• Critiques à la mitraillette

    Posted by Louis Olivier Brassard Gelinas on March 12th, 2015

    À la mitrailllette

    Aujourd’hui, je vous offre une salve de commentaires concernant divers album qui sont atterris dans mon arsenal. – Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

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    Wolves in the Throne Room - Celestite

     

    Wolves in the Throne Room

    «Celestite»

    Artemisia records

    2014

    Liste des pieces:
    «Turning Ever Towards the Sun»
    «Initiation at Neudeg Alm»
    «Bridge of Leaves»
    «Celestite Mirror»
    «Sleeping Golden Storm»

     

    Les fiers représentants du Black Metal atmosphérique de la chaîne montagneuse des Cascades nous revenaient en juillet avec un cinquième album pleine longueur en carrière. Le duo des frères Aaron (guitares, synthétiseurs) et Nathan Weaver (guitares, synthétiseurs) nous surpris cependant avec un album complètement dénué de toute trace de Black Metal et même de toute trace de Metal ou de Rock à proprement parler, mis à part quelques traces de guitares saturées utilisées comme vectrices de textures plutôt que comme instrument de tête. Les cinq collages sonores de l’album sont effectivement ancrés dans une exploration de musique électronique atmosphérique totalement dépourvue de percussions ou de rythmique solide. Le voyage astral ainsi créé n’est pas du tout désagréable pour les fanatiques de Dark Ambient, malgré une certaine répétitivité dans les mélodies et les textures choisies qui fera en sorte qu’aucune pièce ne ressortira du lot. L’album s’écoutera donc comme une trame sonore nouvel âge de relaxation sans différenciation entre ses cinq parties. Cependant, les fanatiques de Black Metal ne trouveront rien ici pour satisfaire leur appétit de violence malsaine. Le tout déstabilisera donc certainement les amateurs du style musical élaboré par le groupe sur ses albums précédents. Ce sera donc un effort à aborder avec ouverture d’esprit ou à tout simplement laisser de côté.

    5/10 (réussi dans le genre, mais le groupe y perd une grande partie de son identité.)

     

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    1349 - Massive Cauldron of Chaos

     

    1349

    «Massive Cauldron of Chaos»

    Indie Recordings

    2014

    Liste des pieces
    «Cauldron»
    «Slaves»
    «Exorcism»
    «Postmortem»
    «Mengele’s»
    «Golem»
    «Chained»
    «Godslayer»
    «The Heretic (Possessed cover)»
    *Bonus disponible sur l’édition CD Deluxe.
    «Tornado (Voivod cover)»
    * Bonus disponible sur l’édition limitée Digipak.

     

    Le 29 septembre dernier, 1349 nous présentaient leur sixième opus de démolition Black Metal en 18 ans d’existence. Laissant de côté les expérimentations atmosphériques plus ou moins réussies de «Revelations of the Black Flame» (2009) et les interludes inquiétants de «Demonoir» (2010), la troupe de démons psychopathes opte cette fois pour un retour aux sources de leur Black Metal ultra rapide et sans compromis. Les motifs de guitare et les solos puissants de Archaon amènent des influences Death et Thrash dans la sauce déjà excellente, alors que Frost (batterie) se signale encore une fois par son talent de démolisseur de peaux et son jeu reconnaissable entre mille. Ravn (chant) ne se fait pas oublier avec ses incantations de styles variés accentuant la qualité du mur de son malsain créé par l’ensemble. L’album comporte aussi une bonne dose de «groove» qui laisse une belle place au talent de bassiste de Seidemann, ce qui est intéressant, car la basse est trop souvent oubliée dans le Black Metal. Le tout rappelle donc la simplicité efficace de «Hellfire»(2005) tout en bénéficiant d’une production beaucoup plus profonde et puissante. Enfin, si vous avez la chance de mettre la main sur le Digipak la reprise de «Tornado» de Voivod est absolument délicieuse. L’album sera donc un impératif pour tous les fanatiques de Black Metal brutal et sans compromis.

    Pièces favorites : «Cauldron», «Slaves», «Chained», «Godslayer» et «Tornado (Voivod cover)».

    8,5/10

     

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    Vesania-DeusExMachina

     

    Vesania

    «Deus Ex Machina»

    Metal Blade Records

    2014

    Liste des pièces :
    «Halflight»
    «Innocence»
    «Disillusion»
    «Vortex»
    «Dismay»
    «Glare»
    «Notion»
    «Disgrace»
    «Fading»
    «Scar»

     

