by Marryah Noch Mulligore | Avr 29, 2013 | Critiques de Shows
Encore une fois, j’ai eu la très plaisante occasion d’être témoin d’un petit show local qui a pu m’introduire à une couple de bands dont j’ignorais l’existence avant que Lex (des Productions Kranium et également chroniqueur et coordonateur chez Ondes Chocs) m’invite à descendre au Magog pour me claquer une chronique. J’ai naturellement fouillé en masse pour me documenter sur les bands présentés et j’ai diffusé EMPYREAN PLAGUE et MOLEST dans mon show « C.R.O.C. Underground Metal« . Ces deux énergumènes de groupes ont immédiatement apostrophé mon attention et ont renouvelé mon intérêt pour la scène death-black, qui avait pris un ‘backseat’ dans ma tête dernièrement. Assez tristement toutefois, MOLEST ont pas pu être de la partie dimanche, suite à un conflit logistique sur lequel je n’élaborerai pas; la soirée devait être le lancement de leur nouvel album (qui me semble, soit dit en passant, être une fucking bombe atomique qui aurait vraiment très profité d’une suite de shows; la foule aurait, sans aucun doute, embarqué dans leur trip et passé le mot à leurs amis pour assurer un max de ventes – au moins une bonne trolée de t-shirts auraient été mis en circulation, y’a pas à dire). Néanmoins, l’événement a tenu le coup, et Lex, étant extrêmement visionnaire dans son approche au booking et également très fidèle à ses promesses, a quand même poussé la note pour que les trois autres bands du bill tiennent leur bout et aient une chance de se montrer en prestation.
À mon arrivée, un dix minutes après le début du set de SHADE OF SUNBURST (j’ai pas l’habitude d’être en retard, mais vaut mieux se pointer tard que jamais, et j’ai pas du tout regretté d’avoir pris une des rares bus du dimanche soir pour m’emmener à ce show intime mais fortement efficace), j’ai pu tout de suite constater, en regardant par l’espèce de fenêtre style studio à partir du côté bar aux effluves country du Magog, que le nom de ce band fitte parfaitement avec leur prestance. La salle était pratiquement vide du côté stage (malgré que ça s’est rempli avec une rapidité assez badtrippante du côté pub) mais encore là, un peu comme la fois ou j’étais allée voir CHARIOTS OF THE GODS au Woodstock en Mars dernier, j’ai tout de suite spotté les trippeux. La gang qui était là était majoritairement des membres des bands ainsi que les producteurs du show, mais ni la vibe, ni la performance des groupes était affectée par le fait que les murs étaient pas en train de tomber sous le poids d’une marée de monde. Pour revenir à SoS, j’entendais déjà leurs tounes à partir de dehors en me tirant des puffs, et leur approche me semblait très black à ce moment-là; en entrant, j’ai été assez surprise de voir que le vocal était assuré par une frontwoman, et je dois dire qu’elle était complètement en feu, avec un humour pince sans-rire de très bonne foi. C’est toujours cool de voir des bands qui grimpent pas dans les rideaux, peu importe la situation. C’est même assez badass à voir. Les autres membres du groupe étaient également projetés en avant par la brute force de leur propre son, qui était, ma foi, des plus diversifiés. C’te gang-là incorpore un côté mélodique assez viking à leur approche, avec même des passages un peu doom qui semblent pas forcés, mais plutôt méthodiques, je dirais même. Leurs riffs m’ont parfois un peu confuse dans leur atonalité souvent innécessaire vu la richesse déjà bien étoffée de leurs structures de songwriting (pas besoin d’ajouter une touche abstraite additionelle; des licks plus steady et tranchants en termes de tone colour auraient certainement été suffisamment puissants) mais j’peux pas dire que c’est un problème qui a pris excessivement de place dans leur bulle, dans laquelle j’ai été assez rapidement absorbée. Leur énergie était palpable; on aurait dit qu’ils se claquaient une perfo dans un contexte digne d’un gros festival Européen, rien de moins. J’ai su par Lex que cette prestation avait été filmée, et honnêtement, je dirais certainement pas non à revoir le tout. Leur son est le genre d’ordeal qui prend plusieurs écoutes pour être digéré; je l’admets totalement. C’est original et je dirais même que ça emprunte des chemins un peu inexplorés en termes de genre-meshing – tout compte fait, ça rentre en sal, et c’est quand même très facile à adopter dans le contexte d’un show aussi bien performé.
ISSFENN ont vraiment pas tardé à préparer leur set, et j’ai pu observer que le frontman – avec son maquillage me faisant penser à The Crow et sa fière allure théâtrale qui est vraiment représentative du message de sa musique – est un genre de scientifique en termes d’expérimentations soniques. Son arsenal d’FX pour ce show était renversant, et en l’écoutant tergiverser avec le soundman à l’étage et le regardant coucher des riffs sur son instrument, j’ai pu déceler exactement quel genre de tonalité il recherche, et c’est un spectacle très intéressant à observer quand un intérêt pour la production te chatouille déjà la curiosité. Ce gars-là sait exactement comment il veut sonner, et ça marque déjà pas mal de points dans ma tête; avoir un skill en termes de musicianship autant qu’en termes de connaissance approfondie de l’enrobage d’un son tranchant et mémorable, c’est sans aucun doute une base de fou quand t’as un pied ferme dans la business. Et attention – j’vous ai toujours pas dévoilé le gros punch de l’équation. ISSFENN, c’est deux gars. Le frontman que j’viens de vous décrire, et son drummer (qui est généreusement éclectique dans son approche, utilisant autant des contre-temps – évidemment teintés de son background progressif dont nous avons éventuellement jasé à la clôture de la soirée – que du hyperblast, et du mid-paced gallop très tight et bien dosé) assuraient par eux-mêmes. Le chanteur était guitariste et bassiste à la fois, se servant d’une bonne dose de créativité en termes d’agencement de gear et d’FX pedals. J’vous le dis tout de suite, leur son sonnait pas comme deux dudes, mais bien comme un groupe dans lequel y’a sept musiciens. Leur type de black est envahi de hooks – c’est vraiment à perte de vue et ceci est largement dû aux influences thrash que j’ai pu entendre dès le début du set au coeur des riffs. Leur influence IMMORTAL était évidente, sans que j’me ramasse à entendre du rip-off ou certaines de leurs tounes qui sonnent exactement comme quelque chose que j’ai clairement déjà entendu ailleurs (et ceci, les amis, est LA façon de correctement rendre hommage aux musiciens qu’on admire; en élaborant sur une base qu’ils ont créée, sans faire du copy/paste de sections provenant des quatre coins de leur discographie). Leurs mélodies étaient également très sur la coche, et je trouvais particulièrement que leur façon très savante de switcher la cadence du tempo aux bons moments était particulièrement appréciable, me garrochant dans un headbanging instinctif. Chapeau, je voudrais revoir un set comme celui-là très prochainement, et je manquerai pas de jeter un oeil au side-project progressif du drummer, baptisé MOLT.
EMPYREAN PLAGUE ont un son très luxuriant et coloré, en étant tout de même black à la base. Dans le cas d’un espèce de blackened folk penchant sur le death-black Suédois, ces qualificatifs font tout le sens du monde placés dans une même description. J’ai tout de suite eu l’oeil braqué sur le bassiste, même en plein millieu du soundcheck. C’est assez évident que ce gars-là est appliqué dans son horaire de pratique hors-scène, car sa prestation coulait comme de l’eau – il avait déjà l’air d’être en show même avant que le set commence. Ce type d’énergie, chez un musicien, en dit très long. Le frontman avait un growl puissant qui évoque un paysage fortement Européen qui s’étend à perte de vue – son clean était également saisissant et un peu poétique, se marriant très bien avec le son des guitares qui évoquait des mélodies réconfortantes et violentes à la fois; un feeling bien particulier définit chacune des pièces présentées. La mémorabilité de chacune des notes jouées est tout simplement irréfutable. Le drumming accompagnait très bien les riffs, et ajoutait de la puissance à son approche aux moments les plus opportuns, optant plutôt pour une subtilité mathématiquement dosée lorsque les passages les plus contemplatifs de chacune des tounes s’installaient, sans jamais s’éterniser à outrance. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce set – j’avais l’impression de regarder un peintre se laissant planer dans sa bulle créative en réfléchissant bien avant d’ajouter une série de tons particuliers à ses couleurs de base pour dépeindre un vaste concept tri-dimensionel qui accroche autant l’oeil que les autres sens. Ceci témoigne d’un côté très relax sur le stage – être capable d’avoir ce genre d’effet un peu hypnotisant sur un public sans perdre de la puissance en termes de capacité de rêvasser en jouant, nous influençant à faire de même en regardant le show, ça confirme très bien que les gars n’étaient pas stressés et ont confiance en leur art.
Je me dois de terminer en disant que ceux qui ne sont pas venus à ce show sous prétexte qu’aucun groupe local étaient sur le bill se sont fermés l’esprit en ne sachant pas du tout ce qu’ils ont refusé d’observer de plus près. Une soirée black de cette qualité est un phénomène que j’ai rarement vu en région, surtout provenant du fin fond de l’underground. Lex et les Productions Kranium, c’est une organisation totalement singulière qui est fondée sur une philosophie d’unification de la scène métal au niveau mondial, et je dois dire que toutes les compagnies de booking devraient avoir une mentalité semblable – le résultat est notable, et devrait fortement être encouragé et apprécié à sa juste valeur.
-Noch

