• La Décapiteuse #26

    Posted by Marryah Noch Mulligore on October 1st, 2013

    Décapiteuse Marryah Noch

    LA DÉCAPITEUSE

     

    1. Band: IN SOLITUDE

    Album: “Sister”

    Label: Metal Blade

    Date de sortie: 1er Octobre

    J’ferai pas fausse route à personne, j’avais des attentes de fou envers “Sister”, le petit dernier de IN SOLITUDE. Le représentant du band dit que leur nouveau stock est une évolution claire et nette. Moi je trouve tout simplement que c’est tout à fait faux. “The World. The Flesh. The Devil.” m’a fait commencer à triper sur ce band de manière assez prononcée que j’dois me demander pourquoi leur don pour les structures de songwriting catchy à souhait doivent absolument se faire sacrifier ici, pour le kick d’aller chercher des ambiances psychédéliques et moins riches en vrais riffs. Ces gars-là ont pas besoin de prouver qu’ils ont le “macabre et dérangeant” dans le sang; c’est évident pour tout connaisseur de ce groupe que même leur approche upbeat et rock-radio-hit oriented est tout à fait capable d’être creepy. La title-track est un très bon example d’une pièce aux arrangements ambitieux qui démontrent leur knack pour un vintage rock à l’anglaise qui détrône beaucoup de leurs confrères Suédois qui essaient assez fort de se la jouer Liverpool Sensation mais qui se plantent face première sur le ciment avant d’avoir le temps d’y penser deux fois. On se demande donc pourquoi ils ont tendance à “trop” essayer de se montrer space et trippy quand leur but premier ne devrait pas être de se la jouer VISTA CHINO mais plutôt de se rappeler qu’ils pourraient topper les charts avec leur seul don pour une efficacité irréfutable en terme de compositions qui ont un style tout à fait unique et inoubliable à la fois. Vous voulez mieux connaître c’te belle gang-là? Écoutez leur release de 2011. J’compte “Sister” comme un “mishap” assez inatendu qui enlève rien à la crédibilité du band. Le rôle que cet album joue est le suivant: je m’impatiente de plus en plus, ayant beaucoup de difficulté à attendre la “vraie” suite de “The World. The Flesh. The Devil”. Rien de personnel, les gars, mais on est complètement ailleurs présentement et l’intention était peut être telle, qui sait? Ça ajouterait du sens à l’équation qu’on a ici.

    VERDICT: 3.5/10 (Entre PAS TRÈS BON et POTABLE)

     

     

    2. Band: HORISONT

    Album: “Time Warriors”

    Label: Metal Blade/Rise Above

    Date de sortie: 1er Octobre

    On dirait bien que Metal Blade saisit l’occasion un peu gimmicky mais toutefois bien connue comme le Rocktober pour faire ressortir de l’ombre absolument tous leurs bands vintage rock qui déplacent assez d’air pour faire lever le nez de tout le monde qui a le Rolling Stone Editor Syndrome dans le sang. HORISONT, c’en était un autre que j’avais salement hâte de revoir depuis fin Avril 2012. J’en ai parlé en masse en ondes mais pour ceux qui ont pas suivi, j’affirme à qui veut l’entendre que “Second Assault” est un des meilleurs albums de rock qui existent, tout simplement. C’est assez rare que j’ai trippé sur un CD au point de sortir une telle énormité, c’est promis. Depuis sa sortie, j’ai absolument rien découvert que j’ai aimé plus en terme de vintage rock que ce band-là, et en terme de psychedelic rock, le dernier album de RIOTGOD, “Invisible Empire”. Donc, encore ici (vous l’avez guessé) j’avais une position de départ sur la question; je me disais que ça serait difficile à topper et que “Time Warriors” allait peut être me laisser de glace si j’essayais trop de le comparer à l’album d’avant, erreur que je dois avouer avoir fait avec un misérable succès. C’est clair ici que les gars d’HORISONT avaient l’intention d’aller chercher un contraste beaucoup plus tri-dimensionel entre les moods présentés dans chacune des pièces. Ça donne un résultat plus introverti et expérimental sur beaucoup de moments de l’album, ce qui permet aux nouveaux témoins et aux fans de longue date de découvrir une nouvelle facette de l’approche de leur songwriting. Personnellement je suis moins touchée par une approche à la HYPNOS 69 que par le ZEPPELIN-worship sur “Second Assault” – et mon rating est peut être basé sur ce fait plutôt évident. J’aime ces deux modes de pensée, mais pas au même niveau. Le mainman dit que l’écriture de cet album a été faite avec l’optique de faire de chacune des pièces un hit – plusieurs tracks sont plutôt filler quand le feel authentiquement plus introspectif du groupe n’est pas suivi à la lettre car c’est irréfutable que c’est ce qui définit cet album plus réfléchi et moins haut en couleurs que le précédent. C’est un fait qu’on doit avouer même en préférant leur approche plus énergique. “Time Warriors” c’est du high-maintenance. Comme dans le cas de IN SOLITUDE, j’enlève rien au groupe en tant que tel, mais pour les découvrir à leur meilleur, l’album d’avant serait à suggérer avant même que celui-ci se ramasse en référence une coupe de phrases plus loin. C’est une question très subjective de goûts en termes de format de vintage rock (il en existe une panoplie), donc je vais pas m’éterniser sur le concept.

