Ondes Chocs sur SoundCloud, présentée par:
  • Le jour du destin avec un grand « D »

    Posted by Louis Olivier Brassard Gelinas on May 20th, 2013

    L’un des effets secondaires les plus intéressants d’être membre d’un groupe dans un milieu musical restreint comme celui de Québec est sans doute le réseautage social que cela entraîne. En effet, la scène métal de Québec, bien qu’elle soit étonnamment développée et variée ressemble à une grande famille élargie et depuis que je fais partie d’Endless Horizon, j’ai eu la chance de faire connaissance avec de nombreuses personnes intéressantes et de découvrir leurs divers projets musicaux respectifs. C’est le cas de Dominic Saint-Laurent et de son projet musical Doom’s Day,  ravivant les flammes d’une époque où se mélangeait Heavy Metal, Doom Metal, Punk Rock et occultisme. Laissez-moi vous expliquer; Dominic est en couple avec Geneviève Francoeur, qui est bassiste pour un groupe de rock expérimental appelé Les Résiduents d’Amerdique dont le batteur est nul autre que Lordgore, qui est guitariste dans Endless Horizon! C’est donc avec joie que je découvris Doom’s Day juste avant la sortie de The Unholy (2012), son premier opus, et ses hymnes à la gloire du malin, sur des airs rappelant Venom, Black Sabbath, Mercyful Fate, Candlemass et Misfits. Je fus aussi très heureux pour Dominic lorsqu’il signa avec PRC Music, qu’il s’attela à la création d’un second opus et qu’il commença à assembler une véritable formation pour emmener son projet sur scène. Lorsque l’infatigable Dave Rouleau me demanda d’assister à son tout premier spectacle gratuit présenté par 2nd Skin, Budweiser, Sennheiser, Musique Richard et Ondes Chocs au Dagobert (ce que j’aurais fait de toute façon) et d’en faire une critique, car il ne pourrait y être en raison de son titre d’animateur au Wacken Metal Battle à Montréal, c’est avec empressement que je répondis positivement!

    La soirée pluvieuse de ce mercredi commença de façon très sympathique, par une invitation de Geneviève Francoeur à venir prendre un apéro d’avant spectacle chez elle accompagné de ma douce, de Josianne Daigle (collaboratrice de Capitale du Metal) et Phil Godin (guitariste-chanteur des Résiduents d’Amerdique). Après quelques rafraîchissements et conversations, nous prîmes le chemin du Dagobert où nous dûmes subir l’inévitable fouille à l’entrée. Cela aurait pu être une simple formalité désagréable, mais passagère, si ce n’était du zèle excessif des portiers qui allèrent jusqu’à ouvrir le sac à main de ma blonde et à inspecter en détail chacun de ses effets personnels. Le Dagobert a une très belle salle avec une excellente acoustique pour la tenue de spectacles, mais ce comportement du personnel qui humilie sa clientèle, n’a rien pour améliorer la perception que les métaleux ont de cet endroit. Passée cette expérience intimidante, nous entrâmes et allâmes immédiatement piquer une jasette avec Dominic qui nous présenta sa formation : lui-même au chant, Patrick Gauvin à la basse, Dominique Verreault à la batterie et Frank Breton à la guitare. Nous nous dirigeâmes ensuite au bar pour nous désaltérer et nous fûmes aussitôt abasourdis par le prix des consommations. Je n’entrerai pas dans les détails, mais disons que les prix avaient de quoi faire sourciller quand on est habitué à des endroits comme l’Agitée ou des pubs comme l’Inox situé juste en face du Dagobert. Après quelques minutes à endurer des clips d’Emocore, ce qui dénote une certaine méconnaissance de la clientèle métallique présente, The Stoned Horses fit son entrée en scène, devant un public plutôt restreint composé principalement de membres de la communauté métal de Québec : SteveJonk de Fistfuck, Bob Jr Girard D’Ancestor’s Revenge, Jonathan « Goat » Gauthier d’Haeres, Antoine Guertin d’Aeternam et Southern Cross et Yvan Létourneau de Phosphorus pour ne nommer que ceux-là.