by Louis Olivier Brassard Gelinas | Avr 29, 2013 | Critiques de Shows

The Outborn
Je n’ai jamais cru à l’objectivité pure. Pour moi, il est impossible d’atteindre cet idéal philosophique pour la simple et bonne raison qu’il restera toujours des parcelles de goûts, préjugés et autres idées purement subjectives qui orienteront le jugement d’un être humain par rapport à n’importe quel sujet, mais surtout par rapport à l’art. Effectivement, l’art est un domaine où l’irrationnel, le subjectif, prédomine. L’art est une création faite à partir d’émotions vécues par l’artiste pour les transmettre à un public, qui retransmet une énergie émotive à l’artiste en retour. Donc, la seule façon pour une personne qui prétend à « critiquer » une œuvre d’art quelconque de se rapprocher de l’objectivité est d’admettre ses biais d’entrée de jeu : Je ne suis pas un grand fanatique de Metalcore, Deathcore et toutes leurs déclinaisons. Cependant, j’ai toujours été un mélomane ouvert d’esprit qui ne s’impose pas de limites stylistiques et qui se méfie des clichés et des préjugés. Il y a donc quelques groupes de ces courants que j’ai su apprécier au cours des années : Despised Icon, The Faceless, The Agonist et Unfallen en sont des exemples. De plus, étant moi-même issu d’une mouvance plutôt Punk Hardcore (des années 1980-1990) et du Metal extrême en général, je comprends quand même très bien les racines de l’hybridation stylistique qui a mené à l’apparition de ces genres. Ceci étant dit, il y avait longtemps que je n’avais pas fait une incursion dans un spectacle de cet univers peuplé de breakdowns, d’oreilles distendues et de katas pratiqués dans la fosse (allo les clichés!). En fait, ma dernière véritable expérience dans un spectacle entièrement « Core » était celle du spectacle d’adieu de Despised Icon à l’Impérial en 2010. Donc, lorsque le mouvement perpétuel nommé Dave Rouleau me demanda de couvrir ce spectacle dédié à quatre formations québécoises montantes qui officient dans cet univers, je sautai sur l’occasion. Cela allait me donner l’opportunité de sortir de ma zone de confort habituelle et de jeter un œil à l’évolution de cette scène que je savais déjà fort prolifique en ces contrées.
C’est donc à peine remis du « Council of Hell » de la veille que je me dirigeai, accompagné de ma délicieuse compagne vers mon logis d’adoption, l’Agitée, en cette belle soirée de la fin d’avril. Arrivés vers 20 h dans le temple de la musique underground à Québec je bénéficiai avec remerciements de l’accès de la part de Charles Miller, qui organisait ce spectacle en collaboration avec Exofest. Aussitôt, j’aperçus dans la salle un certain Alex Deleon-Cativo armé de sa fidèle caméra et j’en profitai pour piquer une conversation avec lui. Celui-ci était excité quant à la soirée à venir et m’assura qu’on aurait droit à ce qu’il se fait de mieux en matière de Deathcore au Québec en cette soirée. Nous discutâmes aussi du fait que The Aftermath évoluerait à cours d’un guitariste en raison de l’absence de Raphaël Malenfant, qui devait répondre à des obligations professionnelles de soundman (chose que j’avais apprise la veille, puisque Raphaël était le soundman du Council of Hell). Comme la veille, la foule tardait quelque peu à se constituer à l’intérieur de l’Agitée, probablement en raison du beau temps qui régnait à l’extérieur. Les promoteurs décidèrent donc de reporter l’entrée en scène de The Outborn à 21 h. Cela me permit de constater que le public était différent de celui qu’on retrouve lors des spectacles de mes styles de prédilection (Black, Death, Thrash). Généralement plus jeunes, sapés de manière beaucoup plus décontractée, les spectateurs affluaient toutefois de façon régulière dans la salle. Cela entraîna une réflexion sur la segmentation de plus en plus évidente de la scène métal, propos que je partageai avec Maxime Gélinas, guitariste des groupes Unfallen et Black Khox accoudé près de nous au bar.
Vers 21 h, The Outborn (Québec) s’installa sur la scène de l’Agitée devant une centaine de spectateurs et aussitôt le chanteur Max « Viktorr » Martel réclama un pichet d’eau et de la bière au bar pour commencer sa prestation. Cela laissait présager une performance brutale, mais l’effet souhaité par cette manifestation d’attitude fut quelque peu amoindri par le fait que le barman était occupé avec plusieurs clients, ce qui causa un drôle de temps mort où le reste du groupe improvisa des remerciements aux organisateurs et au public qui leur a permis, grâce à leurs votes à un concours, de faire la première partie de The Faceless, à l’Agitée, le 6 juin prochain. Une fois les demandes du vocaliste remplies, la formation composée de : Rick « Bidou » Lepage (guitare rythmique), Gabriel « Gilbert » Joly (guitare soli), Chris « Mika » Peretti (basse) et John « Ninjon » Bourgeois (batterie), entama sa violente performance. Le groupe pratique un Deathcore progressif qui se rapproche des styles développés par Between the Buried and Me, Job For A Cowboy et The Black Dahlia Murder. Leur musique se caractérise par une dominante de motifs Death Metal, des passages progressifs mélodiques très intéressants et une dose modérée et bien utilisée de breakdowns caractéristiques. Par-dessus tout cela, le frontman Viktorr rajoute, en alternance, ses impressionnantes voix gutturales, aiguës et hurlements hardcores. Nous avons donc eu droit à une très solide prestation du groupe qui démontre une grande maîtrise de son matériel d’une complexité technique élevée et une très bonne énergie sur scène. De plus, le groupe a même interprété une chanson à trois vocalistes avec la présence de William Lapointe (The Aftermath) et Francis Naud-Mostert (Unfallen) qui se joignirent avec leurs micros à l’imposant chanteur de The Outborn pour déclencher les hostilités dans la foule. Je fus donc agréablement surpris par le premier groupe qui nous livra une prestation très professionnelle et débordant d’énergie. Allez écouter les trois chansons disponibles sur leur page facebook.

