• La Décapiteuse # 23

    Posted by Marryah Noch Mulligore on September 3rd, 2013

    Décapiteuse Marryah Noch

     

    LA DÉCAPITEUSE

    1. Band: NEPHREN-KA

    Album: “The Fall of Omnius”

    Label: Kaotoxin

    Date de sortie: 3 Septembre

    Un death métal technique qui fait penser à un vaste désert décourageant qui s’étend à perte de vue et emplit un humain d’une anxiété marquée pour sa survie, ça donne un certain effet “fight or flight” sur la personne qui y est exposée. Les probabilités rattachées à ces deux résultats possibles sont basées sur une série d’équations algébriques nettes, précises, et pas mal plus évidentes à déceler et résoudre que ce qui est communément encouragé par le ministère de l’éducation du Québec. En partant, il faut que le band en question soit très tight, car leur approche étant déjà complexe, il faut qu’une chimie marquée entre les composantes soit notable, et il faut que l’agencement de celles-ci soit calculé en fonction d’un certaine intention d’impact qui rassemble ces éléments de façon logique. En bon français, maintenant; il faut que les riffs soient joués dans les temps dictés par le drum. Certains passages des longues et houleuses pièces de NEPHREN-KA sont efficaces et ceux-ci se qualifieraient du genre de build-up dont NILE est presque toujours résolument capable. Les moments qui définissent le problème que je viens de dénoter sont ceux qui jalonnent l’album de points d’interrogation qui rendent l’écoute continue un peu ardue. En d’autres mots, si ces gars-là veulent être tight, ils doivent écrire en fonction d’un point de vue plus homogène, même en voulant à tout prix se montrer le plus high-tech possible en termes de musicianship. Ils doivent également pas oublier d’écrire des licks bien forgés et de toujours puiser dans leurs ressources basées sur le feel; beaucoup de riffs ici semblent pas convaincus et sont, par le fait-même, pas convaincants. Pass.

    VERDICT: 5.5/10 (Entre ASSEZ BON et BON)

     

     

     

    2. Band: THE JOKERS

    Album: “Rock and Roll is Alive”

    Label: Steamhammer

    Date de sortie: 2 Septembre

    Je suis fanatique de rock, qu’on se le tienne pour dit. N’empêche que j’ai visiblement horreur des clichés faciles. Ils me donnent tout simplement envie de me revirer de bord et ignorer les bands qui s’y accrochent comme s’il s’agissait d’une béquille absolument nécessaire à la survie de la scène au complet. Dans mon livre à moi, ce qui sépare le bon rock du mauvais, c’est l’authenticité de celui-ci. In all fairness, THE JOKERS sont des brits qui savent se la jouer oldschool et qui se prennent pas pour d’autres. Leur approche au rock est très accessible et catchy et sing-along’y. L’anicroche ici est leur penchant pour l’insécurité soudaine au beau millieu de leur cocktail décontracté de tounes qui essayent pas d’être flashy; à la mi-album, on dirait qu’ils réalisent qu’ils “doivent essayer de pogner” en écrivant des tracks basées sur les thématiques les plus gossantes dans l’histoire du glam rock; les chars sport rapides, le chemin de la gloire au coeur de New-York, et les relations disfonctionnelles. Je tripe pas sur le fait qu’initialement je me plongeais dans un album d’une simplicité foudroyante dans son efficacité et sa familiarité pour finir en me demandant à quel band j’ai affaire en bout de ligne, ayant l’impression d’être en compagnie d’un tout autre outfit. Dommage, j’allais embarquer dans la croyance populaire qu’ils sont pratiquement les nouvelles rock stars de Liverpool et des palmarès.