    The Stoned Horses est un quatuor de Québec qui pratique un Stoner Rock / Metal classique, mais particulièrement efficace. La formation menée par Whale (aussi dans le groupe Thrash Metal Bombnation) à la guitare et aux backvocals et Crocko (aussi dans Fistfuck, Mesrine et dans Bombnation) à la batterie, est aussi composée de Mike Waters (Bombnation) au chant et Seb à la basse. En cette soirée, leur interprétation musicale fut irréprochable, les musiciens étant tous très solides sur leurs instruments respectifs malgré quelques problèmes techniques avec le kit de pédales de distorsion du guitariste. Ils furent sans doute aidés en cela par le fait que leur musique est très bien composée et relativement simple à jouer, ce qui fait qu’elle se transpose de façon très efficace sur scène. Tous les éléments du Stoner y étaient : la rythmique parfois traînante, parfois plus mid tempo, la guitare très grave et distordue et les paroles hallucinogènes. Un autre aspect fort appréciable de leur performance fut sans contredit la performance vocale du chanteur qui a un registre assez impressionnant. En effet, celui-ci alterne entre les voix rauques et graveleuses typiques du genre et des envolées en falsetto très réussies. Là où j’accrochai un peu moins, ce fut au chapitre de la présence scénique et du mouvement. Leur performance se révéla effectivement quelque peu statique, notamment celle du vocaliste qui resta presque toute la prestation debout derrière son pied de micro, interagissant très peu avec les quelques spectateurs à l’avant de la scène pendant les pièces, hormis lorsqu’il joua de la cloche à vache durant une de celles-ci. En outre, je fus déçu par la réception plutôt tiède, voire froide, de plusieurs spectateurs qui restèrent assis loin de la scène tout au long de la prestation, quoique cela s’atténua plus la performance avançait. Terminant leur prestation avec l’excellente « The Legend of The Blue Pig », The Stoned Horses me fit donc très bonne impression et je vais certainement surveiller ce groupe de plus près dans un avenir immédiat. Allez les voir et les entendre sur Facebook.

    Après un bref entracte, ce fut maintenant au tour de Doom’s Day de faire son entrée sur scène afin de briser la glace avec un premier spectacle à vie. Bien entendu, la nervosité était palpable, plusieurs des membres de la formation n’ayant pas foulé les planches depuis un sacré bail (6 ans, je crois, dans le cas de Dominic). Les musiciens semblaient donc quelque peu crispés pendant l’introduction ambiante et les trois ou quatre premières chansons de leur performance. De plus, le groupe avait fait le choix de jouer au métronome, car les partitions d’orgue trop éparses et trop simples pour justifier l’embauche d’un cinquième musicien seraient plutôt rendues par des séquences préenregistrées. Cela venait donc assurément ajouter à la pression, parce que les musiciens se privaient ainsi de tout droit à l’erreur. Cependant, je fus agréablement surpris par le rendu et la performance scénique des membres de Doom’s Day qui se dégourdirent assez rapidement et offrirent une prestation digne de mention, notamment Dominic qui exécuta très bien son rôle de frontman durant les pièces. Le groupe nous offrit ainsi de belle façon une sélection principalement composée de pièces de son premier album telles que : « The Sorceress », Ghost of Fate » et « Necronomicon Ex-Mortis » que vous pouvez voir en vidéo sur leur page facebook, grâce aux enregistrements de David De Rosby. Entre les pièces, le chanteur semblait toutefois un peu plus intimidé et moins sûr de lui, ce qui s’arrangera certainement au fil des prestations et avec une meilleure planification des interventions lors des répétitions. En outre, je fus encore déçu par la réception carrément froide des spectateurs, dont plusieurs quittèrent la salle malgré le très bon spectacle qui était présenté. Il est vrai qu’un mercredi à 23 h passer n’est pas la case horaire idéale pour un spectacle local et que j’ai moi-même de nombreuses réserves sur la salle choisie, mais je trouve que cela dénote un manque de respect envers la formation qui donnait son maximum sur la scène. Qu’à cela ne tienne, le groupe poursuivit sa prestation en devenant de plus en plus visiblement sûrs d’eux, chanson après chanson, ce qui démontrait qu’ils avaient beaucoup de plaisir sur scène. Finalement, ma dernière réserve est que bien que le son d’ensemble fut très bon, le vocal manquait souvent quelque peu de jus et de définition. Le soundman aurait pu lui donner un peu plus de volume et d’effet, ce qui aurait amélioré encore plus le son d’ensemble. Toutefois, malgré ces quelques faiblesses, Doom’s Day a livré une très bonne prestation qui laisse présager un bel avenir scénique pour la formation.

    En conclusion, je retiendrai principalement de ma soirée du 15 mai qu’en dépit d’une belle affiche composée de deux groupes locaux prometteurs et du fait que le spectacle était gratuit, la case horaire (le spectacle débutait à 22 h) et le choix d’une salle dont les employés ne semblent pas prêts à accueillir respectueusement une clientèle métal (une chance que je n’avais pas mis mes bottes 20 trous et ma ceinture de balle!) ont sérieusement handicapé l’ambiance qui aurait dû être nettement plus enthousiaste. Malgré tout, les deux groupes présents ont offert de très honnêtes prestations qui laissent augurer de très bonnes choses pour elles à l’avenir. Merci aux commanditaires de la soirée pour le spectacle gratuit et métaleux de Québec, arrêtez de tourner le dos aux nouveaux groupes locaux!

    Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

     

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