La prochaine formation à s’amener sur scène était The Aftermath, comme je l’ai mentionné plus haut ceux-ci devaient livrer leur prestation à cours d’un homme avec l’absence du guitariste Raphaël. Toutefois, comme celui-ci m’en avait parlé la veille, cela leur permettrait de jouer des nouvelles pièces encore plus brutales qu’il n’a pas encore eu le temps de travailler. The Aftermath officie dans un style plus près de mes intérêts habituels; une mixture de Brutal/Death Metal et de Grindcore, qui mise sur une forte dose d’agressivité, des rythmiques brutales et des motifs de guitare hautement complexes. En cette soirée le groupe était composé de : William Lapointe (vocal), Stéphane Simard (guitares, aussi dans Deviant Process), Phillip Cimon (basse) et Alexandre Savard (batterie). Encore une fois, je fus impressionné par une performance scénique aussi brutale et violente que la musique du groupe. William, au chant nous fit une démonstration d’agressivité à peine retenue en n’hésitant à brutaliser la foule et même à démolir une cymbale et son pied directement dans la fosse tout en continuant de nous attaquer de sa voix gutturale. Stéphane Simard, encouragé par les invectives de son collègue JD Villeneuve de Deviant Process, livra une solide performance à la guitare en nous faisant même totalement oublier l’absence de son comparse Raphaël. The Aftermath nous présenta certainement une des prestations les plus relevées de la soirée et je vous encourage à surveiller l’ascension de cette formation de Québec. Quelques pièces d’une sortie intitulée, Meurs, sont disponibles sur leur page facebook. Suivez ce lien parce que plusieurs autres groupes partagent leur nom.


Sur papier, ç’aurait été maintenant au tour d’Epiphany from the Abyss de faire son entrée sur scène. Cependant, pour éviter un phénomène dont je vous ai parlé dans ma précédente critique, c’est-à-dire la tendance (que je déteste) qu’ont les gens de quitter la salle après les groupes locaux, les organisateurs de la soirée ont eu la bonne idée de faire jouer Obsek avant eux. Toutefois, cela n’empêcha pas de nombreux spectateur de déserter la salle pour aller flâner dehors alors que la troupe de Rouyn-Noranda, qui a fait plus de neuf heures de route pour se rendre à Québec, commençait sa prestation, ce que je trouve hautement irrespectueux. J’en profitai donc pour saluer, de la part de Dave qui les avait rencontrés à Rouyn à la mi-avril, Nicholas Gagné et Simon Turcotte, les deux sympathiques chanteurs de la formation, peu avant qu’ils n’entament leur show. Obsek joue un deathcore qui laisse beaucoup de place aux mélodies de guitares tout en comprenant des beakdowns caractéristiques du genre. Les deux vocalistes échangent des voix plus Death (principalement Nicholas) et plus Hardcore (Simon). Outre ce duo vocal, la formation est composée de : Benoit Breton (batterie, aussi dans Cryptic Howling), Seb Thériault (guitares), Miguel Hunter (guitares) et Guillaume Audet (basse). La troisième formation livra une prestation tout aussi relevée que les deux premières en démontrant tout autant de professionnalisme et d’expérience scénique. On peut d’ailleurs constater en consultant leur page Facebook que les gars ont partagé la scène à maintes reprises avec des formations importantes et que le groupe existe depuis 2004. Ainsi, malgré son attitude réticente du début, la foule se retrouva de plus en plus compacte au fur et à mesure que la prestation avançait et quelques malades, dont le batteur de The Outborn, nous démontrèrent leurs aptitudes au karaté dans la fosse, ce qui plut certainement aux membres d’Obsek. Leur premier album Traumatic Experiment (2010) est disponible en téléchargement sur Bandcamp et je vous conseille fortement son achat, si vous aimez le genre.