    VERDICT: 6/10 (BON)

     

     

     

    3. Band: SCALPEL

    Album: “Sorrow and Skin”

    Label: Sevared Records

    Date de sortie: 3 Septembre

    Je le redis encore et toujours, du death metal à la Floridienne (en d’autres mots, le death metal splatter gore) est un sous-style risqué dans le sens où c’est assez facile pour un band d’être une reproduction exacte de CANNIBAL CORPSE ou tout simplement d’essayer d’imiter ces derniers en se plantant royalement. Heureusement, on a rarement mais parfois affaire à des bands qui ont le don de donner une spin réellement originale et fraîchement revampée au format. SCALPEL font partie de cette gang de monde créatif qui ont pas peur de se mouiller. Ils savent summoner un groove tight et accrocheur en élaborant des riffs lourds, menaçants, et empreints de sous-entendus. Ils ont également le don de l’élaboration des hooks, ils manient les contre-temps d’une main de maître, et savent définir le pacing idéal pour le mood définissant chacun des moments de ces tracks qui ne cessent de suivre leurs séries d’impulsivités, ce qui résulte en rebondissements franchement appréciables et fort intéressants. C’est ce que j’appelle le genre de phénomène qui donne de l’espoir pour ce style qu’on jurerait centenaire.

    VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

     

     

     

    4. Band: VATTNET VISKAR

    Album: “Sky Swallower”

    Label: Century Media

    Date de sortie: 3 Septembre

    Un black métal contagieux, c’est une oeuvre d’art qui non seulement frappe la personne qui en est témoin, mais qui s’empare de son âme, et se met à couler dans ses veines en se déversant sous formes de larmes tranchantes ruisselant le long d’un regard hargneux complètement défait sous l’emprise d’un son d’une puissance quasi-spirituelle. Ça ressemble à votre vision un peu corny de ce qui définit un album bleak de nos jours? Eh bien, ça colle à la mienne aussi. VATTNET VISKAR font jaser ces temps-ci et c’est loin d’être pour rien. Ils savent créer une ambiance fort dérangeante et presque physiquement violente autant en termes de black rapide et sans compromis à la WATAIN/DISSECTION qu’en optant parfois pour des passages acoustiques introspectifs mais assez zombifiants dans leurs patterns répétitifs, insistants, et complètement désespérés (d’une manière qui colle à l’intention créative qu’on a ici et qui définit le mood très clair, net, et précis de l’album). La perte quasi-totale de foi en l’humanité n’aura jamais sonné aussi esthétiquement bien que sur “Sky Swallower” – chacun des riffs est capable d’impact sur les émotions du récepteur. Rares sont les groupes de black modernes munis d’un focus aussi déterminé que dans les bonnes années de ce sous-style et VATTNET VISKAR sont là pour prouver que la scène black metal est bel et bien toujours en bonne santé malgré les volées qu’elle a mangées ces derniers temps grâce aux modes trop faciles à l’emprise fort fatiguante qui rend des albums comme celui-ci d’une importance tout à fait primordiale; encouragez les groupes comme eux qui connaissent leur propre identité.

    VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

     

     

     

    5. Band: FEROCITY

    Album: “The Sovereign”

    Label: Deepsend

    Date de sortie: 3 Septembre

    Le Danemark m’impressionne de plus en plus en termes de death metal brutal et mélodique à la fois. FEROCITY font pas exception à cette règle qui domine mes sessions d’écoute ces derniers mois avec “The Sovereign” qui se range dans la catégorie des albums qui m’ont tout simplement le plus marquée cette année. Tout d’abord, ils savent créer une vibe; elle imprègne chacune des composantes de toutes les tracks sans exception. Elle est inquiétante et étouffante à la fois, et ça back la cinématique des sujets des lyrics à merveille. En termes de technicalités; les riffs et licks sont mélodiques et rapides au point d’en être étourdissants, ce qui en dit long sur le skill du musicianship. Les peaks et les valleys de chacune des pièces sont complètement nécessaires au déroulement efficace de celles-ci et je sens que leur évolution est calculée au millimètre près. Les hooks sont tout à fait renversants et l’émotion est bien traduite par chacun des changements de temps et chacun des revirements de situation en termes de direction des riffs en tant que tels. Voilà des compositions qui sont d’un langage universel qui devrait laisser sa trace dans le coeur de bien des metalheads à la largeur du globe.

    VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

     

     

     

    -Noch

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