• Chronique de l’Étrange 18

    Posted by Jonathan Blais on January 4th, 2013

    Un autre Temps des Fêtes de passé… Le foie se remet tranquillement, quelques caisses de bières vides sur la galerie qui vont aider à payer le compte de Visa durement éprouvé, quelques reflux gastriques à la seule vue des restants de tourtière dans le frigo, un gilet de laine trop grand et d’une couleur que je ne connaissais même pas l’existence et que je devrai ressortir la prochaine fois que je reverrai Mémère… Une chance que ça n’arrive qu’une fois par année, burp!

    Mais alors que le sous-sol de Mononc’ Roger et les bars de la Province étaient remplis de fêtards assoiffés, une révolution sociale se mettait en mouvement dans plusieurs villes et villages partout au Canada. Appuyés par des milliers de gens à travers la planète, Idle No More se veut le penchant autochtone du Printemps Érable ou du Occupy Wallstreet. C’est en réponse au projet de loi C-45 du gouvernement Harper, qui met en jeu les droits et acquis des Traités signés à l’époque et qui est en violation de la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones de l’ONU, que les Premières Nations se sont mobilisées et ont marchés dans les rues de plusieurs ville canadiennes. Leurs revendications sont hautement justifiées et les répercussions sur toute la population de cet autre projet de loi ”Mammouth” pourraient être catastrophiques, compte tenu du fait qu’il touche la gestion et l’avenir des cours d’eau et lacs à travers le Canada.

    ”Hey, c’est ben beau tes affaires de politique mais c’est quoi l’ostie de rapport avec la musique, Chose?”

    Attends, Bâtard, j’y arrive… L’image des amérindiens a été rudement mise à l’épreuve après la Guerre d’Oka et toutes les crosses qui sévissent sur les réserves mais c’est un peuple fier qui, malgré les drames du passé, sait se tenir debout et qui a à coeur de préserver ses traditions. Cependant, les plus jeunes se tournent souvent vers le Hip Hop pour exprimer sa colère et ses préoccupation. Tout le monde connait ou a entendu parler de Samian ou Anodajay, mais malheureusement, rares sont ceux qui ont explorés le Métal comme moyen d’expression, du moins au Québec. 4 jeunes de Pikogan, en Abitibi, ont par contre décidé de former un groupe au milieu des années 2000. Après quelques années à se faire la main sur le répertoire de Metallica, Megadeth et Iron Maiden, les 4 cousins Ruperthouse ont formé Realityet c’est en mars 2010 qu’ils produisent l’album ”Screaming My Rage”. Le style y est cependant conventionnel et chanté en anglais. C’est au niveau de l’écriture que Brandon et ses compères nous racontent leur réalité d’autochones.

    Du côté de la Colombie-Britannique, Gyibaaw se sont quant à eux inspiré du Black Metal et, à la manière de plusieurs groupes Pagan européens, y ont inclus des sonorités indigènes ainsi que des textes dans leur propre langue, soit le S’malygax, parlé par le peuple Tsimshian. Un parallèle peut facilement être fait avec ce qui se fait en Norvège, ceux-ci prônant également un retour aux valeurs pré-colonialistes. Sur leur album ”Ancestral War Hymns”, ils font l’éloge de ces batailles sanglantes où, bien avant que l’Homme Blanc ne vienne souiller leur Terre et leur croyance avec sa croix et ses Saints, les Dieux animistes prenaient soin des vainqueurs et des vaincus tombés au combat. Le band est toujours actif après 6 ans d’existence, bien qu’il n’ait produit qu’un album en 2009 ainsi qu’un démo et un split. À découvrir pour les amateurs d’histoire, de Black primitif et d’ambiances guerrières.

     

    Du plein coeur des Appalaches, Nechochwen nous transportent eux aussi grâce à leurs atmosphères envoûtantes, en ces temps anciens, véritable hommage à la beauté majestueuse des Montagnes et l’esprit shamanique y est très présent. Utilisant quelques instruments traditionnels, c’est la guitare qui y est cependant à l’honneur, tantôt classique et progressive, tantôt flirtant avec le black metal dans de puissants passages sur leurs 3 albums, dont ”Oto” qui vient tout juste de parraître à la fin de 2012 sur l’étiquette Bindrune Recordings. Celle-ci distribut également Blood of the Black Owl, un autre groupe américain à saveur amérindienne, mais dans un registre plus près du Funeral Doom metal.

    Bien que le ”Native Metal” semble un style plus qu’underground, certains musiciens autochtones ont toutefois réussis à avoir un succès planétaire. On n’a qu’à penser à Chuck Billy, lui-même de la tribu Pomo, qui nous a offert au cour de sa longue carrière des titres comme ”Trail of Tears”, ”Allegience” et ” Native Blood”, véritable hommage à ses origines. Les peuples amérindiens étant assez unis, c’est cependant du Mexique que ce genre a eu un de ses plus grand allié, et ce, en la personne de Jesse Pintado. Le regretté guitariste participa à la fin des années 80 à la création de ”Resistant Militia”, groupe quasi-mythique de Grind californien. La formation devint par la suite Resistant Culture et produisit 2 albums. les 2 co-fondateurs Anthony “Wolf” Rezhawk et Katina Culture, 2 autres membres de Terrorizer et au sang amérindien, continueront leur combat sur le 3ième effort et sur lequel on pourra aussi entendre leur ami de longue date Pete Sandoval. Il est certain que le groupe gardera sa touche particulière sur le très attendu ”Shamanic Healing”. Avec un nom comme Dan Swano derrière la console, les chants traditionnels et les instruments tribaux comme la flûte et le tambour trouveront le parfait équilibre avec le son aggressif des instruments dits plus modernes.

    En conclusion de ce voyage au pays de la ”Musique de Sauvage”, (comme disent certains esprits obtus), il ne faudrait pas oublier de mentionner l’influence que la culture autochtone Nord-Américaine a eu sur plus d’un musiciens, que ce soit dans le son ou encore la thématique. On n’a qu’à penser à ”Indians” d’Anthrax, ”Run to the Hill” d’Iron Maiden, le look d’Ian Astbury de The Cult, l’oeuvre quasi-complète de Crows, band allemand power métal des années 80… Un autre a ne pas négliger est sans contredit l’album ”Anonymous” de Tomahawk, autre projet complètement disjoncté de Mike Patton ainsi que d’ex-musiciens de Jesus Lizard,Battle, Helmet et Mr Bungle. Basé sur des enregistrements datant du 19ième siècle, ce troisième CD du groupe américain tire son titre du fait qu’aucun crédits n’y était inscrits. Un excellent album pour découvrir un son trop souvent parodié ou ignoré mais qui fait tout de même parti de notre histoire collective.


    Intérressant de voir que ce peuple décide de se lever et, par des actions concrètes, faire oublier cette réputation de buveurs et de crosseurs. Tout ce qu’ils demandent, c’est le respect qui leur est dû en tant que Première Nation et de ne plus être ce Peuple invisible .

    }:)~>

     

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