Après ces trois excellentes entrées en matière, ce fut maintenant au tour d’Epiphany from the Abyss d’entamer son tour de chant. Le groupe officiant dans le domaine du Technical Deathcore fortement inspiré de Despised Icon comprend : Anthony Caron (vocal), Mathieu « L’Inde » Dhani (vocal), Tristan Tremblay (8 cordes), Jamie Roy (guitare), David « Dov » Rousseau (basse, aussi dans Unfallen) et Alexandre « Xander » Delisle-Drouin à la batterie. Visiblement attendue du public qui se pressa devant la scène, la jeune formation née en 2010 vint nous présenter un spectacle tout aussi rodé et énergique que les autres groupes de la soirée. Toutefois, sa musique fortement axée sur les breakdowns à répétition et presque dénuée de véritables motifs de guitares mélodiques me rejoignit beaucoup moins. Cela étant spécifié, je me dois de souligner la performance de Tristan avec sa guitare à huit cordes qui est un véritable virtuose, qui écrit les pièces du groupe, qui présente des soli très bien composés et qui amenait de très bons motifs, malheureusement souvent gâchés par l’abus de cassures rythmiques précédemment évoqué. Cet abus m’a empêché d’apprécier à son plein potentiel la qualité technique et mélodique des compositions du groupe. Le travail des deux vocalistes est aussi à souligner, chacun exécutant des voix complémentaires (Mathieu dans un registre plus aigu et Anthony dans un registre plus guttural) efficaces et bien placées. Malgré mes réserves, la prestation fut très appréciée du public, dont les trois jolies groupies en chef du groupe à l’avant. Vers 1 h du matin, la soirée était donc terminée.

Pour conclure, je fus donc très satisfait, en prenant le pouls d’une scène que j’avais délaissé depuis trop longtemps, de constater que ladite scène semble regorger de groupe au talent et au professionnalisme incontestables. Malgré certaines réserves qui tiennent plus à mes préférences de métaleux qu’à de grosses lacunes objectives, j’ai été impressionné du foisonnement et de la cohésion entre les membres de ces groupes qui forment une clique qui se soutient. Cependant, cela m’a aussi permis de constater une segmentation que je trouve parfois un brin trop hermétique entre les différents courants de Metal. En effet, j’ai vu de nombreux visages lors de ce spectacle que je ne vois pas dans les spectacles d’autres genres et inversement. Je trouve très dommage que les amateurs d’un style de Metal ne soient pas plus ouverts aux autres courants de ce genre merveilleux. Une plus grande ouverture et une plus grande unité des métaleux seraient sûrement bénéfiques pour tout le monde. En terminant je remercie Charles Miller et Exofest pour l’accès et Alex Deleon Cativo pour les photographies!
Louis-olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Marryah Noch Mulligore | Avr 29, 2013 | La Décapiteuse

