Ondes Chocs sur SoundCloud, présentée par:
  • Karma de folie inhumaine…

    Posted by Louis Olivier Brassard Gelinas on November 20th, 2013

    Unhuman-6

    (Toutes les photos du show par Alex Deleon sont ici)

     

    Tous les genres musicaux du monde pourraient être placés sur un continuum, une ligne sans réelle fin qui irait des genres les plus orientés sur la simplicité et le dépouillement vers les genres plus orientés sur la technicité, la virtuosité et la performance. D’autres axes pourraient représenter l’émotion générée par la musique de très émotive à clinique ou encore le contenu philosophique qui peut s’y retrouver. Le Metal et ses nombreuses variantes n’échappent pas à cet état de fait et il contient lui aussi des branches misant sur une virtuosité et une technique exacerbée ainsi que d’autres branches plus orientée vers la simplicité. La première de ces catégories était admirablement bien représentée vendredi dernier à l’Agitée, dans un spectacle organisé par l’hyperactif Dave Rouleau qui visait ainsi à permettre à des groupes au talent épatant, mais qui n’ont peut-être pas encore la visibilité proportionnelle à ce talent, de se produire dans des conditions optimales. On aurait ainsi droit à la première représentation devant public de ButterButtButler, le nouveau projet Death/Thrash Metal humoristique de Jack Quan (ex-Daedalean Complex), au Death Metal mélodique très léché de Karmatik, à la folie meurtrière du Death/Grind de The Aftermath et finalement, au Death Metal technique et progressif (c’est un euphémisme) de Unhuman. C’est donc avec un enthousiasme certain que je quittai ma demeure en compagnie de ma fidèle douceur sur deux pattes pour me rendre sur les lieux de ce massacre.

    Arrivés à L’Agitée vers 20 h, nous fîmes nos salutations d’usage aux quelques piliers de tavernes déjà sur place : Dave Rouleau, François C. Fortin à la console, Stéphane Simard (The Aftermath), William Lapointe (The Aftermath), Elliot Garneau le photographe d’Ondes Chocs, Antoine Baril (Symbolic, Deviant Process) du studio Hemisphere, JD Villeneuve (Deviant Process), Gilbert Gab Jay (The Outborn), Bob Jr. Girard (Ancestor’s Revenge) et le duo infernal du Challenge Parkinson Metal : Marco Chabot et Marc Lavoie. Trente petites minutes s’écoulèrent en cette poilue compagnie et le premier groupe de la soirée fit son entrée sur scène devant un public très bien garni.

    Comme je le mentionnais d’entrée de jeu, ButterButtButler est le nouveau projet musical de Jack Quan, fondé comme projet solo après son départ de Daedalean Complex. Le projet est rapidement devenu un véritable groupe avec l’addition d’Olivier Genest (ex-Deviant Process) à la batterie et Ben Laroche à la basse. Le groupe joue un Death/Trash caractérisé par des paroles humoristiques et des pièces rapides, courtes et violentes. En cette soirée, le groupe en était à sa toute première prestation devant public et il l’amorça dans l’ironie avec une introduction orchestrale grandiloquente complètement et volontairement à côté de la plaque. Passé cette première farce que je trouvai personnellement comique, mais qui sembla avoir un effet mitigé chez les spectateurs, le groupe enchaîna avec ses compositions très bien rendues musicalement. Je me dois ainsi de noter, la performance précise et impressionnante du batteur qui n’enleva en rien à l’efficacité de ses deux comparses aux instruments à cordes. Le groupe nous offrit aussi plusieurs blagues vulgaires qui déridèrent les spectateurs, un solo de guitare impressionnant de Stéphane Simard comme invité sur la seconde pièce de leur prestation et la voix gutturale de Jean-Michel Morency (Squidmilk) qui interpréta une pièce après nous avoir gratifiés de son imitation désopilante d’Arnold Schwarzenegger. Le groupe passa donc le test du premier spectacle de belle façon, mais je fus un peu moins convaincu pas le caractère statique de la présence scénique de Jack Quan, lui qui nous a habitués à plus de mouvement dans son groupe précédent. Toutefois, je suis prêt à parier que cela sera amélioré au cours de leurs prochaines prestations. Si l’idée d’un Metal assez technique et humoristique vous attire, allez jeter un coup d’œil de ce côté!