    Il aura fallu attendre environ sept ans avant que Vesania, projet Blackened Death Metal symphonique et industriel de Orion (guitare rythmique, chant) aussi connu pour son rôle de bassiste au sein de Behemoth, ne sorte un successeur à «Distractive Killusions». Sur «Deus Ex Machina», la troupe de clowns malfaisants échappés d’un cirque malsain assume plus que jamais son penchant pour les mélodies industrielles psychotiques menées par des claviers prédominants. Les guitares prennent donc ici un rôle principalement rythmique et de second plan même si elles ont une place très présente dans le mix sonore. Les voix hurlées du leader de la formation se révèlent excellentes, malgré des voix claires définitivement moins intéressantes quoique correctes notamment sur «Innocence». La brutalité n’est toutefois pas oubliée, particulièrement sur la pièce «Vortex» qui combine à merveille violence, rapidité et atmosphère de cirque industriel. La production menée par Orion est cependant un peu décevante par excès de compression qui rend le tout un peu étouffé et qui empêche à la musique de pleinement révéler son caractère imposant. Néanmoins, l’album comprend de nombreux moments intéressants et plaira aux amateurs de ce genre de musique qui rappelle Covenant (avant qu’ils ne deviennent The Kovenant), Vesperian Sorrow et plus près de nous, Daedalean Complex, sans nécessairement les dépasser. Il s’agit donc d’une sortie de bonne qualité dans un genre très visité, mais la longue attente n’aura pas nécessairement livré un produit révolutionnaire.

    Pièces favorites : «Halflight»,«Vortex», «Glare» et «Notion».

    7,5/10

     

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    Anaal Nathrak - Desideratum

     

    Anaal Nathrakh

    «Desideratum»

    Metal Blade Records

    2014

    Liste des pièces:
    «Acheronta Movebimus»
    «Unleash»
    «Monstrum in Animo»
    «The One Thing Needful»
    «A Firm Foundation of Unyielding Despair»
    «Desideratum»
    «Idol»
    «Sub Specie Aeterni (Of Maggots and Humanity)»
    «The Joystream»
    «Rage and Red»
    «Ita Mori»

     

    Le satané duo britannique originaire de Birmingham nous revenait en octobre avec son huitième opus intitulé «Desideratum». Deux après l’excellent «Vanitas» (2012), nos deux protagonistes nous dévoilaient un album assez similaire, ponctuant le chaos rageur et impitoyable de leur Black Metal industriel teinté de Grindcore de motifs mélodiques de guitare accompagnés de voix claires, grognées et hurlées excellentes. Il en résulte un album qui aurait très bien pu constituer la seconde partie d’un album double dont la première partie aurait été l’opus précédent tellement le groupe nous sert la même recette. Cela ne fait pas de «Desideratum» un album faible puisque le groupe maintient son niveau de qualité et prolonge notre intérêt en allant plus loin dans ses expérimentations électroniques et dans sa maîtrise du chaos musical qu’il produit. En ressort donc un penchant mélodique de plus en plus assumé qui ne réduit en rien la brutalité de l’ensemble et des toiles de fond électroniques de plus en plus élaborées. De plus, l’album se révèlera tellement constant en qualité qu’il sera difficile d’en identifier des pièces meilleures que les autres. En somme, les fanatiques du groupe devraient se précipiter sur cet album si ce n’est pas déjà fait!

    Pièces favorites : Tout l’album!

    9/10

     

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    Marduk - Frontschwein

     

    Marduk

    «Frontschwein»

    Century Media Records

    2015

    Liste des pièces :
    «Frontschwein»
    «The Blond Beast»
    «Afrika»
    «Wartheland»
    «Rope of Regret»
    «Between the Wolf-Packs»
    «Nebelwerfer»
    «Falaise: Cauldron of Blood»
    «Doomsday Elite»
    «503»
    «Thousand-Fold Death»

     

    Depuis l’arrivée du chanteur Mortuus en 2004, Marduk connaît un second souffle qui s’était pleinement concrétisé il y a trois ans avec le très bon «Serpent Sermon» (2012). Cette année, les guerriers du Black Metal suédois poursuivent sur leur lancée avec «Frontschwein», un treizième microsillon typiquement présenté par une imagerie de la Seconde Guerre mondiale. Le quatuor frappe droit dans le mille avec un album aussi varié que son prédécesseur qui ose autant s’aventurer dans la brutalité digne du classique «Panzer Division Marduk» (1999) que dans des pièces à tempo modéré ou lent qui accentuent le caractère malsain de la musique du groupe. Le groupe s’aventure même avec une rythmique «disco» sur «The Blond Beast» qui confère à la pièce une originalité diablement efficace. La production de Devo (basse) est impeccable et profonde rehaussant la performance d’ensemble de la troupe qui est au sommet de sa forme. La performance du nouveau batteur Fredrik Widigs est variée et puissante alors que Mortuus nous surprend toujours agréablement par ses hurlements puissants et profondément malsains. En somme, Marduk nous livre un album de Black Metal de haute qualité s’inscrivant avec honneur dans leur discographie bien garnie.

    Pièces favorites : «Frontschwein», «The Blond Beast», «Wartheland», «Nebelwerfer» et

    «Thousand-Fold Death».

    9/10

     

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