Naturellement, étant le genre de journaliste qui dévore un paquet d’albums par semaine, ce qui me donne, en fin de mois, un nombre d’heures d’écoute assez remarquable, j’peux franchement vous dire une affaire; ce sont pas tous mes round-ups qui vont être reluisants d’optimisme. Ça arrive qu’à la semaine longue, j’entende seulement des albums qui me déplaisent vertement. Cela, j’y peux absolument rien; y’a des gens qui se font une gêne et qui prétendent tout aimer question de ne pas se faire tabasser par les lecteurs et fans des groupes en question; je suis pas de cette planète. Je suis très sélective en termes de ce qui me reste dans la tête et dans le coeur en termes de nouveautés, et ce qui va simplement prendre la poussière dans un raccoin de mon disque dur pour le restant de l’éternité sans jamais revoir l’ombre d’un replay autrement qu’au millieu d’une playlist sur shuffle qui va rapidement passer d’une bonne toune à l’autre grâce à mon don du skipping invétéré. J’pense que quand tu te claques un review, tu veux savoir ce que le journaliste pense, tu veux qu’il te conseille sur tes choix d’achats, et tu veux qu’il ait l’air de savoir de quoi il parle, plutôt qu’être un espèce d’automate qui semble être enthousiaste en entendant le pire des fouillis et en qualifiant ça d’un chef d’oeuvre qui va changer la scène à tout jamais. Se faire bullshitter par ce qu’on lit, c’est une activité encouragée par les journaux à potins; pas par les sites métal aussi étoffés et connaisseurs que celui sur lequel vous surfez présentement. Je suis dans la bonne team; nous, on s’affirme, pour le meilleur et pour le pire.
BEISSERT – Darkness: Devil: Death
Étant très très accro à ce sous-style que j’apelle affectueusement le psyrock (pour ceux qui sont pas familiers avec le terme, c’est un mélange de psychedelic rock et de stoner doom avec une touche southern), malgré l’efficacité assez inconstante de l’avant-dernier album de BEISSERT sur « Agonia », j’ai réussi à triper sur certaines pièces qui me semblaient assez organiques et sincères pour me faire souvent penser aux vieux albums sombres dans ce genre qui faisaient surface dans les années soixante-dix. Sur « Darkness: Devil: Death », assez incroyablement, l’intention était clairement de prendre ce style et de le faire bifurquer dans une autre direction qui a pratiquement zéro rapport avec les racines du band (m’enfin, c’est si on fait omission de la première pièce, qui se la joue epic doom avec un espèce de feel qui déplairait pas à ceux qui sont toujours accros à CANDLEMASS). À un certain point, les gars commencent à s’éloigner et s’éterniser sur un trip digne d’un buzz d’acide assez malencontreux qui n’est pas nécessairement le genre de souvenir sur lequel on veut s’étendre à en plus finir. Les riffs n’ont pas de raison d’être, les structures des tounes deviennent chaotiques et sans but, et je vous mens pas, il est extrêmement difficile de même vouloir terminer l’écoute au complet, qui commençait tout de même sur un pied de guerre intéressant en début de CD avec un pacing qui faisait au moins légèrement penser au doom qu’ils étaient en train d’apprivoiser avec un bel enthousiasme sur l’album d’avant, et une authenticité qui ne semble pas être au rendez-vous ici. J’espère que ceci n’est que de l’expérimentation qui définit un seul album – un concept, en d’autres mots, qui ne durera pas la longueur exacte de leur discographie future, parce que si c’est le cas, je débarque officiellement de ma phase d’excitation totale envers le matériel de ce band qui me donnait mauditement hâte de m’enfermer avec l’album avant que j’entende la première note et décide autrement.
BEISSERT « Zorn Der Geister » :
REVELATION – Inner Harbor
Quand une compagnie de disques clâme haut et fort qu’ils ont pour toi un album digne du prestige de BLACK SABBATH et de l’originalité indétrônée de RUSH, y’a deux réactions possible: soit t’éclates de rire et tu décides de ne pas écouter puisque tu sais que c’est absolument impossible qu’en 2013 un band soit capable de faire rougir ces deux-là, ou tu laisses la chance au coureur en t’armant d’un air conciliant et d’une oreille très prête à se dédier à une analyse approfondie. Honnêtement, à partir du début de l’album jusqu’à la fin, j’ai largement oublié de vouloir m’en faire avec autant de fatalisme; j’ai juste réussi à apprécier ce que j’entendais pour ce que c’était, tout simplement. Oui, les choses peuvent être aussi smooth que ça quand on se laisse aller, et REVELATION est un groupe qui rend cette tâche faisable, même au beau millieu d’une semaine chargée. Des grooves efficaces, ici, y’en a, all across the goddamned board. Des riffs très heavy, des mélodies mémorables, y’en a aussi. Ce que je trouve extrêmement distrayant et éventuellement dangereux pour l’homogénéité du parcours de l’album est l’engouement pour la répétition d’idées qui deviennent inévitablement lassantes à un certain point. Ceci est une moindre ombre au tableau qui a fait perdre des points à l’album en tant que tel, mais ça me rend pas moins curieuse de ce que ce band est capable de produire dans les années qui viennent.
REVELATION « Inner Harbor »:
DEAFLOCK – Courage to Expose All
J’ai une mentalité que le fan de thrash moderne pourrait qualifier d’assez bizarre quand j’approche un album correspondant à ce sous-style. Cette philosophie, si vous êtes familiers avec mes goûts, vous la conaissez: pas besoin de flafla en quantités industrielles pour rendre un songwriting efficace et honnêtement, en termes d’aggressivité sonique, j’aime pas mal mieux entendre des riffs simples, mais qui fessent, qu’un récital de piano sur un fretboard qui donne l’impression que l’album en question se titre « When The Mosh Goes to Broadway ». Ce qui me gosse aussi, c’est les bands qui sont pas nécessairement techniques, mais qui semblent penser qu’ils sont dans une espèce de course contre la montre qui les force à jouer plus vite que Malmsteen on ‘roids. Pire, y’a les bands qui garrochent des half-riffs dans toutes les directions, presqu’au hasard, pour créer un genre de wall of sound étourdissant, mais qui est loin d’impressionner quand on a l’impression d’écouter un ramassis d’idées à moitié définies pendant un bon cinquante minutes. You know, parfois, mettre moins de crème fouettée, ça aide à apprécier la qualité du gâteau en tant que tel. Ici, j’ai pas mal de misère à mettre le doigt sur les racines de DEAFLOCK et leur point de ralliement. Ce que j’entends, c’est pas mauvais – néanmoins, je mentirais en disant que j’entends une blueprint ou un focus absolument pas cassable ici. C’est facile de se perdre en écoutant l’album. Je dis pas que le talent en est absent, mais plutôt qu’il est mal structuré en termes de songwriting et de présentation générale. Beaucoup de riffs ici valent la peine d’être entendus, mais ils sont garrochés pêle-mêle parmis un fouillis bric-à-brac total de patternings qui semblent un peu trop hyperactifs pour avoir un réel sens du concret.
DEAFLOCK « Courage to Expose All »:
Vous êtes intrigués par ce que je considère être du bon stock, versus ce que je trouve awkward au sein de la scène métal moderne? Écoutez mon show, « C.R.O.C. Underground Metal », chaque dimanche soir à 20h sur Ondes Chocs.
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Avr 29, 2013 | Critiques de Shows
Étant quelqu’un qui, auparavant, allait voir moins de quatre shows par année, étant plus du genre à me concentrer sur la critique d’albums que de prestations live, j’admets à prime à bord que hier soir (le 27 Avril) était non seulement la première fois que j’allais au Club Soda, mais aussi ma première veillée avec les quatre bands sur le bill. J’ai déjà pu apprécier, en tant que fan et non journaliste back in the day, un set d’Exhumed au dernier Heavy MTL. Les gars rushent à traverser les douanes depuis l’automne passé, et j’avais une impression assez forte que le problème se remontrerait la face. J’peux dire que ces gars-là donnent un osti de show d’la mort et que leur présence aurait ajouté une bonne balance au line-up du show que j’ai vu hier, et ce, de plusieurs manières différentes. Les commentaires que j’ai entendu entre les sets (en allant fumer mes Peter Jackson menthols et savourer la température instable typique du Québec en regardant une mascotte d’Eddie sacrer le bordel dans la rue – c’était assez distrayant à voir merci – les promoteurs du show d’hommage à Maiden ont réussi leur stepette de pub avec un brio remarquable) en témoignent; le problème ici étant principalement la longueur du set de JUNGLE ROT. Mais je m’attarderai à ce détail notable au bon paragraphe.
ADIMIRON m’ont tout de suite donné l’impression, grâce à leur logo un peu ‘space’, qu’ils seraient d’une nature prog assez prononcée et haute en couleurs. Le nom, par contre, me disait rien du tout – je ressentais pas un attrait particulier pour sa sonorité et j’avais entendu ce nom mentionné nulle part, ce qui me donnais une clean slate assez évidente avant de les voir jouer; je laisse toujours la chance au coureur – ma philosophie c’est « don’t judge a book by its cover ». Leur set a commencé à s’épanouir assez fast avec une introduction à saveur Égyptienne qui me faisait penser à NILE et MELECHESH, ce qui m’a donné un brin d’optimisme en partant, sauf que cette touche stylistique s’est effritée assez rapidement et n’a pas refait surface dans aucune des pièces par après. Je dois dire aussi que la sono était assez cacophonique, ce qui n’était pas du tout le cas pour les prestations des trois autres bands, heureusement. Ça n’aidait pas du tout à cerner l’intention de l’approche du groupe en termes de songwriting; c’était même assez difficile à suivre comme structures de tounes, et les deux personnes qui m’accompagnaient avaient la même opinion. La foule embarquait pas du tout non plus, et l’attitude du frontman était pitoyable à la mi-set. J’ai pas mal de misère avec ceux qui se font la parade « tough guy » juste pour se donner un genre. Un chanteur qui qualifie la foule de « fucking lazy » me donne pas tellement envie d’headbanger en son honneur. D’autant plus que musicalement, j’avais l’impression claire que leur musique allait nulle part. Peut être que sur CD, après quelques écoutes attentives et fortement cafféinées, j’aurais réussi à mettre le doigt sur un potentiel qui m’a clairement échappé hier soir. Disons qu’après avoir entendu le frontman crier maintes et maintes fois « you MOTHERFUCKERS » j’ai réussi à tomber dans un zone-out. L’importance d’un set est centrée sur le contenu musical et le bashage de foule a tendance à la rendre écoeurée et moqueuse. Voir un circle pit à la fin m’a donné l’impression que les gens qui étaient en avant se claquaient une B.A. Une attitude plus courtoise du groupe, une meilleure énergie, et une meilleure qualité de son auraient été trois facteurs qui auraient pu sauver les meubles, j’ose l’espérer.