    Après une courte pause, c’était maintenant au tour de Karmatik de venir nous présenter son Death Metal mélodique et teinté d’influences progressives prédominantes. Cette formation de Québec existe depuis 2009 et est composée de : Carol Gagné (guitare, voix), Jean Michel Audet (guitare), Martin Gagné (batterie) et Gino Rochefort (basse, chœurs). Complexe tout en restant ancrée dans une musicalité très intéressante, la musique de Karmatik fit immédiatement monter l’ambiance de la soirée d’une coche. Bénéficiant d’un son presque irréel tant il était bon, les musiciens nous livrèrent leur prestation avec énergie et précision sans lésiner sur la présence scénique et le contact avec les spectateurs. Les guitaristes furent à L’honneur avec leurs sons de guitare riches et leurs solos remplis d’émotions bien transposées en musique. Je fus ainsi largement surpris par la qualité de cette formation que je ne connaissais que vaguement de nom. Leur performance fut aussi très appréciée par les spectateurs qui déclenchèrent quelques hostilités dans la fosse, un jeune homme se fendit même la main en s’imaginant dans un film de Bruce Lee avec ses amis karatékas à casquettes de baseball (sur une musique qui n’a rien à voir avec ce que les ninjas de moshpit aiment habituellement). Si vous aimez Death, les vieux In Flames, Dark Tranquillity et le Metal progressif  à la Dream Theater, vous serez servis par Karmatik!

    Un petit entracte verdure et nous étions prêts pour la démence de The Aftermath. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas, The Aftermath c’est une bande des psychopathes qui jouent un Death/Grind violent, survolté et complexe. Le quintette est composé de William Lapointe au vocal et à la démolition de salle, de David rousseau à la basse, d’Alexandre Savard à la batterie, de Stéphane Simard et Raphaël Malenfant aux guitares. Comme à son habitude, le groupe nous sauta au visage (au sens propre comme au figuré) avec son barrage de notes, ses mouvements frénétiques et sa rapidité incompréhensible. William Lapointe, cet énergumène à l’agressivité débordante se jetait partout comme un possédé et déchaîna les hostilités dans la fosse tout en entreprenant de démolir tout ce qui lui tombait sous la main. Accompagné de son acolyte Yannick Grenier (Unfallen, Rope) il terrorisa les spectateurs sans pitié. Malgré toute cette folie et ces frasques dignes de GG Allin, la prestation du groupe resta très précise musicalement et on eu droit à une démonstration de prouesse des guitaristes qui tiraient leurs notes aussi rapidement qu’une mitraillette. Si vous avez besoin de défoulement, allez-vous renseigner sur The Aftermath!

    Un dernier petit entracte et nous étions partis pour une prestation complètement inhumaine avec le Death Metal technique et progressif d’Unhuman. Ce groupe originaire de Montréal a été originalement fondé en 1995, a sorti deux démos en 1999 et 2001, puis s’est fait discret jusqu’à cette année avec un album éponyme. La formation est désormais composée de Youri Raymond (Cryptopsy (guitare live)), à la guitare et au chant, de Kevin Chartré (Beyond Creation, Brought By Pain) à la guitare, de Matt « Babe » Bérubé (Porno Coma) à basse et d’Alex Dupras à la batterie. Aussitôt entré sur la scène, le groupe s’attaqua à nous démontrer sa virtuosité incroyable avec tous les instruments utilisés. Motifs de guitare à se nouer les doigts, soli impossibles et rythmiques jazzées ne furent que quelques exemples de l’attirail déployé par le groupe. Je fus aussi impressionné par la qualité et la variété des voix gutturales présentées par le guitariste-chanteur qui se livrait à cet exercice tout en jouant des partitions très élaborées avec sa guitare. Malgré toute cette virtuosité, le groupe ne sombra pas dans la masturbation en gardant un caractère « groovy » et en nous livrant des compositions qui ne s’étirent jamais inutilement. Les spectateurs furent comblés par ce qu’ils entendirent et demandèrent un rappel au groupe qui ne se gêna pas pour obtempérer. Je vous enjoins d’aller découvrir ce groupe si vous ne le connaissez pas!

    En somme, ce fut une très belle soirée de Metal orientée sur le côté plus technique et progressif de cette grande famille musicale. Un gros merci et félicitation à Dave Rouleau qui a organisé ce spectacle avec dévotion et qui en a fait un succès avec 123 entrées à L’Agitée! Merci à Dania Forget à la porte, Alex Deleon Cativo pour nous rapporter la soirée à travers sa lentille et à tous les spectateurs qui se sont déplacés pour encourager quatre groupes québécois qui ont du talent à revendre.

     

    Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

     

One Response to “Karma de folie inhumaine…”

  1. Pascal Morin says:

    Bonne critique ! Je suis le Bruce Lee en herbe qui c,est fendu la main, ce n,etais pas dans le pit mais bien en essayant de rattraper ma biere :) Thx !

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