    VERDICT: 6/10 (BON)

     

     

    3. Band: MERCILESS TERROR

    Album: “Vile Extinction”

    Label: Devil’s Clause Records

    Date de sortie: 7 Octobre

    C’est toujours assez tragique de se retrouver devant un album bien ficelé qui est capable d’arracher la face de la moitié de l’univers par son sens du Percutant mais qui se fait arrêter à mi-élan avant de provoquer cette catastrophe sonique d’une beauté éperdument notable, par une production qui sonne à peu près aussi bien que le premier mix de “Death Magnetic”. La prod qu’on a ici est d’une saturation telle que c’est particulièrement ardu de rester assis avec l’album quand on a conscience que les riffs risquent d’être durs à évaluer pendant plus d’une demi-heure à écouter un grichage qui devait peut être initialement rendre le son plus vicieux, mais qui réussit seulement à le rendre imprécis. Le death metal est un style qui profite très bien d’une production qui permet au réceptacle de voir, toucher, et apprécier chaque détail, chaque relief, chaque subtilité. Ici, c’est malheureusement tâche presqu’impossible. Néanmoins, mon sens de la justice me force à admettre que ce facteur est ici le seul vrai problème qui ne relève pas d’une incapacité de convaincre venant du band lui-même. J’irais jusqu’à dire que MERCILESS TERROR opte pour un pacing qui est toujours ULTRA rapide MAIS qui s’étourdit jamais. Initialement je trouvais que ce pacing laissait pas place à un développement assez judicieux des riffs, mais vu que les dits riffs sont déjà efficaces et mémorables malgré le fait qu’ils sont très staccato et un peu étouffés au beau milieu de tracks qui sont tellement vicieuses que je les qualifierais presque de vivement influencées par certains types de grind plus psychédéliques vu l’emphase plus marquée sur la complexité que sur le groove. C’est facile de noter que ces musiciens-là sont bien éduqués. Ils pourraient se ramasser dans des bands de speed/melodic metal et écrire des riffs aussi bons parce que ce genre de skill les rend sans aucun doute polyvalents. Ce qui m’a un peu confuse est qu’ils se qualifient tout simplement de thrash. Dans mon livre à moi, ce qu’ils jouent, c’est beaucoup plus brutal. À chacun sa tasse de thé sur la question.

    VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

     

     

    4. Band: SPIRALARMS

    Album: “Freedom”

    Label: Steamhammer/SPV

    Date de sortie: 7 Octobre

    Voilà un autre groupe qui sort tout droit du woodwork et qui se fait qualifier de nouvelle sensation de la scène rock, qui risque de faire tourner les têtes du monde qui savent de quoi ils parlent quand ils se garrochent dans le sujet des “bands qui ont le magma” pour percer, in the words of Jack Black. Je dirais pas que ce statement est exagéré, pour une fois que j’me le fais garrocher en pleine face par le label lui-même et que je pouffe pas en me disant que c’est de la fausse pub tout à fait machinale. SPIRALARMS ont effectivement le matos pour backer cette hype de fou. “Freedom” est le genre d’album réconfortant comme une Rickard’s Cardigan au beau milieu d’une journée grise et d’un froid mordant de fin Novembre. C’est un peu comme le chum de gars qui vient te voir pour te jaser d’à quel point t’es pas le seul à te sentir déconfit dans une situation ou une autre. C’est le remontant qu’une personne écoeurée du progressif sans personnalité aussi stérile qu’un labo de chimiste blasé a besoin d’explorer au risque de se claquer un burn-out. Voilà une belle série de métaphores qui peut s’appliquer à toutes les catégories d’auditeurs. Et franchement, une approche aussi personnelle et entraînante que celle de “Freedom” est difficile à détester, même pour ceux qui se contre-foutent du psychedelic rock autant que du fait que Titanic soit ressorti au cinoche en 3D. On a ici également une touche de blues style pub gig intime qui donne cette impression que chacun de ces types de tracks ont été improvisées à mesure sur une gratte en suivant le feel du moment; les tracks plus upbeat sont comme des jams sans flafla et sans prétention. C’est ce genre de “naked art” que j’attribue à ceux qui essaient pas de faker le rock and roll. Ceci est une bonne façon de me faire embarquer dans la hype SPIRALARMS en partant, et “Freedom” n’est pas une fausse piste. Profitez-en quand ça passe, beaucoup de bands essaient de se la jouer “We’re the Rolling Stones, bitches” même en écoutant le soupir collectif de l’univers. These guys can’t bore you. Guaranteed.

    VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

     

     

    5. Band: IRON MAN

    Album: “South of the Earth”

    Label: Metal Blade Records/Rise Above

    Date de sortie: 1er Octobre

    Le propriétaire de Rise Above affirme que la tonalité de la guitare dans les pièces de IRON MAN est assez heavy pour décortiquer un humain full-blown SAW-style. Et franchement ceci peut être dit pour plusieurs groupes de vintage doom tel ELECTRIC WIZARD. Sans manquer de compétition, IRON MAN déchanteront tout de même jamais. “South of the Earth” est un mélange très concis de tracks rock catchy, upbeat et giddy, et de plus longues (et encore meilleures) expérimentations qui intègrent autant de riffs et de patterns de drumming techniques que de nuances apportées aux moods qui me poussent à comparer cet album aux mines d’or du début de la carrière de SABBATH. J’étais initialement pas convaincue par l’approche plus paint-by-the-numbers des premières tracks mais à partir du moment où ces gars-là osent se mouiller et plongent au plus profond d’eux-mêmes pour aller chercher leurs idées les plus psychédéliques, ils sortent des chefs d’oeuvres qui sont une bonne balance entre le gloom d’une pièce comme “The Warning” et l’efficacité contagieuse de la vibe swingy de, disons, “The Wizard”. Ils s’en cachent pas non plus; ils ont effectivement débuté leur carrière en tant que groupe hommage à BLACK SABBATH. Contrairement à beaucoup de gens qui ont fait un tel choix tout de même, ils ont trouvé leur propre blueprint en s’éloignant pas de leur style de départ, et ceci est un fait largement appuyé par le hit absolument indéniable qu’on a ici.

    VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)

     

     

    6. Band: ARGUS

    Album: “Beyond the Martyrs”

    Label: Cruz Del Sur Music

    Date de sortie: 1er Octobre

    “Si t’aimes pas cet album, t’es pas un metalhead.” Telle est la vision de Clawhammer PR qui font la promotion pour beaucoup des releases de Cruz Del Sur et qui ont particulièrement apprécié “Beyond the Martyrs”. Apparemment que ARGUS était un band plus doom auparavant. Avec leur nouveau stock, ils se dirigeraient de façon plus évidente vers l’incarnation classique et traditionelle du heavy metal, malgré que je dirais plutôt qu’il s’agit de la New Wave of British Heavy Metal avec une touche d’epic doom moderne tirée de la recette HEAVEN & HELL plutôt que CANDLEMASS. Presque toutes les pièces de l’album sont empreintes d’un sens de la nostalgie qui me rend carrément sentimentale, et en ce sens, je comprends l’opinion de Clawhammer PR sur la question et je suis un écho total de leur affirmation sur deux pattes. Les twin guitars craftent des mélodies d’une efficacité telle que plusieurs des tracks sont du genre à marquer et frapper suffisamment pour être le genre de tounes qui nous font revenir vers l’album – ce sont des classiques purs et durs. La chimie entre les membres du band est d’un cosmique ahurissant. Le frontman a aussi une voix qui porte et qui est très operatic, ce qui agit comme un autre instrument à part entière. Le basswork est également audible et épanoui. Et que dire des build-ups majestueux et d’une catchiness unificatrice à l’appui; c’est exactement le genre d’album qui rassemble une foule d’inconnus dans tous les festivals métal à la grandeur du globe – en tout cas, ce genre de band en est tout simplement capable. Je le sais en les ayant même pas vus en show encore, l’album est preuve largement suffisante. That’s what I’m talking about. Chapeau.

    VERDICT: 9.5/10 (Entre GÉANT et ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

     

     

    -Noch

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