RINGS OF SATURN étaient, quant à eux, beaucoup plus professionels et, je dois dire, soniquement pertinents. La vague prog de 2013 a pris le dessus sur la moitié de la soirée et j’dois admettre que c’est un sous-style de métal qui est très hit and miss et dans la plupart des cas, quand t’entends un album, un set, ou même une seule toune prog, c’est soit t’adores, soit tu détestes. Le set de RoS descendait tout aussi bien que ma Boréale. La texture de leur musique est d’un luxe comparable à une sauce italienne dispendieuse, ou un grand vin. Leur songwriting est riche en rebondissements et j’irais même jusqu’à dire qu’il est empreint d’une bravoure admirable. Leur don pour l’expérimentation était extrêmement bien calculé – ces gars-là avaient l’air de sortir tout droit d’une école de musique de renom. Les licks avaient une atonalité qui se marriait très bien avec l’émotion communicative des mélodies à l’appui, plutôt que d’exister avec pour seul but d’ajouter une touche abstraite sans signification. Les riffs de bass étaient contemplatifs et tout simplement captivants. Le vocal, quant à lui, avait de la variété; ce frontman est capable de couvrir son range au complet en sachant exactement quels sont les meilleurs moments pour adopter une tonalité plus aigue ou plus grave; il assurait à 100% dans les deux cas. Malencontreusement toutefois, j’ai eu un 2e soupir d’exaspération pour l’attitude plutôt crass de ce frontman lorsqu’il s’est écrié « you people in the back – you’re fucking pussies ». Ce qu’il sait pas, c’est que les gens qui se garrochent pas dans le pit restent souvent à l’écart pour pouvoir mieux observer la prestation – avec un oeil scrutateur à mémoire photographique pour les détails. Ça démontre un intérêt d’une pertinence notable qui devrait être appréciée par les musiciens sur scène, et également respectée. Ceux, comme moi, qui prennent la peine de rédiger une critique détaillée sur leur perfo, ont tendance à pouffer d’un rire assez blasé en entendant une insulte pareille venant d’un frontman qui aurait tout à fait pu avoir une approche plus conviviale; ce que les membres de JUNGLE ROT et SUFFOCATION avaient tout à fait – et ces deux groupes sont des légendes pour deux raisons; ils sont talentueux et ont une approche modeste et courtoise avec les gens qui les encouragent, ce qui est tout aussi important que leur degré de skill musical.



JUNGLE ROT, malgré leur set plutôt interminable (faut se le dire – EXHUMED devait être là et assurer la moitié de la longueur de leur temps sur scène, donc JR a dû faire du coup sur coup pour garder la foule réchauffée et satisfaite), m’ont complètement impressionnée. Ils étaient tight, mauditement énergisants, même dignes d’un statut légendaire complètement ahurissant dans leur presence et leur don pour assurer une prestation sans trace d’un défaut. Ils ont mentionné qu’ils étaient très contents de se repointer à Montréal, et n’ont pas manqué de driver la foule de manière très unificatrice, nous parlant à tous comme si nous étions une gang d’amis ou une famille élargie. That’s the spirit – the oldschool spirit. Le fait que leur musique soit bien balancée, avec des hooks à perte de vue, des changements de tempo très bien placés, et une structure qui rend complètement accro – c’est facile de voir le pourquoi du comment de leur gloire au sein de la scene death metal. Ils sont pas redondants, leur approche n’a pas l’air forcée ou fausse, ils adorent ce qu’ils font, et donnent un show tout à fait recommandable.



SUFFOCATION, comme je m’y attendais, ont donné une prestation explosive. Ces gars-là sont pas stressés car ils savent tout simplement qu’ils sont des machines de guerre pas arrêtables. Ils étaient eux aussi très emballés à l’idée d’être en ville, et ont même qualifié leur virée à Montréal comme étant le meilleur show de leur tournée au grand complet, ce que j’ai trouvé sweet, malgré la très réelle possibilité qu’ils sortent ça à chacune des foules d’un bord à l’autre de la planète. Néanmoins, leur perfo était un staple monumental en termes de précision bien aiguisée. Le drummer avait l’air d’être complètement possédé par ce qu’il avait à faire et tellement concentré qu’il était pratiquement en transe; l’arsenal de guitare et bass était bien tissé; j’avais l’impression de regarder un vidéoclip tellement le son était similaire à la qualité studio CD, et que l’énergie du groupe était telle qu’on aurait dit que la musique est LA chose qui les rend heureux. Une joie de vivre émanait d’eux, ce qui est très comprenable – « Pinnacle of Bedlam » est un album à plusieurs facettes bien travaillées qui sont un reflet très fidèle du nombre d’années d’expérimentation et de refinement dont ce groupe témoigne. Je savais parfaitement que ce que je verrais ne manquerait pas de me démontrer qu’ils feraient de la venue au complet leur genre de backyard party – et qu’ils nous feraient sentir, à tous, qu’on est chez nous à chiller en écoutant du death metal bien pensé et d’une force libératrice rafraîchissante.




