende les classifications et qui réussira sans aucun doute à plaire à plusieurs tranches d’amateurs de métal. “Towers in the Distance” se classera facilement parmi mes 4 ou 5 meilleures parutions de l’année, tous les ingrédients le composant tombant directement dans mes cordes: des mélodies solides bien placées en avant, une exécution instrumentale impeccable et un chant tout ce qu’il y a de plus plaisant à mes oreilles. Non, Heliosaga n’est pas un groupe power metal cliché comme d’autres, constatez-le par vous-mêmes…

     

     

     

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