J’ai fait une découverte qui m’a particulièrement emballée et intriguée avec RoS, je suis devenue pas mal plus fan de JUNGLE ROT que je l’étais, et j’ai pu vérifier et apprécier, par moi-même, le fait que SUFFOCATION sont pas épuisables. Ça s’apelle un show éducatif qui montre aux aspiring musicians ce qui doit être fait pour assurer un bon show et une carrière constructive (et également ce qui doit absolument être évité, tout autant). Il est bon d’avoir un oeil ouvert sur cette tournée et d’en parler à vos amis; c’est une expérience enrichissante.
-Noch
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Avr 29, 2013 | Critiques de Shows, Uncategorized
Putamen Insula, Sights of War, Svalbard (lancement d’album), Hell Crucificator et Outre-Tombe le vendredi 26 avril 2013 à l’Agitée
C’est bien connu, la ville de Québec regorge d’excellentes formations dans l’impitoyable genre musical qu’est le Black Metal. Cependant, lorsqu’on pense au True Black Metal, la forme la plus malsaine et agressive du genre, Svalbard est un nom qui devrait immédiatement apparaître dans votre esprit. En effet, le quatuor ayant vu le jour sous sa première incarnation en 2002, a réussi à mener sa barque jusqu’à ce jour, malgré le tumulte et les changements de membres, en produisant une musique fidèle à l’esprit haineux et je-m’en-foutiste requis par le courant en question. Après 11 ans d’existence et de nombreuses sorties auto produites sur le petit label des frères Yan « Zulnoch »Dugas (batterie) et Max « Myth Croth » Dugas (guitare/backvocal) (HSP productions) Svalbard lançait enfin son premier album pleine longueur intitulé, The Fall, à l’Agitée vendredi passé. Pour l’occasion, les frangins avaient concocté un programme varié de groupes émergents. Nous aurions donc droit à du bon vieux Death/Thrash avec Outre-Tombe (Qc), du Death Metal Old-School avec Hell Crucificator (Saguenay), du Crossover Thrash Metal avec Sights of War (Sherbrooke) et au « Disgusted metal » (en fait un amalgame de Crust Punk et de Black Metal d’esthétique plutôt dépressive) de Putamen Insula (MTL). La soirée s’annonçait donc bien malsaine et foutrement intéressante.
C’est donc avec hâte que nous nous dirigeâmes, ma jolie compagne et moi, vers l’habituelle Agitée. C’est qu’en plus de tout ce qui a été énoncé précédemment, ayant étudié en Science politique en même temps que Zulnoch, j’ai personnellement eu la chance d’assister aux premiers balbutiements de Svalbard lorsqu’ils se formèrent sous le nom Hollow avec Jeff « Cyroth » Metal au vocal et qu’ils donnèrent leurs tout premiers concerts. De surcroît, j’ai eu la chance de partager la scène avec la formation actuelle il n’y a pas très longtemps, le 1er décembre 2012, lorsque mon groupe (Endless Horizon) lança son album à l’Agitée. J’avais donc bien hâte de revoir les sympathiques frères Dugas et leurs collègues Maxime «Goat » Gauthier-Dionne (ex-Herskip) et Void (basse) et d’en profiter pour leur poser quelques questions sur le passé et le futur de la formation. Nous fîmes donc notre entrée à l’Agitée vers les 19h tapantes où nous fûmes accueillis à bras ouvert par Max Dugas, qui semblait très heureux de nous revoir et qui nous encouragea à prendre nos aises et à aller rencontrer les autres groupes de la soirée au sous-sol, ce que nous nous empressâmes de faire. Nous eûmes donc le plaisir de faire connaissance avec les gars de Sights of War, un groupe qui a commencé comme un duo et qui a évolué vers un quintette de Crossover particulièrement efficace. Je saluai aussi Sovannak, Vincent VDM et Jo de Putamen Insula qui sortira un second album intitulé, Souriez, lors d’un spectacle le 3 mai à Montréal. Ce spectacle sera aussi leur dernier en tant que trio, car le bassiste quittera la formation pour se concentrer sur d’autres projets. Ceux-ci continueront en tant que duo d’après les informations que j’ai pu glaner. J’y rencontrai finalement Ulysse « Cobra » Nadeau, guitariste d’Outre-Tombe qui me parla brièvement de l’évolution de ce groupe du Thrash/Speed Metal vers le Death/Thrash de la vieille école. J’eus ensuite la chance de m’entretenir brièvement avec le chanteur et le guitariste de Svalbard sur l’histoire de son entrée dans la formation. Officiant d’abord dans le défunt groupe local de Black Metal Herskip, celui-ci joignit Svalbard peu après leur dissolution intervenue suite à un spectacle au Saguenay qui se termina par l’internement de leur guitariste à Robert-Giffard, vers 2010. Svalbard évoluait à ce moment sous la forme d’un trio, ayant subi la perte de leur chanteur original qui partît en 2006 en voyage en Océanie et en Asie et la perte de leur guitariste Ulroth qui s’était établi à Sept-Îles. Ils furent donc heureux d’accueillir Goat au sein de leur groupe. Nous échangeâmes aussi sur leurs projets futurs, eux qui souhaitent sortir de Québec pour jouer au Saguenay et à Montréal dans un avenir rapproché. À ce moment, je pus constater que plusieurs membres de la scène métal de Québec répondaient à l’appel : Pat Monarque, Fiel (Grimoire, Forteresse, Csejthe), Yvan Létourneau (Phosphorus), Stan Stefanovski (Phosphorus) ainsi que Haze et Goliatt de Morgue entre autres, mais que la foule restait plutôt maigre, ce qui poussa les organisateurs à retarder l’entrée en scène d’Outre-Tombe de 20 h 30 à 21 h 30. Nous continuâmes donc de faire le plein de houblon jusqu’à ladite entrée en scène.
C’est donc devant un public assez intime de connaisseurs, d’amis et de membres de la scène qu’Outre-Tombe s’installa pour nous livrer leur prestation. Le trio composé Fred « Crachat » Tremblay à la basse (qui officie aussi à la guitare et au vocal dans le groupe Death Kaotik), de Nicholas « Vitesse » Gagné à la batterie (qui est aussi batteur dans Phosphorus) et d’Ulysse « Cobra » Nadeau (ex-Saccage) à la guitare pratiquent une mixture de Death Metal fortement teintée de Thrash Metal qu’on croirait tout droit sortie de l’époque glorieuse de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Autopsy, Death (les premiers opus), Deicide, Entombed, Sepultura et même le Darkthrone de l’album Soulside Journey (1990) sont des noms qui viennent à l’esprit lorsqu’on écoute leur musique. C’est violent, c’est très gras et c’est rapide comme un train sans pilote. Côté scénique, bien qu’il était évident de par la justesse de leur interprétation et de leur son que les gars n’en étaient pas à leurs premières armes, leur représentation souffrit d’une tendance un peu statique. En effet, les membres du groupe, qui ne semblent pas avoir eu la chance de se produire souvent ensemble dans la dernière année, me paraissaient un peu nerveux et figés, à l’exception du batteur plus démonstratif. Quoi qu’il en soit, nous eûmes droit à une solide sélection de chansons du groupe et les réactions de la salle démontraient une bonne appréciation de leur musique, qui nous plongeait dans une époque révolue, mais ô combien électrisante. Outre-Tombe sera donc un groupe de Québec à surveiller à l’avenir et je crois qu’ils ont un énorme potentiel de réussite.


Le second groupe à faire son entrée sur scène fut Hell Crucificator, un groupe de Death Metal du Saguenay. Ayant déjà joué avec eux le 1er décembre à Québec quelle ne fut pas ma surprise de constater que groupe a subi entre-temps la perte de son chanteur, rôle maintenant exécuté par le bassiste. La formation actuelle comprend donc : Karl Tremblay à la basse et au chant, les solistes Guillaume Simard et Tommy Gilbert aux guitares et Michel Gagné-Bouchard à la batterie (qui est aussi batteur pour Deathroner). Ceux-ci jouent un Death Metal très vintage où on reconnaît des fortes influences de Cannibal Corpse, Morbid Angel (particulièrement, dans les échanges de soli des guitaristes) et Slayer. Leur exécution en ce vendredi soir était très énergique, mouvementée et précise lorsqu’ils nous livrèrent une sélection des pièces de leur album Evil Never Dies (2012). Le bassiste n’a eu aucune difficulté à bien rendre les parties de chant sur scène, mais semblait avoir un peu plus de difficulté dans son interaction avec la foule. En effet, celui-ci semblait parfois ne pas trop savoir quoi dire et s’emmêler dans ses mots. Toutefois, c’est bien la seule faiblesse que j’ai pu relever dans leurs set de compositions originales et je crois que cela s’arrangera avec l’expérience. Les gars d’Hell Crucificator nous réservaient aussi une petite surprise pour la fin de leur prestation. En effet, ceux-ci avaient préparé des reprises avec un chanteur invité. Cependant, le choix de ces reprises était plutôt inusité pour un groupe de Death Metal. Nous eûmes en effet droit à des interprétations très près des originales de « Phantom of The Opera » d’Iron Maiden, « Iron Man » de Black Sabbath et « Ace of Spades » de Motörhead. Quoiqu’en général très bien rendu, le groupe sembla connaître quelques petites ratées au cours de cette finale et le choix des pièces sembla perdre quelques spectateurs qui sortirent prendre l’air. Pour ma part je trouvai cette surprise plutôt sympathique.


Après ces deux entrées en matière de bonne qualité, c’était maintenant aux vétérans de Svalbard de lancer leur album avec une prestation endiablée. Dépourvus de leurs corpsepaints habituels en raison d’un problème d’absence de blanc, les quatre morts-vivants entamèrent leur quart de travail avec la violente et excellente « Viking Raiders » issue de leur tout nouvel opus. Aussitôt, nous pûmes remarquer les points saillants de leur musique : un True Black Metal sans compromis marqué par des motifs cycliques typiques de guitare, des blastbeats sans merci, certaines influences grindcore qui rappellent parfois le vieux Impaled Nazarene (probablement issue de l’époque où les frères Dugas évoluaient dans Matière Fécale) et la dégaine inhabituellement (pour le genre) décontractée de Goat, le chanteur au gigantesque crucifix inversé de bois. Celui-ci fait fi, excepté pour sa ceinture de balles et son immense pendentif, de toutes les conventions stylistiques du Black Metal en se présentant sur scène en jeans baggy et en souliers de skate, ce que je trouve particulièrement rafraîchissant. Son vocal composé de grognements et de hurlements bien malsains convient particulièrement bien à la musique de Svalbard. Poursuivant avec plusieurs pièces de leur nouvel effort, dont la mémorable « For The North », l’éponyme « The Fall » et d’autres pièces tirées de leurs démos et EP précédents, Svalbard parvint sans problème à déchaîner les ardeurs de la cinquantaine de spectateurs présents qui s’en donnèrent à cœur joie dans la fosse. Le bassiste « Void », qui dû jouer sans distorsion en raison d’un problème de pédale, semblait quant à lui être un peu plus stressé et statique qu’à l’habitude, alors que les deux frères Dugas avaient un plaisir évident à nous casser la figure avec leur jeu organique. Ce fut donc un spectacle de lancement bien réussi pour Svalbard, dont le chanteur lança littéralement un cd dans la foule d’ailleurs, qui confirme leur statut de vétérans de la scène Black à Québec. Ma seule réserve est que j’aurais aimé un peu plus de mouvement et de regards agressifs de la part du chanteur et du bassiste durant leur prestation.



Malheureusement, et c’est quelque chose que je déteste, la salle se vida de beaucoup juste avant l’entrée en scène des Sherbrookois de Sights of War. En effet, c’est une tendance que j’observe souvent à Québec : les gens quittent souvent après le passage des groupes locaux, ce que je trouve vraiment irrespectueux. Ces groupes de l’extérieur se tapent la route et l’organisation pour venir vous livrer leur musique et vous foutez le camp avant leur entrée en scène. Il est vrai que ce spectacle a commencé plutôt tardivement et qu’il y avait cinq groupes au programme, mais on était vendredi soir : donnez-leur une chance s’il vous plaît! Toutefois, Rodolphe « Invocator » Ménard (guitare soliste), JF « Occultor » Ouimet (chant), Marc-Étienne Morin (basse), Martin Bolduc (batterie) et Mathieu Gosselin (guitare) s’installèrent rapidement pour nous présenter leur musique. Ceux-ci pratiquent un mélange habile de Punk, de Thrash, de Black de Speed Metal qui nous rappelle des groupes tels que : Darkthrone, Toxic Holocaust, Inepsy, Discharge, Celtic Frost, Sodom…etc. Leur prestation fut particulièrement efficace et bien rodée. On avait devant nous des musiciens expérimentés qui savent comment donner un bon spectacle. Enlevante, la prestation fut de (trop) courte durée, comme le signala l’insistance des quelques irréductibles de la salle, qui aurait bien souhaité un rappel. Je vous recommande donc d’aller vous renseigner sur cette formation, ils ont deux sorties à leur actif : Anthology of Destruction (Demo 2012) et For I am…(EP 2012), tous deux sur HSP.





C’est donc devant une foule grandement décimée que Putamen Insula entra en scène vers 1 h du matin. Le trio montréalais existe depuis 2008 et joue un mélange de Punk et de Black Metal qui me rappelle beaucoup la musique de Peste Noire. Dotés d’une énergie et d’une présence scénique hautaine et malsaine très adaptées à leur musique, ceux-ci nous présentèrent un très bon set d’environ 45 minutes. Sovannak, le chanteur et guitariste de la formation nous livra des motifs très violents et entraînants couplés de ses hurlements aigus et disjonctés, tout en ne ratant aucune occasion de se frapper la tête avec une bouteille de bière pour en faire jaillir le sang. Le batteur livra les traditionnels blastbeats réclamés par le Black Metal, entrecoupés de parties plus organiques dans les motifs plus punks. La basse, bien présente et distordue, venait ajouter profondeur et couleur à l’ensemble. Une autre performance de qualité en ce vendredi soir et je dois avouer que j’ai été bien impressionné par la musique de ces Montréalais, qui passe sans problème le test du live. Si vous êtes fanatiques du genre je vous conseille d’aller écouter leurs albums : Putamen Insula (2011) et le futur, Souriez, à paraître le 3 mai 2013. Pour notre part, le spectacle se termina donc peu avant 2 h et nous restâmes encore sur place pour prendre quelques verres en la bonne compagnie des gars de Svalbard!

En conclusion, HSP productions nous avait préparé un excellent spectacle en cette soirée de lancement de l’album The Fall des expérimentés musiciens de Svalbard. Malgré quelques anicroches reliées au stress et au manque d’expérience de certains des groupes présents, la qualité des groupes présentés varia entre très prometteuse et très élevée. La seule véritable ombre au tableau vient de la participation inégale de la foule, qui aurait dû être beaucoup plus nombreuse et constante à mon avis. Il est vrai que le spectacle a commencé de façon tardive et que l’affiche ne comprenait pas de grosses vedettes, mais la qualité des groupes québécois présents aurait dû attirer beaucoup plus de gens et les faire rester jusqu’à la fin, un vendredi soir qui plus est! Pour terminer, je remercie chaleureusement les frères Dugas pour l’accès au spectacle. Longue vie à HSP productions!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
